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(y> Ltoh). Il comparut deTani ce teiTible tribunal le 16 pluriose an II (4 février 1794)9 et s'y montra a<ec toutes les rertus et toute la fermeté d'un bon prêtre. Les juges le condamnèrent aussitôt au dernier supplice, comme «prêtre réfractaire et contre - révolutionnaire». Il périt à Tâge de 61 ans.
(f^. J. F. X. Roux 5 et £. Siighk-
MOITB. )
ROUX (Hbhmi), curé de Lusignj» paroisse du diocèse d'Autun, né à Saint-Hilaire , dans celui de Bourges 9 refusa le serment schismatique de 1791- Voué dès lors à la persécution , il ne put continuer de veiller au salut de ses paroissiens» qu'en errant, pour ainû dire, autour de sa paroisse. Roux crut, vers l'automne de 179a , se procurer plus de facilités à cet égard, en faisant le serment de li^ éerté - égmUii, prescrit alors. Mais, comme Une Tavoit pas prêté dans le sens des impies réformateurs , il n'en fut pas moins emprisonné à Moulins, cbef-lieu du département de VAtUer , sur lequel il se trouvoit. Les. autorités de ce déparlement l'enyôjèrent , dans les premiers mois de 1794»
avec soixante-treize autresprêtres, à Rochefort, pour en être déporté au-delà des mers ; et il y fut embarqué sur le navire (es Deux Aêsodés, Au milieu de tant d'incorruptibles «ninistres de Jésus- Christ souffrant pour la Foi et les Tertus évangéliques , il se hâta de
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rétracter son serment de iiétrUégaiité {F. M* Sage). Bientôt les maux du séjour de l'entrepont fondirent sur lui. Il mourut le aS juillet 1794, âgé de 56 ans ; et son corps fut enterré dans l'île à^Aix. (F. J. Roux et RouYisax, curé. }
ROUX (Jean), curé de Saint- Léon , dans le diocèse de Clermont, sur lequel il étoit né, à Sauxillanges, refusa très-honorablemeut le serment de la eanstitutianeiviie du clergé. Il tâcha néanmoins de ne pas trop se laisser éloigner de sa paroisse ; et, croyant éviter la persécution effroyablement croissante à la fin de 179a, il prononça le serment de iiberU - égaiité , prescrit à cette déplorable époque. Mais il n'en resta pas moins un objet de haine mortelle pour les impies.
Les autorités du département de VA Hier y sur lequel il se trouvoit, k firent arrêter en 1793; et, au commeneement de l'année sui- Tante , elles l'envoyèrent , avec soixante-treiie autres , à Rochefort, pour en être déporté sur des rives lointaines et dévorantes (F.
RoGBEroAT). Il fut embarqué sur le navire ies Deux Associé*, où il s'empressa de faire, pour l'édi* fication de ses confrères, la rétractation de son serment de tiéerté»
égaiité ( V. M' Sage). Les souffrances de la déportation I'acca7 bièrent. Il mourut le 16 juin 1794, à l'âge de 4 A ttn3> et fut enterré
Ô4a l^OV
dans l*ne d*Aix. [V. L. RouveiniDE , et H. Roux. )
ROUX (Jean), prêire du dîooèse de Glermont , né à Font* bonne, en 17529 étoît , à Tépoque de la révolution 9 chanoine de Leré I dans celui de Bourges.
Ce fut bien Tainement que 9 sans prêter aucun des sermens antireligieux de la révolution 9 il avoit eu Tart d'échapper à la mort 9 pendant les effroyables persécutions de 1793 et 1794 9 puisqu'il dcYoit être la victime de celle qui se préparoît si perfidement pendant Téphémère tolérance religieuse de 1796 et 1797. La catastrophe du 18 fructidor (4 septembre 1797) donna le signal de sa perte; et la loi dû lendemain en fournjt les moyens ( V, Guiake). Le chanoine Roux, qui résidoit à Bourges 9 fut arrêté :
on l'envoya bien vite in Rochefort 9 pour en être déporté à la Guiane.
Le I a mars 1 7989 il se vit embarqué sur la frégaie ia Charente ; puis 9 le 25 du mois suivant 9 sur la frégate ia Décade, qui alla le déposer dans le port de Cayenne vers le milieu de juin. Il en fut repoussé dans le canton de Makouria9 où, à ta véritéyil trouva un asile dans l'habitation d'une demoiselle Lacour.
Mais ce refuge ne put le mettre à l'abri de la mort qu'if de voit ren-^ contrer dans cette terre si funeste aux Européens de son âge. Une fièvre putride 9 effet du climat 9 s'empara du chanoine Roux ; et il
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mourut le 18 septembre de hi même année 17989 à Tâg^) de 48 ans. Ses compagnons de déportation admiroient ses excellentes qualités. Eminemment pieux 9 simple avec de l'esprit, sans prétention aucune avec d^fs connoîssances 9 il étoit bon par caractère 9 et de la plus douée indulgence pour les autres. ( V.
F. G. Roussel, et N. J. Rotek.) ROUXEL (Pierbb), prêtre du diocèse de Rennes 9 dans lequel il exerçoit les fonctions de vicaire , fat décidé par son lèle û ne point sortir de France 9 lors de la loi de la déportation des prêtres insermentés 9 du nombre desquels il étoit. Les besoins des fidèles 9 en ces désolantes circonstances 9 et peut-être aussi la protection qu'il espérott de l'armée oaihoiUiue et royale i qui s'avançoit avec succès 9 le firent rester dans la paroisse de Bains, près de Redon. Les persécuteurs arrivèrent jusqu'à- lui lorsqu'après les échecs qu*éproiiva l'armée eathoiifue (r. ViMoéE), au mois de décembre 17939 ils donnèrent un si terrible essor 4 leur fureur. On l'arrêta; et il fut conduit à 8aint^Malo 9 où ils éfabliâsoient une commission miHtaire chargée de faire périr ^ comme 0 brigands de laYendéen^ toutes les victimes qui liii seroîent livrées. G'est ainsi qac le viciiire Rouxel fut cnvoyé<& la mort 9 le 29 nivôse an II ( 1 8 janvier 1 7p4)- ROUYÈRE ou ROUILLERE
( 2V... ) 9 curé de Aupt » près Saint - Mihiel ^.daos le diocèse de Toul, étoit âgé défà île 76 ans»
lorsque fut demandé k serment de la coÊMitution dviU du clergé.
Il ne W prêta point ; et 9 s'il re^ta dans la proirince» ce fut à cause de son ^rand âge. La vertu et le ministère de ce yieillard lui attirèrent une haine mortelle de la part des impies autorités du départe-ment de la Meuse. Elles le firent mettre en réclusion en 1 795 ; et 9 sans égard pour ses longues années f elles donnèrent ensuite Tordre de le transporter durement à Rochefort , pour qu'il en fût déporté sur des plages lointaines^! pestilentielles ( V, ROOBBfobt). £n arrivant dans cette ville, il étoit défaillant ; on ne put rembarquer» Il y resta malade 9 et mourut ù 78 ans» le 10 juin 1794* (P. J. Ruf^Zy de Saint -Léon; et
?• G. RVBLU.)
ROY£a ( Mabc-Lovis ) , curé de Saint- Jean en Grive 9 à Paris* depuis ^770» étoit né dans cette ville tn 1730. Après ses premières études» faites au collège du Plessis-Sorbonne » et quoiqu'il fût le fils unique d'un père qui a voit de la fortune » il renonça aux avantages que. le monde lui offroit»pour se vouer au service des autels et an salut des âmes. Son cours de théologie le conduisit» par les degrés ordinaires » fu^u'au doctorat que» toute se vie» il honora par son savoir et par ses vertus. Après
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quelques années passées dans l'exercice du saint ministère 9 avec les prêtres de l'une des premières paroisses de la capitale» il fut nommé» en 1759» à la coadjutorerie de la cure des Saints-Inno-* cens» dont te pasteur étoit infirme; et il devint bientôt son successeor.
Les qualités pastorales » dont il se montrait éminemment doué dans cette petite paroisse » le firent por« ter» en 1770» à la cure importante de Saint^ean en Grive » où elles purent avoir un développement égal à son mérite. Un vertueux ecclésiastique » témoin de sa conduite » la peint en ces termes » dans un écrit imprimé en 1796, sous ce titre : Hommage histariqtie à ia mémoire du vénérabie M. L.
Roy er •etc. : « Placées sur ce chan* délier plus élevé» environnées d'un peuple plus nombreux, les lumières et les vertus de ce pasteur brillèrent d'un nouvel éclat, et se concilièrent bientôt la confiance et les hommages des ouailles confiées à ses soins» ainsi que de son clergé. A l'ombre d'une vie simple et frugale » sa charité vive et pure opéra le bien » et fit chérir sa personne. Etranger aux choses du monde» vivant dans une parfaite abnégation de lui-même» touten^ tier à son ministère » il consacra sa fortune» ses talensyson repos»
à la gloire de Dieu et au salut des âmes rachetées par le sang de.
Jesus-Christ. De là, cette résidence si exacte» cette régularité
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i»î édifiante , cette vie si frugule et si simple > ces aumônes si abondantes 9 ces fondations multipliées qu'il fit de ses propres denrers pour augmenter les secours spirituels et temporels de sa paroisse 9 comme encore pour accroître dans son église la décence du culte diTin, et s'assurer de dignes collaborateurs.
Aussi eut-il la satisfaction de voir jusqu'à la fin son presbytère animé de son esprit» vivifié par ses vertus f et non moins ferme que lui dans la Foi. Tous ceux qui eurent lé bonheur de le suivre 9 admirèrent et sa piété toujours souteni^e dans la récitation ou le chant des offices divins ; et le recueillement de son Ame , la dignité de son extérieur dans la célébration des sacrés mystères ; et l'onction touchante 9 vraiment paternelle , de ses discours; et sa prudence 9 ses lumières au tribunal de la pénitence ; et son Kèle dans les assemblées de charité 9 dans la visite de son troupeau; et sa tendre et vigilante sollicitude pour les infirmes et les indigens ; sa bienfaisance enfin et son affabilité pour tous4;eux quiavoient recours à lui.
Père tendre et généreux 9 il chérissoittous ses paroissiens comme une famille digne de toute son affection « leur tendoit les bras 9 alloit au-devant de leurs peines pour les consoler9 de leurs misères pour en alléger le poids:
il les portoit tous indistinctement dans son cœur. Qui mé-
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rita mieux que lui d^avoir des amis ? et qu'il est doux de conserver encore les impressions qu'on recevoit dans l'intimité d'une liaison de cœur avec une ftme aussi belle!. . . C'est ainsi que» pendant trente-trois ans 9 ce pasteur vénétabltf»
honoré de la confiance et de l'es* time des Grands 9 comme des Pe* tits» devenu l'amooret le modèle des uns et des autres 9 justifia si bien la haute considération dont jouissoit la majeure partie des curés de la capitale. Déjà l'innocence de ses mœurs et le mérite de ses travaux offroient une double récompense à sa Foi : le martyre vint y ajouter la certitude de la couronne. » Le curé Royer refusa ce serment de la cavMiiuHan civile du cierge, dont les impies s'étoient fait uq moyen de persécution contre les prêtres catholiques ; et les vertus de ce pasteur, ses bienfaits 9 qui donnoient à son refus un relief si imposant»
loin de désarmer les persécuteurs»
les rendirent plus acharnés contre lui. Déjà ils l'avoient expulaé de sa cure ; et 9 après le 10 août 1 79a , qui les déchaîna contre les prêtres non-assermentés 9 ils ne négligèrent pas de se saisir de sa personne.
Ils l'arrêtèrent le a6 de ce mob , et le traînèrent dans la prison provisoire de la Mairie, où il fut un objet d'édification pour tous les prêtres qu'oii y enfermoit avec lui. Cette prison n'étoit qu'un galetas où Ils n'avoient que de la
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paille pour se coucher. Le i*' septembre 9 qui étoit un samedi, et la veille du jour auquel la féroce ' Commune avoit fixé le massacre des prêtres enfermés dans les principales maisons de détention 9 le curé Royerfut enToyé, avec une grande partie de ses comparons de captivité , à la prison de 1*^6éaye. Il se félicita de lei 7 voir tous disposés à faire à Dieu le sacrifice de leur vie ; et il passa le reste de la journée à réciter avec eux le saint oflice , d'autres prières 9 et à s'entretenir de la vie éternelle. Le lendemain 9 dès son réveil 9 il se hâta de leur dire:
« Mes 'chers confrères 9 c*est aujourd'hui le jour du Seigneur. Si nous étions libres 9 nous célébrerions 9 ou nous entendrions tous la messe; mais, puisque nous ne pouvons avoir ce bonheur, unissons-nous au sacrifice offert en ce moment par quelque ministre de Jésus-Christ. Il y a grande apparence que ce sera notre dernière messe 9 et que nous ne la dirons plus que dans le Ciel : tout nous annonce que c'est aujourd'hui notre dernier jour ». A l'instant ses confrères tombèrent ù genoux, et le curé Royer commença la récitation des prières du Missel.
La ferveur et la foi avec lesquelles chacun d'eux les répétoit, bien persuadé que c*étoit pour la dernière fois, leur foumissoient réciproquement l'exemple le plus eflicace pour les engager i\ soute-
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nîr l'épreuve du martyre. Le reste de la journée se remplissoit par d'autres saints exercices 9 relatifs, pour la plupart, aux critiques circonstances dont se trouvoient enveloppés ces captifs de J.-C. , lorsque , vers trois heures de l'api ès-midi, ils entendirent le bruit du massacre qui commençoit dans une cour voisine de la salle où ils étoient enf<;rmés ( y. Septembre). Le curé Royer se lève à l'instant de sa chaise, et leur dit *: « Mes chers confrères , l'heure de notre mort sonne en cet instant ; que chacun de nous se confesse : c'en est fait de nous tous » . Aussitôt ils se confessent les uns aux autres ; et tous prient le digne curé de leur accorder une absolution générale. Debout au milieu d'eux, avec son air patriarchal, il élance ses regards vers les cieux , et donne la bénédiction qui lui est demandée. Ils étoient encore à ses genoux , levant les mains au ciel, et offrant tons, d'une commune voix, leur vie au Seigneur, quand les assassins entrèrent avec fureur dans la salle où ils étoient. Le vénérab^ curé est entraîné le premier dans la cour. Interpellé par ces monstres de prêter le serment civique ( décrété le 29 novembre précédent , mais non sanctionné par le Roi, et dans lequel étoit comprise lAcansthuliondviUdu clergé), s'il vouloit éviter la mort 9 il le refusa avec autant de calme que d'hé-