‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 141 sur 242 · ROI · texte numérisé non relu

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▼èrentaTec lobert, le aa janvier; et l'on ne sauroit dire combien ils forent édifiés des discours et de la conduite de ce jeune apôtre, qui , en leur annonçant que son»

heure approchoit, ajoutoitoesmots encourageans : « Ah t mes frères, qu'on est heureuxd'avoir conservé la Foi , quand on est àl'heure où je suis ! » Il leur adressoit de touchantes exhortations pour les animer à la patience et à la résignation. Celle qui fut la dernière •e termina par une prière dans laquelle il disoit : «Ah ! Seigneur, que je serois heureux si, dans ce moment , je pouvois vous offrir le sacrifice de votre corps et de votre sang, et les recevoir en viatique I Hais^ puisque je suis privé de ce bonheur, daignes agréer le seul sacrifice réel qu'il soit en mon pouvoir de vous offrir, celui de mon sang et de ma vie. J'unis ce sacrifice à celui d'un prix infini, que vous avei fait vousHnême sur le Calvaire. Puisse le mien être agréable à vos yeux; puisse-t-il, en expiant mes péchés, contribuera flédiir votre colère, si justement irritée contre la France I »

Il venoit. encore de répéter A se^ compagnons de captivité que son heure, approchoit ; il achevoit de réciter les Litanies des Saints , et les prières des agonisans , aux versets desquels les assistans avoient répondu, lorsqu'il fut conduit devant le tribunal, entre ooxe heures et midi. Son sort y

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étoit déjà décidé : les juges leçondamoèrent à la peine de mort, comme « émigré-rentré » 9 ordonnant, en outre, qu*il seroit exécuté devant la porte de Téglise de Sancey. Cette sentence fut rendue le 5 pluviôse an li ( a4 janvier 1794). Ramené à la prison vers midi et demi, pour y attendre rheure du supplice, qui devoît avoir lieu à trois heures, Robert se liAta d'appreqdre sa condamnation aux autres prisonniers , en les in* vitant à prier pour lui; et, de sa main chargée de fers, il leuk* donna sa bénédiction, qu'ils lui demandoient Vers trois heures, le bourreau vint le prendre : avant de l'emmener, il lui coupa les cheveux , le dépouilla d'une partie de ses habits , et lui lia les mainls derrière le dos. D6s gendarmes l'accompagnoient : au milieu de cette épouvantable escorte et de ce sinistre appareil, il alloit en chantant, d'une voix ferme et claire, le Te Deum Laudantus.

Dés qu'il aperçut l'instrument du supplice , semblable à saint Surplus, il accéléru sa manche de telle manière, ..que le bouireaa «voit peine à le letenir (i).

Quand il fut monté sur l'éohafaud, il voulut parlen au peuple ; mais aussitôt un geildaixne, lui

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(t) Mi aceeUràbai gresttù suos', tant q*ôf>pc ptpefier picMri^m eoronan*dua. ( Ruinart : Actà S. EUpU, » diacotti et ifartyrû' )

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posant la pointe de s6n sabre sur la poitrine , le menaça de l'enfoncer, s'il prononçoit une seule parole. Il n'en dit plus qu'une , et ce fut au bourreau , à qui il donna sa montre , le priant de la rece- Yoiret de la garder en témoignage de ce qu'il pardonnoit sincèrement sa mort à tous ceux qui en étoient les auteurs. Il lui demandeît en même temps, comme une grâce, de le placer sur la planche du supplice de manière qu'il ^ût contempler le ciel , vers lequel son âme s'élançoit , et voir tomber le coup mortel qui deroit l'y introduire. Le trai| parott bien aulreinent sublime que celui de saJibt Martin , lequel, dans son fît de mort , dit à ceux qui , pour le sonlâger, youloient le retourner sur le côté : « Mes frères , je tous en conjure , permettei que je regarde lé cid plutôt que la terre- (1) »• Le bourreau ne pou^ voit accorder cette (aveûr A notre saint vicaire : il périt domme le% autres victimes. ht% compagnons de captivité qu'il avoit laissés danis une profonde consternation, crurenUreconnoltre le moment précis :oA sa têtu tomba, et oà il* entra

(1) Cùm h preêhfUris qui tune ad «lum ûo^fluxerani rogaretw ui cùtpu*^ aUum iatêrù mutatitme rekimrtft : gi^ mUf ùufuàf êiniu .mé.fjfuttt$ , 00elum poûùs rtspicere quhm Hnram , itf guo jam iiinere ùnnu ad Ikmdnum «fnntu*, dif%9iur. ( Sever. Sulpit. ; Dm Umtini vita , L . II. )

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dans la gloire suprême, au changement subit et presque mîraouieuxfqui se fit dans la situation de leur âme 9 à cet instant-là même.

Revenus tout â coup d'un profond abattement à un état de se»

réuité et de paix, ils s'étoient mis, comme infolontairemënt, à chanter des hymnes et des cantiques. Le trére de ce Mar^»

Jean^Joseph Robert; et leur père, Jean«Baptiste Robert , a?oient été déjà condamnés ensemble , par le Blême tribunal, comme csédi~ tîeux » , le a3 yendémiaire an II ( 14 octobre 1795 ) ; savoir : le premier à la peine de mort, et le second à une déportation de quatre ans. {V. CL Païaur, et L. J^ T^

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