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ces temps s! périlleux ponr elle.
Ayant beaucoup à craindre pour sa sûreté , vers Pftques de 1793 « il ne trouva pas d'autre moyen de se soustraire au datiger, que de se mêler parmi les prêtres qui morchoient sous la protection de l'armée cathoiiqut et royaie, lorsqu'elle passa dans le Maine à cette époque* 11 s'y rendit fort utile , par le tèle touchant avec lequel il exerça son ministère sacerdotal envers les blessés et les mourans ( F. Yn^BBE). Après la défaite de ^ette armée, en décembre 1793, Savignac revint dans le canton de Yaiges , et trouva un asile généreux chez un pieux habitant du bourg de Basougers, où il n'étoit séparé de sa paroisse que par celle de Saint-Georges-ie-Flécbart. En ne négligeant aucune des précautions que le zèle dont il étoit anhnépouvoit permettre à sa prudence , il put, favorisé d'ailleurs par le bon esprit des habitans en général , remplir asseï heureusement les fonctions pastorales à leur égard , pendant les terrîMes sept •premiers mois dé 1794* Les geip superficiels, qui croient que la persécution cessa le 37 juillet^ Neufthermidor de cette demièra année , ne trouveront pas surprenant qu'il ait pu continuer ensuite , non moins heureusement ^ ces fonctk)es-là même en 1795 ; mais que diront - ils lorsqu'ils verront ce vertueux pasteur recherché avec fureur, en haine de sa religion ^
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après Pâques de 179Ô9 et arrête 9 le 99 avril , près de Bazouj[;ers ?
Quand il yit arriver à quelque distance les soldats envoyés pour le saisir, il ctoît occupé à dire son Bréviaire dans le jardin de la maison qui lui fournissoit une généreuse retraite. Craignant d^en compromettre les religieux propriétaires» à qui cet acte d'hospitalité pbuvoit coûter la vie 9 sui- Tant la loi des ai et a a octobre 1 793 9 qui n-étoit point abrogée, et ne se dissimulant pas qu'il ne pourvoit échapper aux satellites, il franchit la haie dont le jardin éloit clos, et s'élança dans un pré voisin , aûn de n'être pris dans le domicile d'aucun habitant que l'on pût inquiéter pour lui avoir donné asile.' Ce Fut là que presque auésitOt les soldats l'atteignirent, et s'emparèrent de sa personne. Us le tfafnèrent à Meslay, où leur bataillon étoît en cantonnement.
La soldatesqne lui fit passer ime des deux nuits qu'il y resta duns une étable à porcs , et le conduisit ensuite à Laval , où résidoit le général Chabot , commandant en cette province. Ce général , bravant l'intérêt que tous les honnêtes Lavallois prenoient à ce curé 9 ne cachoit point qu'il vouloît sa mort : il fit nommer une commission militaire pour le Juger.' Elle ne le condamna ce^ pendant pas au dernier snpplice :
la peine qu'elle prononça contre lui fqt ceNe de quince années de
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l'ers. Presque tous les olliciers qui n'avoient point fait partie de ce tribunal se récrièrent contre la prétendue modération de la sentence; et le général, qu'elle étoit loin de satisfaire , la fit soumettre à un conseil de révision , qui l'annula. Une nouvelle commission fut aussitôt nommée; déjà l'on amenoit devant elle le curé Savignac , quoique ce fût un jour de décade y tant on étoit pressé de le faire mourir; et des tbreenés du bas peuple, ameutés- aux portes de la salle où siégeoit la commission, crioient, avei^ une féroce ineptie : « La mort , la mort du tyran ! » Enfin, la peine capitale est prononcée contre ce prétendu tyran, le bon curé de Yaiges, que la sentence ne put qualifier que de « prêtre réfractalre et contre-^évclutionnaire ».
Elle fut rendue le ao floréal an IV (9 mai 1796), près de deux ans après la chute de Roberspierre.
Savignac l'entendit sans effroi, et sortit du tribwialen se félicitant comme les Apôtres , d'avoir été trouvé digne de souffrir pour le nom de Jésus-Christ. Ce fut avec le sourire de la paix et de l'ev pérance que, rentré dans la itiaî»
«on d'arrêt, il aborda les antres prisonniers, en leur apprenant «a condamnation. Ils avoient , comme en beaucoup d'autres prisons de la France, la consolation d'être visités et secourus « dans leurs souffrances et leur dé-
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tresse 9 par de pieuses Jmitatrices de cette sainte veuve de la ville d'Arbèle, dont il est parié dans les Actes de 120 Martyrs de-Perse, en 544) publiés par AssennaQ, laquelle renipibsoit avec un religieux respect ces charitables oflices à Tégard des captifs de Jésus.- Christ.
C'est la conduite delà \ertueusedemoiaelie Loyand , de I^jival, qu'on revoit en « cette noble, dame qui consacra toute sa. fortune à aourrir les saints confesseurs. - dans les prisons 9 qui les assiatff'da cette manière avec tant dç ^èje et de coastanceiy que rien ne leur manquoit : pour les soulagfr tous, elle n*eut presque pas besoin d'ap^er d'autres personnes à ^on aide (l). Quand le curéS^^igns^Cj revenu du tribunal 9 retrouve xlans 5a prison la pItMisf Loyand» ««t que, -sur sa deniaode9.ejle s'egipresse de lui procurer |^a secours spirituels et les ob|ets sacrés qu'il désire» pour se préparer à paroîlre devant Dieu ; lors<|u'enijn elle répondu ses louchans discours de la. manière 1» plus analogue à ses espéraoces,. ne croyons-nous pas voir encor&la sainte cliré tienne d'Arbèle qui 9. lorsqu'elle savoit
(1 ) Horum Maitymm cœtum niuà , quandiù in ptêbUcis vineulis jacuerwU , îdqut inrtutis officium tatitd cum muimi constantid, ' atqtu bcnigm'uite frttwÊÙU, ui nec ^sa sqnctonan ntcegsiimtibus deesMtt , nec m tù subict^andia adjuiorem qufmqiiam quœrerH, (Pars I*, ptg. io6.)
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qu'un Martyr devoit être conduit au supplice 9 accouroit ù ses piedsy substituolt un vêtement de joie à SCS habits vieillis dans la persécution 9 lui préparoit un repas de fête 9 et lui disoit : «Voilà le jouir heureux qui 1 en vous procurant la courqnne triomphale 9 vous réunira aux habitans du ciel : je TOUS prie et tous supplie de demander à Dieu qu'il m'associe à votre sorf.j et que je vive éternellement près de vous (1) »• Telle étoit» à Laval 9 la demoi-
selle Loyand. Après ses édifians colloques c^vec le curé Savjghac,
elle se retira. Il ne devoit être me-
né au supplice que le lendemain; et ce jour-là même 9 dès sept heures .4u mi^iiiyil écrivit une,let.trej)astorale à sç,§ paroissiens 9 leur disant : «Encore quelques heures 9 et je n'existerai plus. ,Mes plus grands ■ ' ■ ■■ I ■
( I ) yidcarcerern'aduotatf Iffartjrrum pedes eitiit, detraciis tftà 'è^&^ust IM fœdkate 'chrrùptis , sùigutii tandidmm stohtm im^w, ao uelut onkMtiâ îhalami sponsos exontiU ; mox amnps laulà atque opiparâcœnd donat : cœnantibus ipsa inservit : opportune prœtereU ad marijrrium cohortatione paratos tuii" mos tdaûtiore» efficere pergU.,. « jéd^t qtdppe dits faustisÈimap qum 4^s , trûunphaH coitjria douatoa^ ctfiiêihiU adju/iget.é l'^os pracor^ ut ej^s (Dei) , quod unicè i^go, exorpque, certam
mUù copiant faciatis Si ' Dominum
obseenweritisyUt mihiperipsum ficeatm..
tfos adiré, atque vobiseum weuum dw cerCf tum uerd credam ttdùst me gratiam iantam, quanta potêMt, etse wavima •». ( Ibid., pag* 107 et 108. J
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regrets sont de me séparer de TOUS. Nos ennemis communs ont cru qu'en frappant le pasteur , ils dissiperoient facilement le troupeau. J*espère qu'il n*ed Sera pas ainsi : j'espère que les principes de religion dont vous avez toujours fait profession resteront perpétuellement gravés dans Vos cœurs; que mon sang, qui Va être yersé pour mon attachement aux mêmes principes, ne servira qu'à Vous j affermir. Souvenez- vous » mes amis 9 que c'est dans les derniers momens d^ la vie que l'on sent tout le prit de la refigion. C'est elle qîii nous fait supporter avec résignation les persécutions auxquelles nous pouvons être exposés. Ne vôys attristez donc pas sur mon état.r.; cessez de vous alarmer sur mon sort : la religion , pour la défense de • Faquelle je ipeur^iidoit vous fournir tous les moyens de consplatioii dont vous pourriez avoir besoin. Préparezvou» aussi à faire 9 à mon exemplcy le sacriâce de votre vie pour le soutien de cette môme religion , si les circonstances où vous pouvez vous trouver Texigei^. Quand il s'agit de la .Foi» on ne duit jamais la trahir. Souvenez-vous que Jésus-Christ nous avertit que ceux qui rougiront de le confesser devant les hommes 9 il les désavouera devant son Père».
Quand il eut achevé cette lettre, et deux autres du même genre pour des personnes auxquelles il
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vouloit laisser on témoignage de sa reconnoîssance 9 il se mit en prières : un peu plustard9 il récita celles des agonisans. A peine il les achevoit9 qu'à onze heures et demie du matin , on vint le prendre pour le conduire au lieu du supplice. De même que la sainte veuve d'Arbèle 9 la pieuse demoiselle Lojand étoit revenue à la prison 9 pour s'édifier de plus en plus en le voyant aller à la mort {t). Elle lui demanda sa bénédietïon : il la lui donna, et lui fit ses àdieax avec une sensibilité qui n'altéroit point son contente^ ment d'aller mourir pour la cause de Jésus -Chtist 11 partit enfin, marchant les mains jointes9 la tête nue, et adressant des prières à Dîeul Arrivé sur la place où il devôil être fusillé, il se mit à genou^ 9 se laissa bander les yeux avec indtiférerA^e, leva les maios ati ciel, les ji^ignil ensuite, et, frappé dans l'instant, il tombd morttfés premîei^ coups de fusil.
La rage des ennemis de la religion n'étoit point encore saitisfeito'; cor ils insultèrent son cadavre lorsqu'on fê transportoit au cimetière ; et 9 pour le soustraire à Ir ur fureur 9 il fallut l'enfermer dans une chapelle. Ce ne fut que le lendemain qu'on put l'enterrer en paix. On a dit que « le zèle de ses
(r) Extfuhîihus JÊfarty-Hhta' }in ipào earceris î^eèlthulo obviam facta^ sm^w lorum pedibas ttd%*oluà, piè pmtsare manu* Qotè dubùatni. ( Ibid. )
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«nis ne s'éteignit pasa?ec sa vie » ; et sans doute la demoiselle Loyand contribua beaucoup à ce que son inhumation se fit avec décence»
et que la place de sa sépulture fût marquée ensuite par des croix (i). Le corps n'avoit pas été plus tôt déposé dans la chapelle 9 que des fidèles étoient venus implorer rintercession de ce Uartjr auprès de Dieu , et recueillir, avec des linges, le sang qui dégouttoit encore, du cercueil. D'autres avoient déjà enlevé religieuse* ment la terre qui en étoit imbi* bce, sur la place du supplice (u).
Les prêtres du capton, qui n'ont pas cessé de le regarder comme un vrai Martjr, conservent avec vénération les corporauz et les purificatoires qui lui servirent pour dire la messe, et ne ^e permettent d'en usereux-mêmes, que les jours des grandes solennités.
(r. M. PVISXBEAO , et N. SOE--
cuBiL, de Coulombiers. }
SAYIME ( Jbav-Fiakçois ra ), îeaae prêtre, de 33 an3, trèsdistingué par ses vertus eoclésias* tiques, et supérieur de la commu-' nauté des clercs de Saint-Sulpice, dans k rue CoMeUe, fut arrêté
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dés le premier jour que les perse-
(1) Sacna Upsana ffreeparaiU tintât ùufoU^ere juhett effossis aiUs scrobihuê tumu/oM cnmposuù. (Ihid.,pag. log.)
(3) yiUi puL^erem ^sùu pedi'hus aiicatum adspùTtabarU : sangtiinem aiii mdhàe vulnen manantem certatim ropiebant. (Assemui ; pan II*, pag. 1 19 : Jimtyrûtm SS. Stnuonicœ et Seieuci.
cuteurs se mirent à la poursuite des prêtres , immédiatement après le 10 août 179a. Amené devant le comité de la section du Luxùrn- 6<mr jf, avec plusieurs autres, il 7 repoussa avec fermeté la proposition de prêter le serment civù que. Le comité l'envoya comme prisonnier dans l'église des Carmes, subitement transformée en un lieu de détention; et il fut inscrit le second sur le registre d'éçrou. Emprisonné avec tant 4e modèles héroïques de Foi et de piété, il partagea leurs dispositions à tout souffrir plutôt que de rien faire contre les lois de Dieu et de l'Eglise. Mis en présence de la mort la plus barbare, le a septembre, il ne varia point dans ses résolutions ; et les assassins, envoyés 'par les impies persécuteurs pour lui arracher la vie, s'ils ne pouvoient absolument lui faire trahir sa Foi, se crurent obligés de |e massacrer. II tomba v sous leurs coups, en persévérant dans.çpn inviolable fidélité à cette religion éternelle que l'on croyoit détruire par regorgement de ses
plus irertueui; ministres, ff^* Scr-
SAVIT-LABAT ( Jeiw ), jeuûé laïc, né à Ganssade, en Quercy, diocèse de Hontauban , cherchant à s'épargner les plus grandes horreurs de la réquisition mititairc, s'étoit enrôlé dans les' charrois de rartillerie. Il eut part aux ac-
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tes de religion pour lesquels son curé et seize autres babitans de Caussade furent arrêtés en 1794- Amené arec eux à Paris , il fut envoyé comme eux à l'ccbafaud par le tribunal révolutionnaire j le 3 messidor an II (21 juin 1794] ; et périt le même jour , à Tâge de 5o ans. ( V. J. P. Claviere, et