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roîsme. Déjà ils avoient les sabres levés pour lui abattre la tête, lorsqu'il leur dit, avec un ton de voix touchant : « De quoi voulez-vous me punir, mes enfaus ? Que vous ai-je fait? Qu'ai-je fait à la patrie, dont vous croyez être les vengeurs ? Le serment, que je n'ai pu prêter, ne coûteroit rien à ma conscience, et je le ferois en ce moment même, si, comme vous le pensez, il étoit purement civii»
Je suis aussi soumis que vous aux lois, dont vous vous crovez les ministres. Qu'on me laisse excepter du serment que vous me proposez, tout ce qui regarde la religion, je le ferai de grand cœur; et personne n'y sera plus fidèle » .
Le plus féroce de la troupe saisit alors aux cheveux le saint pasteur, le renverse sur une borne, le frappe ù la tête d'un coup de sabre; et un autre détache du tronc cette tête si respectable. On peut bien !ui appliquer ce que !'£-.
criture-Sainte a dit du vieillard Ëléazar: ^ Cet homme vénérable^ et par sa figure et par son âge avancé, mourut avec courage, et se montra digne de sa vieillesse révérée, laissant à la nation tout entîère un mémorable exemple de vertu et de constance dans sa fidélité jusqu'à la mort (i) ». Il
(i) yir œtate provectus , et i^ultu Jecorut.... inquk,.., Fortiter vitâ excedcndo , senectute dignus appareho ; adolescenéibus autem exempliun forte ty»iinqiuim... Et iste quidem hoc modo
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existe, de ce bon pasteur, un portrait dessiné d'après nature par A. Pujol en 1784, et gravé par Laurent , au bas duquel on a écrit ces vers pleins de vérité :
« De U religion et de la pi^l^ Ce pastcor vcrtnens porte le caractère : Tout malhrurcoz a droit à son fannianii'. Tout orphelin en lai retrouve nnpère. »
ROYÇR (iV... ), curé de la paroisse nie Dompierre , dans le Maine, à trois lieues de Fougères, sur le diocèse de Rennes, né à Rennes en 1746, remplissoit, avec autant de fruit que de zèle, les fonctions de sa charge pastorale.
Quand la loi de la constitution civile du clergé fut promulguée , non seulement il refusa l'anti-catholique serment qu'elle exigeoit , mais encore il redoubla de soins et d'activité pour affermir les fidèles dans leur attachement à la Foi de la véritable Eglise. Les besoins qu'ils avoient de son mi-»
nistère, le décidèrent à ne point sortir de France, lors de la loi de déportation ; et , pour maintenir au milieu d'eux le règne de la religion, il ne craignit pas d'exposer sa personne, sa vie même^ en restant près de ses ouailles , afin de les conduire au port du salut. Les précautions qu'il prenoit pour ne pas leur être enlevé ,
t^ild decessit, non solùm juvenihut, sed et tiniifersœ genti memoriam moriis nue ad exemplum uùrtutis et firtiiudinis derelintfuens ( II Machab. c. vi, v. 18, 37 et3i).
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ne pouvoient suffire pour le mettre absolument à Pnbri de la per* sécution, déchaînée sur tous les points de la France, et n'y laissant de sûr aucun chemin , pas même le plus petit sentier. Ce pasteur ne Touloît cependant pas se dispenser de sortir de sa retraite pour aller assister des malades; et il lui devenoit presque impossible de ne pas tomber entre les mains de quelque agent de la persécution. Cependant il échappa à ce danger pendant toute Tannée i^gS; mais, au commencement de 17949 sa présence dans ces lieux étant manifestée parla multiplicité de ses bonnes œuvres , les persécuteurs Py firent rechercher ainsi que d'autres prêtres , avec plus d'activité , par des hordes brutales qu'animoit l'impie fureur républicaine d'alors. Royer rencontré par l'une d'elles qui ne le reconnoissoit pas d'abord pour prêtre, ne tarda pas à se dévoiler par un effet naturel du sentiment qui dominoit en lui.
Les soldats, en l'abordant, lui ayant ordonné de crier: « Vive la république » ! le premier mot qui vint naturellement à son esprit, fut celui de son zèle; et il s'écria:
« Vive la religion ! » ajoutant , par une conséquente opposition au cri qu'on lui demandoit, et par un sentiment corrélatif à cette religion qu'avoit protégée la mo*narchie : « Vive le Roi I » La horde, ne pouvant obtenir de lui d'autre acclamation , fondit
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sur sa personne à coups de baïonnettes , et ne cessa de l'en frapper jusqu'à ce qu'il eût expiré. Aucune plainte ne lui échappa durant ce martyre prolongé, où il ne parla que pour dire et répéter aux assassins, jusqu'à son dernier soupir : « Je vous pardonne ma mort ». Afin qu'il ne restât pas douteux que les meurtriers ne l'ai voient assassiné qu'en haine de la religion , sa tête , qu'ils coupèrent , fut portée et attachée au clocher .de Dompierre, avec celles de six paroissiens, immolés aussi pour un motif analogue.
ROYER ( Nicolas- Joseph ), prêtre du diocèse de Toul , né à Velot, dans les Vosges, vers l'an 1764 9 étoit, à l'époque de la révolution, vicaire en la paroisse de Villotte, même diocèse. Demeuré fidèle aux principes de l'Eglise Ciitholique , il éprouva bien des persécutions ; mais enfin il n'avoit pas succombé , même dans les terribles années 1 793 et 1794. La traîtresse modération des persécuteurs, les années suivantes , amena le vicaire Royer dans le piège ouvert tout à coup par leur 1 8 fructidor ( 4 septembre 1797 ). La loi du lendemain vint l'envelopper ( V, Gviinb ) :
Il fut arrêté , et conduit à Rochefort, pour en être déporté à la Guiane. On l'embarqua « le la mars 1798, sur la frégate ia Cha' rente, d'où il passa, le a 5 avril, sur la frégate la Décade ; et celle-
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ci le déposa dans le port de Cayenne9 au milieu de juin. Il s'en vit repoussé de suite dans le désert de Synnamari, où, après aYoir été assailli par les divers fléaux de ce climat homicide , il fut titteint d'une violente dyssenterie. On le porta enfin à l'hospice, dernier asile de ceux pour qui la mort étoît inévitable; et il y périt le 29 janvier suivant 1799? à Tâge de 35 ans. ( V. J. Kotx, et J. F. Saiwt-Privé. )
ROZAN ( Victor ) , curé de Bouillac, en Armagnac, sur le diocèse de Toulouse , et né à Bordeaux , s'éloit distingué , depuis la révolution, par son zèle pour le maintien de la Foi. La menaçante loi de déportation n'avoit pu le décider à se soustraire au besoin que les catholiques avoient de son ministère. S'étant réfugié à Bordeaux, en 1793? il y fut enfermé dans les prisons du palais, en attendant qu'on pût l'envoyer à la guillotine , ou le déporter à la Guiane ( V. Bordeaux). La Providence voulut lui épargner l'un et l'autre supplice > en permettant qu'il pérît des maux qu'on éprouvoitdans cette prison. La maladie qui vint l'accabler, détermina ses geôliers à le porter à l'hôpital de Saint*Andrc; et là, sans cesser d'être captif de J. - C. , il expira^ le 3o juillet 17949 & l'Age de 48 ans. ( V, Jv RovMiGuiER, et J.
Sâihgurlt. )
RU Ç AI S (Maecbl), pieux