‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 105 sur 242 · POH · texte numérisé non relu

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née àPragoulih, sur la paroisse de Saint«-Silrestre,près Ghanteloube^ dans le diocèse de Limoges , en 1 73 1 yétant mise hors de son cloitre par les sacrilèges innovatioDS rérolutionnaîresy en 1791» fut rerecueillie, ainsi que sa sœur, aussi rdigiettse , par leur frère aîné, résidant arec un de ses fils au lieu même où elles aroient ru le jour.

L'une et l'autre , conserrant l'esprit de leur état, aroient apporté dans cette maison paternelle les longues habitudes de piété contractées dans le cloître. Elles coutribuoientà rendre plus remarquable encore la famille patrîarchale dans laquelle elles riroient. Le spectacle d'édification que chacuoe de ces religieuses offroit de son côté , ne serrit pas médiocrement à désigner toute la famille à la fureur des impfes rérolutfonnalres. Les deux religieuses , leur frère et son fils (René de Pons, tige de 34 ans , oi&cier de marine ) , furent arrêtés au commencement d'arril >794f «t jc^ dans les prisons de Cusset , district du département du Puy-de-Dôme. Cependant les réroiutionnaires de cette proTince ne purent les y faire périr , parce que , peu de temps après, les tri-> bunaux et commissions extraordinaires que de féroces proconsuls aroient établis en dirers départe* mens, se trourèrent abolis, et que toutes les affaires des prisonniers de province , détenus pour des délits politiques» furent

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évoquées* par le XrîbumXrévatU' tiannaire de Paris. On se vit donc forcé d'y envoyer les deux religieuses de Pons 9 avec leur MTeu et leur respectable frère. ' A peine arrivés dans les prisons de ce tribunal j elles furent amenées avec eux devant les juges» le ai prairial an II (9 [oîn 1794); et Fooquier - Thinville » après les avoir accusés en commun d'une manière générale (i) , parla en ces termes contre les deux religieuses :

« Elisabeth de Pons et Renée- Marguerite de Pons^ ex-religieuses 9 élevées dans les principes du fiÊnoHsme, après avoir quitté les oloitrtes, en ont conservé tous les préjugés. Elles se sont retirées dans la maison de leur frère (Louis de Pons , ohevaUer de Saint-Louis^ figé 'de 69 ans), pour partager avec lui ses sentinoiens contee-révoKitionnaires. Aussi a -t - on trouvé chcK elles difiièrens écrits et ouvrages qui ne rpet'meitent pas de douter de leurs intelligeoc^ avec les conspirateurs qui s'y rendoient.

Parmi ces écrits 9 op distinguoil

(1) Il avoit commencé par dire :

A Loais de Pons , cx-chevalier de Tordre du tjrran ; René de Pons , son fils , ex-officier de marine ; Elisabeth do Pons, et Marguerite de Pons, toutes 4eax religieuses , nont cessé , depuis la révolution, de servir la cause de cette caste ennemie de la liberté, dont ils étoient issus, notoirement connus datls leur canton (de Casset) pdar ayoir ùàt de leur maison un repaire d'aristocratie y etc. m. ^.^

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le Bief du Pape, etc. etc. On' a trouvé aussi une lettre adressée à Elisabeth de Pons, signée Dantln, abbesse de Fontevrault , sous la date du 16 novembre , lettre rem-, plie de sentimens fonatiifues , et dans laquelle l'abbesse in?ite ses religieuses à ne point se soumettre aux nouvelles lois , par cette phrase : Ne perdons ja/mais de vue (es engagemens que nous avons contractés au pieddesauteis : onpeut nousâternasInenSf ia vie même; mais 01% ne peut nous dégager de nos vœux. »

Cette impie autant que féroce accusation fut immédiatement suivie d'une condamnation à la peine capitale, dans laquelle se trouvèrent enveloppés le «frère et le neveu de ces religieuses avec quatre autres personnes. L'exécution se fit le pôme )our sur la place Saiotântoine, devant le site oû.avoit existé la Bastille ( y* oi-dévmt, tom. Il, pag, ai^). Elisabeth de Pons n'avoit pas moins de 65 ans, lorsqu'elle fut immolée en qualité de «conspiratrice s[.

. P0NS(RKllB^-KUA6^SI|nBl>«)^

^ur de la }précé4en^ , et aussi reIigiQi|se, fiée de même â PragKOulîn, étant ^etée hors de 0OQ cloître par rabolition des ordres monastiques , troixva un ^le dans la maison de son frère , au lieu 4a sa naissance. Mpus venons d^ dire cominenl elle |uj| an^e.aveclui , ta sesur et son neve^. .Ou sait dé)ù que tous les quatre (ureat conduits

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à Paris 9 et d'après quel acte d'accusation le tribunal révoluHonnaire la condamna comme « conspiratrice » à la peine de mort, le ai prairial an II ( 9 juin 1794)* Immolée le même jour, elle ayoit 59 ans quand sa tête tomba sous le fer de la guillotine.

PONS ( RiTMOîiD - Ahtoikb ) ,

prêtre , chanoine de l'une des croUé-

giales du diocèse de Rodez, né en

la paroisse de Saint-Gôme , près

Rodez, ayoit montré une fermeté

de Foi qui le rendoit fort odieux

aux persécuteurs. Ils l'atteignirent

en 1793 ; et, après Taroir retenu

quelques mois dans les prisons du

département de VAveyran, ils

renvoyèrent à Bordeaux , où de-

▼oit se faire un embarquement

de prêtres déportés âia Guiane

( V, BoBDBÂVx). Arrivé en cette

Tille , il fut enfermé dans le fort

du Ha. Les préparatifs de l'embar-

( quement n'étoient point encore

achevés, lorsque, les forces nata-

relles de <5è chanoine succombant

soQS le poids des souifraaces de sa

captivité , il parut approcher de ^a'

fin. Pour ne paé le laisser mourir

dMs le fort, on le transportn ^

rhôpltal Saîùt - André; et tl y'

rendit ' sfefn dernier soupir le 36

aont 1794, à rage de 4^» 9xh. {V:

M. Pbtit, étW. PoV?t*ofLBt. )

PONSON (ClTHËRlHE MlKESST,'

fcWtaie ); née à Lyon en f75i / n'avdit que" ^27 ïms forsqu'en \ 758 elle resta ikme ,' avec trois cnfan« de Son sexé^. iîa petite fortune que*

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son mari lui avoit laissée pour leur éducation hit fut ravie ; et 9 tout en disant alors , avec là résignation du saint homme Job :

« Dieu me Tavoit donnée , Dieu peroAet que je la perde; i|ue sa flfainte volonté, soit faite » , elle tâcha d'y suppléer par son travail et son industrie , en se livrant , avec la religieuse probité qui ré* ((loi! sa conduite , à un petit commercé de grains en détail. £lle ne pou voit trouver que de modiques i^ssources dans ce modeste négoce , qui exigeoit d'elle one assiduité et des travaux continus, tant que le jour èclairoit l'horizon , et permettoit aux acheteurs de venir chez elle. Cependant, au Milieu de ses occupations commerciales, où elle avoit en vue le bien-être de ses enfans plus que le sien propre, elle s'occupolt avec une très - grande vigilance de leur éducation. Ses devoirs de mère étant remplis avec activité dans toute leur plénitude, elle savoit enàore , avec la plus industrieuse et Isi plus courageuse charité, se procurer le temps et les moyens d'en exercer leS œuvres à l'égard des infortunés. On eût dit que sa vocation primitive avoit été de sVccuper d'eux elTicacement.

Dès quatre heures du matin, en toute saison, elle renoncoît au çommeîl, commencoit par aller entendre la messe 9 et se transportoit ensuite chez les pauvres qui étoient malades , pour leur

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donner quelques secours » leur rendre des senrioes 9 les coosolei; dans leurs peines et leur inspirer des sentimens de piété. Elle re* Tenoit ensuite consacrer la journée aux soins de ses eniàns et de son coKimeree; après quoi 9 sur le soir, elle ylsitoit encore ses malades , dans les mêmes vues ; et souyent elle passoit la nuit auprès d'eux pour les serrir^ surtout .quand ils approchoient de leurs derniers instans. Elle les as?

sistoit à la mort) et se chargeoit même de les ensevelir. Sa charité étoit si connue que, presque tous les jours 9 on yenoit en réclamer l'assistance pour quelque infor^ tuné. Ce n'étoit pas en Tain qu'elle aroît reçu de Dieu un talent tout particulier pour consolée ceux qui étoient dans i'aiSictioD ; et les affligés lui formoient , pour ainsi dire^ une courhaloi* tuelle où Ton ne pouroit pas dire»

f!omme dans celle des grands :

« C'est pour nous que la fortune a créé le bonheur » ; mak où l'on commençoit à sentir la- vérité de cette parole divine : « Heureux ceux qui sont affligés 9 parce qu'ils seront consolés I » Quel heureux spectacle pour ses enfans 9 dont nous Avons déjà vu qu'elle étoit loin de négliger l'éducation ! Dans tout, elle joignoit l'exemple aux préceptes. Quand ils furent en état de pourvoir eux-mêmes à leur propre subsistance,elle abandonna le commerce y et continua néan-

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moins de vivre avec eux, afin de les surveiller et de diriger leur foible expérience ; mais elle se livra davantage aux bonnes œuvres, vers lesquelles sa charité la poussoit impérieusement. Elle méritoit d'y trouver le prix de la Foi qui les animoit ; et cette récompense devoit être le bonheur de mpurir pour le Dieu qui les lui iospiroit. Ce fut aussi par esprit de charité, qu'après la dispersion des communautés monastiques, elle accueillit chez elle, en 179a, une religieuse du monastère de Saint -Pierre de Lyon, femme digêe et d'une très -haute vertu, ainsi qu'un digne prêtre de l'église collégiale de Saint -Paul de la même ville , privés l'un et l'autre de leur canonique résidence par les innovations révolutionnaires, et restant à peu près sans ressources du côté de la fortune {F. M* CoiBBÀV et CBiFuis). Il est vrai qu'à l'égard de l'ecclésiastique elle eut un motif d'intérêt; mais c'étoit l'intérêt de la piété. Ce prêtre qui , exact à dire la messe chaque jour, qe pou voit plus la célébrer en public, parce qu'ayant refusé de prêter le serment de la canêHtiUian civiU du dergéy il étoit proscrit , devoit naturellement oITrir journellement le saint sacrifice dans le pelit oratoire secret qu'elle s'étoit formé en son modeste domicile. La veuve Ponson y trouvoit une compensation bien précieuse aux inquié*

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tudes et aux craintes perpétuelles dont les bons chrétiens comtnençoient d'être si TÎTement assaillis (F. Ltok). Elle acquit, dans cette perpétuelle jouissance des grâces spirituelies^ le courage de TF.rtu qui lui devenoit plus nécessaire à mesure que la persécution devenoit plus violente; et ses deux hôtes participoient également, par les mêmes moyens^ à cet accroissement dé courage. Elle aimoit à s'entretenir souvent avec eux du bonheur de mourir pour la Foi ; et tous les trois soupiroient ensemble après ce bonheur. Ce fut même pour eux un grand sujet de consolation , quand tout à coup une voix intérieure les avertit qu'une telle mort leur étoit réser- Tée ; et ils l'attendirent avec une sainte impatience. La yeuve Ponson s'y étoit préparée par une confession générale. Cependant, comme elle restoit ignorée des persécuteurs , elle ne pouvoit prévoir les moyens par lesquels la Providence la feroit arriver au comble de ses vœux. Un incident fort simple amena cet événement de Ja manière la plus imprévue. La fille aînée de notre sainte veuve étoit sortie de la maison pour faire un message utile à la petite communauté. Dn commissaire de police , qui la rencontre, est frappé de la mo<*destie de sa démarche , et de la décence de son vêtement. Dans la rage qui l'anime contre tout ce qui

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peut indiquer quelque trace d'esprit évangélique, il se persuade aussitôt que cette personne est ce qu'on appeloit uiie cirdevant re« ligieuse, et l'arrête avec brutalité, la fouille avec indécence. Trouvant sur elle un écrit contre le serment de UberU^igaUU^ il la fait conduire en prison, sans lui avoir même demandé qui elle étoit. Un autre agent de la persécution l'ayant reconnue, sur ces entrefaites, pour la fille de la veuve Ponson, suggéra l'idée d'aHer faire aussitôt une perquisition chez la mère, qu'en même temps il dénonçoit comme fanatique. Le domicile de la sainte veuve est bientôt envahi ; on l'entraîne , avec la religieuse et le prêtre qui demeuroient chez elle. Celui-ci avoit pu soustraire un petit ciboire dans lequel étoient des hosties consacrées ; et , profitant de ce que , pendant la première nuit, on n'imagina point de les séparer, il profita de cet avantage pour partager le pain des anges avec les deux saintes femmes. Et voilà ce qui explique surabondamment pourquoi l'amie de là v^uve Ponson, qui, le lendemain au matin 9 vint ù la prison pour les conso«* 1er, et parvint 'à les voir, les trouva tous les trois dans un état céleste de paix et de contentement. Elle ne put y méconnoitre l'intervention de la divinité « surtout quand elle les entendit affirmer prophétiquement que cette

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journée -là même les yerroit immoler. £q effet, vers onze heures^ la Yeure Ponson futeonduîte, arec la religieuse et leur saint confesseur, deyant la commission tévo^ ituionnairc. On jfitcomparoStre en même temps sa fille, dont les réponses furent dignes d'une telle mère. La sainte Teuve, interrogée à son tour sur sa croyance, ne manqua pas cette occasion de faire une solennelle profession de sa' Foi ; et elle la prononça ayec une telle énergie, que les juges, se croyant brayés, éclatèrent en ac-.

cens de fureur contre elle. Ils la condamnèrent aussitôt à la peine de mort, i* comme fanatiques et a* pour avoir donné asile à un prêtre et à une religieuse, contre la volonté de la loi bar-* bare qui avoit défendu, sous peine de mort, d'exercer de pareils actes de cbarité à Tégard des prêtres. €e jugement, qui infligea la même peine au prêtre et à la religieuse, fut rendu le 3 germinal an II (aa.mars 1794 }• Mais, tandb qu'on faisoit passer le ministre du Seigneur dans la prison appelée Cave de ia tnort, où étoient déposées les victimes qui dévoient périr dans la journée , on envoyoit la veuve Ponson et sa compagne dans un autre endroit de la prison où les détenus, non encore jugés, avoient Fespoir de n'être pas condamnés à : mourir. Ceux - ci, persuadés qu'elles ne rétoient pas d^ânitive-

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ment, et l'heure ordinaire de leur frugal diné étant arrivée, proposèrent très - cordialement à ces intéressantes femmes d'y prendre part. Elles refusèrent d'une manière tout-à-fait reconnoissante »

en ajoutant d'une commune voixt avec une douce sensibilité : «Veuillez bien ne pas insister ; c'est dans le ciel, avec les anges, que nous devons dîner aujourd'hui » . Les prisonniers , restant néanmoins convaincus qu'elles n 'étoient pas définitivement condamnées à la mort , n'omettoient aucune raison, aucune instance pour les en convaincreelles-mêmes; etdéjàilétoit deux heures et demie, lorsqu'ils persévéroîent encore à s'efforcer de le leur faire croire. «Vous vous trompez, répliquèrent-elles enfin^ avec la ?ive émotion d'une inspiration infaillible; dans peu nous marcherons à ta mort » . £n effet, une demi -heure après, on vint les prendre pour les réunir aux autres victimes qu'on alloit conduire à l'cchafaud. Elles y allèrent sans trouble , et en récitant le psaume Miserere met, Detis, La religieuse de Corbeau avoit prédit depuis long -temps à la veuve Ponson que , si on les menoit ensemble à la guillotine , celle - ci périroit la première , quoique plus jeune ; et qu'elle-même auroit la consolation de reconnoître , avant d'être immolée, que son amie étoit morte avec joie. \a prédiction s'accomplit , car la veuve

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PonsoD fut décapitée la première ^ et sa physionomie étoit si empreinte d'une allégresse divine y qu'après que sa tête fut tombée , son yisage encore riant conservoit l'expression du contentement qu'elle avoit eu de mourir pour la cause de Jésus -€hrist. Ce que S. Ambroise avoit admiré dans la vierge sainte Sotére, vivant encore au milieu des tourmenà^ se réalisoit donc, plus merveilleuse-' ment sur le visage de notre sainte veuve déjà morte : « elle sembloit regarder encore avec comptai-»

sance l'instrument de mort, loin de pnroltre en avoir souffert » :

Etiam vuUum ipmm qui inUr firuciattis iiéifir eêse constievU injuriœ , ei speeUire potiis tar-' tpenta quàm perpeti. ( De Yirginibus, adMarceiiinam saro^ rem 9 lib. III, cap. vi.) Quoique la fille de la veuve Ponson eût mérité le même sort que sa mère, par la fermeté de ses réponses , et surtout par sa profession de Foi comme catholique, elle n'y fut pas condamnée. Les juges semblèrent la réserver pour une autre séance , et la renvoyèrent en prison , espérant sans doute que son courage seroit afifbibli par tant de malheurs, et qu'une autre fois ils extorqueroient plus facilement d'elle quelques aveux qui leur procureroient de nouvelles victimes sacerdotales. La fille Ponson fut appelée de nouveau devant le farouche tribunal ; elle y montra

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le même courage et la même For.

Il se contenta de la condamner à la détention jusqu'à la paix, comme « fanatique et contre-ré« volutionnaire , donnant un asile secret aux conspirateurs »• Elle ne sortit de prison que deux mois après l'époque fameuse du Neuf thermidor ( 97 juillet 1794 )• C'est d'elle -mêihe que nous sont venus les détails qui enrichissent le présent article , et ceux que nous avons consacrés au prêtre Chapuls et à la religieuse Corbeau. Cette vertueuse fille d'une aussi sainte mère, profitant, ainsi que sa sœur, des grâces qu'elles obtiennent du Seigneur, font l'édification du pays qu'elles habitent. ( V, B. PoKCBT, Chartreux, et J< F. PosuEL.)

PONT ( JosEPB ), prêtre da diocèse de Cbâlons-sur-Saône, né à Tournus , en 1744 9 ^^ <!uré de la paroisse de Toutenant, dans le même diocèse, avoit par ignorance ou par foiblesse prêté le serment de la cansiiiutio:'h eiviUdu dergé.

II ne tarda pas à s'en repentir, quand il vit que cette innovation schismatique oavroit la porte aux impiétés de l'athéisme. Un commissaire impie de la municipalité de sa paroisse voulut exiger de lui, vers la fin de 1793, qu'il abjurât l'état ecclésiastique, et qu'il foulât aux pieds son sacerdoce. La fermeté avec laquelle il s'y refasii ' sera tout à l'heure attestée par la procédure intentée contre lur; et

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Ton 7 yerra en même temps qu*il étoit rentré dans le sein de i'£* * giise catholique. Arrêté d'après ce refus , il fut envoyé au tribunal révotutionnaire de Paris. Ayant d*y comparoltre 5 il rendit plus so* iennelle dans la prison la rétractation qu'il aToit déjà faite en particulier ; et, lorsqu'il fut amené dè?ant les juges, le la prairial $mll (3i mai 1794)9 Taccusateur public, Fouquier-Thin ville , y demanda sa mort en disant:

« Joseph Pont s'est montré l'ennemi de la liberté, par le refus .formel qu'il a fait d'exécuter les arrêtés de sa commune , et par les différens propos qu'il a tenus, à cet égard, contre les autorités constituées. La commune de Toutenant ayant pris le a5 nivôse ( i4 janvier 1794) ^^ arrêté tendant A ce que la ci-devant église du lieu fût convertie en un tempie de 4a Raison^ sur la notification qui en fut faite à Pont par des commissaires de la municipalité, ce dernier se refusa à r«zécution d<S l'arrêté, en insultant aux autorités constituées. L'un des commissaires lut ayant fait observer qu'il deroit abjurer son état, Pont lui répondit qu'il ne le feroit jamais. Ce commissaire lui ayant représenté que plusieurs évêques ( constitutionnels) avoiènt abjuré, Pont s'expliqua sur le même ton, disant quUls étoieot des évêques pastiches, etc. Ces différentes réponses, jointes à (Vautres pro-

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pos du mên^e genre, ne permettent pas de douter que Pont ne soit un de ces fanatiques ennemis de la liberté, qui comptoient beaucoup sur la contre-révolution » . Cet acte d'accusation suffit aux jurés et aux juges pour les autorisera condamner, comme conspirateur, à la peine de mort, ce courageux ecclésiastique ; et il la subit ce jour-là même , à Tâge de 5o ans.

PONTHION ( Jeak-Bakiste) , prêtre, religieux de l'Observance de Saint- François , et supérieur de la maison de son ordre , à Manosque , dans le diocèse de Sistéron , étoit déjà septuagénaire , quand les réformes anti-religieuses de 1791 le mirent hors de son cloître. La douleur qu'il en ressentoit fut augmentée parle schlme et l'hérésie qu'elles introduisoient en même temps dans l'Eglise de France. Pour trouver , dans une retraite conforme à l'esprit monastique , le moyen de contimier à suivre ses inspirations , comme encore de conserver à Técart sa Foi pure, et de pratiquer plus tranquillement les saintes fonctions du ministère sacerdotal, il vint habiter un obscur et modeste réduit de Tûn des faubourgs de Manosque, où son zèle le porta à devenir le directeur spirituel d'une maison de détention dans laquelle on recevoit aussi des pensionnaires. Les révolotionnaircs de Manosque l'avoient

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presqu'oublié 9 lorsque 5 sur le soir du 4 août 17929 excités, par ceux de Marseille , . à immoler trois prêtres amenés de Meyresse ( F.

F. PocHET ], ils imaginèrent d'arrêter aussi le P. Ponthion, pour lui faire subii* le même sort. Le paisible vieillard est arraché de sa retraile ; et , en attendant qu'ils aient pu enlever du château les trois autres prêtres 9 ils le font rester sur un banc 9 près d'une auberge. Enfin, les trois autres prêtres sont amenés ; et le Père Ponthion est traîné 9 avec eux y dans un champ de l'Ordre de Malte 9 planté d'amandiers 9 et nommé Quartier de Sainte Pierre, à peu de distance de la ville : comme eux 9 il est pendu â l'un de ces arbres. Ainsi périt, pour sa Foi et à cause de ses vertus et de sa fervente piété, le vénérable religieux Ponthion, à l'âge de 76 ans (F. J^ Rbtnb, et YiiL, de Géreste. )

PONTOIS (Pibbbe-Josbph), prêtre et religieux Bénédictin , exerçant , depuis le mois de juin 1781, les fonctions de curé à Uaspres, prieuré de son ordre, en Hainaut, sur la rivière 'de la Salle , diocèse de Cambrai , étoit né à Yalenciennes , le 18 novembre 1746* Trop instruit , trop édifiant , trop attaché à sa Foi et à ses devoirs , pour adhérer à la constitution civile du clergéf il en refusa bien formellement le serment; et, dé-

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pouillé de sa cure pour cette raison 9 il n'en continua pas moins de procurer les secours spirituels à ses paroissiens et à d'autres catholiques. Il lui fallut sortir de France, lors de la loi du sôaoftt 179a, qui forçoit les prêtres nouasse riiaentés à s'exiler ; et il se rendit à Mons, ainsi que la plupart des prêtres et des religieux àt Yalenciennes. Mais il en revint par zèle pour ses ouailles, quand les Autrichiens eurent soustrait cette dernière rille à la tyrannie de la Convention , le 1" août 1 79$ ( y. YÂLBHCiEHinES ). Le bien qu'il y opéra peut se conjectucer d'auprès ce qu'on va lire , et d'après le soin qu'on eut de Tarrêter^ quand Yalenciennes retomba sous le glaive de la Convention, le 1^* septembre 1794* I^om Pontois fut alors jeté dans les prisons par l'ordre des proconsuls envoyés eo cette ville 5 et ih le livrèrent bientôt 4 la commission nUUtairû qu'ils y établiss oient. Comme ^ depuis le 27 juillet, la faction Doiitoniête ou Thermidorienne (y.

TaiiuNAVX et Lois livoLunoii- NAiABS, §. III) aifîchoit en paroles un système de modération propre à faire rejeter ses crimes sur lea vaincus du Neuf thermidor , elle imagina de donner pour prétexte de regorgement des prêtres et religieuses de Yalenciennes , leur petit voy;£^e, forcé de huit lieues vers Mons; et le curé Pantois fut , eu conséquence , traduit

PON

devant la commission, comme « émigré « rentré » 9 avec cinq autres prêtres ( V. J. B. Dubois ,

MaBILLE f GOSSEAU , AUGBIK et

MàlaqviK } 9 le s8 yendémiaire an III ( 19 octobre 1794 )• Sur Tinterrogation qui leur fut faite 9 et dans laquelle consistoit toute la procédure 9 savoir s'ils avoient émigré , Pontois, dont la conscience , non moins timorée que celle des autres, repoussoit toute dissimulation, ne foulut pas plus qu'eux devoir la conservation de sa vie à rien de ce qui pourroit ressembler au mensonge. Il répondit qu'il étoit sorti de France. Cela sufiisoit; on lut la loi qui portoit la peine de mort contre les émigrés-rentrés; et il fut condamné à périr sur l'écbafaud avec ses cinq confrères. L'exécution ne devoit avoir lieu que le lendemain. Sur ces entrefaites , aussitôt après le jugement, la nièce de ce curé, ne sachant pas encore quel seroitle sort de son oncle , se rendit à la prison pour le voir; et il lui dit : « Venez demain déjeuner avec moi ; je vous montrerai comme on sait attendre la mort quand on est innocent : cette dernière marqtie de votre amitié pour votre oncle, sera payée par le don de ce qm me reste de plus précieux ». Accablée de douleur, la demoiselle Pontoisse retira quelques- minutes après, et n'eut pas le courage de revenir k lendemain. Une de

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ses amies vint à sa place auprès du vénérable prêtre qui , au sortir de la prison pour aller à l'échafaud, apercevant uir individu par lequel il savoit qu'il avoit été trahi , lui dit avec calme et d'une manière affectueuse : « Adieu ( N. ) ; je vais mourir : tu le sais; mais je prierai le Seigneur pour toi » . Se retournant ensuite vers ses confrères ; « Allons , Messieurs, reprit^il , chantons le Te Deum iauda^' m/us » . Le cantique d'actions de grâces , entonné à l'instant même, se continua et se recommença ju9« qu'à l'exécution du dernier d'entr'eux.IIs avoient demandé comme une faveur que le cri ordinairement proféré par la plus vile populace, chaque fois qu'une tête tomboit, ce cri de vive ia ré^ pué tique , équivalant à celui de vive Vim/piéU, ne fût point prononcé tant qu'ils pourroient l'entendre, et tant que les derniers à périr chanteroient encore le Te Deum, Le hurlement de ces paroles de sang ne troubla point en efifet le chant d'actions^de grâces avec lequel ils se présentèrent l'un- après l'autre à l'instru-* ment du supplice , disons mieux au trône même de ce divin Sauveur, qui confesse devant son père la gloire de ceux qui le confessent devantles hommes, jusqu'à Teffiision de leur sang et à la perte de leur vie. Le curé Pontois,. pénétré d'un profond respect poui

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sa dignité sacerdotale ^ et même pour Tacte par lequel il ayott été inilié dans la cléricature , n'avoit point Toulu que oe fât le bourreau qui mît la main sur sa tête, et touch«1t ses cheveux ; il se les étoit fait couper par son confrère Gos-< seau, en lui rendant le même seryice. Son âge étoit de 48 ans lors-' qu'il fut immolé, deux mois et TÎngt-quatre jours après la chute de Roberspierré. ( V, H. Pâtot^ et Pbcux. ) "

PONTUS (Jeav-Michbl), Pun des prêtres massacrés aux Car-meSi le 2 septembre 1 79a, étoit un des derniers qu'on y avoit écroués {V. Septbhbbe). Il le fut pour la même cause et au même titre que les autres , c'est-ù-dtre comme ayant mieux aimé courir le risque d'être égorgé que prononcer aucun des scrmensimpies demandés jusqu'alors ; et la mort fut le prix de son attachement à la religion de Jésus-Christ ( V. Dvlav }. Plusieurs se sont plu à yoir dans cet ecclésiastique le prêtre du même nom qui fut vicaire-général de l'ancien évêque de Sénez(J. B. C. M.

deBeauvais) jusqu'à la démission de c€ prélat en 1 785 , et qui , resté chanoine honoraire de la cathédrale de Sénex, étoit en outre «ous-péûitencier de celle de Paris en 1789; mais le P. Sàorin, ex* jésuite, qtti avoit beaucoup connu celui-ci , et qui fut compagnon de captivité de notre J. M. Pontus dans l'église des Carmes ^ ayant

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échappé au massacre (^. ci-devant tom. I«% pag. 197), a dît formellement à Rome, où il s'étoit ensuite réfugié, que « cet ecclésiastique n'étoit point le vicairegénéral de l'évêque de Sénez ».

PONTVIANNE (Andbk), curé dans le diocèse du Puy , ayant refusé le serment schisma tique , s'étoit retiré à Salignac - sur- Roche, non loin de Monistrol.

L'excellent esprit des habitans de cette contrée mcritoit tous les soins de son zèle; mais, quand leur éminente piété attira sur eux les fureurs de la persécution (F. J. B. ABEitLoii),lecuré Pontvianne ne put échapper à ses recherches. Il fut traîné dans lespri-^ sons du Puy; et le tribunal criminel du département de la Hautt^ Loire f siégeant en celte ville, le condamna à la peine de mort , le 37 nivôse an II ( 16 janvier 1 794) comme «prêtre rcfractaire » : il fut décapité le lendemain.

PORCHER ( PiEaBB-NicoLàs), curé de Faronville , près Toury , dans le diocèse d'Orléans , ne fit point le serment de 1791, et ne sortit pas de France, conformément à la loi de déportation des prêtres insermentés. Il fut découvert et emprisonné au comin€;ncement de 1 794 ; le tribunal criminel du département du Loiret, devant lequel on le traduisit, porta contre lui une Aenteocede mort, le a^flo* réal an II (16 mai 1794)9 uniquement parce qu'il étoH «prêti^e

POR

rèfractaife» ; et la sentence s'exécuta dans les Tingt-quatre heures.

P0R£T(RBKé-NiG0ULfi), curé d'une paroisse du diocèse de Sens»

j ayant refusé de trahir sa Foi pour la prestation du serment de la eanHiiution eivUtdu dergéf et s'j trourant dès lors en proie à des persécutions violentes ^ étoit Tenu chercher un asile à Paris.

Après y avoir joui quelque temps d'une paix et d'une liberté qui lui permettoient d'exercer des fonc* tions sacerdotales en se sépaianl notoirement des églises schismatiques, il devint bientôt victime de cette trompeuse sécurité. Dans les fours qui suivirent le terrible lo août 1 793 9 il fut arrêté comme prêtre non-assermenté. Conduit au comité de la section du Luxûm^ lourg 9 il s'y vit placé entre les plus grands périls et la proposition de les éviter en prêtant ce même serment qu'il avoit déjà refusé par attachement à la Foi. Il n'hésita point à préférer les dangers & cet acte qui Tauroit compromise ; et le comité l'envoya prisonnier dans l'église des Carmes ^ l'associant à tant d*aiitres courageux confesseurs de Jésus « Christ y qui dévoient bientôt y être massacrés comme tels ( V, Dvlad )« Le curé Foret le fut ainsi qu'eux pour cette mêaoe cause 9 le a septembre suivant ( V, l^gfTBKBaC. )

FORLI£R ( Augustin) , que des listes imprimées mettent, sous le nom de Portier^ parmi les prêtres

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massacrés aux Carmeê, Ae a sep^ tembre 17929 est cité comme tel , avec le premier nom 9 accompagne du surnom^ de baptême 9 dans le registre de ViUU-eivii de Paris.

Nous apprenons d'ailleurs que c'étoit un prêtre du diocèse de Sens 9 et que le désir de trouver dans la capitale plus de sCU«té que dans sa province 9 l'avoit faitvenlr à Paru. Ce déplacement annonce loi seul que Portier avoit couru des dangers à Sens 9 depuis que la constùtUion civiiedu ctergé y avoit été mise à exécution 9 et qu'il étoit éloigné de faire le serment d'y adhérer et de la maintenir. Ce qui est bien certain , c'est qu'il fut saisi comme prêtre nonassermenté 9 peu de jours après Je £ital 10 août 17939 et qu'il faut bien que Porlîer9 amené de* vant le comité de la section du Luxôm/baurgf y eût refusé, d'une manière intrépide 9 ce niême serment 9 puisque le comité le fit enfermer dans l'église des Carmes, Captif de Jésus - Christ 9 comme tant d'autres confesseurs de la Foi ( V. DuLAo )9 il éprouva le même sort, et futmassacréaveceux 9 pour la même cause. (F. SBexEMBRE.) PORTAIL ( PiBaaiTTX - Nicole nv) 9 abbessc du monastère de Louye9 ordre de Saint-Benoît, dans le diocèse de Chartres, et née è Mets en 17^0, avoit passé l'âge de 5o ans dans le cloître 9 lorsque les réformes antî-raligieuses de 1 79 1 vinrent supprimer les ordres

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monastiques. £lle se retira dans ia petite ville de Dourdan, où, vi- -vaot au milieu du monde a?ec la même piété dipAt elle a voit donné ^exemple dans son abbaje^ elle ne pouToit que s'attirer la plus yiolente baine des impies 9 d'autant plus que les ressources de fortune qui lui festoient de son patrimoine étoient employées à fournir des secours aux prêtres catholiques rédnits à la misère. Elle fut arrêtée et envoyée au tribunal révatu^ tiannaire de Paris 9 qui^ l'ayant fait comparoître devant lui, le g messidor an II (27 juin 1 794 ) 9 ^ condamna de suite à la peine de mort, parce qu'elle étoitreligieuse et charitable ; mais 9 sous le prétexte de a correspondances épistolaires qu'on supposoit qu'elle avoit eues avec des parens émigrés «9 touten avouant néanmoins » qu'on n'avoit aïkcune çonnoissance de ces lettres » . Elle fut décapitée le même jour , à l'âge de 54 ans.

( V. MOVCBY. )

PORTEFAIX (ÂHDAi), Lazariste. ( y» A. BokiB. )

PORTE YRON (iV...),curé de Chenaux , dans le diocèse de Périgueux, sur lequel il étoit né à Riberac ou Aubcterre^ en lyZg, refusa le serment schismatique de 1791. Malgré les persécutions auxquelles ce refus le livroit^ il resta dans la contrée pour les besoins spirituels de ses paroissiens. Les autorités du département de la Dardogne, en 1 79? , le firent jeter

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