‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 167 sur 242 · SAG SAC · texte numérisé non relu

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cette place. Il se voua spéciale- portèrent la mort dans ses veines,

ment au service de Thôpital mili- Il étoit presque expirant lorsqu*à

taire qu'elles j avoient établi. Les rapproche furieuse des troupes de

maladies contagieuses dont pé- la Convention , les coalisés furent

rissoient tant d'infortunés qu'il obligés de se retirer précipitam-

assistoit avec un zèle infatigable, ment. Voyant alors que sa der-

sonnemens de )a mauvaise foi ou de ce seiinent ne scroit-il pas encore , l'ignorance en pnreille matière. C'est dans la circonstance actuelle, une véune décision envoyée, en i8i 5, au curé ritable coopération qui raffermiroit du Pont-de-Beauvoisin , par le cardi- une autorité illégitime , et , qui plus nal Litta , au nom de N. S. P. le est , une coopération à un système et Pape Pie VII, alors à Oénes, durant à une nouvelle constitution qui, dans les trois mois où Buonaparte, revenu le fond, tendent à la destruction de de nie d'Elbe , rétablissoit en France la religion (Les articles addùion- 6a puissance impériale, en exigeant nels de Buonaparte k la Charte de que , nonobstant le règne effectif de Louis XV III) » ? Son Eminence pas- Louis XVIII pendant les dix mois sant ensuite aux prières exigées , dit: précédens, on lui renouvelât à lui- « Il n'est point permis de se prêter même, conformément au concordat à les faire, soit qu'on les considère de i8oi , le serment de fidélité, et dans leur objet direct, soit qu'on les qu'on reprtt l'usage des prières or- envisage du côté du but de ceux qui données et faites antérieurement pour les demandent. N'est-il pas vrai d'aillui pendant près de treize ans. C'é- leurs que ces prières seroient faites in toit, quant au temps, un abrégé de ce nomine JSecUsiœ? Or, quelle absurquis'étoitpassé si souvent dans le cours dite et quelle indécence en même de la révolution , depuis le aerment du temps de faire, au nom de l'Eglise , i4 août 1792. Des prêtres consultèrent des prières pour un objet contraire le Pape , demandant s'il pouvoit leur tout à la fois à la religion et à la être permis d'entendre ce serment justice ?» Si néanmoins ces prières dans le sens d'une fidélité et d'une se sont faites dans les lieux surobéissance purement passives. Le car- tout où l'on s'étoit montré le plus dinal répondit en ces termes : « En docile pour les sermens antérieurs , admettant même la distinction d'une c'est que sans doute on n'y connoisobéissance et d'une fidélité purement soit pas cette décision. I^ curé terw passives , comment , dans le cas pré- roinoit ainsi la lettre dans laquelle il sent r pourroit-on fixer cette limita- la rapportoit , le 12 février 1816 : tion ? Comment la faire comprendre « Je n'eus pas plus tôt reçu cette réau peuple , et comment éviter le ponse , que je m'empressai de la réscandale? Or, quand il y a ce danger pandre ; j'en fis tirer des copies de scandale , ne doit-on pas imiter que j'envoyai dans dtfférens diocèses , l'apâtre saint Paul qui, dans ces sortes et particulièrement A Valence et dans de cas, s'abstenoit même de choses le Midi. J*aieu la satisfiictiMi de voir licites et permises ? Si tsea tcandali- que mes soins n'avoient pas été inuzauerit, non manducmbo in œurnum tiles ». ( VAnd de ta ihUgion et du (r.M« E»»» Pelissibk). D'aUleurs, iîoi, 1816, tom. VII, pag. 137. )

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nière heure étoit proche de toutes nianièfes 9 Sagliaw se fit administrer y ayec une sorte de solennité 9 les sacremens de TËglise ( F. J. L.

F. Rbgk). Cependant ses amis 9 croyant aTOÎr le temps de le soustraire au fer des vainqueurs, se mirent en devoir de le transporter au-delù du Rhin. Mais il mourut en route, dans la forêt de Haguenau , à Tâg^e de 27 ans, et fut enterré, à la hâte, dans le village de Sufelheim, au-delà de la forêt. C'est là que repose ce Martyr de la chanté comme de la Foi. S'il n'avoit pas ohtenu la palme du martyre précisément comme saint Alexandre, évêque de Jérusalem, qui mourut tandis qu'on le menoit de la prison au trihunal ( 1)9 il la mérita au moins comme ceux dont parloit saint Athanase : « Le fidèle qui fuit parce qu'il est agité de la crainte d'un assaut des ennemis de la Foi, disoit-il, estime la mort plus douce que la fuite , dans laquelle vraisemblablement il la trouvera; c'est pourquoi ceux qui meurent en fuyant, loin de mourir sans gloire, acquièrent eux-mêmes celle du martyre (a)»-

SAIGNEMORTE (Etienne), prêtre de Lyon, né en cette ville,

(i) Dùm de vincuUs ad tribunal ^ et à trihunalihus revocatur ad uincuia , inter ipsa uicUsùn sibi succedentia tormenta defUit. (Rufin : Hiait. JSccles,, L. VI^ c. xxviii. )

(a) QuifugUf cùm quotidiè anxius

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vers 1740, y étoit venu résider après avoir exercé son ministère en une paroisse de campagne d'où il avoit été forcé de s'éloigner, par suite de son opposition aux erreurs de la constitution dviiô du cUrgé. Resté à Lyon jusqu'à la fin de 1793, il remplit avec zèle les fonctions sacerdotales, pour l'utilité des catholiques. Sur la fin de cette année, lorsqu'il failoit tant de victimes à la commission révolutionnaire que les proconsuls de la Convention à Lyon avoient établie en novembre ( V. Lyon ), Etienne Saignemorte fut arrêté , et on le jeta dans les prisons de ce monstrueux tribunal. Elle l'appela pour le juger, le 26 pluviôse an II (14 février 1794) ; et il se montra d'une constance invariable dans le véritable esprit du sacerdoce : ce qui le fit envoyer à la mort, comme «prêtre réfractaire et prêchant le fanatisme 9. Son âge étoit alors de 54 ans. {F, J. F. X. Roux, et Saint-Aubin.)

SAINGURLY (Jean), prêtre Bénédictin de la congrégation de Saint -Maur, dans le monastère de Sauve, au diocèse d'Alais, né à Mont-de-Marsan , sur celui d'Auch, en 1716, étant jeté, par

inùmconun expectat incursus , mortem fugd leviorem existùnat, quapropter qui in fugd intereunt , haud inglorU moriuntur, sed ipsigioriam consequMmr tur martjrriL (S. Athanas. jipolQg, de fugd sud, )

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la révolution, hors de son cloître, à l'âge de y 5 ans, vint se réfugier en son pays natal. On Vy regarda comme un prêtre insermenté dont il importoit à Timpiété de se dé^ faire, au moins par une déporta*»

tion ii la Guiane. Traîné à Bordeaux, il en fut poussé jusqu'à Blaye,pour le plus prochain embarquement (f^. BOBDEADX). Lu, on le plongea,'dès son arrivée, dans un souterrain du fort*de TUe-du- Pâté , où il eut des maux inouïs à souffrir. Ces maux raccablèrent , sans que les gardiens eussent la moindre pitié pour lui. Ils ne le firent point transporter à Thôpital ; et Saingurly mourut dans cet affreux cachot, le 9 pluviôse an II (28 janvier 1794 ) , à l'âge de 78 ans. Ce fut dans le fort même qu'on l'enterra , deux jours après. ( f .

V,RozAN, etL. Saulniee. )

SAINSON (Pieere), religieux, mais simple frère convers d'un couvent d'Augustins, dans le diocèse de Périgueux, fut une de ces victimes dont la mort prouva, de la manière la plus frappante , qu'on Youloit détruire tout ce qui avoît appartenu à la religion, et que c'étoit à cause d'elle qu'on les faifioit périr. En aucune façon le frère Sainson n'avoit pu être requis de prêter le serment schisroatique de 1791; et par conséquent il ne pouvoit avoir été obligé , par la loi de déportation , à sortir de France : mais 9 dans la petite ville de Mussidan, où il

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s'étoit retiré après la suppression des ordres monastiques, il se conduisoit en bon religieux, et en édifioit les hahitans. On l'arrêta ; et on le conduisit dans les prisons de Périgueux. Le tribunal criminel du département de la Dordogncy siégeant en cette ville, se plut à le considérer comme « un réfractaire » , et le condamna, en cette qualité, à la peine de mort, qu'il subit le lendemain. Cette sentence fut rendue le i4n)essîdor an II (2 juillet 1794)*

SAINT - AGNAN ( Feauçois- Abnavd de), prêtre du diocèse de Séez , y remplissoit les fonctions de vicaire. Il se les vit interdite» en 1791, par les autorités révolutionnaires , parce qu'il avoit ^fusé le serment schismatique de cette époque. Saint-Agnan vécut alors très-retiré, dans la ville de Séez, remplissant, autant que les cir-« coustances pouvoient le lui permettre, les devoirs du sacerdoce.

Il n'obéit point à l'inique loi de la déportation ; et , quand il se vit y en 1794» sur le point d'être atteint par la persécution , devenue plus furieuse en son département , celui de VOrtie, où il étoit trop connu , il se réfugia du côté de Falaise, sur le département du Calvados ; mais il n'y fut pas mieux en sûreté. On l'arrêta, et on le conduisit dans les prisons de Caën. Le tribunal criminel de ce dernier département, siégeant en cette ville I se le fit présenter; et^

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d'après ses réponses > dictées par la Téritéy s'étant convaincu qu'il n'ayoit point prêté le serment de la constitution civile du ckrjféf il le condamna » comme « prêtre réfractaire », à la peine de mort.

Cette sentence fut rendue le 9 fructidor an II ( a6 août 1 794 ] 9 et exécutée le lendemain , c'est-, à-dire un mois après la chute de Uoberspierre.

SAINT- ANDRÉ ( Loris -Joa- GBiM DE ) 9 chanoine. ( V. L* J.

Lk Roche.)

SAINT-AUBIN ( Jeih-Mahiiii de)) prêtre, né en 1727, à Moulins en Bourbonnais, et chanoinebaron de Téglisc collégiale de Saint-Just de Lyon , depuis 1767, j ayoit la dignité de preTÔt depuis nombre d'années. Les réformes anti - religieuses que l'Assemblée Constituante fit en 1791, le priTa de ses bénéfices par la suppression des chapitres ; mais elle n'ébranla point sa Foi Q^r l'établissement de la constitution civiit du clergé.

6aînt-Aubin, plus que sexagénaire, ne sortit pas de France, lors de la loi de déportation du a6 août 179a; et, mant fort relire , il crojoit encore pouvoir servir Dieu sans danger pour sa y le. Mais, après le siège de Ljon^ lorsque la Convention se montroit si avide du sang des prêtres ; lorsque ses proconsuls eurent établi dans cette ville une commission révoiuiionnaire chargée spécialement de les détruire jusqu'au

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dernier, ]# chanoine Saint-Aubin se vit recherché , saisi et jeté dans les prisons ( F, Ltoh ). Il comparut devant le féroce tribunal le 29 pluviôse an II ( 17 février 1 794)9 à l'âge de 67 ans ; et, à raison de ses principes religieux , comme de sa naissance et de son état , il fut envoyé à la mort en qualité d« « prêtre, ex-noble et contre-révolutionnaire ». {V, £. SlIGNE- HORTB, et C. SAIHT-DlOIEa ).

SAINT-AULAIRE (Antoine- Claude -Auguste Bbaupoil de ), jeune prêtre de 27 uns, achevant à peine sa licence au collège de Navarre , à Paris , continuoit d'y demeurer en 1792, malgré les orages que la révolution avoit excités contre les plus respectables établissemens de nos pères en faveur de l'instruction publique.

Il étoit proche parent de ce vénérable èvêquede Poitiers, Martial- Louis de Beaupoil de Saint- Aulaire, qui, lorsque, le 4 janvier 1790 9 à l'assemblée dite Constituanttf on demanda le serment de la constitution civiie du clergé 9 se montra si digne. successeur de ce Saint - Hilaire par qui le siège de Poitiers avoit été si fort illustré dès le quatrième siècle ( i). L'abbé de Saint-Aulaire

( I ) Oubliant le poids des années , il se hâte de monter à la tribune , sans y être appelé : « Messieurs , dit il avec une iotn^pidité apostolique, j'ai soixante et dix ans ; trente -trois d*épiscopat. Je ne souillerai pas nie5

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n'eut pas une moindre fermeté dans sa Foi, lorsqu'il vit tourner contre lui-même la haine et les scntimens de vengeance dirigés contre ce prélat intrépide, déjà sorti de France , en même temps qu'il devenoit,enson particulier, l'objet des fureurs des impies.

Arrêté après le lo août 179a, il refusa solennellement, devant le comité de la section , le serment schismalique, et fut emprisonné dans le séminaire de Saint-Firmin. Il s'y raffermit dans ses généreuses dispositions , par les beaux exemples de ses vénérables compagnons de captivité; et, le 3 septembre, lorsque les assassins vinrent pour les punir de cette sainte et courageuse constance, l'abbé de Saint-Aulaire ne démentit point la sienne. Il pérît comme les autres , pour la même cause , et de la même manière. {F. Septembre. )

SAINT-DIDIER (Claude de), jeune prêtre du diocèse de Lyon

cheveux blancs par le serment de vos décrets : non, je ne jurerai pas ». Il eut la gloire de voir tout le clergé de ]r droite se lever en signe d'adhésion. Cette profession de Foi, prononcée par un pontife couvert des mérites de son iipostolat , imprima un saint respect ; et le nom de Saint- Aulnire, défenseur de la Foi contre les impies du dizhuiticme siècle , sera désormais aussi inséparable de Poitiers, que celui de Saint- Hitairc, qui, dans le quatrième, vengea contre Ariuf la consubstanlialité du Verbe.

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né à Saint -Didier -sur -Beau jeu, en 1765, se cacba, pendant le plus fort de la révolution, dans le hameau de La Mure, non loin de son pays natal. Il s'étoit soigneusement abstenu desoiûHcr sa conscience et de compromettre sa Foi par la prestation du serment de la constitution civile du cierge. Etant découvert et arrêté après la reddition de Lyon ( V.

Lyon ) , il fut amené dans les prisons de cette ville , pour être jugé par la commission révotutionnaire. Il parut devant elle comme un généreux confesseur de J.-C. , refusant, non seulement avec fermeté le serment de 1791 et celui iVégaiité - liberté ( F. M* Sage) , mais encore la tradition de ses lettres de prêtrise. £n conséquence , on le condamna à la peine de mort, comme « prêtre fana»

tique , qui ne reconnoissoit ni ne vouloit reconnoître les lois de la république». Cette sentence , rendue le 16 germinal an II ( 5 avril 1794 )» fut exécutée le même jour. Claude Saint -Didier n'avoit que 5i ans. (F. J. M.

SiiNT-AvBiN, et G. J. Sabcrior. ) SAINT-GILLES (iV... ) , prêtre, chapelain prébende de la cathédrale d'Angers , n'ayant point voulu prêter le serment schismatique de 1791, ni celui de liberté^ égalité^ étoit odieux aux impies révolutionnaires. Son âge le dispensant de sortir de France, lors de la loi de déportation^ ils Teo-

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fermèrent ; et la loi ne permeltoit pas de lui infliger d*autre peine.

Mais toute justice acheva.de disparoître devant la tyrannie du proconsul Francastel, arrivé dans cette ville vers la fin de i^gS ( V»

Ahgcrs ). Saint - Gilles se trouva compris parmi les cinquante-huit prêtres âgés ou infirmes que , vers la fin de novegibre, il envoya & Nantes y où son collègue Carrier les attendoit pour les faire submerger dans ses bateaux à sou-^ papes ( ^. Nautes). Ce respectable ecclésiastique le fut dans la nuit du 9 au 10 décembre, comme ceux de Constantin ople que Tempereur Yalens avoit fait périr d'une manière à peu près semblable, et que i*£glise honore comme Martyrs, le 5 septembre.

( K. AoussBL, de Saint-Maurille ; et SvoHET, de Saint-Michel.)

SAINT-JAMES (Pi^bb), l'un des prêtres desservans de lliospice de Notre^Dame-d&^ta-^Pitié , à Paris, ayant refusé le serment de la constitution civiie du dtrgé^ fut dès lors, en butte à la haine des impies réformateurs , malgré son ministère de eharité.

Cette haine croissant avec les circonstances qui la faTorisoieut ^ Saint- James, après la fatale journée du lo août 179s, fut recherché pour être enfermé. On l'arrêta dans son domicile 9 rue de Sainte Victor, et on Técroua dans le.

séminaire de«.^am^-jPfr«n»n, le jour même où il étoit converti eo

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prison pour les pieux ecclésia»-' tiques qui Thabitoient, c'est-àdire le i5 du même mois ( V, SErrcMBEE). Viugt-un jours après»

W y fut massacré arec eux, et périt ainsi le 5 septembre 1 792 , A l'âge de 4B ans.

SAINT-LLC (Sœur de), religieuse* { y. V. Vabin» )

SAINT-MARTIN (Guillaijme), prêtre du diocèse de Séez, vicaire en la parolfise de Marcé , et né »

en 174^, à Courbe, près Argen* tan , fut une des premières yictiraes qu'immolèrent, en 1799^ les ennemis de la religion. Ils ne .se donnèrent pas même la peine de é recourir , pour cela , au prétexte du serment, et de dissimuler leur haine pour la Foi. Desoi -disant patriot€odii Pont-Ecrepin » stimulés par de non moins pervers qu'eux, ou agissant de leur propre mouvement, suivant Pçsprit réformateur d'alors, vinrent enle* ver ce vicaire du sein de sa famille, pour le conduire , disoientils, a Falaise. £n passant à Pont- Bcrepin , ils s'arrêtèrent devant VaHfTC de ia iiéerté^ et lut ordonnèrent de renoncer au Pape et à sa religion. Il répondit : « Vous pouvez m'immoler ; mais je reconnoitrai toujours dans le Pape le successeur de saint Pierre, \e dépositaire de son autorité , le TÎcaire de Jésus-Christ sur la terre ; et je mourrai fidèle à la religion catholique , apostolique et romaine » . Les impics ajoutèrent de

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nouyeauz outrages aux outrages mencé Texercice du saint mini»précédens 9 en lui répétant la tère , à la chapelle de Langle » même proposition ; et ils les aug- après quoi il fut curé suppléant mentoient à chacun de ses refus, à Saint-Uriel 9 à Lislence , puis D'abord ib lui coupèrent les che« vicaire au hameau du Virier. veux, et ensuite une oreille : trai- Ces différentes paroisses , ajant tement non moins cruel que celui peu d'habitans , lui aroient laissé qu'on fit subir à de saints confes- le temps de s'exercer beauseurs 9 dans la persécution Yan* coup dans le ministère de la prédalique (1). Enfin 9 dirigeant trois dication, pour lequel il se senfusils à bout portant, l'un sur son toit une vocation particulière. Il cœur, le second sur sa poitrine, le parvint même à prêcher d'abontroisième à sa tête, ib le somme* dance , avec une facilité qui serrent encore de renoncer au Pape voit merveilleusement au déveet à sa religion. Il répondit plus fer- loppement de l'onction que son mement que jamais , de la même âme portoit dans tous ses dismanière; et les trois coups par- cours; et sa vîe, qu'on sa voit être, tirent à la fois : son corps tomba non seulement régulière , mais au pied de Varire de la prétendue encore très-mortifiée , ajoutoit à iih€Tté\ et son âme, dégagée de leur efficacité pour toucher le<^ son corps et de ses parsécuteors, pécheurs , et sanctifier de plus cii s'envola dans les eieux ; car il plus les justes. Son digne évêque mourat comme ce saint Acepsime ( f^. 13. R. db Huci ) , aux tra^ dont l'Eglise célèbre la fête le as vaux duquel il s'associa , dans le» avril (a). missions que donnoit lui-même

SAINT-MARTIN (J. Josbpb), ce prélat, voulut , connoîssant

Sulpicien. ( V. J. Jl* Jogb. ) son mérite , lui faire accepter la

SAINT-PEZ (Chamlbs), curé cure importante de Saint-Coude la paroisse de Lancalen , sur lomb , près Dol ; mais Sainl-Pex le diocèse de Dol, en Bretagne, la refusa par humilité, disant né dans le même diocèse , à Aos- que , s'il étoit appelé au gouverlandrieux, en 17499 avoit com- nement d'une paroisse, il en préféreroit une qui seroit éloignée

(1) ^ eapiu, crinïbus eol&gatû ae des villes, et où il n'uuroit que

ufhementiiu êiringentes ^simiUcum ca^ des pajsaus À conduire dans les

piUi$ omnem peUiculam capûû au/kne* voies du salut : ce fut pour con-

6aii*.JS. Victor . de Perscmt. kun- descendre à ses vœux qu'on lui

*/ s'w't's -» r»f • .• conféra la cure ignorée de Lança*

(•2) Inter uciûntmmanus pro Chnstt ° ,

testùnonio mortem oppetià. ( Asscmau , wn. 11 M se borna pas à y repan-

pars !• pag. i83. ) dre généralement l'amour de la

vertu 9 la pratique de la religion ; il en soulagea les io fortunés par toutes les ressources que son industrieuse charité .pouvoit lui fournir. La révolution vint le troubler dans ces pastorales occupations 9 en exigeant de. lui le serment schismatique de 1791 : il le refusa; et 9 chassé pour cette raison de sa paroisse » il revint dans sa famille, à Roslandrieux. Trop noté par les impies réformateurs pour y rester sans danger 9 après la loi de déportation 9 il sortit de France 9 et passa ù Jersey. Mais 9 dès son arrivée dans cette île 9 Saint - Pez se reprocha d'avoir abandonné ses paroissiens à des périls qui s'augmentoient chaque jour pour leur Foi ; et un mois s*étoit ù peine écoulé 9 qu'il pria son évêque 9 auprès duquel il se trouvoit9 de lui permettre de rer tourner en Bretagne. Le saint et sensible prélat essaya d^ l'en dissuader 9 en lui représentant que ce seroit aller à la. mort (F, cidevant 9 Pie VI 9 pag.«!igj9 et ti^. II 9 pag. 595 ). « Cela est probable 9. répondit Saint -Pez; mais qu'importe ? mon troupeau a besoin de moi : je dois me sacri* fier pour lui » • L'évêque céda ; et Saint -Pez se rapprocha de ses ouailles 9 s'arrétant 9 par prudence9 à Roslundrieux. De U 9 il veilloit sur elles; et « embrassant dans son zèle les catholiques de plusieurs autres paroisses, il étoit en course . )our et nuity pour leur porter tous

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les secours de la religion. La Providence le Ct échapper aux agens de la persécution jusqu'au a8 avril 1794^ mais 9 le soir de ce jour- là 9 qui étoit le lendemain du dimanche de Qtuuimodo 9 lorsqu'il alloit administrer un malade au village dit VAMayt, près de D0I9 des soldats et des gardes nationaux 9 parcourant le pays 9 selon les vues de la Convention, le surprirent et l'enunenèrent à Dol 9 en l'accablant d'insultes et de mauvais traitemens. Un jeune homme trèspieux 9 qui l'accompagnoit dan^ ses courses apostoliques 9 avoit été pris avec lui ; et Spint-Pez Tanimoit sans cesse, en lui disant :

«Te sens-tu le courage suflisant tpour subir le martyre? Pourrols- .tu n'être pas bien résigné à souffrir une mort injuste 9 après que notre Sauveur, qui jamais n'avoit péché 9 l'a soufferte pour nous qui ne sommes que de misérables pécheurs? »• Ce jeune compagnon lui causok une joie iodi^ible , en lui faisant cionaoltre sa généreuse résignaliou. Mais celui-ci fut mis en liberté; et 9 le va ipai.9 des gendarmes emmenènsnt le euré»

otroit^mefit garrotté 9 à Saintrldalo9 pour y être jugé par la oomiQîssion raiiiUJfiT^^ qui . y laisoj^ tai^t de victimes. Son jeune^assistant semble n'avoir été sauvé que pour raconter les actes de vertu et de pénitence du saint prêtre 9 qui 9 dans ses courses comme dans sa prison , préféroit

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la nourriture la plus commune, couchoît tout habille sur une simple paillasse, et souvent sur le plancher, se levoit souvent dans la nuit, pour prier à genoux, et même la faee contre terre. Une de ses nièces, dont il avoit été le parrain , et qu'on arrêta parce qu'on trouva sur elle un catéchisme, étant amenée dans la prison de Saint-Malo,oû Saint-Pez se trouvoit déjà, il lui dit en la voyant: a Que Dieu nous fait de grâces, ma chère filleule , de souffrir pour son amour I Pardonnes-tu à tous tes ennemis ? Aie du courage :

notre souffrance ne sera pas longue ». Mais la pieuse villageoise n'eut pas le sort de son oncle, qui, amené, le 24 floréal an II ( i5 mai 1794)9 devant la commission fni/ifaiVe, fut condamné de suite au supplice de la guillotine', eomme « prôtre réfractaire». L'heure de le conduire à l'échafaud étant arrivée , le bourreau vint î\ la prison, et commença par lui couper les cheveux, suivant l'usage ; mais , dans so brutale férocité , il lui coupa aussi les oreilles; et le saint prêtre, déjà couvert de sang, ne laissoit échapper aucune plainte. Lorsqu'ensuite l'exécuteur se mit à le lier très-douloureusement, il se contenta de lui dire : « Je n'ai pas la volonté de m'cvader : fe suis loin de craindre la guillotine ».

Sa marche à l'échafaud fut celle d'un Ange qui , ne tenant point à

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la terre, s'envole dans le séjour céleste. Il monta sur l'estrade de la mort avec assurance y et livra sa t(3te au bourreau, qui, en l'attachant , le frappoit durement avec le genou , et lui disoit : « Tu ne l'échapperas pas » . Fut-ce à dessein , pour aggraver l'horrible supplice, ou par un effet de sa maladresse , que cet exécuteur ne détacha point la tête du Martyr par le premier coup de la hache meurtrière ? Elle ne lui enleva d'abord qu'une partie du visage. Un second coup n'abattit qu'une portion de la tête; et ce ne fut qu'au troisième qu'elle tomba. On raconte plusieurs miracles opérés par l'intercession de ce saint prêtre :. nous ne répéterons pas ce qu'on en a déjà écrit.

SAINT-PRIVÉ ( Jban - Fiiahçois), curé de Champ -le- Duc, au diocèse de Saint-Dîez, et né à Ghaulnes en Picardie , vers i^SS»

ne voulut point faire le serment schismatiqne de 1 791 ; et sa cure fut donnée à un sectaire de la constitution civile du clergé* Les persécutions que ce refus lui attira n'allèi'ent pas jusqu'à lui arracher la vie , parce qu'il évita le fer dès persécuteurs. Leur traîtresse tolérance des années 1796 et 1797 lui devint phis funeste.

La crise révolutionnaire du 18 fructidor ( 4 septembre 1797 ) ayant éclaté , en produisant le lendemain une loi de déportation è laGuiane (^. Guiane)^ ce curé.

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qiii étoit à SaiiU-Diez , fut arrêté et conduit à Rochefort, pour eu être déporté à laGuiane. On rembarqua , le 12 mars 1798, sur la frégate ia Charente; puis , le a5 du mois suivant 9 sur la frégate ia Décatie. Ce qui prouve & quel point d'aveuglement étoit portée 9 dans cette circonstance 9 la fureur des persécuteurs» c'est que le prêtre jureur qui avoitusurpé^en intrus 9 la cure de Saint -Privé 9 après l'expulsion de ce légitime pasteur 9 étoit déporté avec lui.

Pendant tout le temps qu'ils se trouvèrent ensemble , celui - ci traita l'usurpateur avec toute la cbarité évangélique. (C 'étoit un nommé Dieudonné Colné, ci-devant vicaire dans le diocèse de Saint-Diezy qui revint ensuite de la déportation 9 en passant par la Martinique.) Mais cette charité ne put le convertir. Arrivé à Cayenne vers le milieu de juin , Saint- Privé fut réclamé par un. honnête habitant de cette ville 5 nommé Malvin» auquel il avoit été recommandé ; et il resta chez lui. Néanmoins les malignes influences du climat ayant trop d'activité sur un corps afibibli par tant de fatigues et de souffrances 9 ce curé succomba. Il mourut dans le courant de décembre de la même année 17989 à l'âge de 46 ans. ( V. N. J. Roter, et J.

Samtbrbc )

SAINT-RÉMY (iV... DE ), l'un des prêtres massacrés aux Carmes

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de Paris, le 2 septembre 179:^9 est sans titre ni noms de baptême sur le registre mortuaire de Vétat~civii de Paris. Des listes imprimées le disent chanoine, sans indiquer l'église collégiale à laquelle il appartenbit, ni de quel pays il étoit. Les circonstances de son emprisonnement et de sa mort, suffisent, au reste, pour montrer qu'il périt pour la cause de la religion catholique. (^. Septembre.)

SAINT-SACREMENT {ScBur du ) , religieuse. ( F. Gères. )

SAINT-SAUVEUR(iV...),cité le cent dix-septième sur le registre mortuaire de Vétat-civii de Paris, parmi les prêtres massacrés aux Cairmes, le a septembre 179a, est sur ce registre sans aucune qualité. Une liste, imprimée à Londres en 1 793, d'après un mémoire de l'abbé Lapiie de la Pannonie, échappé au massacre, qualifie Saint-Sauveur, de chanoine de Sens ; mais la France EccÙsias- %i4fue de 1789 nous apprend qu'il étoit seulement un des deux chanoines semi-prébendés de l'autel de la Madeleine, dans le trénor de l'église cathédrale de Sens. Prudbomme, en ses listes, le nomme Prasset de Saint- Sauveur. Quoi qu'il en soit, on comprend que ce chanoine étoit venu chercher à Paris la sûreté que les prêtres catholiques de Sens n^y trou voient plus depuis l'établissement du schisme é^Xdi constitution dviie

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du clergé. Son notoire altachement à la saine doctrine motiva renlèTcment que les im])ies firent de sa personne, quelques jours après le terrible lo août 1792; et ce fut parce qu'il refusa de trahir sa Foi devant le comité de la section du Luxembourg , où il étoit traduit, que ce comité l'envoja prisonnier dans l'église des Carmes. Dévoué par cela même à la mort qu'y attendoient tant d'autres généreux confesseurs de Jésus-Christ ( V, DrLAU ) , il la reçut avec les mêmes sentimens, en appréciant comme eux le bonheur de mourir pour conserver sa Foi. ( F, Septembhb. )

SAINT-SAUVEUR ( Ardbé ) , prêtre. ( V, A. Grasset. )

SAINT-SIBERT ( Jeanke-Ma- BiB ), religieuse Bénédictine du diocèse de Saint- Malo, née dans cette ville en 1754 9 y resta après la destruction des ordres monastiques. La vie édifiante qu'elle y menoit irrita les révolutionnaires en 1793 : elle fut arrêtée comme vfanatUpie et comme suspecte » .

Vers le printemps de l'année suivante, on la conduisit h Paris, pour y être jugée par le tribunal révolutionnaire. Ce tribunal la fit comparoitre devant lu?^ le a messidor an II ( ao juin 1794)* Comme il n'avoit point de grief légal qu'il pût alléguer contre elle^ il chercha A s'en procurer, en interrogeant cette religieuse sur ses sentîmens relativement aux lois

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