‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 214 sur 242 · TOU TOU · texte numérisé non relu

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pas peu au spectacle édifiant que communes environnantes , de présenta celle contrée, durant prêter le serment. OiUre ces mala persécution. Irrités par son nœuvres contre-révolutionnaires, zèle et sa constance, les agens Tournemine enlretenoit encore de la persécution perdirent toute des intelligences et corresponcompassion pour la vieillesse de dances avec les émigrés « etc. » Tournemine. Ils Tarrêtérent, et D'après cette accusation, les juges renvoyèrent à Paris, pour qu'il le condamnèrent à la peine de y fût immolé par Je tribunal ré- mort, comme a convaincu de s'êvoiutiotmaire de la capitale , tre déclaré l'ennemi du peuple, en que rien ne pou voit attendrir, cherchant à égarer les citoyens par Ce pasteur comparut devant les le fanatisme • . Le même jour il juges, à 74 QDS, le 6 messidor fut conduit à Téchafaud ; et il se an II (a4iuîn 1794); et l'accusa- félicita d'avoir été ainsi jugé, et teur public déclama contre lui, en de périr le jour même de la fête ces termes : « Tournemine est un du précurseur dont il portoit le des ennemis de la révolution, nom ( F. J« Hauthont. ) agent direct de l'infâme Castel- TOURNIER (Cliodk-Igitage}, lanc, évêque de Mende (mas- prêtre du diocèse de Besançon, sacré le 9 septembre 1792, à Ver- né à Noël-Cemeux, près d'Orsailles. — {F. Septembbb ). II nans, veVs 1765, n'avoit reçu n'a pas tenu c\ lui que le départe- l'ordre de la prêtrise que l'année ment de la Lozère ne fût livré à où commença la révolution ; et tontes les horreurs delà guerre son archevêque l'avoitdonné pour civile. Tournemine ne prêta le vicaire au curé de Passefontaine , serment exigé par la loi que pour à quatre lieues d'Ornans. L'un et pouvoir servir les trames et com— l'autre rcfusèrunl le serment de plots de l'évêque de Rome , et des la constîtujLian civile du cierge^ autresconspirateurs,quivouloient mais , bien que ce refus dût les annultr la souveraineté et ia li- faire expulser de leur Eglise > berlé du peuple, avec les armes ils n'en furent pas moins retendu fanatisme. C'est lui , en ef- nus , par leur zèle , auprès de fet, qui étoit le distributeur, le Içurs paroissiens. Le curé étant colporteur de tous les ouvrages mort dans l'été de 1793, tout ce destinés à corrompre et empoi- qui concernoit le salut de son sonner l'esprit public. C'est lui troupeau n'appartint plus qu'au qui lisoit au prône les prétendues jeune Tournier; et cette consiletlres pa»torales, et les préten- dération lui défendit absolument dues bulles du Vatican, et qui de s'éloigner pour obéir à la loi dcfendoit à tous les prêtres des de déportation. Quoiqu'obligé de

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se cacher pour exercer son ministère 9 il remplissoit les devoirs de la charge pastorale , autant que le permettoient les circonstances. Quelle pieuse adresse Il employoit pour s'introduire, sans être reconnu des surveillansy dans les maisons où il y ayoit des malades, afin de les admir nistrer! Combien de fidèles il fortifia contre les périls d'alors par de solides instructions , et par la grâce des sacrejnens! C'étoit la nuit seulement qu'il lui ètoit possible d*exercer au dehors ces saintes fonctions : le jour étoit passé en pfières dans Tasile secret où il se tenoit renfermé. Les fruits de Salut qu'il produisoit de- Tenoient trop nombreux pour que sa trace ne derînt pas visible, malgré sa pnidence. Plusieurs fois il fut poursuivi par les agens de la persécution; et souvent, pour les éviter, il se réfugia dans une paroisse de la Suisse, voisine des frontières. Une fois qu'il en revenoit , à la fin de septembre 1 79^9 et que , vers onie heures du soir, approchant du fillage de Morteau , près Pontarlier, il étoit entré dans une maison où il devoir avoir une entrevue avec un autre prêtre du diocèse, qui n'y étoit pas encore arrivé» des satellites , qui accouroient pour chercher celui-ci qu'ils y croyoient retiré, y découvrant Tournier, l'emmenèrent à Morteau. Pendantplus d'un jour> il fut ea butte à leurs

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outrages et 4 leurs mauvais traitemens. Tant qu'ils n'oflensoient •que lui , il soulfroit tout en esprit de pénitence , et sans répondre ; mais quand-ces impies attaquoient la religion, il leur répondoit avec la force comme avec la dignité d'un ministre de Jésus-Christ. De bonnes âmes du pays, sachant que ces barbares ne songeoieot point à lui procurer de la nourriture, lui en af^ortèrent, mais sans pouvoir la ^i remettre directement. Ses gaiHliens qui la reçurent ne la lui cédèrent qu'après l'avoir couverte d'immondices. Quand cette horde fut lasse de l'outrager de toutes les manières, elle le conduisit dans les prisons de Saint- Hippolyte, où il se trouva réuni avec un confrère dont nous avons parlé ( F. J. B.:Hulot). fiientôt on les mena tous deux à celles du tribunal criminel du département du Doués 9. siégeant à Besançon. Notre lecteur a déjà vu , à l'article de ce confrère , la lettre édifiante que de là ils écrivirent, en commun» à des prêtres qui étoient dans une autre prison de la même ville. La loi des 39 et 5o vendémiaire an II ( 21 et aa octobre 1 793) venoit d'être rendue ; et par son article XY, le vicaire Tournier ne pouvoit qu'être condamné à la peine de mort. Cependant, on paroissoit croire qu'il ne pourroit l'être que comme « déporté^ rentré » ; et les j uges eux-mêmes lui suggérèrent de dire que , lorsqu'il

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liToit été arrêté, il ne rentroit pas en France pour exercer les fonctions deson ministère; qu*étant venu seulement sur la frontière, il ne vonloit qu*y recueillir des moyens pour subsister dans son exil. «Non, répliqua-t-il ; le seul besoin que j'eusse au dehors • c'étoit de venir au secours des fidèles, de leur prêcher la Foi catholique , de leur admi^ nistrcr les sacremens, en tinraol de remplir les devrirs de mon ministère ; et c'est po'ur ces saintes fonctions que je rentrois » . (^* cidevant Tome II pag. 269. ) Il ne fut plus possible de sauver ce gé-néretix ecclésiastique : les juges le condamnèrent à la peine de mort , comme « émigré -rentré », et comme «prêtre réfraclaire • . L'ins* trument ordinaire du supplice n'étant pas alors à Besançon , il fut décidé que la sentence s'exé* cnteroit par une fusillade. Tournier marcha au lieu du supplice avec encore plus de courage que le confrère avec lequel il y étoit conduit , récitant avec lui , à voix haute , les prières des agonisans.

Quand ils y arrivèrent , il dit à celui-ci : « Nous allons être sépa^ rés un instant ; mais prenons courage ; nous serons presque aussitôt réunis dans le sein de Dieu , qui , san^ doute , nous fera miséricorde, à cause des mérites infinis de Jésus-Christ » : et il s*écria d'une commune voix avec son compagnon de martyre : a O mon Sauveur t nous unissons notre

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mort à la vôtre ; daignez agréer notre sacrifice » . Ensuite il rendît à son confrère le service de lui bander les yeux ; et , quand celuici en eut fait autant à son égard 9 il se mit à genoux en même temps que lui, et reçut aussi les coupa de la mort. Cet événement eut Heu vers la fin de novembre

^79'^' ( ^* ^' A. A. RocH, et M'F-Vabin.)

TOURNOIS ( FmA9çois-Jé- Iôme), prêtre, religieux Capucin de la maison de Saint - Brieuc , ètoil né à Trélivan, près Dinan^ dans k diocèse de Saint-Malo»

en 1765. Quand les réformateurs révolutionnaires eurent détruit les ordres religieux, le P. Tournois, mis hors de son cloître, vint à Dinan; et les supérieurs ecclésiastiques , profitant de son zèle pour le maintien de la Foi , l'autorisèrent i\ y exercer toutes les fonctions du sacerdoce. Comme il n'étoit point du nombre de ceux à qui le serment de la cons* Uiution civiie du cierge avoit été demandé , et que la loi du 36 août 1 79a bannissoit de France , il se félicita de pouvoir y rester, et redoubla d'ardeur pour suppléer à la disette de prêtres que o«^tte loi oocasionnoit. L'obscurité lui devenant cependant ÎQdispensable pour exercer son ministère avec plus de sûreté, il se relira dans un hameau voisin de Dinan ; et de lÂ, pendant les années 1795 ot 1794 9 il Moït assister de tou»

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les secours de PEf lise les calholiqties des eorirons. Le curé do village de Saliit*Solb » à une iieue de IKiian, étanl mort dans les prisons de Saint-Brieuc 9 au printemps de i7959ses paroissiens prièrent le P. Tournois de se rendre parmi eux pour le remplacer ; et »

sans abandonner les autres fidèles^ il s'établit dans cette paroisse , le 1 a mai 1 795, avant-Teille de la fête de VAsccfuion, De tous les alentours on se rendoit auprès de lui 9 pour remplir les doToirs de la piété.

Dans toute la contrée > il avoit la réputation d'un saint; mais cette réputation -là même faisoit son danger. Déjà une horde d'impies accourt pour le saisir : il en reçoit l'afis au confessionnal, pendant qu'il réconcilioit des pécheurs afec Dieu 9 et qu'il rauimoit des Justes ; mais il échappe aux recherches en fuyant aussitôt dans les bois. Son xèle le ramène ; et plusieurs fois il est encore obligé de se cacher^ ou de fuir. « Je le Toisbien^ disoit-ily il me sera impossible d'échapper toujours; mais je demande au Seigneur la grâce de n'être arrêté dans le domicile de qui que ce soit, afin que personne ne puisse être tourmenté pour m'aroir accueilli.Si je péris dans les mains des révolutionnaires, je mourrai bien pour la Foi catholique 9 et je mourrai content. D'avance je leur pardonne ma mort ». Le matin du samedi aS janvier 1796, loisque, ches le pieux habitant qui lui don-

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noit rJiospitalité, il se préparoit à célébrer la sainte messe f il apprit à l'improvistc* que l'on voyoit»

asset près de la maison» de ces soldats qui poursuivoient les ministres du Seigneur; et, conformément *à sa résolution de ne point compromettre ses hôtes, dût-il exposer davantage sa vie, il voulut sortir. En vain ceux-ci le pressent de rester; il part, accompagné de deux jeunes gens fort pieux, qui ne le quittoient presque jamais dans ses courses apostoliques ( y. J. Lbbovxdais , et M. Adçais). Les soldats apercevant Tournois, avec ses deux compagnons , dans une lande , leur crient ; « Arrêtez I » Le bon Père obéit , et vient même paisiblement à celui qui lui ordonne d'approcher : les jeunes gens l'imitent ftientôt il est reconnu pour un prêtre catholique; les soldats les fouillent , et prennent sur eux tout ce qui est à leur convenance. Un militaire , qui a l'air de protéger ces prisonniers 9 leur dit ensuite qu'ils peuvent s*en aller; maïs à peine oot-ils fait dix pas, qu'une décharge de fusils les fait tomber morts. La horde se précipite d'abord sur le saint religieux , lui coupe la main qui bénissoit même ses ennemis, 00 fre son cr^pe^ en disperse la cervelle , et adbève de dépouiller les trois cadavres.

Comme s'ils ne rouloient pas que des personnes charitables vinsaent les enlefer pour leur donner la

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sépulture 9 ils restent comme en faction auprès, des trois cadavi'es, jusqu'au soir du lendemain. Le meurtre avoît été commis entre onze heures et midi. Mais enfin ils s'éloignèrent ; et , dans la nuit suivante , de pieux catholiques vinrent inhumer ces trois victimes.

Ils n'osèrent pas les transporter où leur dévotion auroit voulu les conserver; et ils se bornèrent à les enterrer dans un champ voisin, en remarquant soigneusement la place où ils les déposoient. Vingtun ans après, le 5 septembre 1817, l'exhumation en a été faite religieusement ; et leurs ossemens ont été transportés avec respect dans la chapelle de Sainte- A une-du- Rocher, où ils sont restés exposés à la vénération publique jusqu'au 10 du même mois. Les fidèles venoient en foule rendre à ces reliques de pieux hommages; et chacun en particulier leur décernoit, avec une juste confiance, son culte privé , même en y brûlant très-légitimement des cierges en leur honneur ( ^. ci-devant, tom. I , pag. 95 ). Comme ils entendoient affirmer pur leurs prêtres que ces trois victimes étoient mortes pour la religion de Jésus- Christ, et comipe on leur avoit enseigné que celui qui meurt pour Jésus-Christ est aussitôt justifié dans le ciel , ils ne pou voient douter que le P. Tournois et ses deux compagnons ne fussent au nombre des bienheureux. Quand

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le 10 septembre, les prêtres de Dinun , de Quevert et des environs , tout en les appelant de saints Martyrs, vinrent leur rendre de tristes hommages funèbres, et offrirent pour eux , comme pour des défunts ordinaires , le sacrifice propitiatoire, la Foi de ces bons croyans en fut un peu déconcertée.

Les prêtres enterrèrent les trois Martyrs dans le cimetière commun, avec le soin toutefois de les mettre à la première place de sa lugubre enceinte. N'omettons pas de remarquer que le Père Tournois, massacré à l'âge de 3i ans, le fut dix-huit mois après le renversement de Roberspierre.

TOURSEL (MiBiB-JosBPBE- CoKSTAiîCE JoHCQcÉ, épouse d'A^itoinb-Augostin), dontle mari,médecin , étoit plus spécialement , et par goût , celui des pauvres, avoit vu le jour à Arras , en iy^'5» Sœur de Marie -Anne -Victoire JoNCQvi ( F. ce nom ), et fréquentant v comme elle l'oratoire i^tholique de la V* Bataille ( F. ce nom ], elle entra dans la charitable association formée par celle-ci pour le soulagement des prêtres catholiques, persécutés, dépouillés et proscrits. Le registre où la pieuse veuve inscrivoit les dons des contribuables et leurs noms, étant tombé dans les mains de Lebon, proconsul à Arras en 1 794 » il décida que la dame Toursel seroit envoyée à la mort, comme tou9 les autres; et son tribunal révo»

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