TOS
et il s'arrêta dans la paroisse de Landujan, près Saint-Malo', oO, dès son arrivée, il se mit û porter les »ecoor<^ de la religion aux fidèles qui, depuis quelque temps, en étoient privés. Il continua ce saint exercice avec ime ardeur infatigable, pendant toute l'année 1793, et même jusqu'à l'été de l'année suivante, en parcourant diyerses paroisses , et marchant la nuit plutôt que le jour. Dans ime de ses courses apostoliques 9 au commencement de juillet 1794 9 îls'étoit arrêté 9 non seulement pour prendre quelque repts , mais encore pour entendre des confessions 9 chez un gentilhomme respectable dont il avoit été le cha))elain, et avoit élevé les enfans ( y. A' BioéB, et F** Bédeb ].
Des hommes pervers qui l'épioient l'y voyant entrer , appelèrent des gardes nationaux du bourg de Montauban, pour le saisir. Il fut efiectîvement arrêté 9 et l'on emmena son hôfeavec lui. Comme si ce n'étoitpas assez de deux victimes, on leur adjoignit l'épouse de cebji-ci ; et tous les trois furent conduits aux prisons de Reunes.
Les juges du tribunal criminel du département iriile-et-FtUaine f qui siégeoit en cette ville, ne tardèrent pas à les faire comparoître devant eux. Ils condamnèrent le vicaireToslivint ù la peine de mort, comme « prêtre réfractaire ».
Ses deux hôtes furent envoyés au même supplice ^ comme «recé-
(iô4 TOU
leurs de prêtres rcfraclaires » 9 ainsi que nous l'avons dit aux articles qui les concernent. Cette triple sentence fut rendue, le 7 thermidor an il (aS juillet 179^1).
Avec eux étoît conduit pareillement à la mort, un autre prêtre du m<>me diocèse (F, M. Chilon).
Le vicaire To^livint, s'enlendant i'ippeler le premier pour monter à l'échafaud, pria Texécuteur de ne le faire périr que le dernier, afin qu'il pût encourager ses deux généreux hôtes à la mort. Il obtint ce triste privilège 9 et il ne cessa de les exhorter jusqu'au dernier instant : sa tête fut la dernière qui tomba sous la hache de la guillotine. Quand le bienheureux Siméon de Perse remplit le même ministère envers tous les saints Martjrs qui étoicnt immolés avant lui, il a voit été formellement condamné par Je tjran ù ne Têtre qu'après eux, dan»
revspoir que la vue de leur supplice le feroit consentir à Tapostasie qu'il exigeoit de lui. {P". cidevant, tom. II, pag. 55o. )
TOURNAFOL ( Pierïe ), et non TOURNEFOAT, comme le disent dea listes imprimées , étoit un chanoine de l'église collégiale de Notre-Dame d'Annecy, en Savoie. II a voit pris naissance dans cette province, en 174^» ^^ s^ conduite sacerdotale fut digne de celle de presque, tous les prêtres de cette cootréevC*) os réformateurs politiques , en y portant kurs in-
TOU
novations anti-religicuses et leurs persécutions eu 1795, ne purent ébranler la Foi du chanoine Tournafol , ni lui arracher la vie. Il se mit à l'abri de leurs coups. StaÎ!»
)e cahne illusoire rendu à l'Eglise, dans les années 1 796 et 1 797 , le ramena dans Annecy. Il s'efforça d'y consoler la religion , en travaillant à son rétablissement et au salut des âmes. La catastrophe piolitique du 18 fructidor (4 septembre 1797 ) et la loi de déportation à la Guîane, rendtic le lendemain contie les prêtres fidèles et zélés, vinrent contrarier tout à coup la nouvelle mission du prêtre Tournafol , et mettre plus que jamais sa vie en danger ( F".
Gviâhb ). Vainement il tâcha de se cacher pour épargner aux persécuteurs un crime de plus : il fut arrêté 9 puis envoyé, au commencement de mars 9 à Rochefort, pour être embarqué. Il n'y ar-»
riva qu'après la mise à la voile du premier navire de déportation (le 1 a mar5)« et attendit l'heure de la sienne, enfermé dans les prisons de Rochefort. Enfin 9 le 1*' août suivant» il fut mis sur la cor* vette ta Bayotinaise^ qui alla le jeter dans le port de Cayenne, les derniers jours de septembre. Il sVn vit aussitôt repoussé vers le désert de Konanama dont les in-* fluences meurtrières s'emparèrent de son existence. Il mourut, rongé de vers 9 le i4 novembre 17989 à l'âge de 56 ans; supplice dont
TOU
nous avons dcy\ parlé au tom. Il, pag. 435, et tom. III, pag. 4>^* Un jinniulire ecclésiastique des duchés de Savoie et d^Aoste, et des autres lieux qui forment la province ecclésiastique de Varchevéché de Chofn/béry^ pour Van 1820, imprimé à Annecy 9 et dédié à l'archevêque de Chambéry, M*' Irénée-Yves Desolles ( i56 pages tn-ia), contient une Notice nécrologique des prêtres de la Savoie « qui sont morts pour la cause de la Foi»» et que le journal Vjémi de la Religion et du . Boi a copiée matériellement dans son cahier du 9 septembre i8ao ; mais elle en compte un qui n'a point péri, comme elle le dît 9 « au lieu des déserts pestiférés de la Guiane française » 9 parmi les confesseurs. C'est Pierre -Louis Gurlias» vicaire d'AUion 9 qui fut à la vérité déporté à la Guiane 9 en 17989 mais qui n'y mourut pas.
il étoit encore plein de vie 9 lorsque fiuonaparte, devenu premier consul 9 permit aux déportés de revenir en France. Plusieurs des survivans passèrent 9 en re Tenant» par la Martinique où ils furent accueillis et soulagés par la famille de l'épouse de Buonaparte : Gurlias étoit de ce nombre.
La preuve en est dans le Foyage de L. A. Pt<4m9 l'undes déportés revenus. Voyez son tom. Il, à la page 337. ( F» N. A. ToftiL, et TaAiGHiBa» de Sainl-Ccrnin. )
TOU
T013BNAIRE ( Ahtoihb )» curé de Barberier-Persennat9 dans le diocèse de Ciermont» sur lequel il étoit né 9 à Saint-Ours » refusa généreusement de prêter le serment de la constitution civile du clergé. Soit qu'il eût continué à rester près de ses paroissiens» ou qu'il se fût réfugié sur le département de V Allier , il se vit arrêter par les autorités de ce département en 1795. Dans les premiers mois de Tannée suivante, elles le firent traîner à Rochefort » avec soixante - treize autres, pour en être transporté sur des plages lointaines et dévorantes [V» Rochefort). On l'embarqua sur le navire les Deux Associés; et, son martyre allant toujours en croissant, il expira» le (5 septembre 1794 9 à VCiga de 55 ans. Son corps fut enterré dans l'île Madame* ( V, H. TissoT, et J. B. Tramonteii^)
TOtiRNEFORT ( Pierre ) , chanoine. ( V. P. Tovrvafol. )
T013RNEMINE ( Jea» ) , curé de Florac9 dans le diocèse de Mende , né à Fontanès , près Langogne, en 1720 9 étoit, vu son grand âge, dispensé par la loi même de déportation, de sortir de France. S*il av lit prêté le serment civique > ce n 'étoit qu'avec des réserves qui sauvoient sa Foi. Il resta dans la paroisse de Florac ; et l'exemple de sa fermeté évangélique, comme de ses vertus iiacerdo taies, ne contribua