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1791 9 dans son ancienne paroisse^ pour laquelle il conservoit toujours une sainte affection , afin d'en déterminer les habitans à conserrer leur Foi pure et intacte. Il parcourut encore la partie du diocèse de D0I9 commise autrefois à la surveillance de son archidiaconé , pour détourner les prêtres de faire ce serment scbismatîque. Dès lors , il étoit si décidé à soutenir la Foi au péril de sa YÎe 9 qu*au milieu des courses dont il s^agit , un ami 9 arec lequel H s'arrêta dans une rue de D0I9 et auquel îl parloitavec chaleur désintérêts de la religion , lui ayant dit de prendre garde aux médians qui pouTOÎent Tentendre* il lui répliquer hautement : « Je ne ([grains rien ; et s'il faut mourir pour Dieu et pour l'Eglise, je sacrifie Tolontiers ma vie à leur sainte cause. » Reyenu à l^égriv, dont le curé aToit été mis en ' fuite pour avoir refusé le ' serment ( F: J. J^ YBiLBOif ] 9 il le tup« pléa à l'égard des paroissiens qui étoient restés catholiques. La loi de déportation ne Tattelgnoit pas directement, puisqu'il n'avoitpas été obligé à ce serment; et ilcon^
tinuoit dliabiter son domaine de
Vai-MarUl^ en rendant 'son ministère infiniment utile à la paroisse. Son opposition aux erreurs du temps étoit si Inen connue, que- les administrateurs du département des CéUs^du^ Nardf n'hésitant pas à le regarder
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comme insermenté 9 le confondirent avec les infirmes et les sexagénaires que la loi de déportation condamnoit à la réclusion ; et, au commencement de 1795, il fut amené à Saiot-Brieoc , pour j être reclus dans l'ancien couvent des Sœurs de ia Croix, transformé en maison de détention. Il 7 resta un an , après lequel on le fit conduire à Guingamp, DÛ il fut encore enfermé sous le même prétexte, dans le ci-devant monastère des Carmé^ Utes , qui avoit subi la même hideuse métamorphose ; et cette /seconde détention dura deux ans.
Vers la fin de 1795, un an après la chute de Roberspierre, le vénérable Rabec étoit encore oaptif de Jésus-Christ. Alors cependant , on commençoit à permettre aux prêtres détenus de retourner dans leur domicile ; et Rabec revint dans son domaine de Val^Mar^ tel. Les persécutions qu'il avoit éprouvées, et sa captivité de trois ans n'avoieut pu amortir son zèle.
Les besoins de la paroisse de Mégrit en réclamoient tous les soins, car elle avoit absolument perdu son pasteur ; et Rabec lui en tint lieu avec un dévouement qui pourvoyoit aux besoins corporels comme aux* besoins spirituels des habitans. Ils bénissoieot sa charité sous tous les rapports, et avoient pour ses vertus une vénération qui lai auroit assuré sa tranquillité dans ce pays, si elle C|*eût
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^ dépendu que d'eux. La connois- «ance des fruits comme des travaux de son ministère ^ dont aucune crainte ne pou voit ralentir la sainte activité ^ partiqt aux homnies qui étoient chargés de persécuter les prêtres dans cette contrée ; et ils songèrent à se saisir de sa personne. Des gens de bien , qui en eurent avis 9 le prièrent de modérer son zèle 5 et de ne pas tant s'exposer à la haine des .persécuteurs : il leur répondit « que son devoir de prêtre étoit de se sacrifier pour le salut des ûmes; que si 9 pour se conserver la vie, il consentoit à ne plus exercer le saint ministère 9 il auroit bien plus à redouter delà vengeance du Seigneur qu'il n'avoit à craindre de la malice des hommes » . Ces hordes de soldats impies qu'on appeloit eoUnvneê tnobUes , et qui avoient pour commission spéciale de rechercher les débris des armées calhùîiques et royales ( F, YsFoiE ) 9 faisoient souvent des incursions sur la paroisse de Mégrit. Le 28 février 1796, de très-grand matin, lorsqu'il achevoit de dire la messe, on vint l'avertir qu'une de ces colonnes , venue de Broons, et composée de cinquante hommes approchoit :
« Voilà donc , s'écria-t-il , plein de ferveur, voilà donc, ô mon Dieu , voilà le moment où je vais paroitre devant vous I » A l'instant, les soldats forcent la porte de Fat-Martel; Babec se trouve
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dans la première salle où ïh pénètrent en furieux; et, loin de rien perdre de sa tranquillité d'âme, touché au contraire de les voir accablés fie fatigue , et à demi-exténués de besoin , il leur offre , et leur fait servir des rafraichissemens et de la nourriture, en leur parlant avec, une paternelle bénignité. Ainsi jadis en avoit agi saint Poiycarpe à l'égard des satellites qui vinrent le saisir ( i). Ceux qui s'emparent de la personne du vénérable Rabec n'en sont pas plus reconnoissans que ne l'avoient été les gens armés qui arrêtèrent le saint évêque de Smyme. Après s'être bien rassasiés à ses dépens, ils se mettent à piller et saccager sa maison. Mais leur chef, qui est impatient de faire périr Rabec le plus tôt possible, interrompt le pillage, en ordonnant à sa trojuipe de partir et d'emmener le saint prisonnier. Il est entraîné, et, à chaque pas, on le frappe avec des baïonnettes. On n'est pas encore sorti de l'avenue qui fait un d^s agrémens de son habitation, on n'en est même qu'à iSopas, lors-
(1) Fisù itaque iliù, descendit; hahuiUfue sermonem quaUm aut ilia atlas potuerat , atU spir/tus gratiœ cœiestis infuderat. Nihil stupentibus ille respondit ; sed statùn fus alimenta eibi prœhuk ; et mensam jussit adponi, Nec hoc sine divini magisteru manr' dato Jadens ; cùm scriptum «lit ( ad Rom. , c. XII , V. ao ) : inimicos nostrospotu ef ct5o debere satiari. ) Epist. Eccles. Smyro. , n. VI et VOl.)
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que tout à coup le commaudatit ordonne une halte , et commande à quatre de ses soldats qu'il désigne 9 de fusiller ce respectable prêtre qui, jusque là^ n'a Toit répondu aux outrages et aux mauvais traitemens des soldats que par ces exclamations : « O mon Dieu 9 pardonnez -leur 9 et faites -moi miséricorde. » Rafoec 9 entendant Tordre du commandant j montre une résignation toute céleste k cette espèce de sentence ; et, s'adressant avec un ton amical aux soldats choisis pour le fusiller, il leur dit : « Vous qui devez me délivrer de la vie , procurezmoi auparavant la satisfaction de vous embrasser; venez : je vous pardonne ma mort» . Ce trait de la charité la plus héroïque les émeut; néanmoins ils doivent obéir h leur chef. Un d'eux cependant plus vivement touché que lea autres « déclare qu'il ne tirera point; qu'un tel prêtre ne peut être un ennemi ; et qu'il préfère d'être fusillé lui-même. » Mais les trois autres tirent à bout portant; et le vertueux Rabec tombe mort. Le commandant permet alors à sa troupe d'aller consommer le pillage de la maison de la victime.
Mais ils veulent auparavant dépouiller le cadavre; et , le laissant ensuite nu sur la terre, ils courent où leur rapacité doit achever de se satisfaire. Quand ils eurent entièrement dévasté ta demeure du saint prêtre , ils se retirèrent ;
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et ses domestiques avec ses fermiers y apportèrent son corps, qui fut ensuite déposé dans le cimetière de la paroisse de Mégrit.
Tous ces derniers détails nous ont été fournis par eux-mêmes. Mal* gré les dangers qui les menaçoient aussi , ils a voient suivi leur maître jusqu'à la mort, tant ils avoient de respect et d'attachement pour lui. Les paroissiens de Mégrit et les pauvres de toute la contrée bénissent également sa mémoire, et le tiennent pour Martyr.
RABIN, ou ROBIN ( N...)y curé de la paroisse de Saint-Aubin-d'Auhigné , dans le diocèse de Rennes, après avoir courageusement donné à ses paroissiens l'exemple de conserver leur Foi pure au milieu des séductions et des dangers , continuoit à les entretenir en de semblables dispositions. Les ravages que vinrent faire dans son canton les troupes républicaines , envoyées contre l'armée catholique et rayaie ( V. VBNDiv ) , ayant forcé ce pasteur à se porter du côté' de la Vendée, en 1793, il y fut atteint par des soldats impies qui le massacrèrent en haine de son ministère et de la religion de Jésus- Christ , à la fin de décembre de la même année.
RABOURDIN (Cbablbs), jeune prêtre du diocèse d*Orléans, né à La Planche, près Etampes, en 1763, et vicaire en la paroisse