ACTE V
ISO
JACQUELINE
Tout Paris, demain, saura ma honte, et mon fils rougira de moi!
Rougir de vous?... mais votre passé pour moi, ce sont vos soins, vos bontés, les tendresses cachées dont vous m’entouriez... Quelle mère a mieux veillé sur son fils que vous?... Quelle mère l'a plus aimé?... Quelle mère a montré une âme plus attentive et plus haute?... Je vous ai vue neuf ans à l’épreuve, moi, et pendant ces neuf ans, pas une heure de votre vie qui n’ait été un dévouement, un sacrifice, une grandeur!... Et l’on vous accuse?... Mais mon cœur vous absout!... Est-ce qu'une mère est jamais coupable aux yeux de son fils?... Est-ce qu'un fils juge jamais sa mère?... Non! il l’aime... il l’aime avec sa reconnaissance et son cœur... il l’aime, et Dieu, qui le regarde. Dieu le bénit !
JACQUELINE, avec élan.
Laisse-moi t’embrasser! (eii« u couvre de baisers et de larmes. — pâme.) Tu n’as pas besoin de me dire ce qui s’est passé entre monsieur Lerdac et toi... On t’a menacé de ma perte si tu ne te prêtais pas à un scandale qui amènerait une séparation entre Clarisse et toi, et tu as sacrifié ton bonheur plutôt que de livrer ta mère... Oh! ne nie past... toute ta vie, pauvre cher enfant, n’a été qu’un long dévouement, qu’une éternelle abnégation... hier pour celle que tu aimais, aujourd’hui pour ta mère!... Oh! sois béni, sois béni!...
Ma mère!... (u lui prend la mais qu’il couvre de baisera.)
JACQUELINE, à part.
Je ne serai pas plus longtemps un obstacle à leur bonheur !
(Elle porte sa bague à set lèvres et pousse un cri. ) Oh!...
LABORIE, relevant la lite.
Quoi donc?... Qu’avez-vous?...
JACQUELINE, se dominant.
'Rien, rien... Appelle Clarisse, je veux lui parler.
LE MARTYRE DU GOEUR
LABORIE, tresitillinl.
Clarisse?...
CLARISSE, entrant.
Me VOilà!... (Moment de ailence.)