‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 2)Chapitre 5 sur 45 · XXX · texte numérisé non relu

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valoir mieux qU^eux. Mais, à rexempi.e dés plusrëser^ y es , ne nommant qu'à regret les persécuteurs , il s'est abstenu de les caractériser autrement que par leurs actions. On ne verra donc pas invectiver ici les assassins par ces qualifications passioiuiées , haineuses , et quelquefois grossières , qui leur sont malheureusement prodiguées dans quelques ouvrages historiqties du ïaème genre. Désavouées par TËvan* gile et les SS. Pères, elles le seroient aussi par les saintes victimes elles-mêmes. Si nous avons comme elles les vertus de la Foi , au lieu de maudire ceux qui les immolèrent , nous devrions peut-être les bénir de ce qu'ils les ont mis à m^ine.de conquérir la palme du martyre , et de montrer à 4^inivers que, malgré les pronostics de l'impie philosophie du dix -huitième siècle, rSglise des Gaules étôit celle de tonte la catho* licite qui pouvoit fournir de plus intrépides athlètes à la cause de J.-C et de l'ËgUise roiliaine.

Sans chercher à découvrir les motifs de ceux qui, dès l'aononçe du présent Martfrohge y firent atta-> quer en des feuillet mondaines et . politiques le titre de Martyr qpf? notre auteur donnait à ces généreux athlètes de la Foi^ nous devons cependant, afin' de rectifier les idées des personnes qu'elles auroiént pu troubler, &ire observer,, du inoins en passant,' que le censeur qu'ils cJoioisireiit ne montira p98 une connoissance bien exacte de la matière , tout en se disant appyslé > quoique laïc et jeune , à dé*^ fendre ce qu'il jntommoit c< la doctrine du cathoU-i

( xxxj ) ci$/we(i)». Enallëguant, pourtoute raison, «qu'il n'apparlîent pas à un simple fidèle, ni même à un prêtre, de s'emparer du droit de canonisation y quel que soit

le mérite de ses héros » , savoit-il donc bien en quoi

* (i) Ne ?oulant pas être soupçonné d'affoibllr Fattaque afin d'aroir plus d*aYanta^ «urle censeur, nous répéterons ici toutes ses paroles. Il s'exprimoit ainsi (feuille du i3m'(iî i8»o) : « Le nouvel historien qui va intituler son ouyrage Lts Martyre deda Fui , n'a péul-être pas assez songé que ce titre est tout-à-fait contraire à l'esprit xle l'Eglise »; Grave erreur qtfele censeur reconn'oîtra, en lisant le Discaras prélî* miuaire de notre auteur! II a trop jugé de cet esprit par les sons, en donnant pour preuve la discipline actuelle, siivant laquelle l'Ëgllse, dit-il un peu vaguement, « n'admet de Martyrs que ceux qui sont reconnus pour tels par le cbef même de cette Eglise».* Pour que cette assertion fût exacte, il falloit s'exprimer ainsi : «qui n'admet de Muriyrs sur les atUeis puilics^ que ceux qui^^etc. etc. ; » mais alors toute l'attaque retomboit sur l'agresseur. Comme notre auteur i^e plaçoit pas ses Martyrs sur tes autels puéiics, ou, ce qui est la même cho^e , coi^imé il ne prescrivolt pus un culte puMie ei générai d'iavocation.à leur égard, c'étoit donc sans aueune raison quelconque qu'on lui reproçhoit «de s'emparer du AroU de canonisaHah*. L'imprudeute réprimande continuoit en ces termes : « L'église métro* politaine de... a été plus circoDftpecte. que l'historien; car, jusqu'ici ^

c'est des prières qu'elle a ordonifiées pour les victimes des et cela

est tout'à^fait conforme à la doctrine du catholicisme (nouvelles méprises. K. ci-après, pag. 83 et suivantes) : « Doctrine ^ conclut

enfin le censeur, doctrine qui doit trouvel%a défense 'dans '/a

( nom de la feuille ) , lorsque l'occasion s'en présente : ce journal

étant également destiné. ( Par. qui ? ..../ ) à lutter contre les

ennemis de toute religion , et à rétaélir ia paix entré les dissi'*

d^7is d'une mAme religion (destination bien auguste pour .!) »

Signée L..... » La mission de celui qu'il attaquoit a des fondemeni

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bonsîstent et ce que produisent les béatifieatkms pu Canonisations ( J^. ci-aprè$, pag. 79.) ? Auroit-il cru que , sans ees actes infinimeEit yénéraJ>Le8 du Saint* Sîége , ua chrétiea qui a donné* sa vie pour J.-C. ^

moina équvroqiMs dana 8oatitre>en Ttrtu duquel ilpeutlégitrmeiQeiit et conforioéniest aiix Tolonléa dui Saint CoBiuHe de Trente (Gapk U9 B^R^form, Sfls(k xoiv ) : TAcotogiam dotwei dû ùA ëçriéere , axe^efirt , eii^ ele. L'un de$^ grande incoBvéQÎens de nos )our9 , e^t que beaucoup de gend qui.cvoieiit éorive pour lare-* iigîoo 9 ressemblent à ceux doot Sv Paul dhoit : C0m)€Tsi 8un$ im v,anU0(pimtn , voUtUeê «ase iegù^ dùc^aree^, wm iauMigenUs, nfifttc (piœ Upit/mtur ,, nef ne ds ^méus affifmafU* ( L ad 'Eimoth. c. I. )

Pour compJélerdf avance tes ifeolioas exactes et précises que l'auteur dii Mùrtyràioffô foueêira sur les procédures et cérémonies de ééOfiifieationA etcanoidaaiiatiê 9 nous devrions peut-être donner ioi rexplieation du titra de Féniraéiey qu'à &otne on décerne aux seriiteucs.dc Dieu morts en odeur de sainteté, avant de les ddeUirer, et non de \é$ faire bieii|^eui«ux ou saints. «IhMnt Fénérai^ies 9 sirictement parlant 9 suivant hh eoutimie de la congrégation .des vks y dit Benoit XIV ,. dès que la. cosinHâsion de procéder à leor cause de béatification et oaoonîsatlon a été sîgitée ', et elle ne l'est qu'après que l'autorité de Tévêque 9 au diocèse de' qvA ces justes appartenoient^ jU constaté judiciairement Jcur réputation de sainteté, et (lorsqu'ils ne aont pas Bfart^rs y comme on te Tetra' ci-après, pag. 81) , les miracles dus A kur intercession » : Yerxkaules Dei servi 9unt ii , stricte iffquùndo^ seeundànk ccàHieêudinetn Congregatianis Rituwm, in ijuorufn hismtifitatiohis et catuonizaiiônis eausis commission vUroductioni» si§n0Îa esti non signatur enim comtnissio msl JMdieiaU more constiieril , ex prosessu auttioriuue ordinariâ^ ^onfecto 9 de famà sanctiiatis et miraculorum ( De Senror. JDeî Beat') L. I , c. XXXVII, N* IV}.

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û^a pas été confessé dans Finstant même par lui devant son père , selon sa parole sacrée ? Mais trè»certainement il ignoroit que la piété des fidelles , en reconnoissant , par des hommages privés » c^est-à-dire individuels , qu^un chrétien a péri pour la religion avec les sentimens nécessaires au mérite du martyre y ne fait ni une àéatification ^ dont le but est seulement d'autoriser à rendre un cvltet public y dans un lieu ou un ordre religieux particulier, à tel ou tel juste décédé qui n'en recevoît qu'un privé; ni une canonisation dont reffet est d'étendre à toute l'Eglise cette autorisation y jusqu'alors circonscrite par la béatification dans lès limites qu'on vient d'indiquer.

C'est une vérité de Foi, qu'un ministrCi qu'un enfant de l'Eglise catholique , mis à mort pour n'avoir pas consenti à lui devenir infidèle , et à manquer aux devoirs de sa religion, reçoit au moment même daas le ciel la palme du martyre ; et c'est une vérité de fait , qu'en France , des évéques et des prêtres , des religieux, et religieuses, des séculiers de l'un et de l'autre sexe ont été sacrifiés en grand nombre , à cause de leur inaltérable attachement à la Foi catholique , et de leur héroïque fidélité aux devoirs qu'elle impose. La consé^ quence deces deux vérités reste plus claire que les raisonnemens contradictoires de ceux qui, par leurs prières funèbres , leurs sacrifices d'expiation , portent à croire que ces victimes, toutes glorieuses qu'ils les coii. fessent eux-mêmes , resteront cependant sous le bras vengeur de la justice divine , tant qu'elles n'auront pa3 I. c

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été proclamées Martyres par une bulle de béatificatU ou de canonisation (i). ^

Nos évéques , certes ! n'en jugeoient pas ainsi ' dans le cours de la persécution ; et le pape Pie VI leur donndit lui-même l'exemple de les recon-

(i) Pour rendre plus frappantes ces contradictions 9 nous citerons de préférence Técrit le plus remarquable et le plus chrétien qui ait paru, depuis 180 1 9 sur le massacre des ministres de Jésus-Christ à Paris ^ le a septembre 179a. C'est le touchant discours que le respectable abbé Legris-Duval prononça dans Téglise des Carmes, en 18145 le jout annÎTersaire de ce carnage impie. Dans l'édîtion qui s'en est faite après sa mort (V07. Sermons de M. Vaébé Legris-Duvai : a vol. in- 1 a ; Paris , 1 8ao), on reconnoît , on admire le prédicateur, en se trouvant d'accord avec lui, lorsqu'il commence par dire : « Nous ne venons

pas vous demander des larmes pour ces prêtres vertueux Il est

temps de nous consoler, en nous entretenant de leur gloire. Nous appelons Martyrs, ces respectables victimes, parce qu'il n'est point d'autre nom pour désigner le chrétien qui donna sa vie pour la Foi 9. L'orateur ensuite, repoussant « les crêpes lugubres, la pompe funèbre, et la tristesse, dont il se trouvoit environné , continuoit -ainsi : « Pour nous, nous ne voyons ici que les triomphes des saints Mar"

tyrs Ils sont pleins de l'immortalité qui les attendoît... Quand ils

périssoient, les anges recevoient leurs âmes ; la troupe triomphante de nos Martyrs s'clevoit vers les Cîeuz , en chantant l'hymne de la victoire; et ils alloient prier encore' pour leur malheureuse patrie.... 0 Eglise de France! réjouis -toi dans le triomphe de tes Martyrs; quitte tes vêtemens de deuil... O vous dont le souvenir remplit ce temple auguste! saintes et vénérables victimes, nous croyons vou§ voir rangées autour de cet autel, tous éclatans de lumière', etc. etc. »

Or, comment concilier avec cette croyance et ces sentimens également orthodoxes, les phrases, suivantes qu'on lit dans la seconde partie du même discours? « Yoîlà, dit le même orateur, voilà qu'uprès

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