J AC Q C EL; N E
Vous êtes plus avancé que moi... j'ignore comment aiment les mères... je n’ai jamais eu d’enfants.
LERDAC, à part.
Ah! je te ferai bien parler.
Et ces lettres, vous les avez lues, monsieur ?
Toutes.
JACQUELINE
Et elles disent?
LERDAC.
Que vous êtes né en 1780, d'Ambroise Laborie et de Claudine Godefroy.
JACQUELINE
La femme de votre père aurait-elle élevé comme sien l’enfant de la maîtresse de son mari? Voyons, est-ce possible?
LERDAC.
Pourquoi non?... Marguerite Bernard a voulu donner un nom à cet enfant. — (a Lapone.) D’ailleurs, vous apprécierez, monsieur. Nous verrons ce que votre cœur dira quand vous entendrez les sanglots que j’ai entendus, quand vous verrez la pauvre femme que j’ai vue.
Quelle femme?
LE MARTYRE DU CŒUR
Claudine Godefroy.
Elle existe?
lerdac.
JACQUELINE, « pari.
Mon Dieu! j'en deviendrai folle.
Comment, il y a sur la terre une femme qui se dit ma mère?
Parce que vous êtes Elle l'ignore'.
JACQUELINE
devenu riche.
LERDAC.
Où est-elle?
On vous trompe!... rien de tout cela n’est vrai... rien!
non.
LERDAC.
Votre mère existe, je vous le jure.
Mon Dieu ! si c’était vrai !
JACQUELINE, désespérée.
Il pleure !... mais il croit donc?...
Oui, venez, je veux la voir ! je veux la voir!
JACQUELINE^ le retenant.
Non, non, c’est un piège !
Ma mère!... je retrouverais une mère !
JACQUELINE
N’v va pas ! n'y va pas !
Elle ment, cette femme, elle ment... elle veut me voler ton cœur... Ta mère, c’est moi!