‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 12 sur 242 · MÂ · texte numérisé non relu

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corps fut inhumé dans l'Ile ^Aix.

{V. J. B. Maeqvbt, et J^ J. Mab-

TIH.)

MARTIN ( Joseph -JxÂir), parent du précédent, né, comme lui, dans. la ville de Limoges, où il étoit chanoine de la cathédrale , montra la fermeté de sa Foi, quand on s'efforça de mettre en activité la constittUion civile du clergé.

Loin d'en faire le serment, il manifesta son invincible attachement à l'Eglise catholique. Lorsqu'en août et septembre 1792, au milieu des épouvantables massacres de cette époque, les législateurs exigèrent le serment de iiéer/iégalités le chanoine Martin n'eut pas la force de le refuser. Mais cet acte de foiblesse ne contribua point à sa sûreté, parce que les impies réformateurs voyoient bien qu'il n'avoit pas été fait selon leurs intentions. Vainement ensuite ce chanoine leur demanda un de ces certificats de civisme, sans lesqueb on étoit su^ect, c'est-à-dire, d'après les lois de 1793, réputé digne de mort.

Le certificat lui fut refusé ; et les administrateurs l'emprisonnèrent comme suspect. Sa conscience , déjà troublée par le remords d'avoir prêté ce serment, ne se dissimula plus le sens dans lequel il avoit été demandé; et il le rétracta entre les main»

d'un prêtre compagnon de sa ré* clusion. Non content de celte rétractation particulière, il voulut la

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rendre aussi publique que le serment Tavoit été ; et il en ùt une solennelle devant Tune des autorités révolutionnaires de Limoges.

Ce fut à cette démarche cou-^ rageuse qu*il dut d'être condamné 9 par le tribunal criminel de la Haute-Vienney à la déportation sur des plages lointaines et dévorantes. Il fut 9 à cet effet 9 conduit à Rochefort, dans les premiers mois de 1794» pour être embarqué (^. Roghefobt). On le fit monter le navire (es Deux Associés, où les souffrances qu'on endurcit l'eurent bientôt conduit au bord de la tombe. Il mourut le i5 août 1794 9 à l'âge de 5o ans 9 et fut enterré dans l'île à^Aix.

{V. J"» Barth. MÀftTiN9 et F. Mab-

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MARTIN (Jban)9 curé de la paroisse du Grand-Jumillac 9 dans le diocèse de Périgueux 9 n'abandonna pas ses paroissiens 9 malgré son expulsion de sa cure par les autorités révolutionnaires, i\ cause de son refus du serment schismatique de 1791* La lot de déportation 9 rendue le a6 août i79t:&9 le trouva inébranlable dans ses devoÎ4*s de pasteur; et il continua de résider au Grand-Jumillac. Mais il y fut arrêté en 1 793 ; et on le traîna dans les prisons de Périgueux. Là siégeoit le tribunal criminel du département de la Dordogne, qui de voit l'envoyer A la mort. Ce tribunal 9 devant lequel il comparut le 14 thermidor an II

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( i" août 1794 )9 le condamna , comme « prêtre réfractaire » 9 à périr sur l'échafaud9 cinq jours après la chute de Roberspierre.

( F", P. Mabqubtssat 9 et P.

Peybot.)

MARTIN ( Fbavçois ) , curé d'Agonay 9 près le bourg de Saint- Savinien 9 dans le diocèse de Saintes 9 et né à Saintes 9 en 17569 ternit l'honneur d'un long sacerdoce par la prestation du serment schismatique de 1791 9 et ensuite par celle du serment de iiéerté^ égalité. Le cruel sort que 9 malgré ces défections 9 les impies réformateurs lui firent éprouver en haine de la religion , prouve qu'il vouloît cependant lui rester attaché. Ce curé fut emprisonné ; et les autorités du département de la Charente^ Inférieure le firent conduire à Rochefort9 pour qu'il y subit la mortelle déportation maritime préparée aux prêtres fidèles.

Il le devint par la rétractation de ses deux sermens. On l'embarqua sur le navire tes Deux Associés [V. Rochefobt); et il souffrit avec beaucoup de résignation les maux auxquels on ^ y étoit en proie. Enfin 9 il succomba le 16 septembre 179^)9 à l'âge de Dg ans9 et fut enterré dans l'ile Ma^ dame. ( T. Jh J. Mabtim, et M.

Masleau. )

MARTIN {Sœur Saint), religieuse (f^. M. C* Blanc.)

MARTZER ou MARTZ ( Catherine) 9 pieuse fille de Stras-

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bourg qui , TÎTaatet exerçant avec »a sœur une humble professiou, 5e distingua par la bonne œuyre la plus béroîque.9 dans les temps les plus affreux de la persécution.

Elle reçut et cacha , dans leur commun domicile 9 un ministre du Seigneur dont le sèle et les fonctions étoient infiniment précieux aux catholiques de cette Tille ( V.

H. P. J^ "Wolbert). La peine de mort 9 dont étoit menacée une aussi courageuse hospitalité» ne Teffraycit point. Quelques jours arant celui où elle fut arrêtée pour cette généreuse action, une de ses amies 9 qui étoit dans sa confidence 9 lui ayant témoigné quelque surprise de ce que 9 par là 9 elle s*expoftoît à une mort certaine 9 elle lui avoit répondu : a Je ne connois pas de chemin plus direct pour arrîTer au ciel 9 que celui du martyre t [V. y Aux ). Saisie arec sa sœur 9 le 3o mars 1794?

en même temps que leur hôte tacréy elle fut traduite» arec elle «t ce prt^tre, derant le tribunal criminel du Boê^Rhin, siégeant 4 Strasbourg; et lorsque, le même jour, ce tribunal le condamna, comme « réfractaire » , à la peine àt mort 9 il condamna au même supplice Catherine Martzer et sa sœur, comme « receleuses de' prêtres réfractairesD 9 le i4prairial an II (2 juin 1794). La sentence, exprimant leur profession, dit qu'elles n*en aToîent pas d'autre que celle de iavc%ises.

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MARTZËR (Màhie-Avre)9 qui, dans quelques relations 9 est appelée Kaisen9 et, dans la grande Liste des Domaines ruUianauaD , Marie - Nicaise Martz, vouée à la même humble professidn que sa sœur Catherine, avec laquelle elle demeuroit, dans un domicile commun, partagea le mérite de soq' héroïque bonne œuvre , racontée ci-dessus {F. J* Aux). Elle fut arrêtée avec elle (1), et traduite, comme elle, devant le même tribunal, qui la condamna pareillement comme « receleuse de prêtres réfractaires » . Los circonstances de son martyre et de celui de sa sœur sont plus amplement racontées à l'article du ministre du Seigneur qui périt avec elles. ( V, H. P.

3^ WOLBEHT. )

MASCARD (N...) prêtre bénéficier de Téglise de Sainte-Eulalie, à Bordeaux, fut arrêté en décembre 1797, après que la crise politique du 18 fructidor (4 septembre ) eut renouvelé la persé-

, (i) Pour avoir une idée juste du degré de férocité auquel étoit portée la persécution dans le diocèse de Strasbourg, il suffit de voir dans le Moniteur ce qu'à la Convention , le <) janvier 1794, on lisoit de la correspondance des deux proconsuls qui tyran* uisoient cette province , Lacoste et Baudot. Ils écri voient sur le ton du triomphe , et pour plaire à cette assemblée : a Un maréchal-des-logis, dans le régiment des hussards de la liberté, a tué un prêtre ; il nous envoie l'argent et le calice de ce coquin ^ pour enfwW tuer d'autres » .

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Gution. Tous ceux qu'elle pouYoit se dispenser alors d'envoyer à la Guiane à cause de leurs refus des sermens et promesses ( V.

G VI AN e) 9 elle les faîsoît fusil<^ 1er sous dés prétextes politiques.

Le prêtre Mascard aroit d'abord, comme insermenté 9 quitté la France , d'après la loi de déportalion rendueie 26 août 1 79a ; et il j avoit été ramené par son zèle trop confiant dans la trompeuse tolérance des gouyernanS) depuis la chute de Roberspierre» Enfermé dans le fort du Ha , il ne douta plus qu'on ne le fit périr; et amené devant une commission nUivtaire, il fut condamné par elle à être fusillé le lendemain 9 comme « émigré - rentré » . Dans Tinter- . Talle, il désîroit très -ardemment de recevoir le saint Viatique avant d'aller au supplice : ce désir fut connu du vénérable prêtre Maignen 9 aumônier actuel de l'hôpital de Blaye ( F. Bordeaux ) ; et celui - ci lui procura cette consolation 9 ainsi qu'à une vingtaine d'autres prêtres détenus comme lui dans la même prison. Dès ce moment 9 la tristesse du prêtre Mascard se changea en joie; et il reçut la mort comme les Sainls reçoivent la couronne del'immortalité, en janvier 1798. (F. M* Maetin9 et J'' V. Masson.)

MASLEAU (Michel), prêtre bénéficier de la collégiale de Sàint- Mnrtial de Limoges, né dans cette ville, résista aux manœuvres des

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partisans du schisme constitutionnel de 1791 9 ne prêta point leur serment 9 et s'attira des vexations de leur part 9 en restant inviolablement attaché à l'Eglise catholique. Lorsque la loi du a6 août 179a prononça l'expulsion des prêtres non - assermentés 9 il se trou va 9 en quelque sorte 9 dispensé par elle de sortir de France 9 parce qu'il étoit infirme, mais A la condition d'être mis en réclusion. Il le fut en effet ; et cette loi ne permettoit pas de lui infliger de peine plus cruelle; mais le débordement furieux de l'athéisme, vers la fin de 1793, n'étant plus retenu par rien dans sa rage contre les prêtres, Masleau fut condamné à être déporté au-delà des mers.

Les autorités du département de la HauU'Ficnnc le firent conduire à Roche fort , pour y être embarqué {r. Roghefobt). II le fut, avec quatre-vingts autres prêtres de sa province , sur le navire tes Deux Associés, en mars 1794»

et il y mourut le 17 juillet suivant, à l'âge de 55 ans. Son corps fut inhumé dans l'ile é^Aix. Notre correspondant 9 compagnon d'iufortune de cet ecclésiastique , a dit de lui qu'il étoit t rempli de piété, excellent ami, et gai par caractère 0. Voici comme en parle M. de La Biche : « Un bon cœur, beaucoup de religion et de régularité, formoient le caractère de ce digne prêtre, qui avoit exercé avec succès le ministère de la con-

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fession 5 et qui étoit aumônier d'une commuDauté de Bénédic^ fines 9 à Limogées! Après avoir été réduit à la dernière extréaiité pendant une longue maladie 9 il en réchappa comme par miracle ; et il ne périt ^ comme tant de nos confrères, que par l'effet d'une rechute » pour aroir continué de respirer l'air infect du cloaque impur qu'habitoient les malades» .

{y. F. MiATiNjetS. Massow.)

MASGLOU (Clavde-Bahnabé), chanoine. ( F". C. B. Lau&ens. y

MAâSE ( Jean-Pieake), propriétaire et cultivateur dans le bourg du Bosclehard ou Bolhard , près TosteS) dans le diocèse de Rouen, né en 1726, étoit encore plus distingué par ses vertus et son attachement à la religion catholique , que par l'éducation soignée qu'il avoit reçue, et par la fortune dont il }ouissoit. Sa charité com* pâtissante et généreuse le faisoit appeler « le père des malheureux et des pauvres » . La considération que ses aumônes et sa conduite lui avoîent acquise, et même encore les infirmités précoces auxquelles son âge l'a voit soumis , dévoient le rendre respectable aux plus pervers de son canton. Comme , par une inviolable fidélité à la véritable Eglise, il n'avoit jamais fréquenté les temples des schîsmatiques , le démon, qui d'ailleurs étoit irrité de la mainte manière dont il emplojoit sa fortune , conçut le dessein de le perdre; mais il étoit difficile de

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trouver dans le bourg un homme assez infâme pour le dénoncer.

Le proconsul régicide P

parvint à faire cette découverte dans un pauvre garçon maréchalferrant, nommé Duv..., auquel le charitable Masse envoyoit, chaque semaine, ainsi qu'à sa mère , une assez considérable quantité de pain pour leur subsistance. Masse fut donc déféré par ce monstre d'ingratitude, au comité r^vc^utionnaire de Neufchâtel , comme on l'avoit comploté ; et la dénonciation, qui le qualifioit «d'aristocrate et de fanatifue » , l'accusoit en détail « d'avoir favorisé les prêtres réfractaires ; d'avoir voulu que le mariage de sa fille fût béni par Tun d'eux, qui, en outre, suivant le vœu de Masse, avoit fait faire la première commimion à une jeune personne dont celui-ci étoit le parrain». Bientôt arrêté, le a8 octobre 1793, Masse fut amené dans la prison de Neufcbâtel ; et l'on y conduisit avec lui son fils aîné. Lu, sans chercher à le savoir, il apprit quel étoit son dénonciateur ; inais cette connoissance , par elle-même si révoltante, ne troubla pas le calme de son âme, et ne refroidit poiYit l'ardeur de sa charité. Ne voulant pas que la famille, et même la mère de Duv..., fussent privées de secours, à cause d'un crime dont peut-être elles étoient innocentcb, il recommandoit bien expressément à son épouse, qui venoit le consoler^ de

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continuer k leur envoyer la même quantité de pain, chaque semaine.

Sa magnanime i^harité à leur égard ne pouvoit être déconcertée par

tout ce que Duv imagineroit

encore , et feroit contre lui de plus atroce : son cœur seulement pourroit en être mortellement aflligé. Le scélérat poussa la frénésie du crime jusqu'à venir dans sa prison l'accabler d'outrages 9 en le traitant de fanatique, La douleur que Masse en éprouva fut si vive et si profonde 9 qu'il tomba dès lors dans un état de maladie incurable. Les horreurs du lieu où il étoit (car il n'y avoit pas de prison en France plus affreuse que celle de Neufchâtel), et les vexations cruelles des geôliers, concoururent, avec ses infirmités, à le précipiter bientôt aux portes du trépas. Il expira dans les fers, à l'âge de 67 ans, victime tout «nsembici, et de son attachement à la Foi , et de son héroïque charité pour les pauvres. Y a-t-il une différence essentielle entre sa mort et celle de ce saint Félix d'Afrique « que l'Eglise honore comme Martyr le 6 novembre (1)?

MASSE ( Simon- Judb), marchand mercier de la rue Saint-

(1) TTtinissœ in Afiicà {fistwn) , sancti Felids Martyris qui confessas estytt ad tormenta ditatusj inuentus est carcere exauimis (Martyrol. Rom. , et Autisaiodor). Saint Augustin l'a célébré dana son Sermon sur le ^anm« 127.

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Denis, section de BùnconseU^ à Paris , né dans cette ville , en 1 746 , nullement inscrit parmi les victimes, dans la grande LisU des Domaines Nationaux , ni dans le Dictionnaire de Prudhomme , et mal à propos appelé Massé, dans les listes du Mofiileur, réunissoit aux meilleures qualités de commerçant probe, de fils reconnoissant, de bon époux, d'excellent père , de sujet fidèle à son Roi , un attachement éclairé à la religion catholique. Elevant ses cnfans dans les mêmes principes, il les conduisoit à la messe dans un oratoire secret, où l'on pouvoit l'entendre sans manquer au devoir sacré de l'unité catholique. C 'étoit dans une maison particulière, où le divin sacrifice étoit offert par un prêtre fidèle de la paroisse de Saint- Sauveur. Les révolutionnaires de sa section le surent, et le dénoncèrent, en l'accusant aussi d'être royaliste. Par suite de cette dénonciation , il fut arrêté , dans la nuit du 14 décembre 1793, et conduit à la maison d'arrêt du Luxembourg. Après y avoir été renfermé pendant huit mois, il en fut enlevé dans la nuit du 19 mes* sidor an II (7 juillet 1794)» avec cent soixante - huit autres personnes détenues en ce lieu, pour être traîné, comme elles, dans la prison de la conciergerie du Palais, et jugé par le tribunal révolutionnaire 9 devant lequel il eomparutle ai messidor (9 juillet).

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Dans le désordre meurtrier des accusations y les juges ayant perdu de Tue celle de raudition de la messe, à l'égard de Masse , dont la profession ne la rappeioit pas ttsezoaturellement, ne Tinterrogèreot qne sur des objets politiques. Masse put se disculper auémeDt des délits de ce genre ^'ofl lui imputoit ; et Ton prononça qu'il seroit mis en liberté sur-le-champ. Il s'en alloit, quand dlmpies révolutionnaires y dépités àt ce qu'il n'avoit pas été conésunnty le ramenèrent devant les jo^,en leur faisant connoitre leurs priocipaux griefs contre lui.

11 est interrogé de noureau ; on lui demande s'il est yrai qu'il ait (oodait, le jour de la Toussaint précédente, ses enfansi la messe 9 tt qu'il j ait assisté. Masse répond:

■Oui; et je ne crois pas qu'on poisse me faire un crime d'avoir Rmpli mon devoir de chrétien et de père de famille». Les jurés^à luistantnième, retournent dans la diambre où ils opinoient; et, sur leur déclaration qui ne se fit point ^tteiulre, le tribunal condamna Masse, comiûe « conspirateur », * la peine de mort On en agit eavers lui de même qu'autrefois > l'égard de ce saint Martyr Ne- OKsion, dont parle saint Denis d'Alexandrie , lequel , traduit décatie juge, pour un crime contre l'ordre social, dont il n'étoit point coupable, et qu'on ne pouvoit prouver, étant renvoyé comme

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injustement accusé, fut ramené, et dénoncé comme chrétien, ce qui le fit lirrer, par le juge, au même supplice que les coupables de délits civils dont on ï'avoit d'abord injustement dit complice (1). Tel encore ce bienheureux Sérénus, simple jardinier à Sîrmium , contre lequel une femme effrontée ne pouvoit soutenir sa calomnieuse accusation devant le juge : il alloit échapper à la peine qui le menaçoit^ lorsque celui - ci , dans sa perfidie , lui demanda s*il étoit chrétien. «Oui, repondit Sérénus ; et , puisque Dieu veut que je sois reconnu pour tel , je suis prêt à mourir pour lui , afin d'avoir une place parmi les Saints, dans son royaume céleste (a) » . Masse ne regrettoit la

(i ) Stdet Ifemesion primùm quidem falsà accusatusjuerat , lanquam socius et contubernaiis latronum. PosUa uerà càm apud centurionem hanc calum" niarn , à se utique a/ienûsùnam , depur Usset, delatus quàd chrisûanus esset, ad prœfectum uinctus adducitur, At ille iniquissimus Judex , inter Imtrones fussûincendi. £t aie Beaiùsùnut sùni- Utudine C'hristi honoratus est. (S. Dionys. Alexandr. episc. lipist. ad Fabium AfUiochenwn. Eusèbe : Hist, Ecoles. , 1. VI, c. 43.)

(2) Prœses veto cùm responsionem êoncti %firi audisset , intra se cogUare ' cœpit de ejus Uberd objurgalione , et ait : Hic homo Christianus est cui indecentihord dispiicuit , etc, , et dixit ad illum : Quod genus tibi est? Al ille sine mora respondit : Christianus sum,..; modà aiUem quia Dominas peUàm me

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rie que parce qu'il alloit manquer À ses eiifans et à leur mère ; mais la religion le soutint dans cette épreuve terrible ; il monta sur la fatale charrette qui devoit le conduire à la mort; et là , comme ses compagnons de supplice , qui alloient périr pour leur Roi , Masse 9 satisfait de mourir pour Dieu 9 se distingua , sur toute la roule depuis la prison jusqu'au lieu du supplice 9 par une tranquillité d'âme imperturbable , et une résignation plus qu'humaine. Arrivé à la barrière Saint-Antoine, où se faisoient alors les exécutions, il dit avec douceur et soumission 9 en montant sur l'échafaud : « Mes juges se sont trompés, en me condamnant comme conspirateur : ma conscience ne me reproche rien». Ensuite il présenta sa tête à l'exécuteur 9 et fut décapité 9 à l'âge de 4^ ans 9 parce qu'il avoit persévéré dans la Foi et les pratiques de sa religion. Cet homme étoit si estimé dans son quartier 9 que , lorsque la France eut ensuite un moment de relâche 9 après la terreur qu'avoit inspirée la persécution, les concitoyens de Masse s'em-

woluit este, paratuM sum ffro nomme ejus paii, ut cum ceteris sancUs ejus partem habeam in regno iptius, Prœtes autem cwn hotc audisset , vehementer iratus , dixit : Jubtmus te capiteplecti, £t stazim raptu* et adductus ad hcum , à diaboli mùustrû decoiiatus est. (Ruiaart : Passio Sancti Sereni Martjrns. )

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pressèrent de rendre a ses vertus un hommage solennel 9 dans une assemblée générale de sa section.

Le 20 pluviôse an III ( 8 février 1795)9 un des membres honora sa mémoire par un discours plein de sensibilitif, dont l'assemblée ordonna l'impression. L'orateur, aprè< avoir retracé en abrégé toutes les horreurs commises par le comité révoitUionfiaire de cette section 9 disoit, en s'adressant à la victime : « Et toi 9 Masse 9 vertueux citoyen 9 l'ami et le soutien de ta famille 9 aimé et estimé de tes voîsins^ par qui fus-tu assassiné ? Par les scélérats de ton quartier. lis applaudirent à ton supplice ; mais les bons citoyens versèrent des larmes. Puisque la noble portion de toi-même n'a pas cessé de vivre; puisque ton âme plane sans doute dans cette enceinte9 sois témoin de* pleurs que nous donnons à ta mémoire ; mais vois les fleurs que nous jetons sur ta tombe». Ce n'étoit là qu'un hommage civil; les catholiques en dévoient un autre à ses vertus religieuses ; et ils le dévoient d'autant mieux , que les registres et les listes 9 eu supprimant son nom 9 ou en le dénaturant 9 sembloient avoir conspiré pour priver sa vertueuse famille de l'honneur de compter un Martyr dans son sein.

MASSE Y (RBKé)9 religieux de l'ordre de Saint-BenoîX 9 n'étoit encore que diacre dans le diocèse de Paris, lors du fatal

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loaofil 179a. Il n'en luériU pas -masy comme dom Barrbàu (F, ce nom), d'être compris dans le sombre des fidèles ministres de iôuft-Christ que les impies arrê- (oient et entassoient en des prisons k mort, à cette époque. Dom Massey fut enfermé dans l'église des Cmmcs, ainsi que son confrère eCson supérieur (^. D; Chbwa). Il ne put Têtre qu'après iToir fait y comme eux, preuve de coQsUocedaos sa fidélité à l'Ëglise (adidique, devant le comité de là sectioD du Luœetné^urg ( P*.

Driiv). Ce fut à cause de cette i»Bstuoe*lâméme qu'il périt dans It massacre exécuté, le a sepiiembre 179», par les ennemis de 1a Foi. (K. SEraBMBmB.)

MASSILUAN (iV...). prêtre ^<iiocèse de Montpellier, né à lontpeUier même , en 176a , 'toit resté caché dans cette ville, 'P'^fe décret de la déportation à N^ îl étoit astreint comme '^'«'««ermenté. Son motif, pour ^îsoQslnire, fut de continuer à ^ttroer son ministère de salut P^b catholiques de cette ville ^ <b «avirons. Il fournit « en '^^ les secours de l'Eglise à "**^p d'entre eux, jusqu'aux ^Tiroiis même de Pâques de f«uiée 1794, La découverte foriiittqueles révolutionnaires firent '^ d'une maison où ils savoient ^ V prêtce caché disoit la messe , ^^rorUil*investir;et cette maison ^i< celle du père de MassUlian ,

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qui fut arrêté avec sa fille , parce qu'on ne pouvoit parvenir à l'y trouver lui-même. Il y resta enfermé par un scellé ; et cette espèce de captivité, où les alimens lui manquoient, lui devint insoutenable : il tenta de s'évader; et il y seroit parvenu sans un accident qui montra que la Providence vouloit en faire un Martyr. On le surprit, et on l'amena dans la prison de Montpellier. Il y disoit à ceux qui cherchoient à lui donner des consolations : « Comme homme, j'appréhende la mort; mais, comme prêtre et chrétien, je ne refuse pas le martyre : je me soumets et m'abandonne entièrement à la volonté de Dieu; sa grâce me fortifiera de manière à ce que je sois capable de souffrir toutes les souffrances qu'il lui plaira de m'envoyer». «G'étoit ainsi, comme le dit saint Ambroise , que les anciens Martyrs excluoient, par l'amour du martyre, la crainte naturelle des souffrances » . Timorem quem, pote^ Tant habere pœnarum excluserurU amare martyrii ( Serm.

IX^inpêaitn, 118). Enfin, Massillian fut appelé devant le tribunal crimifui du département de VHérauU , siégeant à Montpellier {y, L** Ballabd); et , le i3 floréal an II (a mai 1794)9 les juges le condamnèrent à la peine de mort, comme « prêtre réfractaire ». Il se montra visiblement animé de la force divine , dans celte critique

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circonstance, jusque dans la consommation du sacrifice de sa yie pour la Foi de Jésus- Christ, le même jour, à l'âge de 5a ans.

(y. Millet, et Michel, de Vi- •viers.)

• MASSIN (iV...)» prêtre de la communauté de Tégiise paroissiale de Saint- Sulpice, à Paris, n'avoit pas voulu souiller sa conscience par la prestation de Tinique serment de la constitution civile du clergé. Aussi ferme que ses deux confrères, Dubray et CcÉ- Biii ( V> ces noms) , il a voit , pour conserver l'intégrité de sa Foi, affronté la misère, avec la disposition de braver la mort même , pour une aussi sainte cause. 11 commença d'être mis à cette der« nière épreuve lorsqu'on l'arrêta, quelques jours après le lo août 1792. La nouvelle demande qui lui fut faite du serment, par le comité civil devant lequel il étoit traduit, ne l'ébranla nullement, quoiqu'il prévît bien que son refus alloit lui attirer de plus grandes peines. Envoyé comme prisonnier dans l'église des Carmes ( V.

DuLAv) , et prévoyant , tout aussi bien que les autres compagnons de sa captivité, la mort violente qui lui étoit réservée, il disposa de plus en plus son âme à la rendre digne de la gloire du martyre :

ce fut avec les sentimens des anciens confesseurs de la Foi que, le a septembre, il reput le coup mortel, que lui portèrent les assas-

sins, envoyés par les ennemis de la religion et de ses ministres.

(^. Septembre. )

-MASSON ( Joseph- Victor), prêtre du diocèse de Rodez , né en Rouergue , fut , comme prêtre insermenté et réfractaire ù la loi de déportation, jeté dans les cachots du département de VAvtyran, en 1793. Au printemps de l'année suivante, on le Gt conduire à Bordeaux , où il devoit être embarqué pour la Guiane ( V, Bordeaux). Après avoir souffert des maux graves dans le dépôt national où il étoit enfermé, il tomba si dangereusement malade qu'il fallut le transporter à l'hôpital de Saint-André , avant l'époque de l'embarquement, qui n'arriva qu'à la fin de l'automne 1 794. Il mourut dans cet hôpital , le 8 brumaire an III (ag octobre 1794)9 ^ l'âge de 5o ans , trois mois après la chute de Roberspierre. ( V, Mascard^ et J. B. Meillan. )

MATER ( Jean - GriLLAUME ) 9 curé de Chourgnat-d'Ans, au diocèse de Périgueux, sur lequel il étoit né , à Sainte-Eolalie , refusa le serment de la constitution civile du clergé. Quoique dépouillé de son titre de curé par les autorités civiles, il ne s'en crut paa moins redevable de son ministère à ses paroissiens; et il ne s'éloigna point d'eux. Les autorités du département de la Dordogne , en 1795, le firent emprisonner ; el, dans les premiers mois de

i;^, elles l'enToyèrent à Rochefort, pour être déporté en des contrées lointaines et sauya^s ( V* KocBBroBT). Il fut embarqué sur lentrire itê Deux Associés s où Wsmaox du séjour de Tentrepont lai arrachèrent la vie. Il expira le \% Mût 1794» Â l'âge de 58 ans, et fat enterré dans l'île à*Àix.

(r. S.M1SSOH9 et A. Mathbbs. )

JIATH£BS ( AïiTOiHE ), prêtre etrefîgieux Cordelier, gardien du couTent de Sainte - Marie - aux- Mines, dans le diocèse de Strasbourg, et né à Ber-Kem, dans celai de Bâle , repoussa les principes et le serment de la cansti" iwùm eiviiû du ctergé. Il étoit resté dans la contrée où se trouToit (00 monastère , après en avoir été cicluspar les innoTations de 1 791 ; et cette contrée, où il se rendoit utile aux catholiques, étoit endiTée dans le département de la MtMrihe, Les autorités révolutioQoairesde ce département Tempiisoonèrent en 1 793 ; et, quelques mois après, elles l'envoyèrent à lockefort, pour en être déporté »-delè des mers ( V. RocHBromT) .

D fat embarqué sur le navire ies ^^fw Associés , et ne résista pas ^<»|-temps au supplice de cette ^déportation. Mathebs mourut le n août 1794 , à l'âge de 46 ans, «t fot inbamé dans l'âe d*Aix.

v^.J.G. llÂTBB,et P. Mathibo.)

MATHIEU (PnmM), vicaire à I^QoériHe, et né à Saint-Nicolas- <lo-Port,dan8 le diocèse de Nanciy

refusa le serment de la constitua tian civiU du clergé ^ et resta dans la province , pour la sanctification des fidèles. Les autorités du département de la Meurihe le privèrent de sa liberté en 1793; et, quelques mois après, elles le firent traîner à Rochefort, pour y subir la peine d'une cruelle déportation maritime {F. Rochefort). On l'y embarqua sur le navire 4es Deux Associés. Les maux qu'on y éprouvoit étoient si grands et si nombreux, qu'il ne put les supporter guère plus de deux mois.

Il mourut dans la nuit du 19 au 20 juin 17949 à Fâge de 38 ans , et fut enterré dans l'île d'Aix.

[F. A. Mathebs, et J<i* Matbiee.) MATHIEU ( Jean - Chables ) , prêtre du diocèse de Saint-Diez, né à Spinal 5 en 1766, exerçoit le ministère sacerdotal dans le lieu de sa naissance. Si les précautions qu'il prit en 1793 et 1794 le mirent alors à l'abri du fer des persécuteurs, sa trop grande confiance dans leur perfide tolérance religieuse des années suivantes ne pouvoit que le livrer à leur impie vengeance. Il remplissoit paisiblement ses fonctions ecclésiastiques à Epinal, lorsqu'il y fut surpris par les terribles exécuteurs de la furibonde loi du 19 fructidor (5 septembre 1797)* On l'arrêta , et on le fit conduire à Rocbefort, pour en être déporto à la Guiane ( V. Gviane). Il fut embanjué, le la mars 179S, sur

4o MAT

la frégate ia Charente, et 5 le 25 du mois suivant 9 sur la frégate ia Décade, Le prntre Mathieu trouva, dans son excellent tempérament 9 plus de ressources que bien d'autres , pour soutenir la fatigue et les tourmens de la traversée. Arrivé à Cayenne, il se vit condamné à aller habiter le désert de Konanama. Cependant la science des mathématiques 9 qu'il possédoit, lui avoit un peu rendu favorable le général Des- YÎeux, alors commandant de la place de Caycnne, et qui étoit aussi natif d'£pinal. Desvieux lui promit de lui procurer une place qui adouciroit son sort 9 et de ne point l'abandonner ; mais 9 dans la crainte de se compromettre 9 il ne tint point sa parole.

Mathieu 9 relégué à Konanama 9 y dépérit bientôt ; et la force de sa complexion 9 luttant contre les influences mortelles du climat 9 lui fit éprouver9 dans cet horrible conflit 9 des douleurs inexprimables. Néanmoins 9 au milieu de ses tourmens 9 conservant la paix de l'âme 9 et toute l'ardeur de la plus généreuse charité 9 il demandoit à Dieu le pardon de ses persécuteurs. Il expira 9 en priant pour eux 9 le 1 1 septembre 17989 à l'âge de 36 ans.

Les nègres fossoyeurs 9 après être convenus d'un prix avec les autres prêtres pour l'enterrer 9 après même l'avoir tiré de son carbet 9 comme ^our l'ensevelir 9 ne firent

que le dépouiller 9 et Ty rapportèrent nu 9 en demandant une plus forte somme 9 que les prêtres leur donnèrent, pour mettre fin à cette scène de barbarie. ( V.

Marcel, de Clermont; et C.

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