‹ Le martyre du cœur drame en cinq actes en proseChapitre 103 sur 134 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LERDAC, FORBIN.

FORBIN

Terrasse, jardin et serre!... C’est féerique!... impossible de se croire en hiver ici !

LERDAC.

Maintenant que ta curiosité est satisfaite, va-t’en!

FORBIN

Que je m’en aille , quand mes plus chers intérêts vont se débattre en ces lieux?

LERDAC.

Je n’oublie pas mes promesses... J’attends Clarisse, et dès qu’elle aura signé sa demande en séparation, je te remettrai tes vingt mille francs. Mais jusque-là, à quel titre resterais-tu parmi nous?

Votre valet de pied m’a dit que depuis longtemps vous lui aviez commandé une livrée neuve...

LERDAC.

Eh bien?

FORBIN, écartant «on manteau.

J’ai rendu visiste à votre tailleur.

LERDAC.

Reprendre la livrée à ton âge?

FORBIN

J’ai été dénoncé à madame Durozoir, qui m’a montré la porte... j’étais sur le pavé... maintenant j’irai en voiture.

LERDAC , Hitnt.

Allons, soit... Et, comment trouves-tu mon plan?

FORBIN

Admirable. Mais convenez aussi que monsieur Laborie a été d'une docilité parfaite. Si bien que cette pauvre madame Clarisse a tout doucement glissé de la foi au doute , du doute au soupçon, du soupçon à la colère, et qu’à cette heure elle est plus près de la vengeance que du pardon,

LERDAC. |

Dieu t’entende!

Il m’entendra... — (a part.) Ah! si je pouvais à mon tour me venger de ce prince du Congo... -J'ai sur le cœur mes douze

louis Volés... et le reste'... (il va pour preDdre une prise et s'arrête.) Non!... ma vengeance, à moi, est là! (Laborie arrive.)

LERDAC, ae retournant.

Ah! ce bon et cher Laborie! (Lui tendant la main.) Comment vous va ?

LABORIE, ne prenant pas ta main.

Très-bien !

LERDAC, A part.

La nuit a été mauvaise, (a Foriin.) Veille au souper.

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