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VALBNCIJEKNÊS.
Cette ville mérite un article particulier dans notre Martyrologe , parce tme, sur soixante-sep^ personnes recommah* dables qui y ^furent imm(rfées;^par)es ordres des proconsuls de la Convention, en $epj;embré^. Qçtpbre^ novembre et décembre 1^94^ sous un prétexte qui ne sembloit que politique, il y en. eut quarante-bjuit au-mpins qui/périrent essentiellement pour la c^use de U Foi.
X^'on comprend à cm débu.t qpe le scbiiime de U ca^siitution cwile du clergé avoit fait trèis^peu de ravage à Yale^ncîennes $ que la croyancf calbolique^continuoit à y dominer $ quç la xnajeur^ partie des prêtres séculiers et régulier^, et, même des rdigî^ses et des laïc^ ,y aboient repolisse les prQ&Qes innovatiqns de ;7gti • La jdtipart|:menacésparlaloidu26aoÂt 1792 ( Foy. LcNl^et TribcNAUK jiÉvpLUTlOJW AIRES ), étaient allé pratiquer en paix leur religjiiOfi \hQrfi de la frontière ; mais, quand VB^vpsfM^ ^ntricbi^ltAÇ. prit YtlepcieiiiieSy le i«' août 1793, ces respectables exilés, çi:oyant que l'ordre qu'elle y rétablissoit j subsisterait long-temps sous sa protection, se firent un devoir dj revenir 5 savoir; j(e& prélres pour y répandre les secou,rs 4.^ Ja.religion, etje^ ^religieuses pour remplir les obligations édifiantes qu'elles y aboient contractées. La situation consolante où lès mis et )es autres se trouvèrent, leur parut devenir stable. Depuis treize mois ils en jouissoient, quand. Yalanciennes retomba de nouveau sous le joug de la Convention^ le i"' septembre 1794* ^^^ bers^ierre étoit mort depuis trente-cinq joui^; et, trompés par la feinte modération de la faction qui, l'ayant .vaincu, rejetoit sur lui toutes les atrocités précédentes, ils crurent ppuvoir rester en sûreté dans la ville ou I^a environs j mais
les proconsuls qui entrèrent à ValeDcieun€s''avec les troupes , étoieut des hommes de ce même parti Dantctniste, auquel Nantes, Lyon 9 Boi*dçauXy etc., avoient dû précédemment tant d'hécatomphonies, et qui s'applaudissoit intérieure* ment d'avoir une occasion politique de se dédommager de la contrainte à laquelle le forçoit son système obligé de modération hypocrite , depuis sa victoire du 9 thermidor.
Les proconsuls envoyés par les Thermidoriens à Yalen-^ eiennes, étoient J. B. Lacoste ( du Cantal ), Aoger-Ducos et Briez (du département du Nord). Dès Tinstant de leur arri* ¥ée, le i"' septembre, s'entourant d'hommes sanguinaires, ils firent i l'envi des listes de proscription , d'après lesquelles plusieurs personnes furent enlevées de leur domicile, la nuit suivante ; et les empris^j^nnelnens se continuant avec activité, il y eut bientôt > dans les prisons de Yalenciennes^ plus d'un millier de victimes amenées > tant des environs que des différens quartiers de la ville.
Déjà les proconsuls avoient institué une commission mili-* taire composéiô de six membres de leur choix , qui étoient chargés d'envoyer ces victimes à la mort; et ces membres étoient Cathol, présiden$;, Lebrun , Journal ^ Girard, Adhé* mar, juges ^ et Morin, secréuùre. De même que les proconsuls et tous les chéis de la faction Uiermidorienne , ils se flattûient qu'on ne les reoonnottroit pas a leur .haine de la religion^ lorsqu'ils immol^roient, sans parler de rien de ce qui la Qonceme, mais comme émigrés^rentrés , toutes les persoïknes qui lui étoient consacrées, soit comme ministrejs des autels , soit comme religieuses, soit simplement comme vouées à la piété. Ce mf^sque d'hypocrisie tomboit à la vue de la féroce préférence avec laquelle ils les recherchoient et les faisoient périr.
Les circonstances ;de la cp9id9mnatidn )et'(de la mott de ces saintes victimes, prouvoient assez4]u'à Valenciennes, jwsques vers la fin de 1794? trois mtois eiivii*^n a^prè^ la chuie de Roberspierre,c'étoit encore, de même qucv^iien auparavant, à
Ljou; Nantes^ etc.> le flambeau de la Foi> qu'on vouloit éteindre âa&5 le -sang de ses ministres et des bons catho* liqnes. Sur les soixante-sept yictimes immolées dans cette Tiile, sous le prétexte d'émigration^ depuis le a3 septembre 1794 9 jusqu'au i3 décembre inclusivement, où cessèrent ces massacres , on y vit périr, soit en prêtres , soit en religieuses , trois personnes, le i3 octobre, sept le i5, neuf le 17, six le i9,neufle a3>sixle 27, cinq le 6 notemb^e , et trois lei3. Dans l'attestation nominative qui nous en est envoyée de Valenciennes même, par des témoins oculaires, il est dit «qu'aucune des victimes, en les y comprenant toutes, ne demanda qu'on fit des démarches et des sollicitations pour détourner d'elle un jugement inique, et que même il n'en fut pas une qui, dans ses interrogatoires, eût dit un seul mot <;apable de blesser la vérité sur le fait de sa sortie de France, lors même que la dénégation implicite ou formelle de cette espèce d'émigration auroit pu lui sauver la vie ».
Et non seulement les quarante-huit personnes consacrées à Dieu, moururent ainsi Martyres delà vérité, et pour cet Evangile divin qui défend de la déguiser en aucune manière , mais encore les dix-neuf autres, quoique nous noiis abstenions de leur consacrer des articles particulièirs daA& notre Martyrologe, faute de savoir bien précisément si ce fut par principfe de religion > ou simplement par sentiment d%bnneur , qu'ils ne voulurent pas mentir pour échapper à la mort. Nous nous sommes bornés à ne < parler en détail que de ces religieuses angéliques et de ces ministres du Seigneur, toujours occupés à conserver la pureté de leur ftme, auxquels la vie auroit paru trop chèrement rachetée , si, elle l'eût été par le plus léger mensonge.
Les procédures étoient courtes : aucun des prévenus ne nioit d'être sorti de France 5 et, d'après leur aveu, on leur lisoit les décrets des ^3 et a5 octobre 1 79a, contre les émigrés rentrés,* et leur condamnation à la peine de mort étoit aussi* tôt pronoi^cée. Tms montrèrent la plus parfaite résignation
en entendant leur sentence; et , dans l'attente du moment de l'exécution, ils s'exhortoient à mourir avec le courage de la Foi. Quand les compagnons de captivité qu'ils laissoient dans la prison s'attendrissoient sur leur sort, ils leur disoient: «Loin de pleurer sur nous, rë jouissez-vous bien plutôt avec nous>tle la grâce que Dieu nous fait de mourir pour la Foi »• En partant pour le lieu du supplice , ils s.^embrassoient en signe de paix et de contentement, comme l'avoient fait saint Flavien, saintMontan avec leurs compagnons, et sainte Per** pëtue, sainte Félicité avec leurs compagnes, en allant recevoir la couronne du martyre (i). On peut tair, à l'article de JoséPHUiE Paillot, avec quelle héroïque et touchante piété les religieuses marchèrent à l'échafaud. Les prêtres allèrent comme elles à la mort, en chantant le Salue Jtegina , ouen récitant à haute voix d'autres |prièresj qu'ils continuèrent -jtisq!K^u moment où le Seigneur réélit leur dernier soupir. ,Tbu6>ces détails nous sont attestés par les plus respectables faabittos dé ¥alenciennes , encore émus du spectacle édifiant 4px^ nous venons de peindre d'après leur récit. Nous croyons 'dévoir prévenir que les noms de la plupart de$ victimes de 'ValeneiëBnefl,'C0mme de.beaucoup d'autres, ne se trouvent pas dans le dictionnaire annexé à V Histoire des Crimes de la *JScvolution.> {f^oy.y pour la série des Martyrs de. Valeur •cî^ines, AuCHiN, etc.) i