‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 133 sur 242 · RIO · texte numérisé non relu

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surpasse infiniment celui 4les Juifs, etc.» — Page 4^ >' dit :

9t J'entre en matière, dans ia pure ifitentiofv de faire sentir aux Français régicides toute i*énormité de leur crime 9 et de les engager à l' expier autant , s'il est possiéle, qu'il mérite de l'être. » — Page 5, il dit^ parkml du Juif qui crucifia Jésus-Christ :

« Voilà son crime envers sofi Messie : rapprochons4e de celui du peuple français à l'égard de son Eoi , et voyotis lequel des deux Remportera sur l'autre en fait d'énormité, etc. • — Page 8, il dit : * Et ce sang que tu eu versé, il fume encore, etc. • — Page 9 , il dit : « Lorsque tu Va^s guillotiné^ tu péchois si peu par ignorance, que tu Savoie que Dieu te commandait d'hfhnorery de respecter, et d'aimer tes pire et mère , tes souverains; et qu'Un' était pas permis aux sujets de se soulever contre leurs Rois, ou souverains quelconques.... Tu connoissois si 6ien Louis pour ton Roi, que c'é-^ toit par la raison métne qu'il l' était , que tu lui as arraché la vie 9 ne voulant plus de Roi 9 dans la persuasion folle 9 s'il en fût jamais, que la souveraineté t'appar tenait à toimême , insensé , améilieux cruel régicide.» — Page i.i, il dit :

« Français, est-ce par zèle pour la conservation des temples du Seigneur, que tu as tranché Im

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téteée Louis, toi qui ne euses de 4€ê profaner et de Us sauiUer teus (es jours de mitie et miUe aéominations?EnguUtotinant Louisftuiosvouiuposiiivemens ferdre 4e mande enHery si tu t'eusses pu, etpourie temps et pouri^étemiti, en iui commu^^ niquant tes systèmes imfries, erueis, barbares , ennemis dû Vordrefdeiapaiœ, de ta eon-^ corde, de ia suéordinaSian, en unfnatdetau$bien.w — Page la, il dit : « En faisant tomber ia tiiedtLouisy quets fruits as-tu produits ? Rifonds^moi , bourreau français, ou je vais ri^ pondre pour toL L'undespius ftorissansroyaumestotaiement flétri, ruiné 9 couvert d*oppro^ bres, souiiié de crimes inouïs, jusqu'ici iBigité, bouleversé , ensanglanté , et qui n'offre piusàCcail épouvanté quenuti* sons brûlées, temples désnoUs ouprofanés, famiUuaffaméeSy vietimesimmoléesy bourreaux, tigres, vautours, forges et for-' gérons de piques et de poi^ gnards , etc. : peuple français , voilà le fruit de tes fureurs contre Louis. »

» En sopte qu'il conste de tout eeciy que le P. Richard e3ttout-à-> fait dans les principes de la contreréTolution et d'un fanatisme outré ; qu'il est ennemi de cette liberté et de cette égalité, que les armes rictorieuses de la république française nous aroîent offertes et nous

ont apportées ; qu'il a cherché à les détruire par la propagation de ses principes» aussi erronés que ses expressions sont injurieuses au peuple français, à la Raison, et même à VEtreSupréme : aTons^ jugeant réYolutionnairement , en notre honneur et conscience^ condamné ledit Charles - Louis Richard à la peine de mort ; déclarons 9 au besoin , ses biens acquis et confisqués au profit de la république ; ordonnons que le présent jugement soit mis à exécution dans les vingt-quatre heu* res, à la diligence de l'accusateur public 9 imprimé au nombre de sept cents exemplaires , et affiché dans toute l'étendue du département. Ainsi fait et jugé au tribunal , les jour, mois et an repris au au texte (dix «huit jours après le renversement de Roberspierre ).

Signé : Bar, De Frite, Le^ lièvre, juges; J. G. , accusateur public; et Cornu, greffier criminel. »

Aussitôt que finit la lecture de cette sentence, l'octogénaici P. Richard, qui l'avoit écoutée paisiblement, s'écria, comme saint Cyprien : Deù gratins; et, se lerant avec joie, il étonna le Te Deum, qu'il continua pendant qu'on le recondutsoit à la prison.

L'accès en étoit encore permis au P. Sylvestre Tabou , RécoUet de Mons, qui en étoit le chapelain. U fut le confesseur du P. Richard , et ne l'abandonna plus jusqu'à sa

mort. Celûi-ci , dans ses dernières heures à la prison, ravissoit les compagnons de sa captivité 9 en leur parlant du genre de mort qu'il alloitsouf&ir ; et il les exhortoit à sanctifier par la patience celui que la Providence leur des* tinoit, quel qu*ii pût être. Le lendemain du 1 5 , pénétré des mêmes aentûaens que la Teille»

il avoit la même fermeté. . Avant de partir pour le lieu du supplice , il donna deux escalins ( monnoie du pa js ) au barbier qui l'aToit rasé 9 quelques sous à la seryante de la prison , et sa bourse, qui étoit vide, au P. Sylvestre. Ensuite, s*appuyant d'une main sur sa canne , et de Tautre sur le bras de ce Récollet, il sortit de la prison. Dans le trajet , il répondoit d'un ton assuré aux litanies des agonisans , que lui réci-»

toit son confesseur. Le chemin le plus court pour arriver à la place de l'HÔtel-de-Ville, où il devoît être fusillé , et non guillotiné « soit parce qu'on n'a voit pas encore de guillotine, soit qu'on voulût donner aux soldats la féroce îouissaace de le mettre à mort; ce chemin étant d'une pente ra-* pide, et par conséquent très-pénible pour ce vieillard , le P. SjU vestre avoit demandé qu'on lui permit de prendre une rue moins difficile et plus longue; mais le tribunal n'avoît pas voulu y consentir, crainte d'une émeute à laquefle le peuple , rempli d'indigna-

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tion , se montroit disposé. Quand le P. Richard approcha du lieu du supplice , ayant encore sa calotte ânr la tête, il pria le P. Sylvestre de la prendre, et lui remit son mouchoir. Arrivé enfin sur la place où la mort alloit combler ses vœux et commencer son bonheur éternel , il entendit , avec le courage des Martyrs, une nouvelle lecture de la sentence ; après quoi 9 le P. Sylvestre l'aida à s'age^ noniller pour en subir l'exécution, lin soldat vint lui bander les yeux ; et le confesseur, obligé de s*él6i-* gner, reculoit lentement, en sug* gérant au P. Richard «des aspirations à Dieu , que ce1uj<K5i répéloit avec ardeur. Les spectateurs , aU tendris jusqu'aux larmes,laissoieii t même échapper des sanglots; Au bruit de l'explosion qui donnott au Ciel un nouveau Marlyr, trois d'entre eux sentirent loun genoux fléchir, et s'agenouillèrent par un mouvement de vénération pour lui. Les soldats qui l'a voient fosîUé transportèrent eux -même»

son corps au cimetière poureo avohr la dépouille, qui étoit le«r salure d'usage en pareil cas. Ils mirent ce corps vénérable, entîèreniant nu , dans une fosse au fond de laquelle venoit d'être placé un cereueil qui n'étoit point encore recouvert de terre. Le P. Sylvestre eut soin d'en faire jeter ui»

peu sur le corps du P. Richard ^ pour couvrir sa nudité ; et, quel* ques jours après, il le iQt porter et

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