‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 191 sur 242 · SOR · texte numérisé non relu

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le prêtre Sonjcon : ils panrinrenlà le saisir 9 et le firent conduire à Rochefort pour y être embarqué.

Il le fut, le I*' août 17989 sur la corrette ia Bayonnaise, qui le déposa dans le port de Cayenue à la fin de septembre. Ayant beaucoup souffert de la contagion qui s*étoit manifestée sur (a Bayonnaist pendant la traversée, il resta dans l'hôpital de Cayenne, sans pouvoir s'y rétablir. Le germe de mort, qu*il avoit aspiré dans le bâtiment, se développant aTec lenteur, prolongea ses souffrances. Il mounit en décembre 1 799 , à l'âge de 5o ans.

{V, L. Serez, et P. P. Souchou.)

SOPHIE {Sœur SairUe-)^ religieuse, (y. M'Gertr. Alâvzier.)

SOPHIE {ScBur Sainte-) y religieuse, (r. M*** ALBAaÈDB.)

SORGUEIL (A^...), vicaire de Colombiers, près Fresnay, sur le diocèse du Mans , fut jeté dans In prison de cette Tille, parce qu'il s'étoit constamment refusé à prêter le serment de la constitutioti civile du clergé ^ et qu'il avoit continué de s'occuper du salut des âmes. Devenu captif à cause de son zèle pour la Foi catholique, il étoit bien résolu à tout souffrir plutôt que de l'offenser en aucune manière. Sa détention, en se prolongeant , abrégea ses jours ; et f semblable à saint Lucien (1), il

(i) Qui, iii uincidis , martynum consummayit, ( Martyrologium Rom.

Iifebr.) '

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mourut du martyre de la capti- Tilé,en 1795. ( /'. F. D. S4V1- GNic, P. Thomas; et ci-devaot, A. Sergenon. )

SORINIERE (iV...), femme.

{y. CaiMBELLAHD. )

SOI RRY ( iV... ), prêtre, ex- Antonin , et d'un âge fort avancé, Tivoit paisiblement dans le village de Saint Laurent d'Agny, près Momant, sur le diocèse de Lyon.

Il y avoit pour société intime et habituelle l'ancien curé de cette paroisse, Jacques Rourbon, prêtre vénérable dont la conversation d'accord avec la sienne, avoit Dieu pour objet. Attachés d'ailleurs l'un à l'autre par des liens de parenté, ils ne se quittoient presque jamais et habitoientmême ensemble dans la maison de leur commune famille. ( y. J. RoriBON , avec les corrections et additions , à la fin du présent volume). Comme lui , il repoussa les erreurs et le schisme de la constitution civile du clergé. La chapelle du château , dans laquelle il célébrôit , ainsi que lui , la sainte messe et l'office divin, ne pouvant bientôt plus être fréquentée par eux, à cause des vexations du curé schismatîque qui vouloit les forcer à venir en son église , Soubry et Rourbon qui ne vouloient pas renoncer au bonheur céleste d'offrir le sacrifice eucharistique, dirent alors la mes$e dans un appartement convenable.

Le grand âge de notre Antonin ne l'empêcha point de résister à la

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sollicitation de prêter le serment de Hherté-égiUité. Il étoit capable de braTer tous les dangers , la mort même, pour ne point souiller sa conscience ; et le principal grand-vicaire de Lyon à cette époque nous atteste expressément , que Soubry , ayant pour le moins autant d'horreur pour ce serment que pour celui de 1791 9 ne consentit famais à le prêter. ( F, M* Saoe ). Dans cette retraite champêtre, il n'éprouva cependant que des alarmes et des vexations supportables pendant Tannée 1793.

Mais lorsqueles proconsulsFoucbô et Gollot d'Herbois, après avoir établi leur commission homicide à Lyon (f^. Ltoh)) eurent envoyé dans les campagnes des explorateurs pour faire amener des prêtres à ce tribunal sanguinaire» Soubry, âgé pour lors de 80 ans, se vit arrêter 9 en février 1794* On le jeta barbarement sur une charrette ; et on le traîna par des chemins de traverse» inégaux et pierreux» jusqu'à cette ville où il fut enfermé avec le curé Bourbon» dans la prison dite des. Rectuscs. Son corps» par ce douloureux Toyage, se trou voit disloqué au point qu'il ne pouvoit plus se tenir debout.

Il lui étoit impossible de faire un pas» sans être soutenu par ses compagnons de captivité. « Sa piété a dit l'un d'eux (1)» étoit

(i) Feu A. F. DclModine » dans son TiAUau des prisons de Lyon, (Voyez c(-devnnt tom. II, pag. 25o.)

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.douce et sans orgueil , sa conversation fine et sans humeur ; il ne se plaignoit jamais » et trouvoit tout bien et conforme aux vues d'une impénétrable Providence. Craignant d'être importun par ses in-< firmités » il s'excusoit sans cesse d'ajouter aux autres incommodités que leur procuroit la prison , celle de la présence d'un vieillard malade. 11$ n'ont pas voulu me iaisser mourir dans mon asile, diso.it-il avec lagaité delà résignation ; mais je suismaiin, et je veux éientét ni'éehapper pour jouer un tour à (a guiitotine qui compte m' avoir.

Après quinze jours passés dans la prison, ce patriarche» sentant approcher sa dernière heure »

remercia affectueusement ses voisins de la continuité dés 9oins qu'ils lui avoient rendus, et leur annonça que bientôt ils ne pourroient plus les prolonger. L'as^ pect de la mort , vue de trop près, ajouta-t-il» paurroit vous effrayer; il faut du moins que je cherche A en diminuer pour vous (e hideux spectacie. J'ai pensé quHl faiioit un peu me parer pour aller au-devant d'elle. A ces mots , il souleva sa tête couronnée d'une chevelure blanche comme la neige » et prit un peigne pour l'ajuster ; mais à l'instant » il retomba sur son lit, et mourut en paroissant sourire avec douceur. A ses côtés , deux prêtres à genoux réci-

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toient pour lui les prières des agonisans; et le curé Bourbon, les yeux élevés vers le ciel, où il sembloit Toir entrer son nmi, donnoit lentement les bénédictions dernières à cette enveloppe insensible qui ne recéloit plus une âme. Le corps du bienheureux Soubry fut emporté pîir les guichetiers ; et les prisonniers s'empressèrent à Tenvi d'acheter quelqu'un des effets qui avoientété à l'usage de ce vertueux Anlonin. C'étoit un couteau , des Innettes, des gants, un livre de piété, des boucles et un mouchoir.

Ln (le mes amis qui a eu les gants, disoit avec un religieux transport :

Je les conserverai toujours; Us passeront à mes flis : la inain qui les portera ne sera pas tentée de devenir coupable ; eiie s"* ouvrira près du pauvre, et elle défeiulra ie maUieur, »

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