‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 2)Chapitre 31 sur 45 · ORANGE · texte numérisé non relu

ORANGE

Les immolations nombreuses faites dans cette ville y pendant l'été de 1794 9 étant une suite de celles qui avoient eu lieu précédemment à Avignon et à Marseille, nous devons renfermer 9 dans cet article, tous les événemens de la Pro« vence qui les y firent niultiplier d'une manière si barbare^ sous jdivers prétextes successifs. Déjà ce que nous avons dit à l'article Avignon , fait comprendre la rage des révolutionnaires contre la Foi de cette ville et du Gointat venaissin^ mais nous ne pouvons n^ous dispenser de parler de Marseille^ ce chef-lieu du département des Bouches-du-Bhone , dans lequel étoient compris les diocèses d'Aix et d'Arles.

La faction Girondine avoit fait de Marseille un des plus forts points d'appui de ses projets, non moins régicides qu'anti-monarcbiques (/^» Septembre, au commencement)» A l'époque de 1798, où, tout en succonibant, elle soulevoit en sa faveur la basse Normandie, Bordeaux etLyon, elle fai* soit éclater aussi pour elle , toute la Provence, avec la pétulance du caractère de ses babitans ^ et l'insurrection y ëtoit dans sa plus grande force au mois de mai , La Convention essaya d'abord^ pour la réprimer, suivant son atroce méthiide, de rendre, le 9 juin, un décret par lequel elle mettoit hors de la loi tous ceux qui auroient signé quelque acte favorable au fédéralisme (des Girondins), les traitant de conspirateurs j et elle chargea le tribunal criminel ordinaire du département de les juger, c'est-à-dire de les reconnoilre et de les faire périr. Les deux proconsuls qu'elle avoit envoyés pour lui donner une cruelle activité, lui parurent eux-mêmes en manquer ^ dans les premiers jours d'octobre, elle en fit passer d'autres à Marseille , et ce fuirent Fréron et Barras qui , de

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Suite, y établirent ce système sanguinaire qu'on appeloit le règne de la terreur.

Cet ordre de choses épouvantable le devint encore davantage vers la fin de décembre, par l'adjonction des proconsuls qui avoient assisté au siège de la ville de Toulon, que les Anglais avoient évacuée le* 16 de ce mois. Ces proconsuls étoient: Salicetti, Rîcord, et Roberspierre le jeune 5 mais il n'est pas hors de propos de remarquer que ce dernier ne signa point l'exécrable arrêté des quatre autres, par lequel , le ly nivôse an II (16 janvier 1794)? îls établirentune atroce commission militaire, enlevant alors au tribunal criminel qu'ils trouvoieht trop modéré, le soin de juger, c'est-à-dire de multiplier les victimes.

La commission dont ils avoient choisi les membres, correspondit si bien à leurs vues, qu'en huit jours, depuis le a3 janvier jusqu'au i*' février, elle fit périr cent soixante personnes, se contentant de motiver &^s jugemenspar la citation d'un décret conventionnel du 19 mars 1793, dans lequel il étoit dit : i» La Convention déclare ne vouloir faire ni paix ni trêve- avec les aristocrates et les ennemis de la révolution, et les met hors de la loi » . Avec cette formule aussi vague que barbare, on enveloppait aisément dans la proscription, et sans recourir à d'autres prétextés , les prêtres et les laïcs qui faisoient profession de piété.

Le tribunal criminel recouvra bientôt sa jnridiction sur les prétendus conspirateurs ; mais ce ne parut être qu'à lai condition d'agir comme l'avbit fait la commission militaire.' Il se trouvait sous la direction d'un autre proconsul, non moins cruel que les précédens , et peut-être plus frénétique, le prêtre apostat Maignet qui, de Lyon où il étoit encore en octobre avec Coutbon , fut envoyé dans les départemens de f^aucluse et des Bouches -du^JRhàne , précisément à là même époque où la faction Dantonienne envoyait Carrier à Nantes, Lebon à Arras, Collot-d'Herbois et Fouché à Lyon^ tandis qu'elle rappel oit Couihon de tout proconsulat.

Maignet, qui r/eMembloit. autant queLebonàcet anciei;^ persécuteur d'Ancyre^ dout nous ayons parlé dans l'article Arras, se coiiteutoit d'abord d'emprisonner beaucoup de personnes^ et de les faire juger parles tribunau:^ criminels ordinaires des départemens de f^aucluse et des Bouehes^diji^ Rhône; mais, comme ïU n'immoloieut pas tout ce qui l^ur étoit livré , cette espèce de modération, qu'au loin op. pou-;* voit attribuer au proconsul, fit que, n'ayant point trop marr que comme partisan de Ckaumet et Danton , guillotinés dan^ la première moitié du mois de^ermin^il (fin de mars et commencement d'avril),, il i^e fut point rappelé de.son pro^ consulat, quand Roberspierre et Saint - Just eurent fait rendre la loi du 27 germinal (16 avril i794)« iJ^^y* Lois et Tribîînaux RÉyt>LUXiONNAiuES, ^. II). Maiguet, au surplus, n'étqit pas complètement .dans la catégorie de ceux qu'elle rappeloit, en cassant leurs tribunaux ou commissions réyo^ lutionnaires y puisqu'il n'avoit à sa disposition que le tribunal criminel ordinaire de ces départemens. Mais il s'étoit laissé environner de scélérats très-ardens, dont plusieurs avoîent pris part aux atroces événemens de la glacière d' Avignon, en 1791 (/^.Avignon), et dont la rage étoît portée à l'excès par l'esprit d'irréligion qui continuait à tyranniser I^ Comiat. Us excitèrent la fureur tmpie autant que sanguinaire de Maignet, qui étoit encore à cet âge où l'impiété est si vivement aiguillonnée par refferyesçençe des passions dans celui qui ne veut pas les réprimer «jCe^ scélérats, vendue pour la plupart aux factions qui avoient causé les précédons désastres d'Avignon 5 et, profitant de l'aveugle et violente perversité de Maignet, qui ne s.uivpil; que. ses peu ch.an s ejOTrér nés, sans disoerner les factions, le dé,cidçreiit aisémient i employer Pam'ftré qu^il dyoit pqntractée avec Couthon, devenu membre 4^ comité ^e^afutpuh/ic dçpuîsle 23 frimaire { 1 3 décembre. lygS ), pi^r obienir de .œ comité , la création d'un ivihuna\' répottiiionnaire à Orange. li en fit la demanda à Couthon , par une lettre du 4 fforéàT (28 avril), en lui expo-

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(408) srant |jùe^ «dans les déjpartemens de Fàucluse et des Bouchesdu^ Rhône y il y avoit alors douze à quinze mille personnes arrêtées; el qu'il seroit trop dispendieux et même dangereux de les faire aller à Paris, pour y être jugées », suivant que Texigeoit la loi du 2^ germinal. Gouthon servit son ami avec un succès d'autant plus facile^ que la plupart àts autres membres du comité avoient le secret des instigateurs de Maignet; et peut-être le présomptueux Roberspierre, qui étoit aussi du comité,, se flattoit^il qU^il feroit tourner à son profit cette effroyable innovation. Voyant les factieux de la Provence voués an! Danionisme et au Girondisme (^i) , et par conséquent touis opposés à ses vues d'ambition , il devoit sentir le besoin de les abattre, et songer à s'iassujettîr cette contrée par une terreur qu'il espéroit pouvoir diriger. Voilà pourquoi sans doute il signa , avec Couthon , comme les autres membres du comité de salut public , le 21 floréal an II (i o mai 1 794)^ nn arrêté portant : « qu'il seroit établi , à Oi'ânge , une

(i) Le Dantonisme surtout s'étoit r^forcé dans ce pays ; et cela est éyident .par plusieurs pièces consignées dans le Jîapport de CourtoU sur les papiers troui^és chez Roberspierre, Les lettres écrites de cette contrée montrent la défiance qu'on y avoit de Ghénier (pièce 109, F.), de Rovère, Legendre» Tallien, Boui!don (de TOise)^ Pbultier: (pièce ii3, ^. )> <1® ^Q^^ 1^ Dwito^ fastes en général (pièce iid^ B.)^ de» JSrissotins , comme des Dantomstes, et spécialement de Jourdan, dit Coupe" Tête , le chef des massacres d'Avignon en 1791, puissant alors en Provence. (Pièces ti3^ ^», 114 et ii5.) Dans celle-ci il est dit formellement que *< les èecontU de Jourdan étoient ceux de Danton ; qu*à Jourdan se rallioient tous les voleurs» et que ses satellites achetoient des domaines superbes ». (Lettre du a messidor an II — no juin 1794*) Pn a déjà vu que lorsque Jourdan^ que les Dantonistes avoieut fait nommer, en récompense de ses crimes , comtnandant de la gendarmerie à Avignon (Afoni" 4eur du aS février 1793)^ eût été arrêté à Par^s» les premier^, jonm de mai 1794, sur ces dénonciations, Taliien prit sa défense « et fit^on apologie dans la société des Jacobins, le 16 floréal (5 mai 1794) ) que néanmoins Roberspierre le fit livrer au tribunal révolutionnaire , par qui, le 8 pi^ikmal'(<27 mai), il fut envoyé à Féchafaud. ( rty^, d-devant, pag. :ia9> A tai note. .) Les Éobers^ ftierriene de la Provence s'en félicitèrent par une Uttre du 16 prairial (4 juin 1794), en racontant que ce monstre, par la feinte paodération qu'il affectoit, «voit usurpé la confiance des nobles du pays, {^ày, ci-devant, j(>ag. a63.}

commission composée de^inq membres, pour juger les ennemis de la révolution quiseroient trouvés dans les pays environnans, et particulièrement dans les départemens de Fàucbise et des Bouches 'du- Jihéne ». Les membres de cette commis* sion, nommés par le même arrêté, d'après la désignation qu'en avoit faite Maignet, étolent Fauvetty, juré au tribunal révolutionnaire de Paris ^ MeîUeret fils, médecin à Etoile, près Valence; Roman -Fon^osa, président de l'administration du district de Die; Fernex, juge du tribunal du district de Lyon ; et un pauvre autant qu'ignorant menuisier de cette ville , nommé fiagot. Le greffier de ce tribunal fut un nommé Benêt qui, précédemment simple secrétaire de l'administration du district d'Orange, étoit alors juge militaire à Toulon ou Marseille,

Cependant il n'est peut-être pas indifférent de remarquer que la signature de Roberspierre, qu'on voit à cet arrêté, avec celles de Collot-d'Herbois, Barrère, Billaud-Varennes, Carnot, C, A. Prieur, R. Lindet et Coutbon, n'est point dans le Pour-extrait de l'expédition, où Vxm. ne lit que celles de Collot-d'Herbois , Billaud-Varennes, et Barrère. £Ue n'est pas non plus dans l'abominable Instruction que le comité envoya, le 29 floréai (i8 mai 1794) > à l'atroce commission populaire d'Orange (i); ni dans un second arrêté de ce comité, fait le 1'" prairial (ao mai), pour l'encourager dans ses affreux assassinats, et qui ne fut signé que par Collot-d'Herbois, Billaud-Varennes, Coutbon et Carnot (2). Si Ton demaùde pourquoi ce Coutbon , qui parut tenir si intimement aux projets de Roberspierre , et fut ensuite

(i) Voy. Bapport de Saladin du 2 mars 1796, pièce 4^. JJ instruction y porte, par erreur typographique peut-être, la date du 19 floréal an II; car cette date supposeroit que Vinstruction auroit été envoyée avant la création de la cominissioi)^

. .{a) Voy. Nist» des Crimes de la Réuolution , au tom. VI, pag. 170; eti?apport de C0wt9$s sur Us papiers trompés chez Boberspierre ^ pièce 117.

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renversé avec lui , signoit ici , quoique Soberspierre ne signât point ; nous pourrions , entre autres explications , faire observer que la liaison de l'un avec l'autre^ ne devint bien intime qu'en prairial, et seulement lorsqu'à cette époque ^ Roberspierre imagina de former avec lui et Saint* Just, dans ce comité même , un bureau de police générale , dirigé secrètement contre les Dantonistes, Cette particularité nous est révélée par un des premiers agens du comité de sûreté géné^ raie (i).

Quand Maignet à qui Roberspierre n'avoît pu confier ses secrets desseins, et qui n'avoît plus pour guide que son aveugle fougue réi^olutionnaire , vît enfin ses atroces vœux comblés par l'autorisation d^établir une commission permanente à Orange , il venoit de donner une terrible preuve de Sà. férocité à l'égard de l'important bourg de Bédouin, non moins distingué par sa piété que par son opulente industrie^ Le prétexte d'un arbre dit de liberté , renversé dans les envi* rons, peut-être par les siens , mais à l'însu des habitans , dans la nuit du 2 au 3 mai , lui ayant fourni un prétexte pour prononcer leur destruction et celle de leurs voisins, il y avoit conduit une commission, prétendue municipale , de sa composition , avec un bataillon dit de VjÉrdéche. Cette commis-* sion y avoit fait périr quantité de pères de famille ^ et les soldats, au signal de leur commandant, avoient mis le feu aux cinq cents maisons de ce bottrg. Maignet , voyant que l'église, construction nouvelle qui avoit coûté deux cent trente mille francs, résistoit aux flammes, avoit fait mettre

(i) Senart {Mémmres memucnta) ^dutp-. xiv : « Le cemilé ëe Méreté générale étoit espionné pour le compte de Roberspierre par Héron, David etXebas. Par eux il savoit tout ce qui s'y passoit. Cet espionnage donna lieu %. des rapprocheniens plus intimes entre Couthon , Saint-Just et Roberspierre. Son caractère ambitieux et faroucbe lui suggéra l'idée de l'établissement d'un bureau de police générale, qui , à peine conçu, fut formé. Alors la seAion de police du comité de saha publia mettoit en liberté ceux que le comité de sûreté géné^ veUe faisoit arrêter; et elleiiattoit afréter ceux qu'il mettoit eti tibeité ».

de la poudre dans ses souterrains^ et s'étoit réjoui de la voir ^autei* avec un horrible fracas. Il n'a voit pas même voulu qu'on épargnât l'hôpital (i). Un de ses affidés racontoit cette désastreuse expédition avec un air de triomphe le 1 6 prairial (5 mai) : a J'ai vu hier de quatre lieues^ écrivoit-ilà un ami, i'ai vu les flammes révolutionnaires qui consumoient l'infâme Bédouin. Il y a eu soixante-trois guillotinés (ou fusillés) ; le reste des habitans a été réparti dans quatre communes environnantes, oà ils seront traités comme les cidevant (nobles) qu'on a forcés de sortir de Paris (a) ».

Que n'alloit donc pas se permettre, ce forcené Maignet, revenu à Orange, et y installant le i5 prairial (4 niai) cette infernale commission que le comité de salul public lui avoit accordée? Quelle épouvantable licence étoit donnée à cette commission de bourreaux sous le nom de juges, par Vins" truction du comité du ag floréal (8 mai), qui leur avoit dit: « Vous êtes établis pour juger les ennemis de la révolution ; et les ennemis de la révolution sont tous ceux qui, par quelque moyen que ce soit ( même en faisant des prière» et pratiquant la religion), et, de quelques dehors qu'ils soient couverts, ont cherché à contrarier la marche de la révolution, et à empêcher l'aiTermissement de la république. La peine due à ce crime est la mort^ la pi*euve requise pour la condamnation sont tous lesrenseignemensy de quelque nature quih soient , et qui peusfent coin^aincre un homme raisonnable et ami de la liberté, La règle des jugemens est la conscience des juges , éclairés par l'amour de la justice et delà patrie. Leur but est le salut public et la ruine des ennemis de la patrie. Les membres de la commission auront sans cejsse les yeux fixés sur ce grand intéiét. Ils lui sacrifieront toutes les considérations particulières...; ils repousseront toutes sollicitations dangereuses; ils fuiront toutes les sociétés et

(i) Prudhomme : Hist. des Crimes de la MeuoL pag. 170 du tom. VI. (n) Rapport de Comtois. Pièce 1x7, pag. 393.

toutes les liaisons particulières qui peuvent affoiblir l'énergie des défenseurs de la liberté, et influencer la conscience des juges, etc. etc.» Précaution extrême^ pour que ces hommes ignorans et pervers ne se laissassent poinï gagner par une faction contraire.

Ils sont aveuglément dociles à la seule impulsion du frénétique Maignet ; et il n'importe pas plus à Maignet qu'au frénétique Lebon {Fby^ Arras ) de savoir quelle faction il sert, pourvu qu'elle l'autorise à se livrer à toutes sortes de fureurs. On pouvoit bien dire alors ce que Lactance avoit raconté.des procédés de Galère, dans ses persécutions contre les Chrétiens. «Les peuples furent livrés à des juges qui n'étoient que des hommes grossiers, sans instruction, accoutumés au meurtre , et pour lesquels n'existoient plus toutes les formes voulues par la justice, et toutes les loisprotectrices de l'innocence : ils eurent la permission de tout oser dans la carrière des forfaits \ et ils en usèrent avec une rage effrénée (i) ».

Les cinq membres de la sanguinaire commission de Maignet commencent par envoyer à la mort, sans procédure, les prêtres et les religieuses qui ont été enlevés à Bédouin (J^oy. J. B. Allemand). Pour fournir une plus ample pâture à ces cinq tigres, le proconsul, non content de ce que renferment déjà les prisons d'Orange^ et des victimes qu'il fait amener des autres prisons du département de F'aucluse , ordonne, comme l'atteste un de ses complices, «qu'il soit fait une fouille générale dans les maisons et les champs de toute la province , pour y saisir, dit-il , avec tous les ci^devant (nobles) qui n'auroient pas été zélés patriotes (révolutionnaires), tous les prêtres (auxquels ils pourroient faire le même reproche) j en un mot, tous les suspects (les personnes probes

(i) Judiçes,,,^ humanàatU lùteranun rudes y sine adsessonbus in prowindas

immissi iicentid rerum omnium, sobitis legibus , adsumptd etjudidhus data»

( De Morte Persecutorum, n* 22. )

et religieuses). Il y a eu, poursuit-il^ plus de cinq cents de ces coquins arrêtés. Bientôt cette partie du Midi, si empestée par le papisme (la religion catholique ); répandra au ^este de la r^ublique ; et nous serons dignes de la grande et chère famille qui nous a accueillis dans son sein (i)».

Les premiers meurtres de l'atroce commission avoient eu lieu le 19 prairial (7 juin) : elle les continuoit depuis le i**' messidor surtout, avec une féroce activité 3 et^ ce qu'il faut bien observer, c'est que la nouvelle de la mort de S.oberspierré ^ qui lui arriva le i'^ août, ne suspendit pas sa fureur homicide. Neuf jours après le 9 thermidor, c'est -à -dire le 4 août; elle envoyoit encore cinq victimes à Téchafaud. hsf veille, elle y avoit fait périr mi vénérable prêtre septuagénaire , rhonneur du sacerdoce et le bienfaitf ur de rhumaiL* nité souffrante (Foy. S. P. Boyer).

Depuis le i*"^ messidor seulement, jusqu'au 17 thermidor (4 août)^(dans ces quarante-sept jours, elle avoit immolé trois cent vingt-huit: personnes » parmi lesquelles on compte au moii^s quarante, religieuses , et .vingt-^huit ministres des autels. C'étoit avec une joie estréme que les affidés de Maignet en informoient leurs amis de Paris (a) 3 et cependant ils se plaignoient encore de ne pouvoir détruire toutes les per-^ sounes .dévotes de la contrée. Ce fut un beau témoignage qu'il rendit à la Foi et à la piété du Gomtat venaissin, ce complice de Maignet qui écrivoit, le 27 messidor ( i5 juil« leXy :.(( S'il falloit emprisonner, immoler cette classe-Ià, nous au^cipn; pu y comprendre, toutes les femmes du pays'(^)D. ;

L'attachement à la religion et à ses pratiques sembiditt inextinguible et presque général dans tout le Gomtat; et la mort dont On le punissoit en ce temps d'horrible impiété^ ne pouvoit le contraindre parla terreur. On en peut encore juger

(i.) Rapport de Courtois à la Conuendon, Pièce 116, pag. 38^.

(2) Ibidem. Pièce 119, pag. 4oi , et pièce iao« pag. 4oâ.

(3) Ibidem, Pièce 1 21, pag. 4°7?

par Taveu qu'en faisoit an autre complice de Màignet, quand il écrivoit : « L'on tient encore, dans ce pays, au fanatisme (à la religion)^ et, si l'on n'en a voit pas d'autre preuve, oii pouirroit en juger par la manière inexacte dont on observé les fêtes décadaires, et par Faffectation avec laquelle on cesse les travaux 9 dans les jours de ci-devant dimanches (i) ».

Mais c'étoit surtout dans la prison, devant les juges et à l'heure du suppU(ie, qu'il falloit admirer la Foi et la piété des victimes que la sacrilège commission faisoit égorger. Dès le 2 mai (i3 floréal), onf avoit amené captives, à. Orange, d'une seule fois, quarante *deiix religieuses de différens ordres, qui, depuis Tabolition des clottres, s'étant réunie^ etL communauté, dans une maison de la petite ville de Boulène, y.remplissoient paisiblement et modestement les devoirs de leur sainte profession , chacune suivant la règle de son ordre spécial. Le lendemain d^ leur enti^ée dans' la prison , ne doutant plus qu'elles ne fulsttent destinées au martyre , elles se réunirent dans la même "chambre, pour concerter ensemble les exercices de leur préparation au sacrifice de leur vie à la cause de Jésus-Christ. Leur première résolution fut de n'avoir plus entre elles qu^une métnè règle, et dé ne suivre toutes que le teéme plan de vie; puisqu'elles avoient la même destinée. Elles portèrent même l'esprit d'tinion jusqu'à vouloir que tout ce qui étoit à l'usage de chacune en particulier, tels que le linge et les assignats (monnaie d'alors ), fût commun entre elles , comme cela s'étoit pratiqué parmi les chrétiens des jbur^ les plus fervens de l'Eglise primitive..

Les autres rcHigîeûses qu'on enfermoit ensuite dans la stéipe prison, s'associoient bien vite à cette admirable confraternité. Chaque jour ces saintes filles commencoient ensemble, dès cinq heures du matin, leurs pieux exercices

(t) Rapport dé Courtou à la Convention. Pièce iai« pag. 4o4*

par une méditation qui duroit une heure ^ après quoi elle^ récitoient en commun l'office de la Sainte-Vierge^ et ensuite celui de la m£3se. A sept heures^ elles prenoiçnt un peu de nourriture^ et à huit, elles disoient les Litanies desSaint^. Quand cette prière s^ttendrissante ëtoit achevée ^ chacune dé ces religieuses ffiisait à haute voix la confession de ses fautes^ et se disposoit à la réception intentionnelle du saint viatique. Lorsque Fheure où elles pouvoient être appelées au tribunal approchoit^ elles disoient les prières de l'extrême onction , renouveloient les vœux de leur baptême , et ensuite ceux de leiir profession, a O mon Dieja^ s'écrioient-elles avec transport^ oui> mon Dieu, nous sommes religieuses, et nous avons une grande joie de l'être ! Seigneur, nous vous remer^ cions de nous avoir accordé cette grâce ».

' G'étoit à neuf heures que se faisoil ordinairement l'appel des religieuses qui dévoient comparottre devant les juges. Comme elles ne furent pas toutes appelées le même jour^ celles qui me l'étoient pas, envioient le sort de ceHes qui l'étoient, et ressentoient une sorte de peine de tarder à le partager, tant étoit vif leur désir de donner leur vie pour Jésus^Christ. Elles ne revoyotent plus celles que le tribunal âvoit condamnées à la mort, parce qu'il les feisoit jeter, avec d'autres victimes condamnées avec elles, à^hs une cour appelée le Cirque (i), en attendant l'heure de l'exécution, qui avoit lieule même jour. Leur condamnation n'étant plus douteuse pour les religieuses qui restoient dans la prison, ttellei»*ci réditoient' alors à genoux les prières des agonisans, lés Litanies de ia Sainte- Vierge , et les dernières paroles de J£sns-Christsurla<5roi&. Ensuite, à cinq heures, elles ache- Voient de psalmodier leur office.

Lorsqu'à six heures du soir, le bruit sinistre du tambour.

(i) Cette cowir avoit, dit-da, fkH partie d'uti 'dt)qlié roÉialn, où sous U% IVéron et les Maxeifce « beaucoup de clifé|i«9S «voient (Ui|im ieiif vie pour J. C.

et les crîs épouvantables de « Vive la nfttlon! vîve la république » ! dont étoît précédé le départ des victimes pour Téchafaud > retentissoient autour de la prison ^ et y annonçôient la prochaine exécution des religieuses condaYnnées , leurs sœurs prosternées répétoient les prières des agonisans, auxquelles succédoient celles de la recommandation de Tâme, et ensuite un profond silence qu'elles gardoient^ en restant toujours à genoux, jusqu'à ce qu'elles présumassent que leurs compagnes avoient subi leur jugement. Aldrs elles se levoient / en se félicitant de ce qu'il en étoit déjà quelques unes d'entre elles qui avoieut été admises aux noces de Tagneau sans tache ; et elles chantoient avec joie le Te Deum laudamuset le psaume Laudate Dominum omnes gentes. Après cette action de grâces pu Ur la sainte mort qu'avoient faite Ieur$ compagnes, elles se sëparoîent en ^'exhortant xnutuellement à mourir de mime le lendemain.

La prison étant pour elles oommeun cloître, animé delà plus grande ferveur, tousi les exercices de la proff ssioia religieuse y étoient remplis sans aucune distraction , et avec une ponctualité parfaite. Un jour que deux d'entre elles appelées plus tard au tribunal , ne le furent que dans l'après-midi , l'une d'elles s'écrioit avec autant de regret que de camiéur ; (c Eh !

mais nous n'avons pas encore dit nos vêpres I a Sa com^

pagne lui répliqua sur-le-champ : a Nous les dirons 4an^ le ciel ».

Joignant à des exemples si toucjians et si persuasifs , unis sorte d'apostolat, ces saintes filles contribuèretit autant que les saints prêtres , prisonniers avec elles , à taiùenèr au Seî-* ^eur, et les personnes séculières qui., partageant leur sort, n'avoient presque jusqu'alors Vécu que pour. le monde, et quelques ecclésiastiques coupables du serment de la cofisti* tution cwile du clergé ^ qu'on avoit aussi renfermés dans la même prison. Ceux-ci ne tardoient pas à se repentir; et on les voyoit bientôt se jeter auxî pieds des ministres fidèles qui pouvoient recevoir leur rétractation , et les absoudre.

. Quand ils voyoient quelqulÊne de ces sainteis fiUes appe* lées au tribunal , et marcher par cela même au martyre y ils se prosternoient devant elles comme pour leur demander un. de ces billets d'indulgence que^ dans le beau siècle de sj^int Cyprieh, les confesseurs de 1a Foi accordoient aux pénitens publics en allant au supplice. Ils disoient à ces célestes filles, avec tpute la vivacité du repentir le plus sincère : « Nous avons reconnu notre erreur, et nous l'abjurons de nouveau à Vos pieds : pardon, mille fois pardon; pardon des, scandales que nous avons donnés aux foibUs; nous voulons mourir comme vous , non seulement dans le sein de la religion catholique , apostolique et romaine > mais encore pour la Foi qu^elle professe ». Une joie douce succédoit à Pamertume du repentir dans l'âme de ces prêtres. Aelevés comme sainte Bibliade et les neuf autres tombés lors du martyre de saint Pothin (i), ils montroient la même résignation, le même héroïsme devant les juges , quand ceuxci leur demandoient le serment qui devoit servir à racheter leur vie. Ils le refusoient avec U même fermeté que ceux de leurs vertueux confrères qui n'avoient jamais chancelé, et que l«s saintes religieuses de qui on Fexigeoit aussi. Ils marchoient au supplice avec autant de courage, comme avec autant de Foi, que ceux de qui ils avoient obtenu la grâce de la réconciliation.. Les gendarmes qui conduisoient les uns et les autres à Féchafisiud, ne remarquoient aucune différence entre eux ^ lorsqu'ils disoient avec un dépit infernal : « Ces misérables-là meurent tous en riant ».

Le serment que les juges demandoient aux prêtres et même aux religieuses , étoit^ non plus celui de la c^in^aïution cwile du clergé , ni le serment aVi^ue dans lequel elle

(i) lUos emm gaudium martjrm, spestfue pronUssœ heatitûJinùîei eharUas

ergà Christumry'>et Dei Pàlris 'spàitus reùKeabat.. *,.. Abkme (£Mms prias

lapsa ) ckriaUmam se. esse confessa , in consortium Mariyrum relata e$t% ( Euidb. Itist, EccUs. L. V> c. I* et seq. Edit. f^aiesiana,) -

étoit comprise, mais celui de liberté^alité {Voy* DÉPOR- TATION; Lois et Tribunaux révolutionnaires). Nous en trouvons une preuve irréfragable dans lès Mémoires envoyés à Aorae sur le meurtre de ces religieuses, par M. l'abbé Tavernier de Courtines , que Pie VI avoit institué adrni* nistrateur apostolique du diocèse de ' Saint - Paul <- Trois -> Châteaux, auquel appartenoit Boulène (i). On y lit, comme ailleurs, que le président du tribunal , après avoir interrogé^ sur son nom, son âge et sa profession, la victime qui lui étoit livrée, lui demandoit si elle avoit fait, ou si elle vOu« loit faire le serment de liberté^galké. Toutes les religieuses (comme les prêtres) répondoient successivement : « Ce serment est contraire à ma conscience ^ mes principes religieux me le défendent » . Souvent le président insistoit en disant à chacune d'elles avec le grossier tutoiement d'alors : « Ta es encore à temps de prêter ce serment ; et tu peux , à ce prix être innocentée par nous »« Chacune d'elles répliquoitâ son tour : « Je ne puis sauver ma vie aux dépens de ma Foi »• Sur une telle réponse , l'arrêt de mort étoit aussitôt pro-* nonce. Toutes allèrent au lieu du supplice avec une céleste allégresse, et a comme à un festin de noces », suivant Texpression d'un témoin oculaire : le peuple grossier ne pouvoit comprendre cette joie ^ et les gendarmes plus grossiers ei^core, ne cessoient de répéter dans leur brutal langage : « Ces b -là meurent aussi toutes en riant ».

Nous avons dit qu'elles exercèrent un heureux apostolat envers les personnes du monde qui étoient emprisonnées avec elles ^ et cette particularité mérite d'être exposée avec quelques détails. Emus par la Foi et la piété de ces religieuses, ceux de leurs compagnons de captivité qui avoient le plus vécu dans Toubli de Dieu, sentoient bientôt renaître

( i) VàjJMéiÊoirupour servir à PHhttùrB de la Jiéualiaiùmjraneaiaêf rùcami^ Heparkê ordru de N. T. S. P. Pk FI, pur M. l'abbé d'Ufesmiyy iT Aoribeatt, (Rom. 1794 et 1795, pag. 636 et xoi S.)

en leur âme les àantlàiexis dor^V une éducation chrétienne aToit pénétré leur enfance; et bientôt ils acquéroient U méfnre ferveur , la linéme résigtiatién , la même constance que les plus héroïques d'entre ces religieuses / qui , en partant ava^t eu^ pour aller au tribunal et ddi à l'échafaud , les plaignoieM te de les voir destinés à leur survivre^ parce que s'ils échappoient à la niort, ils resteroient exposés ai lâille autres dangers sur une terte, Où tout n'^'étoit plus qu'erreur et crime». Ce^x que le tribunal n'eut pas le temps d immoler ) et qui purent retourner dahs leur domicile, y ont conservé' les ineffables impressions que l'apostolat dé ces *filies angéliqûés avoiei^t faites sur leur âme. On cite «parmi lés éclatantes conversions qu'elles opérèrent alors, celle d^un feune homme delà ville d^Alais, qui, entré daiïs la prison avec tous les goûts du siècle, et libre ensuite de retourner daiis ses foyers,- préféra ' d'aller meùer dans la solitude une vie capable dé lui mériter un jour la gloire dé ces saintes vierges dont il avoit partagé les chaînes , sans pouvoir obtenir cornue élleS l'a palme du martyre.

Mais combien pliis leur ministère apostolique fut-il utile à ceux d'entre eux quî'étoicht jugés, condamnés et jetés avec elles dans ce cîrqufe où l'on àttendoit l'heure du supplice? Elles encoûrageoîent ceux que l'aspect de la mort constèriloit, et que le désespoir é'toît près d^atteindre, en ' leur faisant coÂceVoir dés esjpérances plus pures, plus solides que celles de la terré. A ceux dont la séparation de leur famille / la' perte des biens temporels que leur condamnation allôit causer à leurs ehfans , aJBSigebient beaucoup trop l'âme sensible, elles montroient dans le ciel des parens, des amis plus heureux. « Il n'étôit pas rare, dit un écrivain qui en fut comme témoin ^ il n'étoit pas rare dé voir ceux qui avoient jeté derrière eux des regards de tristesse et de re-, grels, reprendre des fprces nouvelles à la voix consolante de ces héroïques vierges , et faire à leur exemple un généreux sacrifice de la vie temporelle, dans l'espoir d'une meil-

leure au sein de r-ëternit<V Le p,ère d'une nombl'euse &mille étant alors tombé dans i^n abattement voisin de la stu* peur^ par la seule, pensée que ses enfans. alloient. deyenir orphelins par sa mort, une de ces religieuses dont les dis** cours ne pouvoient plus être entendu^ par san esprit troablé^ se mit en prières pour, lui obtenir le courage- dont il avoit besoin f pendant une heure entière çlle resta â ^enouK, les bras élevés vers le ciel , en redoublant de feryeur dans ses prières à cette fin. Le ciel ne fut point sourd aux de« mandes de cette touchante émule de Moïse, l^^ père de famille sentit renaître sa confiance en Dieu^ et il-. marcha au supplice avec un courage dont p^spnne ne rauroit .çi;u ca<pable ». £h! quels compagnons 4u sort de ces saintes filles n'auroient pas été portes à mourir comme elles^ lorsqn'en marchant avec elles vers l'échafaud , ils les voyoient bénir le tribunal qui les y envoyoit^ et s'entretenir avec eux de la cité céleste, en leur représentant; la jiistice de Qi^u comme la seule qui fût à redouter!

Le langage àps prêtres à ceux q.u'ils avoient réconciliés avec le Seigneur, n'étoit ni moins touchant, ni moins encourageant, principalement quand ils parloient à ceux qui alloient mourir pour la cause de la réligon. Il nous semble les entendre leur dire avec saint Gjprien : a Au milieu de tant de glaives menaçans qui vous entouroient, que pouviez^vous faire de plus grand, de plus beau j| que de confesser encore librement comme arbitre de votre Liberté, l'auteur même de votre salut? Et quand vous considérez qu'il n'y avoit rien de plus détestable que l'avilissement auquel on vouloit vous réduire, rien de plus honteux. que cette servitude à laquelle il falloit vous engager, que pouviez-vous demander^ parmi les ruines de cet univers qui semble approcher de sa dissolution, que. pouviez-vous désirer, si ce n'est d'être enlevé aux désastres de notre temps, d'être affranchis des malheurs de ce monde périssable , et de vous trouver, bientôt étrangers à la perversité contagieuse qui ravage la terre ? £h !

comment regretteroit-il la lumière terne et mourante dont elle est éclairée, celui à qui !&. s'plêndeur éternelle est promise (i)!

Quand le féroqf jtri)>ipin^ rse rit^'iarç^ jàe suspendre ses meurtres y le surlendemain du 4 août, il irestoit encore dans la prison dix religieuses ; et n^éme de ces dix , il y en ayeit quatre dont la sentence de m6rt étoit déjà prononcée. Elles s'affligèrent toutes de n'avoir pu obtenir la couronne qu'ar voient acquise leurs compatîtes» Nous pourrions peùt-étré Aussi l'es' compter au nombre 'àe hos Martyrs^ de même que., dans les premiers siècles de TEglise^ on considéra comme tels ces évéques d'Afrique îjiii suirvîvoîent à leurs liourmens (2). Ce jeune Théodore d'AntiocIie, quî'ïecouvra sa liberté, apl^ès avoir st)u(fert pendant plusieurs l^eures det^ruelles tortures pour' sa Foi sous Tempereur Julien j ne fut-il pas en»-' suite regardé par tous ses fi'èli^ësV et même pal* les ancieius historiens de l'Eglise (3); oôiâfne un vrai Mart3rt. Ces éiH religieuses lui avaient res«fem'blê' jusque dans le* chagrin profond qui vint l'affliger loWqu'c^n le délivra dh supplice pour* lui Conserver la vie. Dicebàt:, ..,,., ità se ès^se delec^ tatuniy ut tUnc mcpstior Jkc4us sit quando ^deponi"de èquulèo jussusest(^). (f^. pour U'tférîe des Martyrs d'Orange ; M. G: Alauzii:r, etc. etc.) ^, .

(i) Quùi ùun magnum atque pulcharimum quàm inttr lot circumstantium

giadios LiBKiTATts suœ dominam ac aakais auctorem repetka acbpùis uoce prry-

funî mmaacim^ H^nU^cuioê iWMponoi'mhii duesubikus esge dedeoore , nîhU

fœdiu$ seruitute^ nihil aliud te dd»ere jam.petere, atiud opCare quàm aripieu-^

dum esse cladibus sœculi, exuendum malis mundi, et inter ruinas orbis jam

jamque perkutt àUenum à terrena cbntagione versari? Quid enùn tibi cum Kac

Msçe eut bac cenienia promùsa e»£ ? ( De Claude IVtàvtyrîi ) .

.(a) /^<7;r. Difcovmiprélim. pag. '3a.-* * •'.»'.

(3) Ruffin : Jffùt. Socles. L. X^ c. kxxy, et ftussi Socrates ; JSKa, Ijedu* L. III, c. XVIII ^ Sozomen. 1. V, c, xix; Thcodorîtus : Hist,EçcUs. (4. III^ c. X ; saint Augustin : De Civà, Dei, \, XVIII , c. lu. Ce Théodore est celui que TEgiise honore comme Martyr, le 7 ou le t4 décembre.

(4) RuiBn» itf^i^rrà. .«

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