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impies de la révolution, et en lui demandant, au moins, l'un des sermens prescrits depuis 1 790, ne fûtce que celui de ilberté-égaiité.
Elle le refusa avec le courage de la vertu laiplus héroïque , ainsi que
tous les autres, et fil connoître combien sa piété étoit offensée
des scandales commandés par les lois ( V. M' Sage ). Après cette courageuse profession de Foi , elle s'entendit condamner à fa peine de mort, comme « ennemie du peuple , en ce qu'elle avoit refusé d'obéir aux lois , et de prêter aucun serment «. Le même jour, on la conduisit à la guillotine , oCr elle périt à l'âge de 40 ans.
SAINT - SIMON ( Charlbs- FBAifçois-SiHéoN DE ) , évêque.
( F. C. F. Sandhicoubt. )
SAINT-SPRÉE ( iV...), prêtre plus que sexagénaire du diocèse d'Angers , qui , n'ayant pas voulu prêter le serm«»nt de la constitution civile du clergé, et se trouvant dispensé, par son âge ou ses infirmités, de s'exiler luimême^ d'après la loi de déportation du 26 août 179a, étoit dans une maison de réclusion , conformément aux dispositions de cette loi. Saint>Spréc , avec quatorze autres vétérans du sacerdoce, supportoit encore celte peine avec résignation , lorsque les révolutionnaires d'Angers , voyant passer en leur ville les non mr»inâ vénérables prêtrcà de Ne vers, que
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l'on traînoit à Nantes 9 imaginèrent d*a9socier à leur sort ces quinze captifs de Jésus - Christ ( V. NBTBas et Nantes ). Saint- Sprée fut donc enlevé > avec ses quatorze confrères y de la maison de réclusion 9 dans la nuit du 12 au i3 mars 1794 9 <st embarqué 9 comme eux 9 avec les prêtres de Nerers. On a déjà ru tout ce qu'ils eurent h souffrir durant le voyage, et dans le bâs-fond de la galiote hollandaise du port de Nantes, où ils furent comme ensevelis.
Saint-Sprée expira dans les tourmens de la faim 9 du froid et de la peste, auxquels ils étoient en proie ; et le commencement d'avril 1794 fut l'époque de sa mort.
( V. POVUGOAIH, et F. ÀGIA*^
vbl; Roussbt, de Hingot,et Saint* SuBiN , d'Assarts. )
SAINT-SURIN (P iBBiB ), curé de la paroisse d'Assarts , dans le diocèse de Nevers , étoit né dans la ville d'Angoulême, en 1764 ; mais son père , devenu contrôleur des fermes du roi à Langres, j ayant amené sa famille, ce fut dans le séminaire de ce dernier diocèse que le jeune Saint-Surin fit ses études ecdésiastiques.Tout en y obtenant des succès remarquables, il laissa paroltre en lui un talent distingué pour la versification sans s'écarter toutefois en rien de l'esprit de son état. Le Jeumal de Verdun se fit honneur, en 1776, de l'un de ses essais poétiques, où respire h
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vertu la plus pure et la plus touchante (1).
Parvenu au sacerdoce, il fut appelé, quelque temps après, eu 1764, dans le Nivernais , par son
(1) Le charme de la Solitude,
Solitndc doace tt cbtfrîe ,
Où )e voodroii couler n'es jonrt.
Ton iilcnc« me charnio , «t ne ploDg» iov{««r«
JDan* une aîmablt rivcrie.
Quel Motiment se |liue en mes sens altcndris ! Avec ravis»emcBt J'admire la nature.
Héla* ! MHS «oiipirer peot-on voir la irardnra
Qui courra nos bosquets fleuris? Ici , de nos malheurs le ne mis point l'image ;
D'un vrai plaiair je me repais encor ; L'éclat da la nature , cl son ricbe feuillage A mes sens enchantés rappellent Tige d*or. Qnand pourrai-je , en ton sein, aimable «olilode,
Au gré d« mes tendres désirs, GoÀter de la vertu les innocens plaisirs ,
Et, loin da celte inquiétude Qna nourrit en nos coiurs la folle ambition ,
Me faire une agréable étude
Da connottrc l'illusion Des crraara oà nous plonge une irisia babitode ? J'apprtnds dans la silence à jouir du présent.
Qu'ici mon Ime est satisfaite!
]c m*éc1aire dans ma retraita ,
Et j'en sors toujours bienfaisant.
Qu'on aveugle mortel, an sain de la mollesse. Me vanta sas douceurs al sa félicité ;
Je plains sa malbeuraosa ivresse
Et déplore sa vanité.
Malgré la volupté que ta foiblessa adtre , 9 on, tn n'e« point hcureui , mortel trop insensé;
Celnî qui n'a jamais pensé Ne connott point le vrai bonheur encore. VeoK^u d'un plaisir por goûter les doux attraits ?
Mortel , ne cherche qu'en toi-mtme
La sourte du bonheur suprême ;
Délache»toi dea vninf objeta Aprka lesquels ton foible caur soupire :
La félicité qu'il désire ,
Ils ne peuvrnr la procurer.
L*hommc, pour être hcarcox en ce vaste hémisphère, M'a besoin qna d'un «il pvat catttempler la terre ,
Et que d'un c«ur pour admirer.
Mais que pende mortels , surca mouvant tbéilrr ,
Ont préféré l'obscurité An charme décevant de l'éclat emprunté
Que l'errenr dn monde idolAire !
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père , qui y avoit transporté son domicile; et Tévêqne de ce diocèse, le digne Pierre de Séguiran (i), découvrant son iné-
Pour ne pas dfs gramleurs conlempler le iiranl , L'bomine ferme ses yeux, et rien ne les dessille : Il aime l'or ; c'est un enfant Qui soupire après ce qui brillé.
La pauvr/lé, les Lois silencieux,
L'borreur des lieux les plus sauvages Ont des charnies délicieux, Qui ne sont connur que des sages.
Là, de r£tre éternel j'admire les desseins ; Là, je guiile une joie inaltérable ei pure; La, j'oublie, en pensant, ions les tristes humains,
Et me crois seul dans la nature.
Dans un doux moureroent , si je me souviens
d'eux.
Je vois de lenrs erreurs le funeste assemblage : le songe qu'ils sont malheureux , Et je les aime davantage.
Par M. Vabbé SaintSunn , écolier en théologie i Langres {Jammsl de rerdun^ sous le titra de Suite de la Clef , ou Journal historique sur les matières du temps ^ tome CXIX , fc'vricr •7761 P»6* »4».)
(i) Cet évéque, Fun des plus instruite, cotniDe des plus zélés, lionoroit le sit'ge occupé, avant lui, par le vénérable et savant Jean- Antoine Tinseau.
Appelé à rassemblée des notables , en 1787, il soutint avec une fermeté inébranliible les vrais principes. Jamais il n'avoit cessé de s*élever hautement et avec force contre toutes les innovations qu'on introduisoit progressivement dans le royaume , et qu'il prévoyoit devoir 6tre infiniment nuisibles à l'Eglise et au bien de l'Etat* Son clergé le nomma député aux Etats-Généraux ; mais les factieux redoutoient singulièrement son caractère , ses va.ites connoissances , ses vertus , ws talens , sa logique , et l'art qu^il avoit de conduire les hommes par son genre d'éloquence. Peu de jours après sa nomination , il fut enlevé à rEgli.se et à la monarchie par une mort prématurée, que plusieurs disoient accélérée.
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rite , lui conféra la cure d'Assarts, se proposant bien de l'occuper ensuite dans un poste plus convenable à ses talens; mais la mort de ce prélat, et plus encore le dérangement d*ordre qu*ameaoit la révolution» firent rester Saint- Surin dans sa cure d'Assarts» où d'ailleurs son amour pour ses devoirs» ainsi que sa douceur, son dé* sintéressement et^acharité, le ren* doient infiniment cher à ses paroissiens. Lorsque, en 1 79 1 , Ton alloit exiger qu'il prêtAt le serment de la constitution civile du dergéy sous peine d*être renvoyé de sa cure, ils accoururent en foule pour le supplier de ne point se mettre dans la nécessité de les abandonner; et Salnt-Surin, pour répondre à leur attachement, sans manquer à sa conscience, éludant le serment demandé, promit seulement d'obéir aux nouvelles lois, dans tout ce qui n'étoit pas contraire à la religion. Les administrateurs»
fermant les yeux sur la difTérence de cette formule d'avec celle qu'ils demandoient) tolérèrent que ce pasteur demeurât encore au milieu de ses ouailles. Cependant»
après que fut rendu ( le a6 août 1792 ) le décret de déportation, n'osatit plus se dissimuler qu'il n'avoit réellement pas fait le serment scbismatique , ils lui signifièrent l'ordre de sortir de France»
conformément à cette loi. Mais, affligé d'un asthme et d'une hernie, Saint-Surln.se trouvoit in*
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capable d'entreprendre aucun Yoyage 9 soit à pied , soit à chenal , soit en voiture , sans éprouver de cruels vomissemens ; et les administrateurs, le classant alors parmi les sexagénaires et les infirmes, que le décret dispensoit de Texil, en les soumettant à la peine de la réclusion, le firent enfermer dans une maison claustrale ( F. Neters). Le proconsul Fouché étant Tenu, peu de temps aprèsy déployer sa puissance sur le département de la Nièvre, les habitans d'Aiisarts accoururent , dans leur simplicité, pour lui demander que leur curé, dont ils lui faisoient un grand éloge ayec effusion de cœur, leur fAt rendu. Le perfide procon^ snl feignit d'être attendri parleurs sollicitations touchantes, et promit d'exaucer leurs vœux. Sur ces entrefaites, la confiance ingénue , qu'ils avoient encore dans la justice du gouvernement, les a voit portés à prier leur curé captif de rédiger, en leur nom, une pétition aux administrateurs du district de Nevers, pour demander la cessation d'une infinité de vexations qu'ils éprouvoient de la part des comités révaiutionnaireê 9 et que ceux-ci prétendoient justifier par la nécessité du bien général. Le curé Saint-Surin composa cette pétition, dans laquelle»
avec une liberté d'ame égale à sa droiture , il disoit : « La fausse couleur du bien général a été, dans tous les temps 9 l'excuse
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ridicule des ignorans pour propager stupidement les désordres , et des méchans pour vexer sans cesse avec impunité.... Que deviendroient l'ordre et la subordination , si chaque copiité particulier vouloit n'agir que d'après lui, ne reconnoître aucun pouvoir supérieur au sien? N 'entrerions-nous pas dans le chaos de l'anarchie la plus épouvantable, et du despotisme le plus affreux ? Ils jurent le maintien de la iiéeriêy et ils jettent les fondemens de l'édifice de la tyrannie. Ils s'imaginent qu'avec le seul mot d'hommes suspects^ qu'on applique à tous , sans distinction , ils ont droit de briser le frein de toutes les lois , de se permettre , en prononçant la dénomination d'aristocratei , les excès les plus révoltans , etc.
etc. » La pétition fut signée par un nommé Tillor. On devinoit aisément, en la lisant que c'étoit , non les habitans d'Assarts, mais leur curé, qui, bien que dans les fers , parloit avec une telle énergie. Cette pétition, ainsi qu'une autre par laquelle ils se plaignirent ensuite de ce qu'on leur enlevoit jusqu'aux grains réservés pour les semailles, fut communiquée au proconsul , lequel, ayant vu revenir les bons paroissiens du curé Saint-Surin pour réclamer sa liberté, leur ditqu'il avoit tropd'esprit pour exercer de bonne foi «es fonctions pastorales, appelées alors par Fouché. les jongleries de la
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profession sacerdotale, et que d*ailleiirs leur curé avoit fait preuve d'incivisme, en refusant de livrer ses lettres de prêtrise. Réduit à souffrir les rigueurs déjà très* cruelles de sa captivité, Saint- Surin étoit encore en butte à des attaques du dehors ^ cuiume les autres prêtres reclus avec lui. On peutenjugerparla pièce suivante^ qu*il fit passer à son père avec une lettre fort respectueuse, le la octobre 1793» dans laquelle il lui disoit : « Vous savez sans doute Talternative que l'arrêté du représentant (Fouché) propose à tous les ministres du culte ( celle de se marier, ou d'adopter et prendre A sa charge, soit un enfant, soit un vieillard ). Je viens j à cet égard , de rédiger ma soumission ; mais l'objet d'élection étant d'une très-grande importance , puisqu'il s'étend à toute la vie , je vous envoie, dans une feuille séparée, l'exposé du choix que j'ai cru devoir préférer, et je ne le ferai point pas* ser au Représentant ( proconsul ) avant d'avoir obtenu votre agré* ment et celui de ma mère ». — « Moi, soussigné, d'après la connoissance qui m'a été communiquée, d'un arrêté, etc. etc., je m'engage, dès qu'il me sera permis de le faire par ma présence sur les lieux, à adopter le plus jeune des enfans du citoyen Yiodet, résidant dans la commune d'Assarts, lequel enfant est encore actuellement allaité par sa mère ; muis je ne forme
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un pareil engagement, qu'autant que je jouirai du seul bien que je possède , c'est-à-dire des émolumens qui me sont accordés par la nation; car si, par quelque cause que ce soit , et par quelque événement que je ne puis prévoir, je me trou vois privé du traîlement qu'elle m'a assigné, l'unique ressource qui me reste , il ne seroit ni juste , ni raisonnable que je demeurasse chargé de la subsistance d'autrui, ne pouvant peut-être plus alors suffire à la mienne ». Le proconsul n'ayant pas tenu à cet arrêté, parce qu'il avoit des desseins plus décisifs contre lesprêtres,ladétermination forcée de Saint-Surin demeura sans accomplissement ; et il souffrolt d'autant plus dans sa prison , qu'il ne recevoit plus en paiement que des assignats sans valeur^et que son père, ruiné, ne pouvoit subvenir à ce qui lui manquoit dans sa douloureuse situation. La patience avec laquelle il l'enduroit devient bien attendrissante, lorsqu'on le voit dire à l'auteur de ses jours , par sa lettre du 1 a octobre : « Dans les besoins où vous pouvez vous trouver, vous devez être assuré que ce seroît me desservir de ne pas employer pour vous-même le peu que j'ai en réserve à Saint- Saulge ; uses -en comme si je n'existois pas. On me doit ici le pain de prisonnier et Peau. Gomme il y a long-temps que j'ai appris à ne rougir que du crime y fe sau<
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rai me réduire à cette nourriture , sans peine 9 et même avec plaisir^ par la cause qui m*y déterminera n • ' £nfin 9 le 14 février 1794 j ce curé fut, malgré ses infirmités, traîné , comme ses confrères , -à la barque , pour être conduit à Nantes, où Carrier yenoit de noyer tant de prêtres ( J^. Nawtes ). Arrivé à Chésy, bourg à deux lieues d*Or« léans , il écrivit encore à son père , le 18 février; et ce fut la dernière lettre que ce respectable vieillard put recevoir de lui. « Depuiii long* temps 9 lui disoit-il, je m'étois flatté que le fruit de mon travail deviendroit, pour mon père et ma mère 9 un objet de satisfaction. Je me fkisob d^avance un plaisir de leur en offrir le tribut en des temps plus heureux , et de trouver mon bonheur dans leur contentement. Le Ciel ne Ta pas permis; adorons ses décrets, et subissons sans murmure la peine qu'il nous impose. » Il racontoit ensuite, mais en les adoucissant par d'héroïques sentimens de résignation, les peines de son affreuse navigation , entouré de soldats qui Taccabloient de mauvais traitemens. On voit , dans cet écrit , qu'il avoit cependant encore un peu d'espoird'être délivré; « mais, ajoutoit-il , si , dans les nouvelles tentatives qui se font â cet égards l'on échoue , il faudra prendre son parti, et faire à Dieu le sacrifice de tout ; oui, de tout, puisque, si on m'embarque pour ma destioa-
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tion , que je crois être la Guiane , je perdrai tout à la fois mon père , ma mère. Il ne me sera pas même permis de leur écrire , de crainte de les compromettre....
J'ei^père toujours que Dieu ne m'accablera point.... Le charme de ma vie sera de prier Dieu pour votre bonheur et pour celui de mes frères. Je ne suis point inquiet de moi-même, quoique privé de ressources, parce que je suis persuadé que Je Ciel ne m'abandonnera point, et qu'après tout je né crains pas de mourir. » Cette lettre, conrmie les pièces précédentes , a été copiée sur les manuscrits autographes du curé Saint-Surin. Ses souffrances furent grandes dans le trajet de Nevers à Nantes; et elles devinrent horribles dans le fond de cale de la galiote hollandaise du port de cette dernière ville , où il fut jeté avec ses confrères. Cependant il survécut aux quarante-quatre quîy moururent dans l'espace de trente jours; mais lorsque, au 18 avril , on proposa d'enlmener à Brest le peu d'entr'eux qui existolent encore, Saint-Surin, dont les infirmités s'étoient aggravées par d'autres maladies mortelles, fut incapable d'entreprendre cette nouvelle navigation. Il resta dans la galiote , et ne tarda point à. y périr. Son Age étoit alors de ^0 ans. Outre les connoissances nécessaires à un ecclésiastique, Saint-Surin en avoit d'étendues
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en littérature. Il a laissé des poésies manuscrites bien supérieures à celle que nous avons citée.
Ses compositions offrent un style abondant et poétique , ayec les sentimens d'une âme douce et pieuse. On n'a pas retrouvé des sermons qu'il avoit écrits avec un grand soin. ( V, Saint -Speéb, d'Angers; et Yadiea, d'Huban. ) SAINT-TOU(RAmoND), laïc. {V. R. et J. Delpeghe. ) SALA. {V. Saliks. ) SALIGNAC. ( V. FÉRÉLOW. ) SALINS ( François- Urbain ) étoit, non chanoine 9 comme le porte le registre mortuaire de Y état civil de Paris ^ mais simple bénéficier de Notre-Dame , et de Saint- Lizier, église cathédrale de Couserans , en Gascogne. Il avoit été élevé 9 dans sa première jeunesse 9 à l'Ëcole Militaire ; et les goûts acquis dans une telle éducation lui attiroient de justes peines qu'il auroit évitées avec des habitudes plus conformes à l'état ecclésiastique. Parent du vénérable Tersac; curé de Saint -Sulpice, il en eût eu de saintes , s'il avoil su profiter de ses conseils et de ses exemples. Nous avouerons mfime qu'il est possible que, lors de la publication de la constitution civile du clergé, il ne s'y soit montré contraire que pour des motifs politiques. Déterminé et sans crainte dans son opposition , il la mapifestoit avec un courage analogue à l'esprit de sa première éduca-
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tion : aussi fut-il des premiers qu'on arrêta aprèsia fatale journée du 10 août 179a. Amené devant le comité de la section du £t/wBefnéourff , avec d'autres prêtres qui y étoient traduits comme non-assermentés, il se montra aussi ferme qu'eux dans le refus du serment qui lui ctoit proposé de même qu'à ceux qui déjà l'avoient refusé plusieurs mois auparavant 9 par motif de religion ; mais il est certain qu'alors y la grâce l'ayant touché fortement 9 l'intérêt de la religion devint le mobile principal de sa conduite. Ecroué le septième dans l'église des Carmes^ il fit tourner l'ardeur de son caractère à la défense de la cause des vénérables confesseurs de Jésus-Christ»
avec lesquels il se trou voit enfermé, tt Lorsque l'assemblée eût rendu le décret de déportation »
le 26 août 9 dit l'auteur de THûtoivô du Clergé j pendant la révolution française , et que»
le lendemain 37, Manuel vint l'annoncer aux prisonniers 9 Salins s'approcha de lui et lui demanda quand finiroit leur captivité 9 et quels crimes on leur reprochoit.
Le municipe lui répondit : Vous êtes tous prévenus de propos contre -révolutionnaires : il y a un jury pour vous juger; mais on a commencé par les plus coupables. Vous viendrez à votre tour; on ne vous croit pas tous également coupables 9 et on relâchera les innocenta
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L*abbé Salins însiMa ponr savoir sur quel crime les prêtres dévorent donc être jugés ; etmontrâDtà Manuel les vieillards de Saint-Fran- ^is-de^Sales ( V: Mbnvbct ) , il lui dit : « Si vùuê nous accusez de conspiration^ regardez donc, examiniez ces personnaffes-ià.
TS'ont'iis pas Vair de redouta- Mes conjurés ! Manuel ne ré* pondit pas à cette interpellation; il se contenta de répliquer : Votre déportation est résoiue y on s'occupe de {'exécution. Les seœagéfiaires et les infirmes doivent être renfermés dans une maison commune. Je t;enois mHnformer si vous en connoitriez une pius propre à cet objet, qtte celte de Port- Roy at ( rue d'Enfer ]. Quand elle sera pleine, nous y mitrons pour écriteau : Ct «tr lv