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aa II (la aTril 1794)9 ce tribunal le condamna 9 comme «prêtre réfractaire », à la peine de mort , qu'il subit le lendemain 9 ayec la résignation et Tecourage 'd'un vrai confesseur de Jésus-Cbrist
RAÎMBAULD ( Gésaa - AvcvsTv), prêtre 5 né» vers 1754»
sur le diocèse de Blois 9 entra dans la congrégation de Ia*inission dite de SaitU - Lazare , en la maison de Tours, et dcTÎnt ensuite curé* de la paraisse de Bruleau > dans le diocèse où il ayoit tu le jour. Les persécuteurs ne' purent l'atteindre dans leurs sanguinaires fureurs contre les prêtres nonassermentés 9 durant les années 179a « 1793 et 1794* Raimbauld, croyant Toir ensuite, dans la tolérance qu'affichèrent les tyrans de la France, une facilité pour tra- Tailler au rétablissement de la religion, revint à Blois exercer son ministère. La crise réyolutionnaire du 18 fructidor ( 4 septembre 1797) éclata; et ce pasteur se trouva soumis à la loi de déportation rendue le lendemain ( V.
GuiiRs)» On l'arrêta; et bientôt on l'envoya à Rochcfort , pour y être embarqué. Il fut mis sur la frégate ia Charente, le la mars 1798; et sur la frégate ta Décade y le aS.du mois suivant.
Celle-ci le jeta dans le port de Gayenne , vers le milieu de juin, lien fui aussitôt repoussé dans le désert de Konanama. Voyant que lés fléaux de cette terre dévorante
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et pestilentielle attaquoient ses confrères, il s'en ât aussitôt l'infirmier, et les servit avec une charité aussi tendre qu'elle étoiC empressée. Au milieu de ces soins , il aspira les germes de la pçste dont ils mouroient ; et Raimbauld les apporta, dans son sang à Synnamari, quand on l'y fit passer avec ceux qui survivoient, le a3 novembre 1798.
Ces germes pestilentiels se développant d'une manière lente dans les veines de ce curé , il fut miné lentement par une sorte d'étisie qui, mettant six mois à le délivrer de la vie, ajouta le tourment de la plus extrême misère à ses autres maux. Il avoit successivement vendu tous ses efiets, pour avoir de quoi subsister ; et il ne lui en restait pas un seul quand il expira, le aS^mai 1799. Ses compagnons le regrettèrent d'autant plus amèrement quec'étoit un homme d'un excellent coeur, et d'une mémoire non moins agréablement que solidement ornée. Sa piété étoit aussi aimable, aussi indulgente qu'elle étoit profonde et sincère.
{V, J. T. PaBviaiiAUD^ et Rettpuivs aîné.)
RAMBËAU (FiANçois), prêtre.
(r.F. Dumas.)
RA MBOUR (Charles) , prêtre , religieux de l'ordre des Chartreux, sous le nom de dom Charle$9 et père vicaire de leur maison de Bosseville, au diocèse de Nanci, ne fit point le serment
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schismatique de 1791- Oh ignore si y après la destruction de son cloître, il retourna dans son pays natal, qui étoit la paroisse de Custine 9 au diocèse de Toul; mais on sait qu'il étoit ,^ en 1793 , sur le département de la MeurthCf dont les autorités le firent emprisonner. Vers la fin de Tannée 9 elles renvoyèrent à Rochefort^ pour qu'il en fût déporté sur des ri?es lointaines et mortelles ( y.
RoGHBFOBT ). On Tembarqua sur le navire tes Deux Associée. Les tortures du séjour de l'entrepont de ce bâtiment, ajoutées aux efiets des persécutions précédentes, aux souffrances d'un affreux et long voyage, eurent bientôt accablé dom Rambour. Il mourut le ai juillet 1794» à l*âge de 4^ ^^' Son corps fut inhumé dans l'île d'jiix. ( V. P. Ravfbt, ^et J.
Raoul.)
RAMEFORT ( LsoHàiD de), prêtre, (f^. L* Dvbàho.]
RAOUL (Jean), prêtre de Pléguien, oû il étoit né, dans le diocèse de Saint-Brieuc, se garda bien de faire le serment de la conS" titution civile du clergé. Il resta dans le département des Côtes-durtford , snr lequel étoit Pléguien ; et les impies autorités de ce département, en 1793, l'ayant fait arrêter , l'envoyèrent, dès le commencement de 1794 , avec vingt-deux autres, à Nantes, où, en novembre et décembre précédent, le proconsul Carrier
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a voit noyé tant de prêtres. Ceux-ci n'eurent pas le même sort, parce que Carrier avoit été rappelé à la Convention lorsqu'ils arrivèrent à Nantes ( V, Nantes et Ne vers). On les fit partir alors pour Rochefort , oû Raoul fut embarqué, avec ses vingt -deux confrères , sur le navire les Deux Associés ( F^..Rochefoet). Il succomba peu de temps après, sous les maux de l'horrible entrepont de ce bâtiment. Sa mort arriva le 6 août 1 794 : il avoît 49 ans ; et son corps fut inhumé dans l'île d*Aix, {y. C. Ramboub, et J.
Ravette aîné.)
BAODLX (Joseph), prêtre et assistant-général de la congrégation de la Doctrine Chrétienne^ k Paris, avoit vu le jour en 1758, à Graveson , près Tarascon. Il entra jeune dans cette congrégation ; et, y ayant reçu le sacerdoce, il en exerça les fonctions avec autant de fruit pour la religion que d'honneur pour lui-même.
Le ministère de la prédication lui ouvrît une carrière dans laquelle il eut toutes sortes de succès ; et son zèle , sa charité , ses lumières dans la direction des fimes , achevoient de gagner au Seigneur les, pécheurs que ses discours publics avoient touchés. Toutes les églises de Paris retentirent successivement de sa voix évangélique ; et les tribunaux de la pénitence y consommèrent fréquemment l'œuvre commencée par ses prédications.
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Réanissant à beaucoup d'instruction une grande douceur , une profonde modestie- et une parfaite égalité de caractère, il mérita d'être désigné deux fois par ses confrères, po«r la dignité de supérieur-général de la congrégation ; mais ses goûts simples et son humilité le firent résister à kurs vœux , et ce ne fut que d'ajSrès les instances et même les ordres de celui qui obtint cette charge, qu'il consentit à devenir son assistant-général. La perfide inrention de cette eonsiitution eivite du clergé, à laquelle il falloit prêter serment pour avoir la liberté de prêcher la parole de Dieu , réduisit le P. Raoulx au silence , parce qull ne voulut pas se souiller d'un pareil serment; et il resta comme renfermé dans la maison de sa communauté, rue Saint-Victor.
Lors de la recherche que les persécuteurs 7 firent des prêtres nonassermentés, après le i o août 1 79a, le P. Raoulx fut du nombre des Doctrinaires qui purent s'enfuir ( F, BocBOTct FAlix };et forcé, de même que tous ses confrères , à chercher ailleurs un asile en prenant des vêtemens de laïque , il se réfugia dans la maison de son frère, auprès de sa belle-sœur et de ses trois nièces en bas âge , que celui-ci y avoit laissées , en accompagnant, dans l'étranger, Mesdames de France, tantes du Roi. Son émigration connue ex-
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posoit déjà sa famille à des persécutions; et, dans les alarmes qui l'agitoient , tout en insistant pour que le P. Raoulx ne s'exposât pas à de trop grands dangers en essayant de sortir de France, elle le décida facilement à choisir une retraite plus ignorée dans Paris. Il en trouva une très-convenable chez des demoiselles figées qui faisoient un commerce de merceries , dans la rue des Lombards , et dont la charité étoit , suivant l'expression de saint Paul , « prompte à exercer l'hospitalité, et à soulager les Saints dans leur détresse v . Il y prit le nom de Desmartin , et fut enregistré au comité de la section, comme associé au commerce de ses hôtesses. Son asile n'étoit connu que de deux ou trois de ses amis ; mais son zèle l'en faisoît sortir fréquemment pour aller rendre secrètement à des catholiques les services de son ministère. Il fut enfin reconnu en 1793, dans une de ses courses , par un homme pervers du quartier de Vite SainS-Louis y quî, suivant ses traces, parvint à découvrir sa retraite, et alla le dénoncer. Le P. Raoulx se vit arrêté et coqduit au comité réva^ iuiionnaire de la section des Lombarde, Comme, à raison de son inscription sur le registre , il ne sembloit- occupé que de commerce n on le renvoyoit libre , quand son dénonciateur sur-
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vint. Furieux d'avoir échoué dans son projet de perdre ce saint prêtre 9 il éclata en blasphèmes contre Jésus-Christ, sa religion et ses ministres. Le P. Raoulx , dè\h prêt à sortir de la salle du comité 9 pour aller jouir de la liberté qui lui est rendue, s'arrête devant ces cris sacrilèges; et, cette occasion lui paroissant exiger de sa part un témoignage de sa Foi, il se meta la prêcher devant le comité, de même qu'il l'avoit fait autrefois dans l'assemblée des fidèles.
Le dénonciateur ayant allégué, dans ses déclamations, quelques impies sophismes de J. J. Rousseau contre la religion, le Père Raoulx lui réplique par des passages de cet auteur où elle est préconisée de Ll manière la plus éloquente. Tout le comité entre en fureur, voyant l'impiété vaincue par récrivain même dont elle se faisoit une autorité ; et le P. Raoulx, décidément reconnu pour prêtre, est envoyé à la prison de $aint - Lazare, Il s'y conduisit comme s'il eût encore été dans sa communauté de SaifU-Charits ,. faisant ses prières , ses lectures , et ses autres exercices de piété , aux mêmes heures fixes. Dans les instans qu'il aceordoit à ses compagnons de captivité, pour converser avec eux, il ne les entretenoit que de la nécessité de se préparer a la mort. « Vous voyez, leurdisoit-il, que, du nuage qui
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couvre la France , s'échappe à chaque instant une foudre terrible qui frappe, sans distinction, l'innocent et le coupable. Elle est particulièrement dirigée contre les détenus teb que nous; déjà la mort est venu chercher plusieurs victimes dans ce lieu qui nous enferme. N'espérons pas qu'elle nous oublie. Tenons notre âme toute prête à comparoître devant celui qui viendra nous la demander , peut-être demain , peut-être aujourd'hui ». Ces salutaires exhortations eurent d'heureux effets; le P. Raoulx ramena plusieurs prisonniers à Dieu , et les réconcilia avec lui par le sacrement de la pénitence. De ce nombre, fut un curé des environs de Paris, qui avoit eu le malheur de prêter le serment de Isiconstitution civile du clergé , et qui de voit cependant avoir part ù sa couronne, avec six autres prêtres. Ne sachant comment se défaire des nombreux captifs qui leur restoient, les tyrans sypposoient alors des conspirations, ourdies par eux, quoique enchaînés. Le P. Raoulx fut compris dans celle qu*ils prétendirent avoir été formée dans la maison de Saint-Lazare; et, traduit,comrae en étant complice , pardevant le tribunal révaltuionnaire , le 7 thermidor an IX ( 35 juillet 1 794)9 il 7 fut condamné à la peine de mort, ainsi que tous les accusés de ce jour-là , sans avoir été interrogé, ni entendu. Loin d'en
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murmurer^ il imita S. Cyprîen »
qui f dans une circonstance semblable , rendit grâces à Dieu d'une sentence qui le tiroit d'un monde profane 9 où son âme ne faisoit pi as que languir» et qui la conduisoit à la Jérusalem céleste 9 sa yéritable patrie. Afec lui 9 furent condam- Dés au même supplice sept autres prêtres 9 P. HÉBEaT, G. J. C. Asst»
J, B. MâLDAGHB, g. BuQDETy
T. AIGG111BB9 J. N. V0TOT9 et L.
Sbllos. Un surcroît de peine imprévu et bien douloureux attendoît le P. Raoulx dans la salle où les yictimes» condamnées par l'une et l'autre chambre du même tribunal révolutionnaire 9 étoient réunies pour attendre l'heure de marcher ensemble au supplice.
Il y trouya 5 destiné au même sort 9 son frère y Jean Raoulx 9 âgé de 5a ans 9 qui, amené la veille de Versailles , venoit d'être condamné à mort par les juges de la seconde chambre 9 comme ex-pourvoyeur de la maison de Louis XVI , etc. etc. Le Père lUoulx, puisant dans sa propre Foi une nouvelle force pour soutenir la douleur d'une telle rencontre 9 ne songea bientôt qu'à conduire avec lui 5 dans le Cielj un frère qu'il a voit tant aimé sur la terre. Mais 9 en l'exhortant à mourir saintement, il ne négligeoit pas les autres compagnons de son supplice 9 parmi lesquels étoient encore plusieurs de ses amid. Les bourreaux étant venus