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voit bien être celui dont îl fui curé. Il fut saisi, en 1794» ^t amené dans le» prisons de Périgueni. £n cette ville siégeoit le tribunal criminel du département de la Dordogne^ qui , le 27 messidor an II ( i5 juillet 1794)9 ^^ condamna , comme « prêtre réfractaire » à périr sur Téchafaud; et sa tête y fut abattue le lendemain.
SAftlSON(iV ), dont on ne
voit ni le nom de baptême» ni les titres 9 sur le registre mortuaire de r^^t-cttri^deParisyOÙ iise trouve parmi les prêtres massacrés aux Carmes f le a septembre 1792»
est désigné » dans des listes particulières 9 cohime vicaire de la paroisse de Saint-Leu. Puisqu'il fut arrêté après le 10 août de cette année, et condamné à être enfermé aux Carmes f comme prêtre non-assermenté 9 il devient évident, i*. qu'il avoîl été renvoyé de son poste de vicaire , par l'autorité laïque 9 pour n'avoir pas voulu trabir sa Foi par le serment de la eonsUttUion civUe du etergé; a*, que 9 devant le comité de la section du Ltioceméourg, par lequel il fut ccroué dans l'église des Carmes, il avoit refusé de nouveau ce serment. Un tel refus 9 qui devenoit une bernique profession de Foi 9 en présence des dangers imminens auxquels il s'exposoit ; ce refus 9 qui fit emprisonner le vicaire Samson, avec beaucoup d'autres
intrépides confesseurs de Jésus- Christ (f^. DvLAv), étoit l'unique cause de sa mort, lorsqu'on vint le massacrer avec eux , le second jour du mois de septembre suivant. ( F, Septbmb&b. )
SANDRIGOURT ( Charles- Fa iNÇois-SiMBON Vebmavdois ni Saint-Simov-Rovv&oy-) , Évêque d' Agde, inscrit dans les actes du tribunal révolutionnaire de Parrs , sons les noms de « Charles-François-Siméon Saint-Simon (t), demeurant en cette ville 9 rue de Grenelle-Germain (a) , n** Sa 1 » ,
(1) Celui de yermandois y est omis y comme il ]*ayoit été dans las anciens Aimanachs royaux^ notamment ceux de 1^65 et 1780 ; mais on le retrouve dans celui de 1790, ainsi que dans la France Ecclésiastique du la iqéme époque, où l'on ne revoit plus le nom de Stdni^Sùnon, Noum avons pris pour guide la suscrrption du mandement que ce prélat avoit mis à la tête du bréviaire qu'il donna , en 1765, à son diocèse. Sa famille se rattachoit A cet Herbert 11^ comte de Yermandois qui, de connivence avec aon cousin-germain maternel et beaufrère y Hugues U Bianc , père de Hugues Capilioy emprisonna le roi Charles IV, dit le Simple, mort en 929, dans le château de Péronne, après six ans de captivité, et qui, aspirant comme Hugqes à la couronne de France, le tint en échec pendant longtemps, de concert avec l'empereur Olhon,si bien que le fils de Hugues le Blanc ne put usurper le trône qu'en 987.
(a) Au lieu de Saint-Germain, Le mot Saint étoit proscrit.
vit le jour à Paris 9 en 1728, et y fil ses études ecclésiastiques.
Etant promu au sacerdoce, il devint d*abord, en I733, vicairegénéral de révéque de Metz; et 5 en 1759, le 6 mai, il fut sacré évêquc d'Agde. L'un de ses premiers soins fut « conformément aux vœux de Pie V, de Clément VIII et d'Urbain VIII, pour toutes les églises, la réforme du bréviaire de son diocèse , qui étoit encore empreint de la rouille du moyen âge. Celui qu'il donna en 1765, étoit digne des plus beaux jours de la religion; et il le fit précéder d'un mandement , dans lequel on admira sa vaste et profonde connoissance de l'antiquité ecclésiastique, ainsi que son talent supérieur pour écrire dans la langue de Cicéron. C 'étoit avec une éloquence animée par un cœur vraiment épiscopal, qu'il y regrettoit ces beaux siècles du christianisme où l'on préconisoit, aussitôt après leur mort, les glorieux noms des Martyrs, où les chrétiens priant pour les persécuteurs , déployoient ensuite tant de constance dans les tourmens. Il rappeloit avec envie cette utile et belle coutume de lire leurs actes dans les assemblées des fidèles, et cette règle de placer les plus anciens d'entre les prêtres, dans les postes du sanctuaire les plus rapprochés de l'autel. A cela près, il y décrivoit d'avance ce que nous avons vu dans ces derniers
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temps ( I ). Expulsé de son diocèse»
en 1791, pour n'avoir pas voulu consentir à la prestation du serment de la constitution civlte du clergé , et pour en avoir détourné ses prêtres, il s'étoit retiré dans le lieu de sa naissanre y où il vivoit paisiblement , dans une sorte d'obscur itv*. Ce fut moins son grand âge que son désir de continuer à servir l'Eglise de France, qui le détour-
( I ) Senes aderant, altari vicùiiorei. pronis frontiâus cemui, non éttate, non metu fractiy pleni Deo.^ Stabant fidèles...» Martyrum ^loriosa nomina l'Ocantcs , pro persectUoribus orantes , dit/inam in tormentu consiaruiam pre^ cabantur , animas projecturi,^ Templum erat non auro rutiianti àecoratum , non gcmmis preùosissimis , sed pattpej*e cuàu, et cœlesti pietale adornatum. L'érudition de Févéqae Sair.t- Simon-Sandricoiirt 3 s'étendoit bien au-ddi des matières ecclésiastiques.
M. Lautârd, secrétaire perpétuel de rAcadcmie des sciences, lettres et arts de Marseille, nous rappelle, dans ses Lettre» sur cette ville , imprimées en 1818, que la mieux fondée desélywologies du mot celtique ntas , dbnt se compose le nom latin de Marseille, Massilia , fut trouvée par ce docte prélat. Il avoit démontré dans une dissertation, que mas , en langue critique, signifîoit ^^meufv, habitation ^ et que les Phocéens qtii, en débarquant,, fixèrent la leur sur cctte.plage , s'appelant Saliéns , il en ^étott résulté le mot composé Mas-Salia « transformée dans la suite en Massilia.
Le savant Larcher préféroit celte explication de l'évoque d*Agde à toutes led autres.
na de 8*euler après le décret de déportation. Les exécuteurs de Taiorreuse loi des SuspecU ( V, Lois ) Tinrent Tenleyer de sa demeure 5 yers la fin de 1795, et l'enfermèrent dans un hôtel d*é« migré 9 dont ils ayoient fait une prison y dans la rue de Sèvres 9 pour suppléer à ce qui leur manquoit de maisons de détention , vu l'immensité de personnes qu'ils mettoient en captivité : et c'étoit le comité révaiutiannairô de la section àe la Croix-Rouge, s'appelant alors du BonnU-Rougt , qui avoit converti, de son autorité privée, cet hôtel en prison. Depuis le 30 septembre 179391! n'avoit cessé d'y enfermer, l'une après l'autre , les personnes les plus considérées de ce quartier.
Cependant, en juillet 1794 9 sur cent soixante prisonniers , deux seuls en avoient été extraits ^ pour être immolés, lorsque, le 7 thermidor an II (a5 juillet 1794)9 à cinq heures du soir, un huissier du tribunal révoiuiionnairt , suivi d'un grand chariot , traîné par quatre chevaux , et accompagné de quatre gendarmes, vint, avec des actes d'accusation à la main , j chercher des victimes.
L'évêque d'Agdc fut alors appelé par lui d'une manière cruellement dérisoire. L'huissier, en lui notifiant son acte d'accusation , affec^ toit ironiquement de le qualifier de Monseigneur, Après en avoir intendu la lecture, le vénérable
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prélat, figé de 0% ans, s^avança d'un pas ferme vers le chariot , « sans que son visage éprouvât la moindre altération, et comme s'il ïe fût rendu à quelque cérémonie où son rang l'eût appelé», suivant que l'attestent des témoins oculaires de cette circonstance de sa vie ( V. Vjéifnanach des Prisons, publié en 1796). Il partit ainsi pour la Conciergerie, avec vingt-neuf autres personnes : un gendarme leur avoit déjà fait pressentir indirectement leur mort très - prochaine , en disant aux prisonniers qui res* toient que le chariot revîendroit le lendemain pour les prendre. Ce lendemain même, c'est-à-dire le 8 thermidor ( a6 juillet 1794)^ révêque d'Agde fut traduit , avec ses vingt-neuf compagnons devant le tribunal révotutiannaire , qui le condamna comme eux à la peine de mort par une seule sen-* tence, dont la teneur consistoit seulement à leur appliquer en général, par une simple citation, les articles IV, V, VI et VII de la loi du 32 prairial {F, notre tonl. I, pag. 345). Par là, il se trouvoit de même envoyé à l'échafaud, comme «ennemi du peuple, ayant provoqué le rétablissement de la royauté, ou cherché à avilir et dissoudre la Convention natio* nale et le gouvernement révolutionnaire et républicain, dont Me est le centre » . Malgré le vague des expressions de ce jugement ^ il
n'en faut pas moins regarder comme très-authentique 9 l'expéditioRquienfutdéliyréey en 1795, par l'avocat Target 9 alors garde des archives, Inquelle, envoyée à Rome 9 excita si fort Tattendrissement de Pie YI. Elleportoit que notre évoque d*Agde avoit été condamné « pour s*êlre constamment refusé au serment qu'on exigeoit de lui; pour avoir cmpê* ché ses prêtres de le prêter ; et à cause de ses lettres pastorales et mandemens répandus avec profusion dans son diocèse » . C'étoit le résumé des dépositions faites contre li i 9 et surtout de l'acte d'accusation de Fouquicr-Thinville, en ce qui le concernoit.
Nous y lisons en effet les phrases suivantes, dans lesquelles seules consista l'accusation , et que nous c< pions sur l'original même :
«Saint-Simon,ex-évêqued'Agde , disoit Fooquier, est tout à la fois un fanatique et un contre-révolutionnaire. Il s'est toujours refuse à prêter le serment exigé par la loi. Dans tout son ci-devant diocèse , il n'a tenu que des assemblées suspectes et composées d'ennemis de la chose publique (c'esl-Â-dire de ses prêtres fidèles).
Pour se faire une idée de cet individu, il ne faut que jeter un coup d'œtl sur sa correspondance ( Elle attestoit son zèle pour le maintien de la Foi ). Le a6 décembre 1791» tiû prêtre réfractaire lui écrlvoit : Monseigneur ,
puissent des temps plus heureux vous ramener auprès de nous! Dans cette même lettre , on lit en pogtscriptum : Le décret sur les troubles religieux ( f^ notre tom.
1 9 pag. i35 ) a effrayé, mais n'a ébranlé aucun de ceux qui vous sont restés fidèles. C'est moins la privation de nos biens que nous craignons 9 que les moyens et les prétextes qu'on fournit à nos ennemis, de nous persécuter : aussiun grand nombre s'est déterminé à s'expatrier. M. Mazuc ( promo^ teur de l'officialité ) a déjà donné l'exemple ; M. Bourbon , entre autres 9 est sur le point de l'imîter ; mais le délai de la sanction du Roi différera son départ , ainsi que celui de tous les autres. »
Pie VI 9 en lisant l'expédition de Target, pleura de joie comme de douleur; et, la baisant avec transport , il s'écrioit : « Qu'on dise donc que tous ces prêtres ne meurent pas pour la Foi! Voilà bien de vrais Martyrs (1) », Aprèscette observation que Venthtmsiasfne n'empêchoit pas d'être judicieuse, et qui n'étoit accompagnée d'enthousiasme que parce qu'elle étoît judicieuse , le grand et vénérable Pontife, s'appropriant celte expédition, la mit respectueusement dans les petites archives de son cabinet particulier , où il rccucilloit avec soin toutes les pièces authentiques qui ctoient relatives à notre per-
(i) A', ci-devant, page 329.
sécutiOD ( V. Pu YI }. L'éTêqtie d'Adge étoit allé à la mort, le jour même de sa condamnation»
avec la fermeté d'un confesseur de la Foi, et même ayec la dignité épiscopalc) accompagné de quatre prêtres ( J. B. Moihbav 9 J. J ah-
THIA, J. MAATlNy et P. F. DEGAIX),
comme s'il alloit remplir une des plus augustes fonctions de Tépis* copat. Il sembloît dire comme Saint-Ignace, érêque d'Antioche:
« £h! d'où me yient tant de bonheur que j'aie mérité d'être offert à Dieu comme une hostie propitiatoire, avec mes flis (1) ?> Cette immolation eut lieu à la barrière duTrénc{F'. ci-derant^tom. II, pag. 217. )
SANGUE ( Thébess ), femme.
( F. V>^ Bbavaidoit. )
SANTERRE ( Jacqvbs ), prêtre du diocèse de Nantes, habitant la paroisse de Feret, près Châteaubriant, comprise, depuis la rérolution, dans le département du Morbihan, j manifesta, lors des innoyations schismatiques de 1791, la volonté de rester inviolablement attaché à l'Eglise catholique , quelque danger qu'il pût courir. Son ministère sacerdotal en cette contrée fut secondé par son neveu, qui, expulsé de la paroisse de Guérandes pour refus du serment schismatique , étoit Tenu se réfugier auprès de lui.
(1) Af umiè mihi tantàm boni ut effo mertar cumjilus meis nffeiri hoS" tia Deo ? (Epbt. ad Rom.)
Pendant toute l'année 1793, ib firent l'un et l'autre autant de bien qu'il leur étoit (fossible dans le canton ; mais enfin ils furent arrêtés au printemps de l'année suiyante.
On les traîna ensemble dans les prisons de Lorient , où siégeoit le tribunal criminel du département du Môràihan; et ce tribunal les condamna tous les deux à la peine de mort, comme « prêtres réfractaires », le 19 messidor an II ( 7 juillet 1794)* Les têtes de l'oncle et du ncYeu tombèrent ensemble, le lendemain, sous le fer de la guillotine.
SANTERRE ( Jacquxs), neyeu du précédent , prêtre , et vicaire en la rille de Guérandes , au diocèse de Nantes , étant expulsé de sa paroisse, parce quil aToit refusé le serment de la conS" titution civiU du etergé. Vint se réfugier auprès de son oncle à Feret , où il resta même après la loi de déportation. Il y fut arrêté avec lui , au printemps de 1 794 ; et , conduit également dans les prisons de Lorient, il s'y vit condamner à périr aussi sur l'échafaud , comme « prêtre réfractaire ». La sentence , rendue le 19 messidor an II (7 juillet ] 794 ) , fut exécutée le lendemain.
SANTERRE (JvLtEN-MAMVBT),
curé de la paroisse de Grand- Champ , dans le diocèse de Nantes , et né à Feret , près Châteaubriant , vers 1753, refusa le
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serment schismatique de 1791.
Ce refus l'exposa aux fureurs de la persécution; mais il en évita les coups mortels en 1793 et 1794* La traîtresse tolérance politique des années suivantes lui permit de se livrer de nouveau à l'essor de son zèle ; mais la crise révolutionnaire du 18 fructidor ( 4 septembre 1797) vint le frapper de mort 9 en quelque sorte 9 par sa loi de déportation à la Guiane ( V. GviAVB ). On l'arrêta, et on le fit conduire à Kochefort pouf y être embarqué. Il le fut, le 12 mars 1798, sur la frégate ia Charente; puis, le 25 du mois suivant, sur la frégate ia Décade 9 qui alla le jeter dans le pori de Cayenne, vers le milieu de juin.
U s'en vit repoussé dans le canton d'Oyac, où, après avoir résisté six mois aux souffrances de son exil dans cette terre pestilentielle et brûlante , il consomma son long martyre , en décembre de la même année 1798, à l'âge de 47 ^^^' L. A. Pitou fixe vaguement sa mort à la fin de 1799; mftis, suivant le rapport de J. J. Aymé, qui l'appelle Jean-Marie , et qui s'étoit évadé de la Guiane, le 5 brumaire an VIII ( 27 octobre 1799 ) , le curé Santerrc étoit déjà mort à cette époque. ( F, J. F. Saint-Pbivb, et F. G. Sabtel. )
SAQUET ( Feançois-Julibn ), curé de la paroisse de Saint-Martin, dans le diocèse de Aennes, où il étoit né au village de Tous-
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saints-de-Rennes , en 1750, fut un pasteur selon le cœur de Dieu , qui réunissoit à toutes les vertus nécessaires dans sa charge, les talens les plus propres à gagner les cœurs. Quoiqu'il n'eût reçu de la nature qu'un caractère timide, la grâce venant à son secours, il refusa avec beaucoup de fermeté le serment schismatique de 1791, et eut même le courage de braver les menaces de la loi de déportation , pour rester près de»es chers paroissiens. Dn d'eux, simple laboureur, le cacha dans sa maison, d'où il procuroit les secours de l'Ëglise à tous ceux d'entr'eux qui restoient fidèles.
L'année 1793 s'écoula sans qu'il pût être découvert par les agens de la persécution , et même il jouit de cette sécurité jusqu'après la chute de Koberspierre. Ily avoit déjà dix-neuf jours que le fameux Neuf thermidor étoit vanté partout comme un jour propice aux persécutés, lorsque le curé Saquet, à qui cette époque a voit don- ' né une imprudente confiance , ayant laissé découvrir sa retraite, y fut arrêté. On l'entraîna dans les prisons de Rennes, pour y être jugé par le tribunal criminel du département d^Iiie et Villaine, siégeant en cette ville. Gomme si les juges eussent craint que les trompeuses promesses de modé-> ration et de justice , que faisoit la Gonvention , ne se réalisassent bientôt, ils se bâtèrent de
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fâSre comparoître aussitôt derant eux ce digne curé. Saquet répondit y avec une fermeté rare 9 aux questions du président > déclarant hautement qu'il ne trahiroit jamais sa Foi par aucun des sermens impies de la révolution. Les juges le condamnèrent de suite à la peine de mort 9 comme « prêtre réfractaire » 9 le ay thermidor an II (14 août 1794)- Conduit à l'échafaud 9 il y alla 9 et monta arec un courage dont la source étoit Tisiblement divine pour ceux qui le connoissoient. Pendant qu'on l'altachoit à la planche fatale où sa tête alloit être séparée de son corps par le fer de la guillotine 9 il récitoit9 à voix haute 9 ceux des versets du psaume Miserere nui, Deus, dans lesquels se trouvoit le mieux exprimé 9on désir d'habiter la céleste Jérusalem.
SARGNlON(GASPAaD-JosxPB)9 curé du village d'Ouilly en Beau^ jolaiSf près d'Anse 9 sur le dio-* cèse de Lyon 9 et né à Saint- Just d'Avrey9 même province» fui dépossédé de sa cure par l'autorité civile 9 en 17919 a raison de son refus du serment de la cons^ titution civile du ctergé. Il n'en resta pas moins caché dans sa paroisse 9 pour y maintenir la Foi catholique autaqt qu'il le pourroit; et la loi menaçante de la déportation 9 du a6 août 179^9 ne put le décider à se séparer de ses
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paroissiens. Il étoit encore près d'eux vers la fin de 1 793 9 quand les proconsuls de la Convention eurent établi à Lyon leur commission révottuiannaire, avide du sang des Lyonnais 9 et surtout de celui des prêtres ( F. Lton ). Ses émissaires allèrent arrêter Sargnion à Ouilly même9 et le lui amenèrent. Après être resté quelque temps en prison» il fut traduit devant ce tribunal sanguinaire» le 14 pluviôse an II ( 2 février 1794 ) Les réponses qu'il y fit répondirent aux sentimens qui l'avoient aniipé jusque là» et lui valurent d'être aussitôt condamné à Ja peine de mort» comme « prêtre réfractaire à la loi ». Il fut conduit au supplice le lendemain» à l'ftge de 58 ans. ( F. Saiht-Avbih» et J. M. J.
Sbptobm. )
SARLEUX( Albsetihe^Isà- B«Li«E ) 9 demoiselle» ( f^. A* I* Baiois. )
8ARTEL ( FRA5çois-GAvaiEL] 9 prêtre » religieux Bernardin » né à Gand vers 17499 étoit curé de la paroisse de Notre-Dame de cette ville 9 à l'époque où nos réformateurs anti-religieux portèrent leur révolution en Belgique. Sartel y éprouva bien des traverses ; mais enfin il ne tomba pas alors sous le fer des persécuteurs. Les années 1 796et , 1 797 ayant semblé rendre quelque liberté religieuse aux Belges» le curé Sartel voulut en profiter ; et dès lors commencèrent de nouveaux troubles en
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Belgique ( V, Belgique). Laça- Dix août 9 ceux qu'on appeloit tastrophe du 18 fructidor (4 sep- non-assermentés. Sartret ne fut tembre 1797) vint les convertir recherché et saisi que le 3o de en une persécution très-décla- ce mois. On le traîna au comité rée. La loi de déportation à la civil de la section, espérant Guiane, décrétée le lendemain 9 que son âge ne lui laisseroit parut dans son exécution , avoir pas la force d*j refuser, au spécialement en vue les prêtres de risque de la vie, le serment cicette province ( F, Guiane ). Sar- vique. Mais ce vénérable prêtre tel fut arrêté : on le fit partir pour montra que la Foi, loin d*être Rochefort; il y fut embarqué, le afToiblie par les années, acquéroit 1 a mars 1 798 , sur la frégate par elles une vigueur inaltérable. ia Charente 3 d'où on le fit pas- Il fut donc enfermé , comme inser, le a5 du mois suivant, sur la sermenté, avec une multitude de frégate ia Décade, Celle-ci le victimes sacerdotales , dans le sejeta, vers le milieu de juin, sur minaire de Saint - Firtnin ; et la rive de Cayenne. Il s'en vit re- quand les assassins y vinrent, le poussé de suite dans le désert de 3 septembre, ils trouvèrent dans Synnamari , où les fléaux du cli- cet ecclésiastique un homme qiii mat attentèrent à sa vie par une pouvoit tomber sous leurs coups, maladie de consomption. Sartelen mais dont ils n'ébranlerolent jamourut bientôt, le 16 septembre mais la constance. £n périssant par de la même année 1798, à l'âge leurs mains, il reçut du Ciel la de 49 Ans. ( y. J* M. Santbub , plus glorieuse récompense de ses et J. F. Sautbé. ) vertus. ( V. Septembbb. )
SARTRET ( JÀcQtBs Fi^eovsB SALDEUR ( Joseph ) , reli- DB ) , prêtre , exerçant son sacer-^ gîcux , Capucin de Yalenciennes , d,oce sans être attaché à aucune sous le nom de Frire Jo$eph, église en particulier, demeuroit à né à Douai en ly^y avoit con- Paris dans une maison de la place tînué à se distinguer par sa piété , Maubert. L'âge de 60 ans , auqtel après qut les impies réformail étoit parvenu, le dispensoit d'un teups de 1791 l'eurent privé de plus long exercice des travaux du son otoître par la suppression saint ministère, et sembloil de-^ des ordres monastiques. Quand Toir le mettre à l'abri dés perse- la persécution devint si violente , cuteurs acharnés contre les prêtres à la fin de 17^3, il s'enfuit à en fonctions. Il est vrai qu'on ne Mods, avec la plupart des prêtres parut point songer À lui dans les et des religieuses de Valenciennes; premiers jours qu'ils faisoiènt ar- mais il revint avec etix dans cette rêter, après la terrible journée du ville, après que les Autrichiens^
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en la prenant , le i*' août i^pS»
y eurent rétabli l'ordre el la paix.
Quand ils furent obligés de Fé- Tacuer> le i*' septembre i794f et que les proconsuls de la Convention y entrèrent arec des troupes ( y. Yalbiicibiiiibs) 9 le Frère Joseph fut arrêté par leur ordre, et considéré comme aussi digne de mort que les ministres de Jé« sus- Christ Traduit, arec trois d'entr'eux et cinq religieuses ( F', Laisnet, DivBZy Baosti, M. C J^ Paillot, m. M'. Lkrovx, A. J. Le* Aovx, J. L. BAB&Ei,etL. Lacboiz), devant une commission tnt/s-* taire, le a brumaire an III ( a3 octobre 1 794 ) 9 il ne chercha poiat h faire tourner à son profit le pré* texte auquel, dans Tembarras de le faire périr comme religieux, elle avoit recours pour arrivera»
même but : c'étoit celui de Téa^ignition. Quand on demanda au Frère Joseph s'il étoit sorti de France, il dit la vérité avec la candeur d'une âme pure; et cet aveu suffit aux juges pour l'envoyer à l'échaûiud , comme «émigré-rentré ■ • En allant au supplice avec les huit autres personnes consacrées à Dieu , il récitoit avec elles des prières par lesquelles se manifestoient leur Foi , leur charité, et leur confiance dans ce di« vin Sauveur, qui couronne à l'instant ceux qui meurent pour sa religion et pour ses lois ( y, Av- GBm ). Joseph Saudeur avoit ^6 ans quand il périt^ ainsi, deux
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mois et vingt-huit jours après le fameux Neuf thermidor. ( V.
EicKEK^ et D. B. Seclossb.)
SAULNIËR ( FiEBBE ),, curé de Saint-Simon en Angoumois, diocèse de Saintes, né à Cognac, même province , n'étant point sorti de France en 1 7^ , et n'ayant pas prêté le ferment de 1791, fut arrêté, et envoyé à Bordeaux, pour être 4 de là, déporté à la Guiane ( V, Boedbaux ). De celte ville, on le conduisit presqu'aus- •itôt à Blayepour le pltfs prochain embarquement; et on Ty déposa dans le souterrain humide et mortel du fort de l'Ile-du-Pâté. Un embarquement eut enfin lieu , vers la fin de l'automne de 1794* trois mois après ce fameux NeuftheT' midorf si vanté pour sa préten*»
due justice ; mais le nombre des embarqués étoit déjà si considérable sur les navires , que beaucoup de déportés furent laissés dans leurs cachots. Le curé Saulnier resta dans le sien, dont le supplice étoitencorepluscruel que celui de l'entrepont des vaisseaux.
U supporta ses souffrances avec tout le courage que peut donner la Foi; mais enfin il alloît succomber, à la fin de janvier sul** vaut • lorsqu'on se crut obligé de le transportera l'hôpital de Blaye.
Ce fut là que, toujours captif de Jéflus-ChrisC , il rendit son âme à Dieu , le 3o pluviôse an III ( iS février 1796, à l'âge de 44 "»• ( y.J, SAiii6iiELT,et J. B. Sbbbbiv)
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SÀULP9IËR ( Jean - Josepb ) , prêtre du diocèse de Limoges ^ né à Lussac-lès-Eglises y près Le Dorât , et exerçant te saint ministère, comme chapelain, dans l*hô« pîtal de la yilte de Blois , fut une des premières victimes sacerdo* taies qu'immola Timpie autant que féroce tribunal révoituiannaire de Paris. Ce tribunal y ne se contentant point de celles qu'il trou- Tuit dans la capitale 9 augmentoit ses atroces jouissances par les TÎctimes qu'on lui amenoit des autres départemens. Le prêtre Saulnicr qui 9 resté fidèle à sa Foi, s'étoit Yu bannir de Tbopital, par les administrateurs révolution* nairesy pour avoir refusé le serment de la constitution civile du cierge f continuoit néanmoins d'en assister secrètement les ma* lades. Après que la loi de déportation du 26 août 1 ^92 , par la quelle il se trouvolt chassé de France, eut rendu eztt*êmement périlleuse une plus longue continuation de ce ministère de charité 9 il s'enfuit à Orléans ; mais il en fut rappelé par la supérieure de cet hôpital. Félicité Ro jer, Sgée de^ 5a ans 9 laquelle 9 avec un courage qui prouvoit son zèle pour le salut des mourans «Je ce lieu de douleurs , l'y fit inscrire sous un de ses noms de baptême seulement, au nombre des malades , et l'y cacha dans un réduit presqu'ignoré de ceux qui fréquentoient cette maison. Mais
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quelques précautions que prît cette généreuse hospitalière, le comité de surveiUance révointionnaire de Blois découvrit le prêtre Saulnier, et l'enleva. La sœur Roger fut arrêtée ea même temps , comme reeé leuM d'un prêtre réfractaire ; et l'un et l'autre furent presque aussitôt conduits j par des gen* darmes, à Paris. On les fit monter, le 8 brumaire an II ( 29 oc-* tobre 1793], au tribunal r^vofutionnairey où Saulnier s'entendît condamner à la peine de mort ^ comme «prêtre réfractaire». C'est à tort qu'on a écrit qu'il l'aycit encore été comme «émigré-rentré». Les actes de la procédure, et la teneur de la sentence, suffisent pour montrer que c'est une ei'reur (1). Dans les débats qui
( I ) Cette procédure, qui en espKqu* tant d'autrea^ est trop remarquable pour que noua n*çir couserviona pas ici le procèa-verbal. Aprèa avoir mentionne la comparution du prêtre Saulnier et de la supérieure Roger, il continue en cea termea : « Le greffier donne lecture de l'acte d'accnaation , dont la teneur auit : Antoine-Quentin Fouquier, accuaateur public près le tribunal révolutionnaire, expose que , le 3 mai dernier , lea administrateurs du département de Loir et Cher^ composant le comité de siOVetUanee , établi près ce département , instruits que , dauB l'hôpital , dit YNdtel-Dieu, k Bloia, on 7 recéloit des prêtres ré— fractaires , fanatiques et contre-révolutionnaires , se sont transportés dans ledit hôpital , oà ils ont reçu la décla-
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ftvoient précédé sa condamnationy le prêtre Saulaier, flatté de Tespoir de trouver la récompense de
ration de la fille Roger, faisant fonction de supérieure y que dans cette maison il n'existoit aucune personne suspecte; que, cependant^ par Yévé^ nement de la perquisition qui fut faite ensuite , et dans un cabinet très-retiré^ dont la porte d'entrée étoit cachée par une armoire , placée à dessein ; le nommé Saulnier, prêtre réfractaire, ci-devant chapelain dudit hôpital, sou»
mis à la loi de déporUtion , y à été trouvé caché ; et, dans un autre endroit, une ci-devant religieuse yànatique, soumise à la détention prononcée par la loi contre les personnes suspectées ; que par suite de cette perquisition différens papiers suspects ont aussi été trouvés en la possession de ladite fille Rogef^ Cette opération finie, les membres dudit comité de surveillance ont mis en état d'arrestation lesdits Saulnier et fille Roger ; et, le i6 juillet dernier, ils ont subi interrogatoire audit comité, lequel a , le q6 dudit mois de juillet, sur le vu des pièces, arri^ que lesdits Saulnier et fille Roger seroient envoyés au tribunal rrii^olufioiiiuB/v, ainsi que toutes les pièces ; qu'en exécution de cet arrêté, et le 5 août dernier, lesdits Saulnier et fille Roger ont été transférés à Paris, et les pièces remises à l'accusateur public, lequel a décerné contre eux mandat d'arrêt , en vertu duquel ils ont été conduits dans la maison d'arrêt, dite de la Coneiergene du Paiaù, à Paris, et ont subi interrogatoire pardevant l'un des juges du tribunal, dans lequel ils ont déclaré, savoir, ledit Saulnier, se nommer Jeai^Joseph Saulnier, être prêtre, et demeurer à l'HOtel-lHeu , à Blois ; et ladite fille Roger, se nommer Marie-
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son ministère dans le martyre, confessa généreusement, devant les juges 9 tout ce qu'il avoit fait
■ Il I — ■— — ^^-■^— ^»-^^^— I m.
Félicité Roger, ci- devant supérieur^ des ci -devant religieuses de l'Hôtel- Dieu de Blois, y demeurante, Qu examen fait par l'accusateur public de toutes lesdites pièces , il en résulte^ i^ contre ledit Saulnier, qu'à l'époque de la loi du ao décembre 1790, et de celle du 17 avril 1791, il étoit prêtre fonctionnaire public, assujéti au serment par lesdites lois; que, pour se soustraire à la peine de déportation prononcée contre les prêtres réfractaires à ses lois, par celle du a6 août 179a, ledit Saulnier a d'abord quitté Blois, où il demeuroit, pour se réfu-i gier à Orléans, où il est resté peu de temps chez des personnes qu'il ne veut pas indiquer ( P', ci-devant, tom. II»
pages 64 > 3a6 et 363); qu'il a quitté cette ville et est revenu è Blois , où il s'est retiré dans l'hdpital ; qu'il s'y est soustrait à la connoissance des personnes de l'extérieur; qu'on l'a inscrit, sur le registre des malades, sous le nom de Joseph, sans indication de celui de famille , ni du lieu de naissance, ni do celui de son domicile ; qu'on a méprisé è son égard tous les règlemens relatifs an régime des hôpitaux ; que, le 3 mai dernier, lors de la visite qui a eu lieu dans cet hdpital, il y a été trouvé caché dans un endroit dont la porte d'entrée étoit dérobée à la vue par une armoire placée au-devant; que de là on doit nécessairement conclure que le but de Saulnier étoit d'enfreindre la loi de la déportation;* que non seulement ledit Saulnier s'étoit retiré dans ledit hôpital , en contravention de la loi qui vouloit qu'il sortit de la république , mais encore avec l'intention criminelle de contrevenir aux lois du do décembre 1790 e^ 17 avril
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pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. La sœur Roger 9 qui oe montra pas moinsde courage éyan-
1791, en exerçant les fonctions qui lui étoient interdites, pour entretenir les citoyens dans des sentimens de fanatisme et d'incivisme , ainsi qu'il résulte d'une lettre trouvée dans les papiers de la fille Roger, et à son adresse, mais qui étoit réellement écrite audit Saulnier, ainsi qu*on le ▼oit par le contexte de cette lettre « qui est jointe au procès; a^ contre ladite Marie- Félicité Roger; qu'elle a recelé et caché dans Thâpital de Blois, dont ^Ue avoit la direction , ledit Saul« nier; qu'elle a pris toutes les précautions pour soustraire ce prêtre réfractaire aux lois ^X, fanatique A la codndissance des personnes de l'extérieur et des administrations qui y ont fait ]a visite ; que U preuve en résulte !• de la lettre dont il est ci-devant parlé : lettre dont elle a été trouvée nantie lors de son arrestation; a» de la précaution qu'elle a prise de faire inscrire , sur le registre de ladite maison y ledit Saulnier, sous son seul nom de Joseph seulement, sans aucune autre désignation; 3* du moyen dont elle s'est servie pour soustraire ce prêtre aux recherches , en le cachant dans un endroit inconuu des personnes de l'extérieur , séparé de la salle des malades , et dont la porte d'entrée étoit dérobée à la vue par une armoire qu'elle avoit placée au-devant de cette porte ; 4* des interrogatoires aubis par ladite fille Roger, dans lesquels elle a dit que c'étoit elle qui donnoit secrètement tous les soins à Saulnier pendant sa maladie , tandis qu'elle devoit le confier aux olEciers de santé de rhdpital , de même que tons les antres malades ; 5* du défaut de déclaration , de la part de cette fille , A la munici-
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gélique 9 ne fut cependant point condamnée au même supplice 9 parce qu'on n'osoit encore se
piilité, conformément à l'art, i*' du décret du 26 février dernier, qu'elle ne^ pou voit ignorer, puisque la publication en avoit été faite; 6* et enfin , des déclarations qu'elle a plusieurs fois réitérées , lors de la visite domiciliaire qui a eu lieu, qu'elle n'avoit dans la maison aucun prêtre réfractaire ou autres personnes suspectées; que lea papiers dont ladite fille Roger a été trouvée saisie lors de son arrestation, et qui sont joints au procès, attestent les sentimens de fanatisme et d'incivisme dont elle étoit accusée.
» D'après l'exposé ci-dessus , l'accusateur public a dressé la présente accusation contre Jean- Joseph Saulnier et Marie- Félicité Roger, pour être mechamment et à de^iseiti, savoir ledit Saulnier^ au mépris de la lot du a6 août 17921 qui lui enjoignoit de sortir sous huitaine du territoire de U république , en sa qualité de prêtre réfractaire , resté dans ledit territoire , oà il s'est tenu caché dans plusieurs endroits, et notamment dans l'hâpital de Blois, où il a même exercé les fonctions qui lui étoient interdites par les lois; et ladite Mario- Félicité Roger , pour avoir au mépris des art. i*' et 4 de la loi du !i6 février 1 793, recelé et caché dans l'hôpital de Blois , dont elle avoit la direct'ion , ledit Jean-Joseph Saulnier, prêtrte réfractaire j assujéti aux lois de déportation : en conséquence, l'accusateur public requiert qu'il lui soit donné acte, etc. etc. Dana cette cause les accusés étant convenus des délits qui leur étoient imputés par l'acte d'accusation ci -dessus énoncé, le jugement suivant a été rendu contra eux:
« Le tribunal, d'après U dédaratioa
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préyaloîr de la loi ^ trop récente, taires» ( V. ci -devant, tom. 1*',
portant la peine capitale contre pag. 220 ) ; mais la peine inla-
les « receleurs de prêtres réfrac- niante qu'on lui infligea n'étoil
'y r~ r~m ~\ 4 . 1 aruère moindre que la mort. Ce
du jury, portant i» qail est constant ^ - "
qae J. J. Sûolnicr ctoit fonctionnaire q"e «OU» diilons de 1 héroismc
public; a* qu'il est constant qu*il n'4 chrétien avec lequel, le lendemain
pas prêté le serment exigé de lui comme 3o octobre , ces deux respectables
prêtre fonctionnaire public, par la loi condamnés subirent leur juge-
du 30 décembre 1700; 30 qu*il est cous- ^^^* ««.-.-^»t -..- 1» »1a#.a
* * Tfc* . r».r .\.n *,» mcnt re$pectir> sur la place
tant que Mane-relicite nojzer a recelé • «,r ■. ■ nj i é
ledit Sauluier dans l'hôpital de Blois , î^^»» ^V, dite alors Place de la
dont elle étoil supérieure, et qu'elle RévUvtion, ne vaudroit pas ce
l'y recéloit encore à l'époque de son qu*en Ont raconté jdcux écrivains
arrestation par le comité de sur- de sentimens très - opposés , et
veillance établi audit Blois; 4« qu'il témoins tous les deux de ces est constant crue la fille Rocer l'a re- j ^> t
celé comme prêtre réfracUiii : faisant condamnations. Le preimer, que
droit sur le réquisitoire de l'accusa- »<>»» Citerons, est d autant moins
teur publie, condamne ledit Saulniêr Suspect dans sa relation, qu'il af-
à la peine de mort , conformément à fichoit des maximes aussi impies ,
l'art, a de la loi du a6 août 1 792 , cl à guggj barbares que celle» de la
l'art, a de la loi du 18 mars dernier. Convention et des juges. CVst
desquels il a ete donne lecture ; de- ,, ^ ,, . ... w
darl st, biens acquis et confisqués au * «"*«"«• ^ "« 0»^«»«« 'n*>^«*« -
profit de la république ; ordonne que Le Glaive vengeur de la RéffU-
le présent jugement -sera exécuté sur Miftfe, ayant, en regard âe son
la place delà i?^Aiiibra, imprimé et frontispice, une gravure qui
affiché dans toute l'étendue de la ré- ^pré^ente la guillotine ( Paris, publique; e^enccqmconcemeMaric- , GtAetil an II de la rénu-
Félicité Roger, la condamne en six ^"^^ wi^V/ f , ^ .
attirées de réclusion en U maison de '>'/q"e )• ^«1* > «" parlant du gé-
force du département de loir et Cher, Qéral Custines, mis à mort deux
conformément â l'art. 4 ^^ la loi du mois avant le martyre du prêtre
a6 février dernier: ordonne que préa- Saulniêr, et des marques de rell-
lablemcnt elle sera exposée , pendant ^^ ^^ ^^ repentir que ce militaire
SIX heures, aux regards du peuple, ^ .^j , ifi^rj
'u/ j • - » «•* avoit données sur lechafaud , sur un ecbafaud, qui, pour cet effet, , '
sera dressé sur la pbce de la Bét^A^ ^ infâme historien s'étoit plu a dire
tion , ayant au-dessus de sa tête un que la foule, « au lieu d'être tou-
écritean où seront inscrits ses noms, chée de voir Custines demander
&ge, lieu de naissance, son domicile, 4 genoux l'absolution à son con-
la cause de sa condamnation et le fesaeur, s'en étoit moquée, et
Tn^n^fetXrLsri mend^; --* crié trois fois : ie Iddie/ a
de la lépubUque. » L'exécution a eu C« môme écrivain afoutoit à cet
lieu le 9 brumaire. infernal récit des réflexioiif assex