‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 203 sur 242 · TAS · texte numérisé non relu

TAS

juillet 1793. Le P. Tassy, amené avec lui devant le maire de Marseille» refusa non moins héroïquement le serment que celui-ci leur demandoit ; et lorsque, dans la matinée du 33, il fut traduit 9 ainsi que le P. Nuiratte^ devant la municipalité assemblée, parmi les officiers de laquelle étoit l'évoque intrus du département des Bouches-du-Rhâne , avec ses vicaires, il résista aussi courageusement aux propositions que 9 pour les sauver , cet évéque leur faisoit de prêter le serment avec des restrictions mentales, et aux menaces qui leur étoient adressées d'ailleurs pour les forcer à cette action. On eut beau séparer le P. Tassy de son maître, dans l'espoir qu'alors on parviendroit plus facilement à le vaincre; il ne se montra pas moins invincible.

Quand on l'eut ramené près de lui devant la municipalité, et que^ voyant le maire autorber, par un signe expressif) les assassins à leur donner la mort , tout en ordonnant de les reconduire en prison 9 le P.

Nuiratte eut dit au jeune Tassy :

«Monenfont) c'en est faitdenous» »

le courage de celui-ci n'en éprouva point d'altération. Conuneilmarohoit le premier pour retourner à la prison^9 ce fut lui que l'on frappa d'i^bord. Un coup de sabre lui fendit l'épaule^ et il tomba; mais 9 recueillant aussitôt ses forces, il se releva pour embrasser celui quiTavoit frappé; et le P. Nui-

TAU

ratte lui crioit alors ax^e une juste confiance : • Mon fils^ la couronne est suspendue sur Totre tête » . Tassy étoît retombé baigné dans son sang 9 pendant que le P. Nuiratte expiroit sous le coup de sabre qui venoit de lui fendre le crâne ; mais Tassy vivoit encore. Les assassins 9 pour ache?er de le faire périr » plongèrent, à plusieurs reprises» des sabres et des baïonnettes dans son corps. Il fut ensuite traîné jusqu'à une lanterne, où ses bourreaux le suspendirent.

Les autres particularités de son martyre ont été racontées à Tartide du P. NviKiiTE. Le P. Tassy n'aroit que a8 ans 9 lorsqu'il périt ainsi pour la cause de la Foi 9 le 93 juillet 179^9 Ters onze heures du matin. /

TAUPENET (6aspab»)9 curé dans le diocèse d'Aukun, Ait évincé de sa cure en 1791 9 |>ar les autorités révolutionnaires» à cause, de son refus du serment schismatique. 11 eut d*excellens motifs pour ne pas se soumettre à Tinique loi de la déportation 9 et resta dans la paroisse de Changey» près Nolay»

où il put 9 au moyen des précautions de la prudence, exercer encore son ministère pendant 1793.

Mais9 à la fin de cette année 9 la persécution ayant redoublé d'ardeur 9 ce curé fut découvert» et amené dans les prisons d'Autun.

Le tribunal criminel du départe^ ment de Saâne^ et "Loire, qui

TAU

«Icgeoit en cette ville 9 porta contre lui une sentence de mort 9 le a5 ventôse an II (i5 mars 1794)9 parce qu'il le trou voit «prêtre ré* fractaire » ; et » le lendemain 9 tout son sang fut versé sur l'échafaud.

TAUPIM (UbSVLV TlERklBB9

femme )9 dont le mari étoit valet de chambre de l'évêque de Tréguier (A. R. L. le Mintiea ) 9 vivoit très-pieusement dans cette^ ville 9 d'où son mari étoit parti 9 à la suite du prélat» lorsque la persécution avoit forcé celui - ci de sortir de France« Ferme dans la Foi de ses pères 9 la dame Taupîn fuyoit le culte des schis* matiques 9 et se faisoit un devoir d'aider de ses moyens les prêtres qui 9 n'ayant point trahi leur conscience» se consacroieotau service des catholiques. Les dangers qu'elle couroit 9 à cause des secours qu'elle leur foumissoit9 comme à raison de la Foi dont elle faisoit une profession notoire , n'affoiblirent point sa constance et son zèle. Elle brava même ces dangers lorsqu'elle vit accourir chez elle 9 vers la fin d'avril 1794»

pour lui demander un refuge 9 deux de ces prêtres que poursuivoit l'administration du dbtrict de Lannion (F. Lajeàt et Légal).

Elle les cacha dans sa demeure; mais » comme les agens de la persécution étoient sur leurs traces »

ib entrèrent pour y faire des per* quisitions. Ayant eu bien tôt décou*

034 TAU

vert ces ministres du Seigneur, ils ne se contentèrent pas de les saisir : ils emmenèrent aussi leur chari* table hôtesse. Cela se passoit le 3o airril. Elle fut traînée a?ec eux à Lannion ; et 9 trois jours après 9 traduite également devant le tribunal criminel du département des Câte9-dt^Nord, elle s'y entendit condamner à la peine de mort, en même temps qu'eux, le i4 floréal an II (5 mai 1794)* ^ motif de sa condamnation fut qu'elle étoit «receleuse de prêtres réfractaires • ( ^« Aux ). Ursule Taupin n'eut pas la consolation de périr sur le même échafaud et dans le même lieu que ces prêtres :

on la conduisit à Tréguier, lieu de son domicile, afin que sa peine fût plus grande; et on Ty décapita le 4 nr>&î* Royaliste par principe de religion, elle mourut en criant :

Five ie Roil Sa mémoire est restée en bénédiction parmi les gens vertueux de Tréguier.

TAUPIN ( foBtn ) , curé de Saint-Sa viole, dans le diocèse de Poitiers , sur lequel il étoit né, à Ayron , refusa de prêter le serment de la ca^miHUian dvite du cierge. Malgré la persécution que ec refus lui attiroit, il resta néanmoins asses près de ses ouailles pour les maintenir dans la Foi catholique, et continuer à leur fournir les secours de la véritable Egliae. Il fut enân avrêté en \ 795; et , au printemps de l'année sul* vante, les autorités du déparle-

TES

ment de la Vienne le firent conduire à Rochefort, pour en être déporté au - delà des mers ( V»

Roghbfobt). On l'embarqua sur le navire ies Deux Associés , où les souffrances furent affreuses , et firent en peu de temps un grand nombre de victimes. Il mourut le la août 1794» à l'âge de 5a ans; et son corps fut inhumé dans l'île d'jiix. ( y. P. Talmbuf, et H.

Teqliek. )

TAXY ( U Père ), Minime.

{F. F. L. M. Tasst.)

TEIL ( Jeàf - BAmsn ), curé.

{F, J. B. Desiit.) TESSIER , et peut-être TEXIER (Jbah-Bàptistb), prêtre que nous trouvons inscrit , sous le premier de ces noms , et sans aucune qualification, sur le registre mortuaire de Vétat'Civii de Paris, comme le dix-huitiéme de ceux qui avoient été écrooés dans l'église des Car^ meSf après le loaoût 1793, y fut massacré le a septembre suivant.

En cherchant la trace de ce qu*il pouvoit être , nous rencontrons un Texier, chanoine de Chartres, l'un des chapelains de la Renie % député du bailliage de Châteauneuf-en-Thimerais aux Etats- Généraux , lequel seroit demeuré à Paris après la dispersion de la destructive Assemblée National9, dont il se trouva tnembre feontre sa première intention.

QudI qu'il en êoit, il parott bien certain que 1. B. Teseier se conduisit en ecelésîastiqiie u

TES

blement attaché -à ses deToirs et à sa Foi , quand il eut été permis aux impies de fondre sur les prêtres fidèles. Il est non moins incontestable que > devant le comité eivU où Tessier comparut, il reîeta, comme une prévarication indigne d'un catholique « Iç serment de la constitution eiviiô du etergéf puisqu'on Temprisonna avec les plus généreux con* fesscurs de la Foi (^. Dulau). Il y fut massacré avec eux , pour la même cause 9 le a septembre.

(F. SlFTEMmB.)

TESSIER (Pinai), jeune prêtre du diocèse d'Angers , étoit , à Tépoque de la révolution 9 vicaire de la paroisse de La Trinité, dans la ville même d'Angers 9 où il étoit né. Il refusa bien énergiquement le serment de la consti^ tution civile du ekrgé, et fut, pour cette raison y exclus de son église. Mais il n'en continua pas moins d'exercer les mêmes fonctions à regard des Angevins qui festoient fidèles à l'Eglise catholique. Les services qu'ils en recevoient irritèrent cootre sa perr sonae 9 d'une manière parliculièrey la haine des impies réformateurs ; et , pour se soustraire à leurs vexalions 9 il quitta la ville 9 et alla clandestinement se retirer dans cette contrée de la rive gauche de laLoircqu'onappeloit y»Paysdt Mauge ( V. Vbumb). S'j croyant en sûreté 9 et retenu d'ailleurs par la nécessité dont y étoit son

TES

ministère pour lus habitans 9 envers lesquels il en rcmplissoit les fonctipBs avec un zèle incomparable 9 Tesiier ne sortit point de France après la loi de déportation.

L'armée catholique et royale s'étant formée sur ces entrefaites 9 et les paysans y entraînant leurs prêtres 9 le jeune vicaire se vit obligé de la suivre 9 pour continuer «le les assister dans leurs besoins spirituels. Mais 9 après la déroute qu'elle essuya près d'Angers, en décembre 1793, le vicaire Tessier fut pris 9 avec beaucoup de Vendéens, et emprisonné 9 comme eux 9 dans l'église cathédrale de cette ville.

Tous prévoyoient leur scH-t; et Tessier les exhortoit à persévérer dans la Foi 9 et à la confesser )usqu*à leur dernière heure. En vain les gardes vouloient lui imposer silence 9 le frappoient même pour lui faire discontinuer ses pieuses exhortations; la parole de Dieu ne pouvoit être liée dans sa bouche. Enfin 9 le 16 nivôse an il ( 5 janvier 1794)9 H fut amené à son tour devant la féroce conifitiission ndiitaire qui envoyoit à la mort 9 comme « brigands de la Vendée «9 toutes les victimes qui lui étoient livrées ; et c'est sous cette qualification ridicule et brutale que ce jeune ap$kre s'entendit condamner à périr, le jour même» sur l'échafaud. Il y alla avec Tintrépidilé d'un oonfea* seur de Jésuar-Christ des premiers

Page 1