ACTE III
PLACIDE
Que lé t’chaosse soit bien grève... Oh !... y es, si grève que t' j’ai peur de parler à vaous.
CLARISSE
Pourquoi?...
PLACIDE
Perce qu’un seul maot paouvait détrouire taous mes espoirs.
CLARISSE^ à part.
Pauvre homme ! il m’attendrit. (Haut.) Voyons, expliquezvous...
Voilà : cette soir, t’ jé souis elle t’ chez le caourtier militaire t’ chargé par moa de trouver une rempleçante à monsieur Lerdac... ce caourtier m'a remis un caontrat, et j’ai lu le nom de Pierre Léboarie, né à Nepteuil, en dix-sept cent quètrevingt, fils d’Ambroise l.ébaorie et de Marguerite Bernard, et demeurant à Paris, rue Saint-Sauveur, numéro 4-4.
CLARISSE
Un contrat?
PLACIDE
Pierre était bien le fils d’une Lébaorie que je t’cherchais... t’je accours... et t’jugez de mon bettement de cœur quand t’je traouve t’ehez lui... yune demoiselle du même Sge et du même nom que le fille de maon maître.
CLARISSE
Votre maître?
PLACIDE
Yès... mon paovre et cher maître... le marquis... de Nepteuil.
CLARISSE
Mon père?
PLACIDE, se levant.
Ah!... c’était elle... c’était bien elle... Clérisse de Nepteuil... la fille de mon maître .. elle!... T’je n’aosais pas depouis cinq minutes m’en assiurer... C’était elle!... Oh- 1 soyez béni, mon bon Dieu!... T’je paouvais donc maintenante eccomplir les vaolontés de mon bienfaiteur!...
CLARISSE
Vous m’apportez des nouvelles de mon père?... Ah! parlez, parlez?
PLACIDE
Le marquis, empaorté par le tempête de la révolutionne t'jusqu’en Emérique, èvait fait pendant quètorze ennées des efforts inutiles paour vaous retraouver... il ellait enfin revenir en France quand la mort...
CLARISSE
Il n’est plus?
PLACIDE. '
Depouis trois années.
CLARISSE
Oh! mon Dieu!
PLACIDE
Il daonna taoute son faortonne à moâ paour l’epporter à son fille Clérisse...
CLARISSE
Oh ! mon père... il ne me sera jamais donné de te connaître, de t’embrasser!... Mort!... Et Laborie me l’a laissé ignorer !
Il l’ignorait aussi, loui.
CLARISSE
Comment?
PLACIDE
Le marquis n’évait t’j’émais reçu de vaos nouvelles, ni daonné des siennes... puisqu’il évait perdu lestrèces des Lébaorie.
CLARISSE
Mon père avait donc remis à cette famille une bien forte somme, pour qu’on ait pu m’élever comme on l’a fait?
PLACIDE
Hélas! il n’èvait rien daonné d’ébord... et il n’èvait rien daonné après non plius.
CLARISSE
Eh quoi!... les Laborie n’auraient jamais rien reçu...