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Sa mort arriva le 36 juillet 1 794 ; son âge étoit de 4^ ans ; et il fut enterré à l'île d'Aix. ( F. M. T.
ROLLBT, et A. F. ROMBCOURT. )
ROMAIN ( Jean ) , curé , et
ces prêtres qui, ne pouvant présumer que la barbarie des législateurs i'ôt extrômc au point de vouloir qu'on leur nt souffrir tout ce qu'ils endu* raient, osèrent exprimer leurs doléances au capitaine» et tombèrent dans le piège qu'il leur tendit, en répondant avec une feinte compassion : Faites un mémoire qui peigne votre situation déplorable ; et je le présenterai à l'administration du district de Rochefort qui peut adoucir vos maux. De La Bomagère rédigea ce mémoire ; et quatorze prôtres , savoir ub de chacun des quatorze départemens dont il y avoit des déportés sur le navire, signèrent, chacun au nom de ses confrères de déparlement.
Notre archidiacre remit ensuite le mémoire au capitaine. Celui - ci entra en fureur, vint dans la partie du pont oii étoient les signataires, et les condamna ii être mis au fers. Cette sentence inique autant que cruelle fut exécutée sur-le-champ. On leur mit aux jambes des anneaux rivés sur le pont, et à la file les uns des autres : La Rnmagère étoit du nombre ; mais il s'affligeoit plus d'avoir contribué à ce surcroit de supplice , pour ses confrères que de l'endurer loi-méme ».
L'ancienne noblesse de la famille à laquelle il appartenoit, étoit un grief de plus aux yeux de nos révolutionnaires. Il a été nommé en 181 7 à Tév^ché de Saint- Bricuc ; et c'est le seul de nos confesseurs martyrisés que l'on ait placé convenablement dans le sanctuaire, (f^.* ci>devant, tom. I'% pag. 19.)
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doyeu de Téglise collégiale et paroissiale de Chêne-le-Pouilleux y dans le diocèse de Reims, avoit été forcé de s'éloigner de sa paroisse ) parce qu'il n'avoit pas cru deToir prêter le serment de la cofisUttUion civile du clergé. Il s'étoit retiré ù Reims , où il rem* plis.«oit paisiblement les deyoirs d'un bon prêtre. On l'avoit signalé , avec d'autres fidèles ministres des autels, aux assassins envoyés de Paris pour répéter presque en même temps à Reims les massacres qui se faisoient dans la capitale, les a et 3 septembre 179a.
Le prétexte qu'on imagina pour arrêter le curé Romain, qui n'a- Yoit que 38 ans , fut de l'obliger A monter la garde; et on le mit, avec le chanoine ÀLBXAflDRB ( y.
ce nom ] , dans les rangs de la garde urbaine, où ib auroient dû trouver un abri contre la mort dont ils étoîent menacés. Les assassins s'irritent contre cette espèce de refuge , et demandent à grands cris que ces deux prêtres soient mis en prison. On les conduit; mais les meurtriers Tiennent les en arracher, et les traînent brutalement sur la place de l'Hôtel-de-Ville. DéjÀ l'abbé de Lksgoib et l'abbé de YACHinBS {F, ces noms)aToient été immolé»
à peu près en cet endroit* Le curé Romain j arrive^ peine, qu'il est frappé d'un coup de sabre qui lui perce le corps; et il tombe mort, à la rue de son compagnon de
martyre, le 4 septembre 179^1.
( y. G. ÀLEXiJY^^RE. )
ROMËCOUR ( Alexis - Faahçois), prêtre 9 ex-Jésuite ^ et cha« noine de Téglise collégiale de Gommercy^ dans le diocèse de TouU âgé de 79 ans 9 en 1795, ayoitété mis en réclusion ^corome prêtre insermenté 9 dispensé de l'exil. Les autorités révolutionnaires du département de la Meuse ne furent pas encore satisfaites de cette barbarie ; elles le firent traîner 9 dans les premiers mois de 1 794 9 à Rochefôrt 9 arec cent onze autres prêtres 9 pour être déporté comme eux au-deli\ des mers.
( F, Rochefokt). On l'embarqua 9 avec eux 9 sur ies Deux Asêociés, Le peu de forces qui lui restoit dépérit bientôt dans Tentrepont de ce navire; et il fallut le porter au méchant hôpital qu'on avoit assigné d'abord aux inoribonds9 dans une petite barque qui formoit un supplice plus cruel que celui du fond de cale. « Il y étoit encore 9 dit un des prêtres déportés qui se Youa le premier «lu service des malades 9 et qui est encore vivant (M. Sombardier, trésorier actuel de l'église métropolitf^ine de Paris), il se trouvoit même à l'agonie, quand on eut décidé de transporter nos mourans de la barque à l'île Madame ; et nous fûmes obliges de les mettre dans une chaloupe où il y avoit plus d'un pied d'eau. En vain nous hasardâmes 9 i\ ce sujet , quelques
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représentations aux matelots^; ils u'y répondirent que par d'affreux juremens, accompagnés de la menace de nous jeter dans la mer, si nous ne faisions pas leur volonté.
Il fallut donc asseoir nos malades dans l'eau de la chaloupe , et les retenir. sous les bras, pour. que, cédant à leur foiblesse, ils n'y tombassent pas en entier. Mais la chaloupe ne putnaviguer jusqu'au bord de l'île ^ parce que la plage étoit en pente imperceptible, et trop prolongée dans .la mer.
M. Gourleau et moi, nous fûmes (^ligés de charger nos moribonds, les uns après les autres , sur nos épaules 9 et de les porter ainsi 9 en marchant dans la mer 9 l'espace de trente pas. Arrivés sur la grève, nous les déposâmes successivement sur les bords de l'île ; et il nous fallut ensuite les reprendre l'un après l'autre, et même porter encore sur nos épaules , jusqu'aux tentes 9 ceux qui ne pouvoient absolument pas marcher.
Or 9 les tentes étoient à un quart de lieue euTiron. Arrivés sous ces tentes 9 où il n'y avoit pas encore de lits ni de hamacs 9 nous ne pouvions les coucher que dans les sillons d^me terre fraîchement lubourée ; et nous n'avions , pour les envelopper et les couTrir9 que leurs vêtemens. L'un d'eux, qui s'appeloit Romécour et avoit 80 ans 9 mourut à sept heures du ma^ tin, le 20 août 1794- Un autre, nommé Pbbbtbe ( ^^. ce 0001)9
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mourut sur le 5oir ». (F. P. J^ RoMAGÈRE^ et F. RournE. )
ROMILLON (JEAiiiTE),et non Roussillon, comme on le voit ailleurs, étoit religieuse de Tordre des UrsulineS) dans leur couvent de Boulène, près le Pont-Saint-Esprit, où elle portait le nom de Sceur Saint- Bernard. Sa famille, chère à l'Eglise (i), lui avoit donné vers le même temps, une autre religieuse dont nous parlerons après celle-ci, et un prêtre distingué, qui étoit vice-gérent de l'oflicialité de Févêché de Saint -Paul -Trois -Châteaux. La sœur Saint-Bernard , sujet d'édification pour son cloître , ne ,dei^anda pas mieux que de rester avec les autres Ursulines de Boulène, lorsqu'à la suppression des
ordres monastiques , en 1791,
(1) Au sêifcièfnc kiécle , ce fut un père Jean - Baptùu Romillon , prêtre de rOratoire, né en i553, dans la petite ville de TUle , au comtat Venaissin , et très estimé du cardinal Baronius, qui établit dans son pays natal une maison de religieuses C/r- Htlines, BUT le modèle de celles de Milan, et envoya l'une d'elles A Paria, en 1610 ( la sœur de Berroond ) , pour fonder, au faubourg SaùU^Jacques , le premier couvent de cet ordre qu'on y ait eu. De concert avec César de Bus, ce P. Romillon forma encore à l'Isle rétablissement de la Congrégation de la doctrine chrétienne. Mais le P. de Bus ayant proposé de faire des vœux simples , le P. Romiliou, qui ne vouloit pas y 4;gnsentir, vint avec plusieurs autres
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elles se mirent à former une nouvelle communauté pour continuer à vivre ensemble selon leur sainte règle. Cette religieuse j étoit trop attachée pour ne pas se trouver avec ses compagnes , lorsqu'au printemps de 1 794 > les agens des persécuteurs vinrent envahir leur communauté ; et elle fut ellemême aussi traînée dans les prisons d'Orange, pour servir de victime à l'impiété de la féroce commission qui aHoit en immoler un si grand nombre dans cette ville {V, Oeahcb). Quand on a vu , à l'article Albai^db, comment , dans cette prison , ces saintes filles se disposoient à mourir pour Jésus-Christ; et, quand on connoitra l'héroïque vertu de la sœur Saint -Bernard, on saura avec quelle ardeur elle partici-
se réunir, en 1619, à la Cong^gation de V Oratoire f que, d'après les instances de l'archevêque de Paris , venoii d'y fonder le cardiniil de Bérulle. JSlisahelh Bomiilon , sa & je ur, femme d'une haute vertu , y institua les FiUeâ de la Pénitence sous la règle du tiers -ordre de Saint - François ; et Françoise, fille d'Elisabeth, leur donna ensuite le nom de Behgieuses de Sainte^ Elisabeth, qu'A Marseille on nommoit Lyonnaises , parce que les praraiéres de cet ordre y avoient été envoyées de Lyon. Elle fit elle-même profession dans le couvent de l'isle »
sous le nom de Sainte^ Marie; et»
après en avoir fondé un è Toulouse , elle revint dans la maison de Paris , où elle mourut en odeur de sainteté , l'an 1645.
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poit aux ferventes préparations de toutes ces héroïnes de Tertu. Ce fut un moment ravissant pourelle^ qne celui où elle se vit appelée â comparoître, avec sa sœur, le 7 juillet 9 devant le sacrilège tribunal. Elle se réjouîssoit de pouvoir marcher, avec cette sœur, au martyre. Mais les juges 9 s'aperceirant de sa joie , eurent la cruauté de tromper son espérance. Ils condamnèrent Sy I vie- Agnès -Ro millon 9 et même encore une autre religieuse (F. M. G. Alavzika), sans vouloir prononcer de même sur Jeanne Romilloo. Elle en fut pénétrée de douleur. «Quoi donc I dit-elle subitement à sa sœur, d'une voix haute 9 et devant les juges : quoi donc I ma sœur 9 vous ailes au martyre sans nioi t Que ferai-je sur la terre, dans cet exil où vous me laissez?» Sylvie-Agnès la consola cependant , en lui disant 9 comme par une subite inspiration : « Ne perdes pas courage 9 ma bonne sœur ; votre sacrifice ne sera pas long - temps différé » . Dans ce vif regret de rester encore sur la terre, Jeanne Romillon avoit presqa'oubllé le désir que 9 dans ses prières , depuis quinte uns 9 elle témoignoit, de mourir un jour consacré à la Sainte - Vierge ; et Dieu , qui vouloit l'exaucer en tout pour sa plus entière satisÊEiction, disposoit le cœur des juges de manière i\ ce que 9 sans qu'ils s'eo doutassent, le vœu de cette sainte fille pût être
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accompli. Elle étoît réservée pour le 16 juillet, fête de Notre-Dam»du-Mont-Carmel9 ainsi que la religieuse Julie- Madeleine bi Justa- MOHT, qui avoit demandé la même grâce ( K. ce nom )• Ce fut donc ce jour^U qu'on l'appela derechef au tribunal, pour l'y condamner.
Ses réponses étant les plus franches et les plus généreuses expressions de sa Foi 9 elle mérita par là, comme par son refus du serment de lib€TtMga/UUj la même sentence de mort qui fut alors prononcée(le a6 me8sidor)9 contre Julie-Madeleine de Justamont9 et cinq autres religieuses, pour la même cause ( V. M. A. Doux , V. GAaD0H9 M. BvGtiif 9 M. Late, et M. DB JvsTÀMoirr ). L'amour divin , qui transportoit la sœur Saint-Bernard, la faisoit s'écrier avec délices, en allant a« sup^ plioe : « O quel bonhenr I je serai bientôt dans le ciel! il m'est Impossible de contenir la joie que j'en ressens ». Tels furent les sentimens avec lesquels «De se livra au bourreau et perdit la vie, le |our même de sa condamnation. Son âge n'étoit que de 40 ans. {V. S. A. Romillof. )
ROMILLON (STKvu-AoHks), sœur aînée de la précédente , étoit religieuse Ursuline à Bonlène , sous le nom de SoBwr SaitU^ Louiê, Lors de la suppression des cloîtres, elle resta avec ses compagnes , qui s'arrangèrent pour continuer '\ vivre en corn-
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muD, et fut saisie avec elles par Àes agens de la persécution , au printemps de i794« Us 1^ traînèrent» comme toutes les autres, dans les prisons d'Orange. Elle ne se dissimula pas plus que ses compagnes qu'elle seroit immolée comme elles 9 à cause de son attachement à ses devoirs religieux , par cette commission po^ puiaire qui alloit les juger ( F.
OaAiTGE ). Dans cette persuasion , elle s'appliqua de plus en plus 9 avec les autres captives de Jésus- Christ 9 à se rendre digne de mourir pour lui ( V. ALBABkoE ).
'Elle étoit si impatiente du martyre, que, chaque jour, au moment où l'on venoit appeler quelque religieuse pour la faire coraparoître devant le féroce tribunal 9 elle s'offroit elle - même , sans être nommée. Elle le fut enfin 9 le 7 juillet 9 avec sa sœur cadettei et M. G. Alauxier ( F.
ce nom ) ; mais sa.sœur ne fut pas condamnée en même temps qu'eUe. On a vu la vive douleur que Jeanne en ressentit, et la prophétique consolation que Sylvie-Agnès lui donna. Celle-ci étoit condamnée comme contreréTolutionnaire 9 parce qu'elle avoit craint de trahir sa Foi 9 et quVIle n'a voit pas voulu prêter le serment de iiéerié - égaiiU { V. M' Sage). Elle alla au supplice avec le courage des anciens Martjrrs ; et , lorsqu'elle fut 4nontée sur l'échafaud , elle baisa