‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 165 sur 242 · SAB · texte numérisé non relu

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poursuivi par de sanguinaires agens de rimpiété, trouva facilement un asile chez la veuve deRuvilly. Elle le reçut comme un envoyé de Dieu (F. Aux), sans s'inquiéter des dangers qu'une si sainte hospitalité pouvoitlui faire courir. Le Père Mevel, étant ensuite découvert dans cette pieuse retraite , son héroïque hôtesse fut entraînée avec lui au tribunal révoiutionjiairt de Brest {y. J. Abasque ) ; et la sœur même de celle-ci, quidemeuroit aussi chez elle, subit le même sort [V, P. £.

D. Legoant). Le tribunal condamna la veuve de Ruvilly k la peine de mort , comme « receleuse de prêtres réffactaires » , le la thermidor an II ( 3o juillet 1794 )• On peut voir aux articles Le-

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coANT et Mevel , sous quels prétextes, ces deux autres personnes furent vouées en même temps à la même peine ; et la veuve Ruvilly périt avec elles, à Tâge de 66 ans ( V. G.PETTf)»). Nous trouvons encore, sur le registre du tribunal révolution'iiaireàe'^T^st, trois autres prêtres également condamnés à mort ; mais il ne nous pa« roîl pas encore assez évident qu'ils l'aient été précisément en haine de la religion, pour les compter parmi nos Martyrs. Ce sont, le a5 floréal an II (i 4 mai 1794)9 François Le Cox, recteur ou curé de Poullaouan; le 6 germinal an II (a6 mars 1794)9 Jean Drèves, vicaire de Recouvrance ; le a 5 floréal an II ( 14 mai 1 794) 9 Sébastien Rolland, recteur ou curé deTrébodini.

SABATHIER (iV...)9 citoyen de Nismes, qui avoit signé les courageuses professions de Foi contenues dans l'adresse des catholiques de cette ville, en date du ao avril 1790, et dans leur déclaration du 1" juin suivant ( V. NisMES ). Pour prix de ces héroïques actions en faveur de la religion catholique , le i3 du même mois de juin, il fut attaqué dans sa maison. Apres l'y avoir blessé, on l'en arracha et on le conduisit à l'amphithéâtre, du haut duquel on le précipita dans

la rue. De là on le traîna dans le fossé de la ville , où l'on acheva de lui arracher la vie» en faisant pleuvoir sur lui une grêle de pierres. ( V. Rouqubt, et F. Pb-

BILLIBB.)

SAG£ (Joseph ), prêtre, religieux Chartreux du diocèse d'Uzès, sous le non dectom Bruno^ étant mis hors de son cloître par les réformes philosophiques de ] 791, se retira dans la paroisse de Saint- Marcel - de «-Carciret, près Bagnols. II s'y consoloit du chagrin amer de ne plus vivre eo

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communauté, par une pratique assidue de ce qu'il pou voit encore observer de sa sainte règle y et il rendoit son ministère sacerdotal utile aux catholiques du canton.

N'ayant pu être astreint en aucune manière au serment de la canstitution civiU du clergé , il ne ne se crut point obligé de sortir de France d'aprësia loi de déportation»

rendue contre les non-assermentès.

Mais 9 le temps étant venu où tous les prêtres remplis de l'esprit de leur état) étoient réputés aussi dignes de mort que les insermentés, dom Bruno fut arrêté et conduit dans les prisons de Nismes. Le tribunal criminel du dé* parlement du Gard, siégeant en cette ville , condamna ce chartreux à la peine de mort, comme « prêtre réfractaire , et comme fanatique », le 6 messidor an II ( a4 juillet 1794)* ^^ lendemain, il fut mis à mort. {F. B'* Fbombnt.) SAG£ (Mabib), ailleurs nommée Lage, étoit, sous le nom de Saint- André, sœur converse chez les UrsulinesdeBoulène. Elle continua de vivre saintement avec ces religieuses , après la suppression des cloîtres, en' 1791. Comprise ensuite dans la persécution suscitée contre ces saintes Glles, elle fut arrêtée comme elles, au printemps de 1794* Amenée pareillement dans les prisons d'Orange, elle s'y vit aussi destinée aux sacrifices impies de la féroce commission populaire qui alloit

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commencer ses cruelles fonctions {V. Obavge). L'âge avancé de la sœur Saint' André, et plus encore ses vertus , la faisoient estimer infiniment de toutes les autres religieuses {V. Albabbdb). Elle n'avoit pas moins d'envie qu'elles de donner sa vie pour Jésus- Christ. Un jour , qui se trouvoit être la veille de celui où elle scroit condamnée , elle tomba dans une profonde tristesse : on pou voit croire qu'ayant déjà vu périr plusieurs de ces saintes filles , elle appréhendoit leur sort ; mais on fut bientôt dé trompé, lorsqu'une compagne lui ayant demandé la cause de cette espèce d'abattement, elle répondit : « Ce que je crains , c'est que Dieu ne me trouve pas digne du martyre » • De tels sentimens prou- Toient qu'elle l'étoit ; Dieu en jugeoit ainsi , puisqu'il permit qu'on l'appelât le lendemain devant le féroce tribunal. Le président voulut qu'elle y prêtât le serment d'égalité ^iiàerté. «Non, dîtelle , je ne le prêterai pas ; ma conscience, et la loi de Dieu, qui la dirige, me le défendent (1) ».

(1) Cette vérité que nous voyons se manifester d'elle-même aux âmes droites , par rapport à ce serment , et qui fut développée en Belgique dans un écrit très-lumineux du Lazarjste FoHTAiHB ( y. ce nom ), lavoit été dé]^ non moios péremptoirement , quoique d*une autre manière, en Espagne, dans une cellule de Bilbao , par on savant et judicieux grand-vicaire de l'Evéque-Martyr de Saintes ( f\

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Les juges la condamnèrent aussitôt ÙL la peine de moit, comme « réfractaire , cl comme fanatique ^i. Depuis Tayeu qu'elle avoit fait à sa compagne dans la prison , elle montroit plus de force qu'elle

P. L. RocHEFoucA.tLLD), cc vcnérabic abbé Taillet, dont nous avons fait connoitre les titres honorables à la page 5o9 de notre premier volume, et ci-devant page 49'* ** Quand on cherche la vérité de bonne foi, écrivoit-ilaucommenceraentde 1798, la solution de la difficulté 3 relativement au serment de Uberié-égalité , prescrit le 14 août dernier, offre peu de difliciiltés. Il suffît d'examiner, 1^ si les termes en sont clairs ou ambigus ; a* quelle est Tautorité qui le commande ; 30 quel en est le but ; 4° quelles en sont'les conséquences ; et 5* quelle conduite tiennent les personnes éclairées et franchement chrétiennes. Or, les termes du serment sontambigus; le but en est vicieux ; les circonstances où il est exigé décèlent de mauvaises intentions; l'autorité qui l'exige est nulle; et il fait horreur aux âmes chrétiennes. Donc aucune raison humaine, aucune espéranc0j aucune crainte ne doivent décider un prêtre ou un laïc à le prêter ; et , si l'en offre barbarement la cruelle alternative de jurer ou de mourir, le vrai chrétien ne jure points et meurt. S*îl agissoit autrement , il seroit indigne d*un si beau nom. »

Les cinq questions sont discutées dans cet écrit avec une exactitude théologique et une vigueur dt raisonnement devant lesquelles tous les subterfuges de la fausse conscience disparoissent. 1** Quand l'auteur demande ce que les législateurs de c^'tte époque ont entendu par les mots liberté et ègaliié , il est impossible de ne pas

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n 'avoit montre de découragement.

Quand elle fut sur l'échafaud , elle déploya un courage égul au désir qu'elle avoit eu du martyre ; et elle périt avec six religieuses y condamnées comme elle 9

souscrire à la réponse qu*il se fait à lui-même : « Ils ont entendu, dit-il , cette liberté nouvelle qui ne remonte qu'au 14 juillet 17S9; qui a commencé par une insurrection sanglante , en substituant aux autorités légitimes les caprices passionnés d'une populace sans frein ; une liberté qui conduisoit à la licence, à l'anarchie et à la dissolution totale de Tordre social. ISégcb" lité qu'ils ont voulue estt celle qui bouleverse tous les rangs de la société, qui fait des Grands autant de victimes, et des Petits autant de tyrans ou de bourreaux ». a« En examinant les titres de ceux qui demandoient ce serment ; notre docteur ne voit avec raison dans eux que des hommes qui ont violé Ic^s leurs pour s'arroger une autorité usurpée, (c Si un roi^bien reconnu pour légitime ne peut, sans crainte d'être désobéi, demander des sermens dont la bonté n'est pas évidente , à plus forte raison cet empire sur les consciences est-il atroce et impie de la part de ceux dont l'existence est sans titre et le pouvoir un scandale. » 3* De même que le but du serment de la constUuiion ci file Ju clergé avoit été la destruction de l'Eglise catholique , celui du serment de liberté, etc. , a été le renversemcut du trône , etc. « En exigeant ce serment, les prétendus législateurs ne déguisoient pas leurs intentions; car, en proclamant leur haine contre les rois, ils manifestoient le désir d'exterminer tous les prêtres , en condarouoient soixante mille au bannissement et à la misère^ sans

le même jour ( V. M. H. Doux, M. T. Chabbahsol, J. D. M. Jus-

TAMONT, M. F. JuSTinONTy M. A*

Begoiit, et M. 11. Goubdon). Ce jugement et son exécution eurent lieu le aS messidor (16 juillet

parier de ceux que l'ou massacroit en grand nombre sous les auspices de ces ordonnateurs du serment ». 4^ Les circoustances où il fut exigé auroient suffi pour le rendre exécrable : il est inutile de les rappelée. «Or, dit le savant ' théologien, n'est- il pas évident qu'un serment exigé dans ces circonstances est une sanction de tous les attentats commis et à commettre pour détruire la monarchie ? ainsi le sens de ce serment est : Je jure (T approuver tout ce qui s'est fait contre le trône ; je souscris à toutes les calomnies contre le roi, à tous les outrages p à toutes les entreprises de la faction régicide, etc. Donc ceux qui ont prêté le serment dk égalité, etc. , se sout constitués , par là même, les ennemis du roi et les complices de cette faction», 5« Quant à ceux qui ont prêté ce serment , le docteur voit « d'abord à leur tête tous ceux qui ayoient fait celui de la cons^ titution civile du clergé, tous ceux qui étoient accoutumés à braver les remords de leur conscience ; et ensuite quelques ecclésiastiques foibles , qui, n'ayant pas eu le courage de supporter l'exil ou d'endurer en Trance la persécution » ont cru assurer leur repos par ce serment coupable ; tandis que ceux par lesquels il « été refusé sont presque tous les prêtres éclairés et vertueux sans détour, qui sont restés dans leur patrie. Je dis presque tous, car il y a eu des chutes aussi inattendues que déplorables de la part de quelques hommes estimés, que leurs luioiérej

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