‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 140 sur 242 · I^IV · texte numérisé non relu

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cruelle. Cependant les autorités du département de V Allier ^ le firent traîner à la déportation qui se préparoît à Rochefort [V. Rocbepoet). Il y fut embarqué ^ ayec soixante et treize autres du même département 9 sur le navire les Deux AsêoeUs. Là, bientôt accablé sous le poids des maux que les déportés enduroient dans Tentrepont du bâtiment, il mourut le

19 juillet 1 794 9 ^ 1*^?^ <^® 63 ^°'- Son corps fut inhumé dans l'île à'Aix. ( V. F. Rio», et J. P. RoiSET , vicaire. )

RIVAT (iV...), curé de la paroisse de Yarennes dans le diocèse d*Auxerre , depuis 1771 9 ayant été exclus de sa cure par suite de son refus du serment de la eonsUtuêi&ncivile du eUrgéj et ne pouvant plus rester dans la province après la loi de déportation, s*étoit réfugié k Mirecourt, près d'une parente qu'il y avoit Mais ce vieillard ne trouva bientôt plus de sécurité dans cette ville , en 1793; et^ ne pouvant plus sortir de France, H regarda comme une faveur du Ciel, l'asile secret qui lui étoit offert par deux pieuses filles domestiques 9 dans la maison de leur maîtresscf chanoinesse du chapitre de Re« miremont, alon absente. Il s'y retira avec un lélé vicaire de cette ville, nommé Didelot ; et là, pen* dant dix -huit à vingt mois, ils procurèrent ensemble les secoort de k religion aux calkoUfues qui

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s'y rendoient secrètement en grand nombre. Ces deux prêtres furent découverts ; et on les ar* rêta le 5 juin 1794» ^▼^ Itun deux charitables hôftsses ( V, J.

M. DvBVFT, et A. F. Pstit-Jxah).

Après avoir d'abord enfermé le curé Rivât, avec les trois autres personnes^ dans la prison de Rémi remont , on le conduisit comine elles à Mirecourt, où le tribunal criminel du département des Voêgea , siégeant en cette ville , le condamna à la peine de mort avec le vicaire et les deux saintes femmes , le aa prairial an II (10 juin 1794)* Les particularités de leur jugement et de leur mort, ainsi que les motifs de la sentence, sont plus amplement exposées à l'article de N. A. Di-

DBLOT.

RIVIÈRE (TaioDOEE), prêtre du diocèse de Mende, y étant connu par son opposition aux erreurs du schisme de 1791 ^ et se voyant exposé à de cruelles persécutions à cause de son invariable attachement à la Foi catholique, ne crut pas pouvoir se dispenser d'obéir à la loi de déportation. Il passa en 'Italie au commencement de septembre 1793. Trompé , dans son exil, en octobre 1794» {wr les déclamations de la faction TktTfni* dariem^f qui rejeioit: alors sur Rûberspierre qu'elle avoit abattu»

toutes les horreurs de la persècitiioDy et proclaanoit le retour

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de la modératioQ et de la fustice, le prôtre J^irière revint avec confiance dans sa patik par la voie de Nice et de la Basse- Provence. Lorsqu'il trarersoit le territoire Toulonois , alors appelé le département du Var 9 il y fut reconnu pour prêtre catholique. On se saisit de sa personne; et on le précipita dans les prisons de Toulon. Le tribunal criminel du département 9 siégeant en cette ville, le condamna à la peine de mort comme « émigré-rentré », le 18 frimaire an II ( 8 décembre 1794) 9 cî°<I mois, quatorze jours, après le renversement de Roberspierre; et le lendemain, il fut mis à mort.

RIVIÈRE ( JiAV-Louis ) , fermier dans le village de Lapte , en Velaj, diocèse du Puy , près dlssengçaux, signala son zèle pour la Foi catholique , dans les temps les plus affreux de la persécution.

On sait d'ailleurs combien, en général, fut vive et courageuse la piété des habîtans du Yelaj dans cette rencontre {F. J. B. Abbu/- LOii). L'épouse de J. Rivière , de laquelle il va être parié , se tronra d'accord avec lui pour offrir un asile à l'un de ces prêtres catholiques, dont la tête étoit mise à prix ; et ils n'en furent point détournés par la peine de mort , dont cet acte d'éminente charité seroif puni sU venoit à être cooqu. Il le fut; et, après avoir saisi Rivière avec sa femme ^ on

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les conduisit dans les prisons du Puy pour être Jugés par le tribunal criminel du département de la Hautù-Lcitt , qui siégeoit en cette ville. Ce tribunal les condamna l'un et l'autre , à la peine, de mort, comme « receleurs de prêtres réfractaires », le 9 floréal an II (ai avril 1794) ; ^^ 1^ lendemain , ils périrent ensemble sur l'échafaud. (F. J* Aux.)

RIVIÈRE ( Avvs Movnna 9 femme de J. L.), fervente catholique de la paroisse de Lapte»

dans le diocèse du Puy, partagea l'héroïque bonne œuvre de soa.

mari, et fut, ainsi que lui, condamnée à la peine de mort, le a floréal an II (a 1 avril 1794) 9 comme «receleuse de prêtres réfructaires ».

{V. l'article précédent.)

RIVIRIE DE LA MOUCHON- NIÈRE (Câmiixb de), prêtre et chanoine du chapitre noble d'Ainay de Lyon, depuis 1778, étoit né au village de Saint-Jean*"de- Touslas, dans le Lyonnais, dont son père étoit seigneur, ainsi que du chftteau-fief de La Mouekon' nière. Ecclésiastique édifiant, il a'adonooit avec un zèle particulier au ministère de la direction des ftmes. La camiUutian civiUdu cUrgé lui parut une innovation sacrilège, et l'aflligea plus que la perte de son canonicat, occasionnée par la suppression des chapitres. Il courut des risques lors des massacres que les rérolutionnaîres firent à Lyon , en sepleasbre

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179a f et crut néanmotnsi qu'il poavoit excîper ayec sûreté de ce qu'il n*avoit pas été fonctionnaire public en titre 9 pour se dispenser de sortir de France, suivant les dispositions de la loi de déportation dua6 août de cette année. Jusqu'à hi fin du siège qu'éprouva Lyon »

durant l'été de 1793, le chanoine Rivirie rendit son sacerdoce fort utile aux catholiques; mais 9^ peu après que la ville fut tombée sous le joug oppresseur de l'impie Convention 9 et lorsque ses proconsuls y eurent établi leur com* mission révidtuiannaire, char-gée spécialement d'exterminer les prêtres { F. Ltoh ), le chanoine Rivirie fut arrêté , et jeté dans les prisons de ce féroce tri^ bunal. Il y fit plus d'une conversion parmi ses compagnons de captivité 9 et ramena à Dieu plusieurs de ceux qui alloient être envoyés à la mort dans cette affreuse cii^onstance. Bientôt lui-t même comparut devant l'époarantable commission , le 6 nivôse an II ( a6 décembre 1795). Il y confessa généreusement sa Foi^ et repoussa, avec une fermeté évangélique, la demande qui lut fut faite du serment de OberU^ égaiiii, et de ses lettres de prêtrise. Cette conduite lui valut d'être condamné à la peine de mort 9 comme « fitnatiqtie e$ rifraeiairô (1) • . Il avoit 45 ans

(1) 'Son frère afné, Pompone^

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lorsqu'il perdit ainsi la vie pour la cause de la religion, (y. C.

RlGRAHD, et A. ROBEBT. )

ROBERT (Antoih e) , curé du bourg de Saint - Sauveur - le- Versain 9 en Forez 9 diocèse de Vienne 9 où il étoitné, en 17539 ne s'en étoit pas éloigné lors de l'établissement de la conHittUion civile du cUrgé , en 1791. Il y étoit encore vers la fin de 1793, faisant tous ses efforts pour maintenir les habitans dans la pratique de la religion catholique 9 au milieu des scandales de l'athéisme.

François de Rivirie de Saint-Jean, aussi chanoine d*Ainay depuis i^SS , subit le même sort , le i4 nivoie soi-» vaiit ( 3 janvier 1794 ) » ^ l'ég« de 5o ans. Quoiqu*il fût également attaché à la Foi et & ses devoirs , nous n'avons pas cru deVoir le placer au rang des Martyrs de la religion , parte que les juges , ayant eu un prétexte pour ise diapeuser de I0 mettre dana le caa de confesser glorieusement Ui Foi , le condamnèrent uniquement pour une raison politique. Il avoit été du nombre de ces ecdésiastîques'que, pendant le siège de la ville , on avoit requis de faire la garde de l'iatérienr pour y maintenir Tordre » pendant que la jeu* ^sse se hattoit au dehors ou dans les redoutes ; et le tribunal le condamna vaguement comme m ayant porté les armes pendant le siège » , Plusieurs autres fMpétres furent envoyés à la mort pour la même raison; et la causa de leur mort n'ayant pas été directe^ ment celle de la religion , nous avons d(!l pareillement nous abstenir d# leur donner une' place dans notro Martyrologe.

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Loraqu'après le siège de Ljon, les procooiuU de la CoiiTention dans eette ville y eurent établi leur commission révctiuiionnaire , chargée spécialement

d'exterminer les prêtres ( V, Ltom ), les agens de la penécu-* tîon , excités de toutes pak'ts à lui en amener, arrêtèrent le curé Robert dans sa paroisse, et le conduisirent à Lyon. Après quel* que temps de séjour dans les pri« sons 9 il se Wt traduit devant le sanguinaire tribunal ; et l'on peut iuger de la manière évangélique dont il répondit aux juges, par la sentence qu'ils portèrent aussitôt cpntre iui, le 36 ventôse an II {tô mars k794)> U fut condamné à la peine de mort, comme c prêtre contre «révolutionnaire, pnmaUsairU les campagnes » . €e curé avoit 61 ans lorsqu'il perdit ainsi la vie pour la cause de la religion. { i^. G. ftiviin , et M.

Bouiit. )

EOAB&T {N... ), jeune ecclésiastique du diocèse de Luçon, étolt venu faire ses éludes théologiques i Paris, et s'yformoit k l'esprit du sacerdoce, dans le séminaire de Saint -* Sulpiee. Il avoit déjà reçu l'ordre du diaconat lorsqu'arriva la sinistre catastrophe du 10 août 179a {V. Boo« acar). Lee eapérances qtie le jeune Bobert donnoità l'Eglise ne pouiH>ient qu'effaroucher les ennemis de la religion. Ils k firent arrêter ; et, quand ils k virent montrer.

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devant le comité où ils l'avoient conduit, que rien ne pourroit ébranler sa Foi, ik le menèrent, comme prisonnier, dane l'église des Carmes 9 pour y subir le sort de tant d'illustres confesseurs de Jésu»-Christ qui déjà y étoient renfermés {F. Dvlàv). Ga généreux lévite attendit la mort avec ses respectables compagnon»

de ci^tivilé , dans la disposition de sacrifier sa vie pour la Foi ; et il fut immolé, comme eux» le a septembre suivant. ( V. Sbp-

TSMBBB. )

EOB£ET { Claude - Josarn ) , prêtre du diocèse de Besançon, né, en 1764» an mont de Yougney, près Saint-Julien, bailliage deBeaume-lès-Dames, et vicaire en la paroisse de Guyans-en- Vennes , près d'Omans , faisoif concourir l'activité d'un naturel vif -et prompt au plus grand avantage de h religion. Quand la oamiiiutian eivUô du eUrgé vint pkcer un intrus sur le siège archiépiscopal de Besançon, et que l'ordre fut envoyé à toutes ks paroisses de chanter un Te Deum poor son éleclion , le vicaire de Guyane, dont le curé , makde et figé, étoit contraint de lui laisser le soin de le remplacer en tout, monta ee diaire le dimanche oik k peupk, accouru dans Péglise, sVÉttendcftè-voirentonnerrhymoe d'actions de grficts , et y prêcha avec chafcur sur la néôsssfté de deneurer fidèk aux pasteurs 1er

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gîtimes. Démontrant combien étoit criminelle l^élection qui ye* noit d*a¥olr lieu, il termina sa prédication par fsiire chanter 9 au lieu du Te Deum, le psaume Miserere tnei, Deus, en -«igné de douleur et de pénitence. Cette action hardie d*un zèle intrépide ameuta , contre le courageux yi- Caire 9 les partisans de la réyolulion. Plusieurs d*entre eux accoururent pour Tenleyer; mais il leur échappa. Dès cette époque 9 sa yie fut en danger; il ne pouyoit plus exercer son ministère qu'en se cachant : cependant il ne cessoit de porteries secours spirituels à tous les catholiques de sa paroisse 9 et même à ceux des enyirons dent les yrais pasteurs étoient mis en fuite. Son activité le rendoitf en quelque sorte 9 présent partout en même temps f dans un arrondissement de yingt lieues; et Ton assure que 9 plus d'une fou y le même joiir, il adminbtra des malades éloignés les uns des autres d'enyiroo quinte lieues, \a loi de déportation ne pa*»

lut pas d'abord déconcerter son zèle : néanmoins 9 quelque temps après , il passa en Suisse ; mais il y étoit à peine arrivé 9 que déjà il ))rûloit du désir de reyenir au secours des catholiques. Un de ses confrères exilés essayoit de Ven détourner) en lui représentant qu'étant ipéoialemeiit noté par les persécuteurs» il courroit trop de dangers. «Ah I mou ami^

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lui répliquoit-il avec effusion de cœur, yous ne me parleriez pas de cette manière, si yous connoissiez toutes les consolations que j'ai trouvées dans l'exercice de mon ministère 9 surtout en ces horribles circonstances ! Que tous tiendriez un autre langage, fti vous saviez les miracles par lesquels Dieu récompense nos travaux!

Où nous trouvons le trouble 9 nous voyons naître la paix; oA la désolation abattoit les cœurs 9 elle disparoit pour laisser régner la résignation 9 et même le contentement : on diroit que c'est nous qui changeons la tristesse en joie 9 et le désespoir en k plus douce confiance dans le Seigneur.

Le mourant qui a reçu nos divines consolations 9 s'endort tranquille* ment dans ses bras, en le remer* ciant 9 en le bénissant ; et sa fa-»

mille 9 qui en est témoin 9 ne peut s'empêcher 9 malgré les larmes qu'elle donne au défunt 9 de manifester un doux sentiment de re« connoissance chrétienne pour la grâce qu'il vient de recevoir. Noil ; je ne renoncerai pas à être encore l'instrument de semblables pro* diges ». Bobert n'a pas achevé de parler 9 que déjà il est en route pour retourner parmi les fidèles qu'il avoit laissés. L'enthousiasme avec lequel il y revleut peut faire* juger de l'anieur avec laquelle il leur coasacrera de nouveau son ministèrer Des agens de la persè>« cution 9 qui raperpareut 9 au cpm«

meDGement de janTier 1794» dans le Tillage où U éloit né, ajaat eu biealôl coBooissaiice de la maison oùilse relîroity rinTeatirent. A leur approche 9 il eut un moment d'angoisse » qui finit dès que l'impie soldatesque entra et s'empara de sa personne, de même que ces anciens confesseurs 9 qui» sui?ant saint Ambroise 9 «sentirent écarter, par Tamour du martyre 9 les craintes qu'ils pouToient avoir des supplices (1) ». On le chargea de chaîdeSy et on l'emmena au obAr teau de fielvoye, près de Beaurae.

Il mardioit en se glorifiant de ses lersy au bruit desquels il disoit :

« Le son qu'ils rendent est bien doux pour mon cœur (a)»* Par un sÎAgiilier nfllnement d'im* piété, les Juges du tribunal criminel du département du Dauêê^ sachant que c'étoit dans la paroisse de Saocej, près BeWoye, que lobert ayoit exercé son zèle avec plus d'éclat et de fruit , et prémé^ datant* déjà de le faire immoler en cet endroit-là même, se transportèrent de Besançon é Belvoye, pour le oondamner. Acause dfi lui , ik y firent amener aussi les prison* niers, prêtres et laies, qui étoient détenus à Icaume. Ceux-ei y arri-

(i) TlJRoran ^fMH» potcronl Aoftire pmunêmp ^xeiiûtntnt amore Mtartjrru, (âaint Ambnùe, Stnm. 9 » m

i»} DmkJt €tÊinm f ftm mm mm «f^aui/, Sté Ckritti mmmmtm fac prékmHt é^éUmlmm.

( Hym. , ùtJêiL S. Pétri ad vincuU, )

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