‹ Le martyre du cœur drame en cinq actes en proseChapitre 128 sur 134 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

Ah! sortez!... je vous la refuse cette bénédiction sacrée... et, si je levais les mains vers le ciel, ce ne serait pas pour vous bénir, entendez-vous, ce ne serait pas pour cela!...

Vous oseriez peut-être me maudire?...

JACQUELINE, à part.

Ciel ! ce sourire!... (Haut.) Vous maudire?... ne serait-ce pas mon devoir?... ne serait-ce pas justice?... vos crimes...

Mes crimes?... mes crimes?...

JACQUELINE, à part.

Ce regard... saurait-il mon secret?...

LABORIE, i part.

Allons, mauvais fils, contiens ton cœur qui se révolte pour accuser ta mère... ta mère ne doit pas rougir devant toi!... (Ham.) J’ai tort de vouloir me défendre... mais attendez pour me maudire, ma mère, attendez.

JACQUELINE, à part.

Le juge cq. n’est plus moi, c’est lui, je le sens là !

J’ai l’intention de quitter Paris, même la France, si je ne succombe pas dans ce duel... j’avais l’espérance de vous emmener avec moi... M’aimez-vous assez pour me suivre?...

JACQUELINE

Abandonner Clarisse?... mais sans moi, monsieur, elle serait peut-être morte de douleur en ce moment... tant qu’elle souffrira, ma place est auprès d’elle pour la consoler... vous devriez le comprendre !

Dans quelques jours le divorce sera prononcé.

JACQUELINE

Eh bien?

La faute en est à moi, j’en conviens... mais est-il convenable que vous soyez, vous, ma mère, chez la femme...

LE MARTYRE DD CŒUR

Que vous avez indignement abandonnée? Oui, monsieur.

LABOflIE.

Mais le pain qu’elle vous donnerait...

JACQUELINE

Serait-il plus dur que celui de l’aumône, je l’accepterais!... mais rassurez-vous... Clarisse m’aime comme une fille... et si je l'aime à mon tour comme une mère, c’est que Dieu a voulu faire de nos deux infortunes une consolation et un bonheur.

LABOR1E, flairs un grand trouble.

Ma mère!... ma mère !... Tenez, au nom du ciel, au nom de mon père, partez, partez!...

JACQUELINE, à part.

Il sait mon secret! .

Vous trouverez une voiture en bas... Placide vous attend... il sait où vous conduire... j’irai vous rejoiudre... j’irai vous retrouver... nous travaillerons... nous vivrons loin du monde... etj 'atteste Dieu, Dieu qui nous voit. Dieu qui m’écoute, que vous n’aurez jamais à vous plaindre de moi... mais partez, partez !

JACQUELINE, le regardant dam lea yeux.

Vous savez tout?

Je ne vous accuse pas, je vous plains, je vous aime !

JACQUELINE

Ah! malheureuse !

Ma mère !

JACQUELINE, tombant aur une chaise.

Mon fils me méprise !

LABORIE, te traînant à sei pieds.

Non, votre fils vous aime!... Mais votre malheur est public... Monsieur Lerdac et Placide le savent... Forbin vous a reconnue... Ah! fuyez... fuyez!...

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