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pria poor celui qui alloit le faire honorablement occupé le siège mourir 9 à Timitation de saint épiscopal de Limoges ; et ce Ray- Etienne; mais baiser la main du mond Ghapt-de-Rastignac, qui bourreau qui Ta frapper, est un fut tué le a6 janvier iSgô, à La acte de charité sublime qui surpasse Fère ^ où il étoit allé pour une content ce qu*on a yu en ce genre, férence avec le roi : homme très-< La générosité qui pardonne alors 9 recommandable 9 que Thistorien et dçmande grâce pour les^assas- de Thou appel oit Virum indu" sins 9 peut se concevoir en consi- fe8sœvirtutis\ et ce Louis-Jacques dérant la sainte exaltation d*âme Chapt-de-Rastignac9 qui9lesiécle qu'éprouve un Martyr en ce der- dernier , archevêque de Tours et nier instant 9 où le Ciel s'ouvre à commandeur de l'ordre du Saintses yeux : mais cette affection Esprit 9 acquit tant de considéra* tendre et douce, inséparable du tion par son savoir 9 son élocalme de la conscience; cette af- quence, surtout dans ses siu^rticfection de reconnolssanoe qui fait tianspastorades, et dont la mort, que le curé Rascles baise la main arrivée en 1 7609 causa des regrets déjà ensanglantée 9 qui va se tein« universels (1). Notre abbé de dre encore de sonsang» est un sen- Easlignac se montra digne de leur liment que l'on ne peut compren* appartenir , dans tout le cours dre 9 à moins d'être soi-même un d'une assez longue vie. Dès sa plus prédestiné. Il périt à l'âge de 78 tendre enfance 9 il eut 9 pour l'état ans. ( F. M^' Povtbbav, et H. Rbt. ) ecclésiastique 9 une vocation dont RÀSTIGNAG (L'abbé Auiand- rien ne put le détourner ; et cette
Chaft-de-)9 né en 17^69 au châ-
teaudeLaxion,dansle&èrigord9 ^'\ «* '"P^ctable f*«niUe n'a pu ,
, , 1 . .7 r ■ sans indianation, le voir dénigre par
docteur de la maison et société de y^^^^^^ anonyme des Mémaû^ pour
Sorbonne , vicaire^gènèral d' Ar- sentir à Vhûtoire ecclétiastûiue du dix-
les 9 abbé de Saint-Mesmin9 dans huitième siècle. Pans, 1816, aux pa-
rOrléanais 9 et député , en cette §«« »^4 «* ^^ du tome IV. L'historien
dernière qualité , aux Etats-Géné- i^ pîévaut de ce que Farchevôque de
jt a I 1 £ j Sens, ce cardinal de Bnenne, dont
raux de 17899 par le clergé du ^ conduite, au commencement de la
baUliage d'Orléans 9 brilloit encore évolution , n'a pas besoin d'être rap-
plus par ses vertus et ses lumières pelée, que le Pape Pie VI déclara dé-
que par l'illustration de sa famille* chu de la pourpre, le aS septembre
Issu de l'une des maisons les plus >79" » «^ q"« ^^ pqntife n'en avoit
anciennes du Périftord, ilcomp- "^^" V^*^ "«"** *• *^ décembre
^ ^ ,, . ® , ^ '^ in88, s'étoit ligué avec le cardinal de
toft parmi les Siens>en des temps R^hao.évéquede Strasbourg et grand-
reculés 9 et cet Aymeric de Chapt , aamdnier, pour faire condamner une
qui mourut en i3g09 après avoir des instructions de l'archevêque de
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Tocation étoit si vraie, qu'on peut dire que son amour pour la religion, sa bonté, sa vertu, n'eurent pas une seule distraction ^pendant la durée de sa vie entière. Un goût extrême pour l'étude, son unique délassement , Tavoit élevé au rang des ecclésiastiques les plus instruits de son siècle. Sa modestie , supérieure encore ù sa yertu et à sa science , lui fit refuser jusqu'à trois fois l'épiscopat; et, lorsque le maréchal de Biron , son oncle, obtint, pour lui et à son insu , l'abbaye de Saint-Mesmin , il se hfita de donner sa démission d'un autre bénéfice. Indulgent pour tous, sévère pour lui seul , regardant les malheureux comme une nouvelle famille que le Ciel lui avoit donnée, il auroit cru n'avoir pas assez fait pour eux, s'il se fût borné à soulager leurs
Rastignac par une commission de trois évéques in parltbus, sous la présidence d'un évoque en titre, homme de parti et peu éclairé ( f^. lesdits Mémoires, tome IV,pag, 366), etik laquelle s'adjoignit le docteur Montagne , prêtre de Saint-Snlpice. (f^. ci-^ev. tom. I, page aa3, lig a. ) Un autre Sulpicien^ qu'on croit être M. de Cussac ( f^. ce nom ) , avoit écrit contre ce prélat, en 1^49 ^t 1750, deux lettres ibrt vives, dont la seconde qui rétoit beaucoup trop, fut déférée aux magistrats et à l'assemblée du clergé. L'annaliste, forcé de conve* nir que cet écrit n'étoit pas modéré, ajoute, pour en déguiser le tort, qu« « les plaintes de l'archevêque ne le furent guère non plus. »
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besoins. Il chercha toujours à les deviner et à les prévenir; et, deux fois la semaine, il envoyoit sa nièce (M** la comtesse de Farsde- Fausselandrj, née de Peysac) pour les épier. Aussi, n'étoit-il pas moins chéri que vénéré dans tout l'Orléanais, où, d'ailleurs, les personnes qui n'ayoient pas besoin de ses bienfaits étoient édifiées par l'austérité de ses mœurs, charmées par l'affabilité de ses manières , et attirées par la gaîté de son caractère. Sa charité éclata d'une manière particulière lors de l'inondation qui, en 1788, ravagea le pays qu'il habitoit. Une famille entière , composée de quatorze personnes , réfugiée sur le toit d'un moulin, étoit menacée d'être envahie par les eaux.
Le danger glaçoit tous les cœurs :
le sien , restant embrasé du feu de la charité chrétienne , invite , encourage, promet, exhorte, supplie; et, personne ne répondant à ses instances, lui-même f 'élance au secours de ces infortunés.
Mais , éiectrisé par un si bel exemple , son vieux domestique, accompagné de quelques hommes courageux, lui dispute, lui enlève la gloire du danger, sans lui ravir toutefois celle du plus iioble dévouement ; et la famille est sauvée. Quand il se vit nommé député aux Euts - Généraux , sa première pensée fut de ne pas souscrire à une préférence qu^il ne rcgardoit d'abord que comme
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une marque d'honneur. Mais , dès qu'on lui eut fait observer que ses lumières et ses principes pou- Yoient être d'une grande utilité pour la monarchie et la religion , dans cette assemblée , il n'hésita plus y et fit à l'instant le sacrifice de sa tranquillité 9 de sa santé 9 et même de sa vie. Il j TOta constam* ment avec les amis du trône et de l'autel ; et, si sa foible voix ne lui permit pas de tonner à la tribune 9 il consacra ses Teilles à la défense de la religion et de toutes les saines doctrines. Il publia d'abord un écrit plein de raisons solides et péremptoires , intitulé : Ques^ tionssuriaPropriiUdesInens^ fonda ecdésiasUguesenFrancCf Tol. in-8% Paris 9 1789; dédié au SouYendn-Pontlfe Pie VI. Ce grand pape, lui écrivant à cette occasion, le 16 des calendes d'à- Yril 1790 ( 17 mars ), d'après la lecture de l'ouvrage , vantoit l'auteur comme «un homme aussi émioent par son savoir et sa doctrine que distingué par son attachement à la milice ecclésiastique , et par son zèle pour l'honneur du clergé gallican. Firum iùfn mi" iitiœ eccUsiaêtieœ addictufnf $ùfn doctrinàiU^iue ertuUtione fMrafftanUtn, dtque honore -gai^ iicani deri sttuUosisiifnuni- L'abbé de Aastignac attaqua la oonstiiuPion civUô du clergé d'une manière victorieuse, dans un de ses points les plus essentiels.
Celte attaque sembloit ne con*
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sister, par le titre de son nouvel ouvrage à ce sujet, que dans une traduction de la Lettre synodaie de Nicoias , patriarche de Constantinopie, à {'empereur Alexis Comnème, sur ie pourvoir de$ empereurs, relative^ ment à l'érection des métro* pôles ecclésiastiques , d'après le texte grec (i); mais de savantes' notes qu'il y avoit ajoutées , ne laissoientsurce point aucun appui aux créateurs et défenseurs de la constitution civile du clergé.
Comme l'abbé de Rastignac voyoit se manifester déjà , dans rassemblée , cette opinion immorale et anti-sociale qui, dans la suite, fit autoriser, par une loi , le divorce dans un Etat catholique , pour le décatholiciser de plus en plus, il tâcha d'y opposer une barrière par un excellent ouvrage intitulé :
Accord de larévétation et de la raison , contre le divorce (a).
(i) Chez Clousier, imprimeur da Roi, rue de Sorbonne, 1790 , in-8«, 38o pages 4 avec cette épigraphe : «« Il faut que les lois publiques soient chrétiennes dans un royaume chrétien ». ( Hincma'r, du Divorce de Lo* thaire et de Teiherge. )
(a) Paris, chez Crapart, 1791»
in-8« de laa pag«s. C'est dans cet ouvrage que M. de Rastignac en a consacré douze à l'explication de ce qu'on appelle le divorce en Pologru^ sur lequel le rédacteur des Mémoires indiqués suppose mai h propos que Tauteur de V Accord a fait un ouvrage à part. Il s'est également trompé en
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Dans cet écrit 9 ainsi que dans ies précédens , il déploya une érudition vaste et sûre, raisonnant toujours avec une exactitude scrupu-* leuse f et une logique irrésistible.
Kastignac étoit un adversaire trop redoutable à ces philosophes qui 9 avec de mauvais raisonnemens^ parvenoient à ruiner le trône ^et l'autel 9 pour échapper à leurs persécutions (1). Ils le firent saisir 9 peu de jours après leur affreux Dix Août, Le a6 de ce
Appelant Nicolàï , le patriarche de Constantinople. Les compilateurs du supplément au Dictionnaire historique de Feller, plein de fautes et d*iaexactitudes presqu'eo tout genre , paroissent avoir pris pour guide les Mémoires ci-dessus dans leur article sur labbé de Rastignac. (K. le mot Fellbr au tom. IV , pag. 58 du Nouveau Dictionnaire historique, par L. M. Chaudon et F. A. Delandine, Lyon, 1804.)
(1) L'abbé de Rastignac avoit en outre signé , avec la meilleure portion de rassemblée , les déclarations et protestations , i« du 1 3 avril 1790, en faveur de la religion catholique ; a<^ du i3 mai suivant, concernant le nouvel ordre judiciaire ; 3* du 29 juin 1791, contre les décrets qui avoient constitué le roi et la famille royale prisonniers, et contre celui qui enlevoit au monarque le droit de présider à l'éducation de l'héritier présomptif do trdne ; 4^ du 3i août 1791, sur ce qui s'étoit passé ài rassemblée , le 8 de ce mois , an sujet de la révision de tous les décrets rendus contre la religion , Tautorité royale , les principes constitutifs de la monarchie et les propriétés.
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mois, Tabbé de Rastignac fut enfermé dans la prison de Tabbaye de Saint -Germain- des -^ Prés; et on l'y logea dans la partie de cette maison où 9 chaque jour, on jetoit des laïques royalistes et des militaires qui avoient défendu le château des Tuileries, lors de la catastrophe de ce jour d'exécrable mémoire. La Providence sembla vouloir qu'il ne fût immolé qu'après eux, pour leur faire mériter le Ciel par une mort sainte et courageuse , en vue du bonheur éternel. Mous avons déjà dit ( V, Lànfànt) comment, le 3 septembre. Vers dix heures du matin 9 l'abbé de Rastignac et l'abbé Lanfant avec lequel il se trouvoit, comprenant, par le bruit effrayant qui se faisoit aux portes de la prison, que l'heure du mas« sacre avoit sonné, s'introduisirent dans la tribune de la chapelle, où étoit un grand nombre de ces prisonniers. Empressés de les réconcilier avec Dieu et d'exciter en eux le courage de la Foi , ils oublient qu'eux - mêmes sont au moment d'être frappés par les assassins, et se félicitent d'avoir encore des fimes à sauver, ils s'applaudissent encore plus en voyant combien leur exhortation et leur absolution pénètrent de repentir et d'un saint courage ces infortunés, qui ne se démentiront plus sous le fer des assassins. Déjà tous les prisonniers avoient été successivement immolés pendant
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les journées du 3 et du 4 septembre ; il ne restoit guère que Tabbé Lanfant et l'abbé de Rastignac. On a vu la fm du premier.
Le second 9 appelé, ayant lui , de* Tant le sanguinaire tribunal du guicbet, d'où Maillard envoyoit les Tîctimes à la 'mort {F. cïr devant , tom. I", pag. 169), y comparut dans la nuit du 4 au 5; et, quand il lui fallut sortir pour recevoir la mort, ce vénérable ecclésiastique , âgé de 66 ans (1) , marcha d'un pas ferme au mar* tjre, et en reçut la palme cette nuit-là même (d).
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(1) Et noB « de plus de qaatre- TÎngU ans »^ comme l'a dit^ on ne sait pourquoi , le rédacteur des Memoires pcfur sentir à i* Histoire ecctesias' tique, etc.
(a) Noos ayons cm devoir nous conformer, pour la date de sa mort , au registre eTécrou snr lequel Maillard lui-même a écrit son prétendu jugement du peuple {F, ci- devant , tom. !•», pag. 189); et nous n'avons pas préféré i ce témoignage l'opinion commune qui n'a d'autre fondement que le récit de M. Jourgniac de Saiotr Méard, lequel, resté enfermé dans sa chambre, n'a voit pu être témoin de l'assassinat de ce vénérable ecclésiastique. Le même registre nous offre aussi comme écrouée, «du 3o août 1792, M*«Flius8e-Landry, nièce de M.Ghaptde-Rastignac a. Cette héroifque dame s'étoit d'elle-même constituée prisonnière pour continuer de donner au vénérable abbé les soins qu'ejugeoient son âge , et surtout un mal très-grave survenu k l'nne de ses jambes. EUe fut arrachée à cet toaehantes oocupations
RATEAU (/V...)> j«"nc prêtre, né à Bordeaux , vers 1763 j fut élevé au sacerdoce dans le séminaire de Saint-Sulpice à Paris ^ et devint docteur de la maison de Sorbonne.
En quittant le séminaire y après avoir été ordonné prêtre ^^ il alla demeurer dans la maison des Mis* sions Etrangères, rue du Bac.
Recommandable par son zèle et sa piété , comme par ses lumières , il y pratiquoit les devoirs de son état, en disant anatbème à la constitution civile du clergé^ etilyétoitencoreau 10 août 179a.
Voyant, quelques jours après,
par Maillard, dès le i" septembre , veille du jour où devoit commencer le massacre; et, deux jours après, lorsqu'elle croyoit que son oncle avoit péri , le chef des meurtriers lui fit remettre un billet ainsi conçu , et que nous avons en autographe sous les yeux : «< M»* de Fausse-Lai^dry peut sortir^ attendu qu'elle n'éloil point détenue ; i^ Paris, le 3 septembre 1793 , «%h^ Maillard ». Elle se trouva dès lors en liberté ; et il écrivit sur le registre , à la marge de son écrou : « Mise en liberté par jugement du peuple ». C'est d'elle-même que nous tenons.la plupart des détails que nous avons donnés sur son saint oncle, dont la sœur, mère de cette dame, c'est-à-dire Marie-GabrieUe, veuve du marquis de Peysac , vidame de Limoges , laquelle étoit retirée à Marly, fut envoyée dixsepjt moi« après à l'échafaud révolu, tionnaire de Paris , à l'âge de 60 ans , le 17 pluviôse an II ( 5 février 1794 }, sous prétexte « qu'elle avoit entretenu des correspondances avec les ennemis de la république »•