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sable qui me fuit éprourer le besoin de répandre mes idées ; et f ai quelque droit de croire <]ue cette espèce d'inspiration est queiqué chose (i) »! Ainsi le prétendent sans doute nos docteurs laies » en «'appropriant exclusivement le Doceie omnes génies 9 que Jésus- Christ n'a dit qu'à ses Apôtres, à leurs successeurs «;t aux prêtres, délégués de ceux - ci (2]. Mais tout se bouleverse dans l'*£glîse de Dieu; on n'y reconnoît plus celle de Jésus-Christ, lorsque les prêU^s et les évoques se laissent endoctriner par des laïcs. « Ce n'est pas moi , crieroit un S. Ambroîse , ce n'est pas moi qui 9 lors même qu'en cela je plairois au prince, m'abaisserai, par une TÎle adulation, jusqu'à oublier les droits du sacerdoce, pour céder A des hommes du monde ce que Dieu m'a donné. Que, si le prêtre devoit être enseigné par un laïc, il faudroit donc que le prêtre l'é* coûtât humblement, a?ec une aveugle conflance, pour apprendre de lui ce qu'il doit ou ne doit pas enseigner aux autres (5) »• I^ empereurs vraiment chrétiens, pensant eux-mêmes que ce seroit un crime égal à celui de Coré et d'Abiron , n'étant que laïcs ^ de scruter les choses de la religion , déclaroient très-respectueusement que le droit en appartenoit exclusivement aux prêtres (4)*
Où en sommes-nous donc venus, puisque, de nos jours 9 le grand docteur français du clergé et du peuple, celui qui, deux fois par semaine , les enseigne et les réprimande si pédantesquement , n'est qu'un laïc, dont encore on ne connoît ni la personne ni le nom, ni le visage ? £st*ce en vertu d'une inspiration dont il se croîroît aussi doué , qu'il gourmande d'un ton si dogmatique les anciens maîtres en Israël, sans épargner de vénérables évêques illustrés par leurs lumières, comme par leurs vertus (5) P Eh! qui ne s'est pas étonné
(i) f^. au ^. I" du Dis* ours prélimiDaire de l'ouvrage de M.ie comte de Maistra : Du Pape dans son Jiapport avec C Eglise Catholique. (a) Math. XXVIII. /, 19. . .
(3) Quandd audisti in oausdfidei, laicos de episcopo judicasse? Jth erg^ auddam adulatione curutunur ut sacerdotalis juris simia immemores « ei <fUod Deiis donauit mihi, hoc ipse aUis putem esse ctvdendum? Si docendus est epi^" copus à Utico , auid seauetur? Laicuâ ergb dispuZet , et episcopus andiat ; epif eopus discal à laico, (S. Ambr. Epist, XXI primœ ciassu.)
(4) Valentinicn â qui les évéques d*Hellespoiit et de Bithynie «voieiit de^ mandé de leur laisser le soin de fixer en commun la doctriue 4e la Foi, leur répondit : Mihi quidem , in laicorum ordine constituto ,/as non est hujusmodi negotia cunosiiis scrutari. Sacerdotes uerd auAus id curœ est , seorsàm ukicun^ que voluerint , conueniant, ( Sozom. Hist. JSccles. L. VI. cap. 7.)
(5) Je pourrois en nommer plusieurs sur lesquels il a exercé son grotesque empire; je me borne à citer S. £m. Me le cardinal évéque de Langres, que l'ancienne Eglise gallicane regardoit comme une de aeê plus grandes lumières. Etonné de ce que le prélat avoit dit, dans son Rituel, que « le sacrement, p<^'' être valide, devoit être fait dans les circonstances requises » , le )Ournali>te l'en réprimandoit, en disant que k l'Eglise n'exigeoit, pour la yalidicé, que la m*' fiére, la forme, le ministre et Tintention. » 11 ignorait que Taddition ^&phc«-
d'entendre uû prélat le vanter comme étaut « connu par une instruction devenue bien rare aujourd'hui » : ce qui n'est du tout point honorable pour le Clergé? Quel peut donc être, en ce siède épouyantablement philosophique 5 quel peut être le but auquel on nous pousse, en dégradant progressivement , et de tant de manières 9 notre Clergé , sous le rapport de l'instruction P
Les bonnes âmes, qui ne connoissent guère de la religion que le eulte exitériear , ne s'aperçoivent point des altérations que le docteur journaliste fait à la doctrine; mais peuvent-elles n'êlre pas scandalisées lorsqu'elles le voient adopter ce qu'il y a de plus contraire à l'esprit évangélique, dans le langage adulateur des gens du monde, aur les choses du siècle ? Et d'abord n'ont-elles pas été surprises , comme d'une nouveauté bien étrange dans le sanctuaire, d'entendre dire que tel jeune év^ue u officioit avec aisance ( 1) » ^ que tel prédica* teur frappoit son ^luditoire « par la noblesse de ses mouvemens , et la grâce de son ^ébit (a) «? Qui n'a pas remarqué^ dàn^i'Ami de ta Rù^ Ugion, cette prétention d'imiter, par des plaisanteries, le plus funeste ennemi qu'elle ait eu ? A l'exemple de Voltaire, c'est surtout lorsqu'il ne peut se tirer d'embarras avec le raisonnement, qu'il recourt aux railleries , sans se faire scrupule d'en prendre le type chez nos poëtes les plus cyniques. Ne l'a-t-on pas vu, lorsqu'il avoit à se débattre sous la férule d'un ancien professeur.de théologie, employer, pouf reprocher à ce prêtre presque octogénaire de n'avoir pas pris 4^arge d'âmes en ces derniers temps , les expressions plus qu'indécentes d'un ordurier épigrammatiste parlant de « l'eunuque au
tîye des cîrcûnstances requises étoît devenoé nécessaire pour décider s'il y nvoit l'intention suffisante, depnis la déclaration de Lavardin, évéqne du Mans, que, mal à propos. Collet a traité de fable à la page igS de son Jhiiu'des SS, Mystères. Les scrupules du célèbre Mascaron qui , ordonné prôtre par ce prélat , crut devoir se faire réordonner, et le témoignage de quantité a auteurs contemporains ne permettent pas de douter de ce fait. Lavardin avoit dit en mourant y que <* dans ses ordinations, jamais il n'avoit eu l'intention d'ordonner » ; et ce cas extraordinaire, inaiqué par le savant prélat (pag. 14) donna lieu d'approfondir la question de Vintemion. Il fut reconnu que ïaotueUe n'étoit pas indispensable , qu'il suiltsoit de la virtuelle qui ne manque point lorsque le sacrement est fait in débitis circumstantiis , Et voilà pourquoi M. de la Luzerue dit encore ( Ibid, ) : « Un prêtre ne peut pas consacrer le corps de N. 8. J.-C. hors du sacrifice de la messe » : ce qui résout le cas chimérique dun prêtre qui , conduit au supplice , pour qeelque délit social , auroit eu la perversité , en passant devant la boutique d un boulanger, de prononcer sur des pains qu'il y auroit vu ébw* lés , les divines pacoles de la consécration avec l'intention mclueUe de les consacrer.
(1) J',ppassùn,
(a; /l, pag. 3a i, aS avril loai. — C, de son câté, vaotoit le aS février i8ai, dans son N° XVII, pg. 766, u l'attitude noble et fière » d'un autre prédicateur ».
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milieu du sérail », et It lui assimiler avec le yers même de Tépigramme 9 disant
« Qu'il ne fait rien et nuit à qui veut faire (0 » ?
Sa rare instruction mondaine n*a même pu se cooteDÎr en attaquant notre auteur; car, ù propos du petit nombre de conlesseurs de la Foi que celui-ci a voit dû croire Marti/r$ consoïïnfnéê, il lui adressoit, toutefois en le défigurant un peu, ce vers d'uo valet de comédie :
«c Les gens que vous tuez se portent assez bien (a) >».
C'est, il faut en convenir, pousser l'humeur joviale un peu loin en pareil cas, où il suffit d*avoir de Thumanité pournepas rire; mai;» i'jimi de ta Religion va jusqu'à s'égayer en annonçant la mort d'un philosophe mécréant, qui a persévéré jusqu'au dernier 9ouf>tr dans son incrédulité. Après s'être joué de son nom (3) 9 il s'exprime ainsi : « Ses amis assurent qu'il est mort avec son calme philosophique ; Grand bien lui fasse » .... £h quoi I lorsque TEvaiigile nous fait frémir sur la destinée éternelle de ce mourant dont II dît : Sefvitus est in infemo (4) 9 le journaliste par excellence du Clergé actuel cherohe A s'égayer aux dépens d'un pareil infortuné 1 Ah .'il n'avoit pas autant de torts, ce Vigilantius, qui, raillant aussi les fidèles par qui les cendres des Martyrs étoient honorées, méritoitr par cela seul , que S. Jérôme lui répliquât avec horreur : O portenrtum in terras tiUimas deportandum (5) /
Dans ses invectives contre celui qui honore la mémoire de xkos ooo* veaux Martyrs , il se permet de;^ pasquinades qui les offensent eui' mêmes. On a cru le voir tressaillir de joie sur leur tombeau 9 quand on a lu ses houffooneries à propos de ces vieillards du sanctuaire qui» ayant partagé leurs mérites comme leurs souffrances, sansy avoir suC" combé, n'ont en partage que l'humiliation et la misère. Certes 9 ii n^ regrette pas ceux qui ont péri, le journaliste goguenard qui» parlant de l'un de ces prêtres suryivans, relégué dans la ch^pellenie ^Aipe dé* goûtante prison de femmes, avec le trisie salaire de six cents francs > dit à ses lecteurs : « Il se porte même assez bien; nous engageons & l'aller
(1) P,y 6 décembre 1817, pag. 1 15 de son tome XIV. (!i) P,, pag. 109, ao mars 1821.
(3) Pag. 86 du tome XXIV, i8ao, où ii «'exprime en cca termes : -« M. Chassebœuf , qai avoit quitté son nom inéiégant pour en prendre u0 plus sonore^ etc. etc. »
(4) Luc.C. XVI. ^. ai.
(5) Audet dicere : £rgà cùteres suos amant animçe Majrtynun , et cùxwft^' tant eos , semperque prœsentes sunt , ne forte ti nliqids prècçiior adi^trterit , "*" Mente* audùre non possint, O portentum, elcetc» ( 5. Uieron. adversùs f^^S^' lantium.)
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yoir (i) ». Ceux «lont en cela il a été Tioterprète^ se dlaeat cependant» ainsi que lui 9 de la même religion que ces inestimables Santongeois par qui les confesseurs déportés 9 du nombre desqueb éftoît ce survi- Tant 9 furent accueillis arec tant de respect au l'etourde leur homicide navigation (a). £xiâte-4;*^le parmi ces dépréciatcurs^ si ûexs de leurs conquêtes hénéfîciales 9 cette Foi qui anima les Chrétiens d* Afrique 9 dans la persécution d.e0 YandaieSy lorsque 9 partant des yilles et des campagnes 9 et grarissant les monts 9 inondant les Tallées9 ils arri* Toient en foule , portant des clexges 9 au-devant des. prêtres «zîlés , et faisoient prosterner leurs enfans sur les traces de ceux qu'ils vénéroient déjà conmie de vrais Martyrs(5) ? On a vu ci-devant ( pag. x) ) comme l'avoient été de semblables confesseucs dans r£glise xle Carthage.
Les seuls d'entre les nôtres qui échappent aux sarcaeines de ce journaUste» sont ceux à qui \t\ir flexibilité a permis de se ranger sous ses étendards. Quant aux autres 9 jl en est qu'il poursuit avec ses amères et piquantes invectives 9 même après qu'ils ont passé du temps dans Tèternité. Les pages 5io et 5 1 1 de son n*" 6^ ( iB oc<>lobre i8ao ) nous ont scandaleusement aKertjs qu'il attend «ur lés bords de la fesse 9 pour les déchirer après leur iport 9 ceux qu'il re<* doute de leur vivant (4)« Heureux 9 lorsfue 9 idans ses ieuiiles9 il se borne ù parler de leur décès avec un dédaigneux laconisme 9 sans hommi^ comme sans justice (5) 9 tandis qu'il consacre à ses amis ou ses aUiés de longs et très-pompeux panégyriques.
i^MM.
(i) P., ûB mftfs 1821, pag. 199; et le ii avril stiivant, pag. 271. f^ojr la brochure instructive autant que piquante de M. De Car , à ce sujet : clic a pour titre : Projet de deux pétUians sur les moyens de perfectionner lesjpumaux et damieUorerU sort des OMiciens prêtres, etc.; avec cette épigraphe : Curam habe de hono nomine. Pari* , iSai. Chez Pillet aine , imp.*iil>. rue Chriatioe , n» 5.
(a) Voy. Martjrrs de la Foi , tom. II , pag. 34a.
(0) Quantœ tune multitudines de diversis regUmibus et eivitatibus , ad vi^ sendos Dei Martyres occurrerint populorum , testantur vice vel semùûs : quœ cùm agnuna t^ementàun, nequaquàm caperent^per uerticem montium et ualÙum concurrens » turbajideiium inœstimabiUs descendehat , cereos manibus ^estantes suosifue infimtuios vestims Martjrrum pn^identes , istà voce clamabant- .' Quihus nos miseros relinamiis , dùm pergiiù ad conmas ? ( S. Victor, Dèpersecu^ tione yandalieâ* L. II.)
(4) La mtea bénigne formule y revcAoit parmi les traits satiriques en ces tenoea : « Vous noua abstiendrons d'en dire davantage sur un écrivain avec lequel noua avions eu quelque démêlé , mais contre lequel nous ne conservons Dteu merci 9 aucune nmciine ». y, ci-devaat, au bas de la page kt.
(5) L'ancien évéque de Saint -Flour, Claude -If arie Rufib des Comies de Laric, n'a eu ^ue quelques li^es de ce genre, 7 octobre 1818 (tom. XVII » pag. 366). Celui d'Uaez, Henn-Bendt-Jalea de Betbixy, a été preB<|ue insulté» i3 août 1817 (tom. XIII, pag. aS et a6). Labbé du Bréan, aumdnier du Koi, confesKor de S. A. R. Madame, ducbeaae d'Angoulâme, ami de l'évolue d'Usea, ancien grand-vicaire de celui de Boulogne, (le savant Aasdine), qui TboiuMnoit d'une confiance paiticnlière; cet bomme, d'une très-haute vertu , n'a eu qu'une sèche «naonce nécrologique, a8 mars 1S18 (tonu XV, pag. a8i). U en ailé
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Quand même le journaliste n'auroit que le tort d'élre burlesque* ment et trivialement facétieux en pariant des hommes ou des choses qui appartiennent à la religion, il montreroit déjà qu'il n*en connoît
λas seulement l'esprit. Gomment donc en auroit-il constamment le nngage ? Notre dÎTÎn maître, loin de chercher à réjouir ses disciples et à les amuser, leur disoit qu*il n'appartenoit de rire qu'à l'homme du siècle ; que, pour eux, ils n'auroient que rafflicUon en partage (i)« et que leur bonheur ne seroit que le fruit de leurs laruies et de leurs gémissemens (a). Tout chrétien sait, excepté le docteur laïc, et ses amis, que S. Paul défendoit a?ec sévérité les propos impertinens et les paroles bouffonnes (3). « Le temps présent, dit Saint Jean Chrysostôme , n'est certainement pas celui de la joie , mais un temps de deuil et de tristesse. Ignoreriez -vous quelle doit être la conduite des Saints? Quant à nous, qui sommes ici-bas i^omme n'y étant point, suivant le précepte de S. Paul, nous nous affligeons d'y demeurer encore. Qui êtes -^ vous donc, vous qui ries et qui raillez? Celui qui se plaît à dire des paroles mondaines et facétieuses, n'est pas un chrétien; et, fussent-elle$ assaisonnées du meilleur sel atlique, il n'en est pas moins ridicule. Elles ne sont permises -que sur les tréteaux des bateleurs (4) >> •
Or, cette profane raillerie (5), l'inhumaine épigramme, n'ont été mises en œuvre avec les soupçons détracteurs hautement exprimés, en ce qui concerne notre Martyrologe^ que pour détourner les regards de la gloire de ceux qui sont morts , et de ceux qui ont souffert pour
de même, le i8 mars iSso (tom. XXIII» pag. i68)» du très-respectaUe abU Coulon y ancien vicaire- général de Nevers , et pi^dicatear ordinaire da Roi, dont notre auteur a promis de venger la mémoire. Il avoit en le tort, aux yeux du parti, de faire un excellent abrégé, en français, de l'ouf r^ de Bossuet : Defensio declaraUonù CUri Galàcani} etc. etc.
fi) Joan. C. XVI. #. ao.
a) Afath. C.\.f, 5.
(3; A ut SuUtiloifuiumf mU ScurrUkas^quœ ad rtm non pertùtet. (Ad Epbei.
(4) ^on est prœsens tenwus dijfffusœ ketàiœ , sed luetù* , tsfiictionum et ejw laùls. Tu autem in dîctùjacetù, tempus teris,.. Vu diseere tfU/œnam sa Sane* torum uùœ agendœ ratio r Audi Paxtlum dicentem : « Nom et nos quisunatsin hoc tabernaculo ingemiscimus* » J^u maem rides et àtdis ! yideamus eujusmodi cpartet esse sanetum , mitem^ mansuetum , ûigentem , iamentantemy-afflietunt» Qui ergd dioà urbéuia etjaoeta , non est sanctus ; etimmsi sa Grctetàs ^ is esif^" diculus. lis solis qui sunt in scend hœc permittuntur. (8. Johan. Chrys. ^^^ nul, XV U in £pist. ad Eph. €ap. V. it. 4.) '
(5) La France Chrétienne a voola pareillement #e rendre agréable» es lançant un trait depigramme contre M. Guillon, à propos d'une épttbeU que le Journal des Débats ^ du ^ janvier dernier, lui avoit donnée, lorsqu'il annonça son ouvrage. « Ce Journal, daiUeura<estivable, disoit C, le3 féviier suivant, a cru pouvoir ajouter à ce titre. (de tliêologien) celui de savant : » lecteur jugera si, pour la première fois, ilna^pas été trop kbéraln) et ce dernier mot étoit mis en caractères italiques » afin qu'on l'entendit suir^A^ ^
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la Foi. L'àulear qui les avoit illustrés pour rédification et Tencoura- ^einent des fidèles 9 ainsi que pour l'honneur de TEglise gallicane 9 a même tu employer, aûn de rabaisser tant de saintes victimes , les plus perfides attaques contre la doctrine apostolique 9 par laquelle il étoit autorisé à les célébrer comme il l'a fait. On s'est armé contre lui de l'artifice des citations frauduleuses , du stratagème également
sens très peu favorable qu'on lui donne aujourd'hui. N'est- ce pas la faire ie plaisant à la manière du personaage.de la lahle où il est dit :
M Ne forçons point notrt talent ; - Hottc ne reri«ne rien avec griot • ?
C, ajoutoit : « Cest comme théologien que nous allons le juger » ; mais on a déjà vu qu'il s'est assez 'malheureusement tiré de cette judicature. Cependant je n'ai point encore parlé de son dernier paragraphe (pag. i5i.); et Von me fait observer que, notre auteur y ayant été attaqué d'une ma» niére plus que vive , je ne dois être retenu par aucune considération huinaiue d'entrer dans le champ -clos où il a voulu 1 entraîner malgré lui. M. Guillon «voit dit (pag* 3o et non 19 de son tome I*'}^ en remontant aux temps anciens de l'Eglise : «c Alors U étoit défendu, sous peine d'ana thème, de parler du successeur d'un évéque tant qu'il viyoit »; et C. s'écrioit, en rapportant cette phrase : « Pourquoi ces étranges paroles démenties par toitfe faatiauàé >» (3 février) ? Et, pour faire croire qu'elles Tétoient réellement, il passoit sous silence un monument authentique du contraire, qui les avoit accompagnées ; c'étoit une constitution du pape Boniface III, condamnant un tel ahus en 6o6. Mais tout auss»U)t, par l'eiTet du cogU veritaSf le censeur avoue, malgré lui , qu'il a trahi la vérité, en opposant toute fantûfuùê à notre théologien, car il continue ainsi : « Comment l'auteur ne s'est-il pas aperçu qu'en rappelant uu léglement aboli depuis long- temps , il condamnoit (en général) une pratique universelle » (sur un |ioint auquel M. Guillon n'avoit pas songé) ? Il est aussi trop évident que la citation se rapportoit à de* circonstances bien plus essentielles et presque aussi récentes. « £n condamnant cette pratique universelle , continue C. y il condamnoit en particulier la conduite d'un grand nombre de saints évékjnes qui qnt choiM un successeur de leur vivant..... Sur un point de discipline si peu contesté, je me contenterai de citer deux exemples : celui de S. Aufl|ti8tin, choisi par l'évâque Valère; et celui de S. François «de- Sales, qui, ayant été lui-même coadjuteur, crut devoir choisir sou propre frère pour remplir la même dignité. L'auteur peut consulter tous les traités de droit canonique : il y trouvera la condamnation de son ana thème. Le respect pour l'antiquité est bien déplacé, lorsqu'il est un prétexte de censurer les usages ies plus utiles ». Ici, du moins, le censeur confesse que toute Y antiquité ne dément point M. Guillon ; mais cette antiquité^ qui fut si ' admirable, si éclairée , et sans laquelle nous serions dans les ténèbres, n'auroit donc pas eu assez d'esprit pour imaginer ce qu'il y a de plus utile! Notre auteur n'avoit aucunement besoin qu'on le renvoyât à tous leà troués de droit cano^ nique : il les a lus; mais, selon sa coutume, à l'égard des livres modernes, toujours plus ou moins dominés par l'esprit des puissans de leur siècle, il a comparé leurs citations avec les auteurs primitifs de qui elles sont tirées; et « ces comparaison.^ , m'a-t-il dit, ne l'ont pas toujours attaché fortement à l'avis des modernes ». Je suis fâché, pour mon compte , que C, m'ait poussé dan^ la auestton dont il s'agit : c'est un terrain ou j'aurois tr )p d'avantages, si quelques égards ne m'empéchoient d'y déployer mes forces. Je ne dois cepcn-
déloyal des malicieuses réticences, de tout ce qu'arec Pesprit de partt^ Tignoranco, non moins audacieuse que la mauTaise foi^ pouvoit trouver (sans négliger les qualifications les plus propres à repousser les catholiques), afin d*écarter toute pieuse curiosité de l'ouvrage le plus capa1)1c de raviver leur Foi , de les rendre aussi courageux que nos confesseurs et nos Martyrs, dans les mrmes combats. Que n*ai - je pu obtenir de l'auteur les témoignages multipliés qu'il a
d.int pas mVn retirer sans y laisser à ma place , et le décret du Concile de Ti*cnte (C. VII, de Beform. Sess. xxv) : « Cùm in beneficùs ecc/esiastids ea quœ JuKredîtarice successionis imaginem referunt , etcetc,; et le tome II des Mémoires du Clergé de France (pag. 33a , 348 et siiiv.); et le savant et profond plaidoyer du célèbre avocat- général Ômer Talon, du a5 février 1642» consigné dans lesdits Mémoiresy et à la page 336 du tome II de la nouvelle édition des Œuvres d Orner et de Denys Talon, publiées sur tes manuscrits autofpntmhes, par M. Rives, avocat au conseil du Roi et à la Cour de Cassation (G toi. in-S*. Paris, 1821, chez Egron, imprimeur-libraire). J'invite les lecteurs à méditer ces divers écrits; et, en leur rappelant ce que Van-Espen a dit sur ce sujet, dans son Commentaire sur la deuxième partie du Décret de Gratien, je l'apprendrai peut-être au théologien de la France Chrétienne, Ecoutons donc ce grand canoniste : Besoluit Graiianusy dit- il ^ Spiscopo senectuie gnuféUa non fiuccessorem , sed coadjutorem esse dandum, Hane in rem noianda tfua eanone 17, sab nomine Zuchariœ Panœ ad Bonifaeium Momumum Arthùpn' copmn refert Gratianusy è quibus mtelligàur quantd moderatione dandus su coadjutor^ qui reipsa Episcopum infirmitaie aut senectuie gnwatum in honon episcopali assistere et subleuare queat : ex quibus et intelligetur quèm proad à pristinis illis coadjutoriis différant , quœ hodie conceduntur coadjuiotias cum Juturd successione. (Causa VII.) C'est trop souvent, comme un héritage, qoc
porte,
môme remplir tons les devoirs. Tel étoit Valère, lôrëqu'en 39^ il-éleva S. Aagustin à la dignité épiscopale , en le consacrant pour l'aider et loi succéder. Mai^ ce fut une faute grave , dont S. Augustin se repentit amèrement ioaîe
îpoque
connoissoient les canons du concile de Nicée qui avoient prohibé une p«reili<^ action : Adhùc in corpore posito betua memoriœ pâtre et £piseopo meo sene ynlerio , Fpûcopus ordinatus sum , et sedi cum lUo : quod concUio JVieaiio ptrth'bitum fuisse nesciebam ; nec ipse sciebat, Quod erib reprdtensum est in me , etc. etc. (Acta ccclesiastica à B. Aug. confecta : Japist. ai3, aliàs iio.) Eh î quel prOtrc que ce S. Augustin, qui n'avoit été choisi par Valère que parce qu'il s'ctoit déjà illustre par de grands travaux en faveur de la religion» et par ses écrits contre les Manichéens ; qui avoit paru avec tant d'éclat au concile d'Afrique en 393, et combattoit les Donatistes avec tant de gloi^^; S. Fnuicois-Kle Sales avoit fait d'innombrables conversions, et opéré quantité de prodiges dans sa mission du Chahiais , lorsqu*en 15^8, son évéQoe Graiiicr, très-avancé en âge, lui proposa d'être son successeur, bien ploiôï que son condjutcur; et il en fut frappé d'effroi, au point qu'il en devint trci-malade. U résista long-temps encore ayant de céder; et il ne se fit
éè}k reÇQ» de lliettrettse impression faite par la lectuK de son liTve (i)I Combien de vraîs crojans en ont été plof) animés de la-foive d'imiter ces généreux atlilètes; et combien de chrétiens, jusqu'alor» indifférens et tièdes, s'y sont enflammés d'admiration et d*amonr pour une religion qui inspire des sentimens si généreux, et rend capable de si héroïques sacrifices! L'Enfer, dont ces effets salutaires causent le désespoir, et qui seul aroit intérêt d'j mettre obstacle, ne le
sacrer qu'après la mort de Granier, cVst-è-dii'e seulement le 8 décembre f6o9. Quand , pendant le séjour qu'il fit à Paris , en iBao^ le cardiaal, évéqne de cette Tille, lui ofirit, de la part dn roi , la coadjutorene du siège de la capitale, il la refusa , et retourna bien rite à son Ef^se. Le Pape Alexandre VII a célébré ce trait au §. XXXVIII de la bulle de canonisation de S. François-de-Sales ; mais il s'est tu sur la coadjutoreric consentie par ce saint évoque en faveur de son frère, lequel, sans doute, ne fut son coadjuteur que àe M même manière qn« lui , et comme ce prêtre Eraclius que S. Augus* tin aToil choiai pour successeur. Le fait de l'aiitiqaité sur lequel quelques eanoniilee modernes fondent les coadjutoreries, ne leur est pas si favo-*
1^1^ -^.••i • r *. : r" M. 1..Î j- e ai j 'a"^ ^
aiége*, vers 95i. S. Jérdme qui n écrivit que plus d*un siècle après, et assez loin de là, a laiâsé penser que Narcisse et Alexandre exercèrent ensemble la juridiction épiscopale ( Dt Spript, Mccles.), Mais S. Alexandre lui-même nous paroit avoir dit que , lors d« son élection , Narcisse avoit renoncé à ses prérogatives d cvêcjue , et qu'il ne partageoit plus avec lui que l'exercice de la prière. Ecrivant aux Autinoïtes du vivant de Narcisse , il leur disoit : SaUttal ('o.t /iancisxus, qui anie mt episcopalem huius ecclesiœ sedem temat, H qui nunc mihi conjuncttts est in orationibus. ( Euseb. HisL Ecdes. JL. V* c. II.) Il fallut ponr cette translation de S» Alexandre, et pour son éfératioa aur le siège de Narcisse , non seulement le consentement de celui-ci , mais de plus l'autorité d'un concile de tous les évéques de la Palestine , lesquels encore ne se seroient pas décidés à déroger ainsi aux règles et coutumes apostoliques , s'ils n'y eussent été encouragés , par des ivfélations et drs miracles , et si , comme le dit le P. Thoroassin , « Les vertus d'Alcxaudre n'eussent été beaucoup plus éminentes encore que le siège de Jérusalem » : Non pmdd eminentùu erat uirttattm ejits JaatM^ium quàm sedis Jtrosotymitanœ. (De veteri et nova Disciplina Ecclesiasticà. Pars II, iiv. II ^ c. lv, n» X, et c. LX1, no II.)
(t) Il m'en vient un d'ailleurs, et que, pour cette raison, je mecrois très-libre
lus ayant isi par
beaucoup de ses plus vertueux compagnons pour le directeur de leur conscience, avoit déjà 44 ^^^ lorsqu'il en revint, en 1795. Ancien grand-vicaire de Sarlat , il écrivoit, le 6 "janvier de la présente année ,^ l'ami qu'il y eut pour collègue dans la même charge avant la révolution ; « Je lis avec le plus grand intérilt le Martyrologe français; c'est un ouvrage précieux pour la religion , et qui pourroit opérer de grandes biens chez des peuples moins corrompus. Le premier volutpe, qui oflVe le tableau géiiér.il, composé de plusieurs tableaux parti- . Cttliers de la persécution , attache beaucoup. U fait souvent éprouver de vives émotions. 11 est bien écrit ; la nai'ration c.'»t facile et rapidt. Le style est parfai-
( XxxTiij )
pouToit qu'en empêchant de lire Us Martyrs de ta F&i; et seul il avoity pour y réussir, le pouvoir de faire employer ensemble toutes les annes de diverses espèces dont je viens de parler (i).
La doctrine de Tauteur, reconnue pour la véritable par les plus savans et les plus vertueux maîtres de Tancienne théologie « appartient essentiellement à celle des beaux siècles de TEglise. Si roo 8*en écarte , il ne restera guère plus de la religion que le culte extérieur^ dont se contentent les gens du inonde , et dont j afin de les j attacher, on augmente la pompe à mesure que son esprit s'altère et se dissipe. «Timothée! ô Timothée , disoit S. Paul, vous ne conserveres le dépôt de la Foi qu'en évitant ces profanes nouveautés d'interprétations comme d'expressions, avec lesquelles le monde seroit cbanné qu'on lui parlât, et surtout les oppositions qu'une fausse science prétend faire à notre enseignement :ceux qui, avec elle 9 promettent tant de merveilles , ont déjà intérieurement dévié du sentier de la Foi (a) 0. C'est pourquoi, conolurai-je avec S. Yincf^nt de Lérios, ail est nécessaire à tous les catholiques, jaloux de prourer qu'ils sont les fils légitimes de notre mère, la sainte Eglise, de s'attacherait Foi des SS. Pères, de s'identifier, de se fondre, pour ainsi dire, avec elle, d'y rester unis jusqu'à leur dernier soupir, et par conséquent de détester les nouveautés des profanes, de les repousser aTec horreur, de les maudire, et même de les combattre sens relâche : Neeesse est ffrofectô omniéus deinceps cathoiicis , qui scse Eccltsiœ mairis iegitimos fiiios probart studerU^ ut sanctœ saiictorum Patrum Fidei innœreant , adgiutinerUur 9 immoriantur 9 prophaïuu verô praphanarum novitaies detestentur, HorrescatUj inscetentur, perstquantur, (S. Vincent. Lirin. Comnumitoriufn ad finera. )
temeDt adapté au sujet. J'ai la confiance que ce livre fera da bien à mon âme. Je seroiâ heureux s'il faisoit revivre en moi les sentimena que Dieu avoit mif dans mon cœur, lorsque j etois sur le vaisseau , et qui ont peut-être été tenu»
Sar ce que S. Léon appelle la poussière du siècle^ de laquelle il est si difficile e se garer.»
(i) Et ecce equus paUidus : et qui sedebat super eum, nomen iUi morSf ^ infenius sequihaiur eum. (Apocal. Cap. 6. it. 8.)
(a) O Jùnothee , deposùum cusîodiy débitons profanas vocum no%niateSf et oppositiones falsi nominis sdentiœ : quam quidam promittentes , circà fid^^ exaderunt. ( I" ad Timoth. Gap. 6. f, ao.)
FIN DES OBSEBTATIONS.
iV. B. Me scroit-il permis , en ma qualité de libraire , d'ajouter ici quelques réflexions de métier, sur riosuilisaoce actuelle de Is
«eate loi que les aateur» et ks éditears puissent opposer aux spolîa*tioos? La GohveQtîon dont elle émana, le 19 juillet 179?, ne croyoit past sans doute 5 que les forbans de la littérature pourroient imaginer d'autres moyens que les contrefaçons y pour attenter K leur propriété. Gomme les hommes d^alors étoient, les uns courageusement probes 9 et les autres effrontément perrers, les législateurs ne se trou- Toîenf pas sans doute en situation de préToir qu'il riendroit une époque où 9 la morale d'Escobar étant ouvertement préconisée {F. cî-deTant, page iiJ9 note a), des faiseurs de livres à la t&ise, qui se seroîent rangés sous les pavillons de rkonneor, étuderoient cette loi 9 en substituant la supercherie du plagiat à l'audace de la contrefaçon.
Les désordres typographico-mercantilles ne se bornent donc plus maintenant9 surtout dans la partie religieuse, A ne réimprimer qu'aveo des mutilations, des interpellations 9 et des changemens en seds contraire de celui de l'auteur primitif 9 tel ou tel ouvrage d'une réputation fkîte 9 en j conservant 9 par un surcroit de fraude , les approbations respectables qui recommandèrent l'édition originale 9 et qui bien*cer«tainement n'auroient pas été données à ces dernières. Nous en avons un exemple 9 entre autres 9 dans les nouvelles réimpressions de* l'Histoire airégéc de 4f Eglise , par le vertueux el savant Lhomond> qu'on esprit aystématique y a fait très-indignement défiguren
Dès qu'il pBMOÎi un livre nouveau, riche en faits et en doctrine 9 les frelons de la littérature fondent sur lui, pour en pomper la substance, suivant la force de leur conception ; et 9 la digérant précipitamment asaes mal, ils la donnent bientôt au public à titre d'auteurs, et comme leur propriété. En cela , ils sont merveilleuèement secondés par des journalutes amis qui 9 dans l'intervane 9 décrient la source d'où proviennent ces plagiats 9 afin d'empèoher qu'on ne la oonnoisse.
Ce double. procédé vient d'être employé contre nos Martyrs de 4a Foi, Pendant que deux journaux soi-disant reiigicux les dénigrolent, un plagiaire les dépeçoit, pour s'en former un petit voluiiietde aSs pag: in-ia 9 mis eo vente , depuis quelqves jours 9 sous ce titre : Le CÙrgé de France, ou éeaux eœemfUs de vertus chrétiennes, donnés par des Eeciédasticues , depuis ie miiieu du siècle dernier, et particulièrement durant ia persécution révoiusiênnaire; par Edouard Hocquart, avec unegravttre (représentant, à la maniéré noire, l'abbé de Fénélon^ entoui^ de ^ix petits Savoyards) , à Parisi chez A. Hocquart , jeu^ne , rue des Maçons-^Soréonne, n^ i5-^ . 18a 1. Ces deux messieurs étoient sans doute encouragés par le succès de circonstance qu'obtenoit leur précédente compilation , intitulée : Premières leçons d'Histoire de Dieudonné^ ou reoueU de traite de honte et d'héroïsme des Princes et Princesses de iafa^ mitie des Bourbons, depuis S. Louis jucqu^à'nos jours. Celleci 9 du moins 9 étant faite 9 en majeure partie , ches les morte 9 ne pouvoit guère exciter de rédainations cbea les vivaos, au lieu que
celle du Clergé de Franee^ eiHreprise à notre délrkaèaly ne <kroU pas nous laisser impassibles. Elle se compose 9 pieaqu'en totalité , de la dépouille de dos Martyrs de la Fci, dont on a extrait, par abrégé 9 plus de soixaote articles ^ avec des faits absolument ignorés jusqu'à DOtre édition, et dont on a même copié, non seulement les propres expressions, mais encore dopages entières, notamment aux 175* et 176*. Ces transcriptions y étant sans guillemeta^ sans aucune indication quelconque de Toufrage avec lequel le compilaieur a formé son pasticdo^ il se produit comme l'auteur primitif et le wn\ propriétaire de ce qu'il vend : licence au reste dont il »*e9t abtenu à l'égard de VJmi de la Religion et du Rei, pour un paragrapiM qu'il lui a très-galamment emprunté.
A cette précaution , propre à lui concilier la fisTeur du jonmaliste* il joint l'attention de professe^ sa doctrine et celle de ses protégés, dans un Avertissement de trois pages, et encore à la a63* de son petit volume , sans se douter plus qu eux de la différence qu'il j a entre (i eulte fiuùUc , autorisé par des biiUes de béatification ou de eanonsation ^ et ie culte privé qui n'a pas besoin d'autorisation. C'est bien aveuglément qu'il a dit , en copiant ces doetùrisans : « Pamn les athlètes de la Foi , l'figlise ne recotmoit pour Martjrs ( Il falloU dire.: n* honore d'un emte publiù) que ceux qui ont été déclarés tels par le Saint-Siège. » (Un chrétien instruit auroit dKt : fue eeux dont le Saint-Siège a autorisé (e culte ptsMic.) «Àlora eeutemuM, poursuit le néophyte enseignant , les fidèles peuvent left invoguer et les honorer sous ce titre »» IMLais ponrroient-ib donc les invoquer sous un autre ? Et quand ils 'sont morts notoirement Martes, c'està-dire témoins delaVoif peut-il ie faire que ce qui est, né soit pas 9 tant que le Pape ne songera poiilt à les nommer avec ce titre dont leur mort les a réellement bien mis en possession ? On est, pour le moins aussi fondé à les invoquer^ qu'on l'est à invbqueales silnples justes* décédés paisiblement en odeur de sainteté, sans avoir besoin d'aucune autorisation pontificale. Il n'y auroit pas de héMifleaMiiony m de eadiùnisation possible , à l'égard de ees demies , pom* lesquels il faut des miracles ( qui né sont pas nécessaires pour celles des plumiers ), si on ne les avoit pas infoqués dans un culte frivé qnî devient souvent très soUntnel.Wi. Guillon a si clairement expliq^* ces vérités qoe je les comprends aussi par&ilemeni qu'en théologien; et quaud je lis ce qtt'il a raconté de la saleniniU de ce culte frivé < rendu aussitôt après lemr mort , sans autre autorisation que celle <le la Foi et de la vraie piété» à S. François -de-Sales {F. tom. lY, pag. 39^ et 3à§), etau P. Iièenard {iéid* pag. 554*coL 1 , à ht note) ; quand je m« rappelle ce qui vient d'être dit du culte du même genre, rendu au bien faeureun évêque de Marseille, J. B. Gault, à ftobert d'Atbrissel {f^*f' devant, pag. xv)> je ne. puis regarder le oompllateur du Clergé àt Francs et sea pareils comme de grfuds docteors*
( i»J ) It y a Traiment une paiwance occulter qui veut qu'on tienne fea Gdèles darts rîgoorance à cet égard; car le premier vt)Iai1ie des Martyrs <U la Foi 9 daoa lequel la doctrine du martyi^ est exposée plus ciaireaient qu'élite né Ta été jusqu'à cb jôUi*) effkrbuehe au-delà de toute expression nos docteurs imodemes. C'est eu point que le libraùre^ assurément trés-antigaUtcàrt d'un gfand tiergi dé pro^ vinoe^ me proposant de pnm&e cent exemplaires dé nhtre Hiar^ tyraiogcy déclaroit qu'il ne ^uuloit pas de ce preihitéf volume, qui renferme ce qu'il peut y arolr de pins instruttif, tabt dans Tbi^tôire de la persécution qu'en matière ire doctrine anàlogiié. Oh fie veut plus qu'amuser les ftmes dévotes avec des légendes et des f évîélations , comme au temps de Jacques iU V&ragine,
Ne nous plaignons cependant pas trop du llVret Le Citrffi de FroMC^ puisque la pla|}art des productions asbétiqncs , comme historiques d'aujourd'hui , se composent de là tnênie mabiëre ; mais je ne peux me défendre de faire observer ^*on n'a pas travaillé avec ploi de célérité que de délicatesse 9 en mettant cinq tnbis pour fe rédiger et l'imprimer, car nos Martyrs de ia F&i, bien qu'ils portent le millésime de lèai, sont en vente depuis le i5 décembre iSao'y comme l'atteste le journal de k librairie.-
Nous regretterons même bien sibcèretnent que la matime de S. Paul : « Ne faisons pas de iriauvaises actions pour qu'il en résulte quelque bien» {ad Rôin. C. III, v. 8), ne nous permette pas de souhaiter ^ue h petit livre de MM. Hoequart puisse contribuer à l'avantage de la religion, en édifiant les lecteurs à qui leur fortune ne permet point d'acheter notre onvrage. Celui-ci peut sans doute fournir de très-abondans matériaux aux écrivains qui veulent travailler pour la gloire de l'Eglise , et même d'Intéressans sujets à nos artistes : fat gravure de MM. Hoequart en est une preuve. Nous nous en applaudirons, pourvu que l'emprunt se flbsse loyalement, c'est-àdire 9 en confessant qu'on doit ces sujets et ces matériaux à nos Martyrs de ia Foi.
A considérer, dans leur enchaînement jusqu'à ce jour, les vicissitudes qu'ils ont éprouvées, l'on ne peut aue reconnoitre l'influence toujours subsistante de l'esprit de la révolution. €e Martyr doge t contrarié et empêche en 1800, pour des causes suffisamment indiquées ci -devant (pag. xxij, et tom. I*', pag. X]tJ:ii^de la Préface 9 note a)^ n'a pas été plus tôt annoncé, derechef, iers la lin de 1817, par un Prospectus très-répandu, où l'on entrevoyoit, toutelois, que sa publication seroil encore retardée , qu'uu concuri^ent improvisé sa hâta de recueillir quelques matériaux avec lesquels se composèrent Les Confesseurs de ia Foi 9 publiés au commencement de 1820. C< ne fut pas nous, au reste » qui cniignimes alors qu'en nous devançint ils pusseat rendre inutile et superflu notre Maftyroî&ye. Hais â /eîue en avoDS-nOtis eu publié trois vôlumésy qu'ilaont été attaqués à dncnmoe
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par icenx-Ià mêmes qaî aroient porté juaques aax nues Us Cmfesseurs; et taudis que ceux-ci conspiroieot de cette manière contre le succès d'uo travail de vin^-cloq ans d'obsenrationsy de re^^rches et d'études 9 leurs jeunes protégés morcdoient ce riche monument pour s*en approprier les pierres précieuses.
Dès qu'ils ont eu mis en vente le recueil de ces plagiats , je suis allé leur en porter mes plaintes ; ils m'ont répondu comme s'ils n'avoient aucune poursuite juridique à redouter; et ils aroient raison , puisque là loi ne dlbfend que la contrefapon d'un livre dans son entier. Cependant 9 comme je croyois qu'il devoit y avoir quelque conscience en librairie, j'ai recouru 4 l'un de nos confrères , que les âmes dévotes ont le plus en estime 9 aûn d'obtenir de lui 9 au moins pour ma consolation 9 la condamnation de ce procédé. La réponse ne m'a çnhrt satisfait; mais comme die peut, aux yeux de beaucoupde persopoe^, atténuer les torts des plagiaires, me l'étant fait donner par écrit, je crois devoir la rendre publique.
« D'abord , m'a dit cet honnête homme , vou« ne pouvei plus ignorer , depuis que M. de Maîstse Ta solennelien^nt révélé, que, pour n'êt're-j>as taxé de Jansénisme 9 il faut, de toute nécessité*, être décidément Moiiniste (F. ci -devant, pag. xvj, note 4) î o"*» ^^ Molioa , la charité n'exige point auei'on sè^priv^ de faire un frofu pour épargner une perte égaie à son prochain (0 ' ^^' quant au plagiat des livres, on peut s'appliquer, Ce qve le même moraliste a dit du plagiat des personnes , savoir, que c*est éien à is vérité porter dommage à celui que Von niite; mais que ce n'est pas iu% faire un larcin (a). Le révérend Père Escobar, enfin * t décidé que iorsgu^un pauvre vole en cachette un riche' , cetuùei ne peut raisonnaUenient revendiquer ce que celui -ià éui e pris. H a seulement te droit de dire que la manière dent U pauvre en est devenu possesseur lui déplaît, (3) •» *
GERMAIN MATHIOT.
(i) Caritatis ordo non postulat ut postponM {aliquis) tantùm suum commodum, ut crtditoTf^s nh ntquali damno servit incolumes. ( De contract, tract. H > Dixput, 3!l8«'à la pag. 3qo, ligD. 4^ du tome fl , é(l>t. Âiogunliœ^ lôoa.)
(ji) Plagia fitrtu non sunt,,.., quia dammun non estjurtum, ( Ibid. /^^' put. 684» pug. Il 56. ; et Diâpui, 685» pag. ij58. )
(3) Âeqtte dit^s ùi hoc casu potest esse rationabiliter im^ituê eireà suéstsn^ tiam rei acoeptœ^ sed tantiun poiest eimodus displicere, ( Liber tbeologiie 00" ralis , tract. I Zegum. C. iv, Exam. ix, PntfiH^iùxà pnefata cjp societûM scholâf pag. 145 de Tédit. Monuchiiy i646.)>^; '
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IMP%IiU£aiE DE LE N^KMAKT, RUE DE SEINE ^N' B