POST TENEBRAS LUCEM
POST PBOCEILAS ST TURBINES PLAClDAWf LENJJATEM.
( S. Cypr. <fi Seoutu , Ep» XI. )
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OBSERrJTïONS de f Éditeur sur les Critiques que deux Journaux f dits Religieux, ont faites de l'xmvrage intitalé^ Martyrs de la Foi pendant la Révolution Française;
Ci'bst une singularité bien capable de fixer les regards de Tobser- Tateur, qu'un ouvrage, regardé dans toute l'Europe comme le plus utile et le plus glorieux nfionument "M^^ en l'honneur de la France catbolicfue et monarchique de la fin du dix-huitième siècle 9 ait eii pour seuls contmdicteurs « et pour ennemis déclarés, deux journaux fran^is qui, ayant usurpé lédroit de parler de la religion en maîtres^ jouissent eA première figni^du privilège d'endoctriner , chacun deux fois par semaine, le clergé de la Nûuveiie France fi). Le premier, quoique rédigé par un iafb', se qualifie' à cet effet d*Ecctésiastique; et le second porte le surnôiti de Bàiigieux, sans qu'on sache seulement quelle est la profession de ses rédacteurs. On a pu rem.irqucr aussi que tous deux furent les premiers à parler de cet ouvrage (2), et que , Pattaquant tous deux à la fois , jaloux d'accaparer l'opinioïi publique , pour la diriger contre lui , ils devancèrent en gi*and(^. hfite tous les autres écrits' périodiques, dont ils avoient raison de ci^indre jusqu'à la plus froide -impartialité. €e qui doit frapper encore davantage, c'est que nos journaux les plus recommandables et le^ plus justement accrédités (3) , n'étant venus qu'après eux dire leur avis sur
(1) Exprcjisioii consacrée, en 1819, par la Correspondance' prit^ée du mi- Yiistre-secrétaire d^tat, qoi avoit tant d'influence dans la collation des év^cbés. f^. la note de la pag. 148 du premier Tolume des Man/rt de la Foi»
(^} VAnd de ta Mdigkm et du Moi 9 joumai.êceê^tiaâtique , poilue 'et huéraire^ des ^7 janvier i8ai « 3, i4 et 34 février 8uivans.^J^./>wiM Ckré^ tienne f journal religieux, politique et littéraire f des ^4 janTÏer et 3 fé^ vrier i8ai. Les esprits pénétrans n*ont en besoin que du titre principal de ehaenn de ces joumanz, pour juger de leur tact et de leur exactitude. « Le pnmier, diaent-ils, ii€ lavoit pas que Famitiéy qni emporte Tidée deréci-
{irocité , suppose une aorte d'égalité d*Age , de rang , et de condition entre es amjs« L'autre ne soupoonnoit pas même qne , dans un pavs 011 il y a force protestans, et où ils pi]^Uent.un journal oui propage leur doctrine , spua le titre ^ArchUfei Chr^Mennes^ il lui étoit indispensable de se nommer la France Catholique^ puisqu'il Toniott absolument s'appeler La Filmée. » Si l'antiquité ecclésiastique eût été connue des entrepreneurs , ils auroient su qa« , partout où il y eut été bétéiwloxes, les fidélea forent aoigneox de se qualuBer de catbouinies , comme on le verra ci-après.
^3) V. Joumaldee D^mts » du 4 nian i8ai ; Gasettede France , des X3 février et 7 mars; Mwateur unû^er^d, du 8 mars ; Quotidienne , da a8 aTril ; Journal de» FiÙes et des Campagnes ^ des 4 avril, etc. etc.
Ci)
hs Martyrs de la Fui, sans avoir la prétention d'être théologiens > ont apprécié cet ouyrage avec autant de savoir que de dignité» se montrant, 8ur un sujet éminemment évangélique, de plus habiles docteurs que le soi-disant EcciéHaêUque , et le soi-disant RtUffieux : de sorte que ces deux avant-coureurs si bâtifs demeurent isolés dans l'arène. Ils sont les seuls 9 absolument les seuls qui aient prétendu obscurcir la gloire des nouveaux Martyrs de l'Eglise gallicane 9 et faire suspecter la doctrine de leur panégyriste 9 toute conforme qu'elle est à celle de l'Eglise universelle 9 depuis son origine jusqu'au premier acte décisif de i'usurpation de Buçnaparte» eo 1801 (1).
Cette espèce de phénomène, que j'aurai l'occasioa d'expliquer bientôt, vient uniquement de ce qu'en général, les privilèges acquis sous l'usurpateur 9 pour son avantage 9 sont restés 9 depuis le retour du &oi légitime 9 à ceux qui les possédoient. 11 avoit fallu à Buonaparte une nouvelle doctrine 9 et surtout^ des hommes noMVoauX9 ou régénérés à sa manière ; et de là ce désordre actuel que naguèrcs déploroit un de nos anciens professeurs^ de. théologie 5 lorsquil disoit : « La destinée de notre temps e;4 d'avoir, parmi ceux qui parlent de religiiyi avec plus d'éclat «, des hommes, la plupart laïcs, qui 9 ayant peu médité 9 n'ayant pas n^éme étudié les téritables principes de la religion 9 auroient besoin d'apprendre leur catéchisme avant de s'ériger en docteurs sur des questions religieuses qu'ils n'entendent pas. Ils confondent les idées populaires de la superstition avec les dogmes de la Foi ; et 9 poussés par la secte des anti-gallicans 9. qui flatte leur vanité, et se charge de vanter dans le monde leurs présomptueux enseignemenâ 9 ils ponfopdeot les opiaioas de leur parti avec les vérités évangéliques».
Tels sont, dans cette subversion d'ordre 9 et sous tous les aspects > môme avec des traits plus fâcheux 9 les deux journalistes qui ont attaqué les Martyre de ta Foi, pendant ta Révolution françaUe- Dès qu'il paroit un onvrage nouveau 9 fait* suivant l'antique doctrines si Fauteur leur impose par la dignité de son rang, ils gardent, ^ l'égard de sa production, uù perfide silence; et, n*Qsant pa^ 1^ décrier , ils empêchent qu'on ne la coquoisse (a) ; ma^%i quand l'auteur n'a d'autre considéFation que celle du savoir et d'une conduite invariablement honorable, ils se déchaînent contre son H^ avec une ateugle colère. Qu'on ne s'y méprenne pas : le peu d'érudition qu'ils étalent alors ne leur vient que de lui; et, quand ils n'ea
(1) f^. au ton. 1«' dfi l'ouvrAge , pag. 109 et auivantea.
(a) Tel est lenr procédé à l'égard dt ïéxjcoUKnU dioseiiatioii de son Era. M*' le cardinal de la Luzerne Sur la J^éciaration dé i'AsttmbJée du Ciarjgé de Ihanee, tn 168a, 1 voL in-S* de 49^ pages» en petita cjurtrt^rrs« Paris» i8ai, ohm Potey, libraire de S. A. K. M«»'Ie dac d ADgenléiiit , roc du Bac^ n«4^.
usent pas aveedéloyautév ib4*emploient sans intelligence (i). Pour le rendre odieux 9 ils citent frauduleusement 9 comme entières, des phrases morcelées , en dénaturant leur sens. 11 n'est pas d*escobarderie qui doire leur coûter, puisque leur grand docteur en robe courte. Tient de déclarer que le temps est Tenu où l'on peut, aTeo triomphe, préconiser la morale du fameux casuiste de Yalladolid (a). Enfin, leuics succès deviennent certains, lorsque, dans l'impossibilité de soutenir une discussion tbéologique , ils j suppléent par des boufionneries aussi triviales qu'anti-chrétiennes.
Ce qu'il y a de plus étonnant encore , c'est qu'ils obtiennent quelque confiance dans leur tnteignemcfU présomptueua: , en cachant , comme ils le font, non sans cause , leurs noms, ainsi que leurs titres et leui^ personnes. Jamais on n'eut tant de crédulité , de déférence et de partialité pour des maîtres anonymes, en des matières aussi graves.
Comme ces nouvean-Tenus,'en faisant leurs attaques, se tiennent honteusement retranchés, et même Toilés, derrière le banc du libraire qui les met en œuvre, notre auteur, qui s'est bien loyalement nommé, et qui arrÎTe à la fin de son treiiième lustre, après avoir exercé, jusqu'à 1791 9 toutes les fonctions du sacerdoce, depuis l'autel jusqu'à l'échafaud 9 après aToir ensuite combattu, par quantité d'écrits, plusieurs coryphées de l'Eglise constitutionnelle, et souffert tous les maux de la révolution, la mort seule exceptée, de voit-il perdre à réfuter ces équivoques censeurs , un temps à peine su (lisant pour terminer d'autres travaux importans qu'il a commencés ? 11 n'est pas de juge du PoirU-d* honneur qui ne décide qu'eu un tel cas, cet auteur est en droit de n'opposer qu'un dédaigneux silence à de pareils agresseurs. Cependant il importe de venger les principes de son ouvrage, parce qu'ils appartiennent à la Foi ; et cela est d'a/jtant plus nécessaire , que les deux journaux dont il s'agit sont, d'une part, accrédités par l'ambition de certains personnages dont ils servent les Tues, et, d'autre part, considérés, par les bonnes gens, comme des oracles. La tâche d'une réplique devenant indispensable à remplir, c'est moi qui me suis chargé de venger les injures que ces deux anonymes ont faites, 1* à la gloire de nos Martyrs de la fin du dixhuitième siècle , et a* à la véritable doctrine de l'Eglise catholique (3).
(i) K. les Brrata auxquels on a forcé la France Chrétienne , à la page 176 de son n^ XI, du 7 février, d'après %ti méprises de la page 14^, n* X , 3 ft^ Trier, en lisant mal les pages 6 et 7 du premier volume des Martyrs de la Foi.
(a) « Certes y nous crioit , du nant des Alpes , en mourant , M. le comte de Maistre , la société chang eroit bien de dce , si chaque homme se soumettoit à pratiquer seulement la morale d'Escobar, sans jamais se permettre d*auties foMtU» que celles qu'il a excusées. » ( Pag. q6o de son dernier ouvrage : De r£gli$e GaUicane , dans son rapport at^e le Sàuferain'»Pont^e, Lyon i8ai , cbex Rusand, libraire-imprimeur du Clergé,)
(3) Attendu que leurs titras divers , étant fort longs , embarrasscroient la
!*• Ils ont bien réellement voulu tentîr la gloire de ces héros de l'ancien Clergé -gallican ; et la précaution pateline qu'ils preooient pour en éviter le reproche « dont ils se sentoient dignes (i)^ trahissoit plutôt qu'elle ne dcguisoît leur intention. Quelle autre pouToit-il avoir, celui qui affirmoit mensongëremeat que notre auteur.* miil* tiplioit les victimes de la révolution (2) » ; et qu'il « regardoit comme Martyrs toutes les personnes que la révolution a fau fférir, sans fairc de distinction, ou n'en faisant que* très^eu (3)»? Par ce iang:^ , on indutsoit à croire y contste toute vérité f qu'il vouloît îmrm regarder aussi comme Martyrs y les victimes purement politiquesi et qu'il les avoit assimilées aux personnes qui sont mortes pour la Foi. L'intention dénigrante du second Journaliste a été plus manifeste encore ) lorsque 9 par une odieuse supposition 9 il a osé dire que « plusieurs (de nos Martyrs) ont fm ne confesser Jésus**Chrlstjusque sous la hache de la guillotine 9 que par la crainte du déshonneur humain qu'entralneroit leur apostasie (4) » • Remarquons bien qu'ioi le mot collectif plusieurs , aussi vaguement employé 9 fiiit planer ranti-charitable9 le diffamatoire soupçon sur la tête de tous nos Martyrs. Mais 9 le restreindroit-on à ne tomber que sur un seul, il n'en seroit pas moins repoussé par le droit commun et par la morale naturelle : Nemo prassutnitur tnatm 9 i^isi probetur. Il le seroit encore plus fortement par la saine théologie, qui ne permet pas de supposer une défection intérieure dans le chrétien immolé pour sa Foi 9 quand il n'a donné aucun signe qui puisse faire croire qu'il
discussion lorsqu'il ne faudroit désigner l'un ou l'autre , recourant » pour simplifier, à la méthode algébrique , j'appellerai le premier A , et le secoud 6*.
(1) « A Dieu ne plaise , disoit P», que nous ayions prétendu diminuer la gloire des Confesseurs de la Foi y dans les dernières persécutions. » (Pag. 3^4» ^ ^ vrier. ) Il ne savoit donc pas qu'on peut être Confesseur de laFoi^ sans être raoït poureUe » et que celui qui a péri pour elle » est quelque chose de mieux, c'c»^ ii-dire un Martyr. -—D'un antre côté, mais le même jour, 6*. s'exprimoit en ces termes : « Je serein bieu mal compris, si l'on croyoit que je cherche à affoiblir la gloire de nos Martyrs. » (Pag. 1479 ^ février.) Celui-ci, du moins, paroissoit savoir quelle diflërence existe entre un Confesseur et un Martyr,
{a) Z'., nag. 199, 28 mars. —N'y m avoit-il donc pas assea? Prudhomsne, qui ne put les counoitre toutes, eu comploit déjà a,02),9o3, en 1797.
S 3) P. , pag. 370 , 3 février.
^., pag. 1489 3 février.-» P. n'a pas eu des intentions plas charitables, quand il a supposé que notre Angrand d'Alleray, qui refusa de racheter sa vie par un mensonge , a put âtre décidé à ce refus par un motif qui n'étoit pas surnaturel.» (Pag. 371, 3 février.) INotre auteur avoit prévenu cette petite malice , en établissant par des faits que la conduite de ce Martyr avoit en bien expiicàemenl Dieu, pour objet. A auroit pu faire tomber sa perfide supposition sur beaucoup d'autres Martyrs de la vérité. S'il a choisi celui-ci pour le damner , c'est ^u'il appartenoit à la nugistratnre de Paris , et aue les magistrats de Paris ëtoicnt zélés pour le maintieu des libertés de tJigfise gaiàcane, (V. Procès fameux ^ recueillis par Desessart. tom. \X, pag. ia(>. )
n'a pas touIu mourir uniquement pour Jésus-Christ : N0n esse du éitandum , si sigrwm cantrariutn non apparent ( i ) .
Que si des conjectures aussi anti-chrétiennes étoient licites 9 il no seroit presque pas de Martyr de la primitive Eglise, â qui Ton ne pût imputer également quelque motif humain dans l'effusion de son sang pour la Fol. C'est ^ du reste, le stratagème auquel recouroient et le protestant Dodwel (a), et l'impie philosophe Delisle de Salles (3)^ lorsqu'ils Touloient obscurcir la gloii-e de la religion catholique 9 comme encore le moine de Saltzbourg, qui, en 17^9 s'efforçoit de temircelie du clergé français (4)* Quand on impute des motifs humains aux Martyrs de notre âge, l'on montre évidemment qu'on n'en voudrait pas laisser recpnnoître de surnaturels dans ceux des confesseurs de Jésus-Christ, compagnons de leurs souffrances , qui survivent aux mêmes persécutions , et qui ne survivent que parce que 9 suivant le langage de S. Cyprien, « la peine capitale leur a manqué sans qu'ils aient manqué au martyre (5) «.Ingénieux, mais horrible artifice, imaginé pour justifier rabaissement et la misère où l'ambition des nouveau-venus, secondée parja philosophique politique du jour, les a systématiquement repoussés, au mépris des plus importantes lois de r£gllse (6) ; mais artifice qui feroit soupçonner en même temps que 5 pour ceux des anciens qui partagent la prospérité des nouveaux, après aroir transigé avec la révolution par la prestation de tous les sermons, de toutes les promesses, depuis le i4 août 17911 jusqu'en 18 15, les prêtres qui s'y refusèrent au péril de leur vie sont des témoins importuns , d'une héroïque doctrine , qu'il faut ensevelir dans l'obscurité, en attendant que leur mort prochaine l'engloutisse avec eux dans la profonde nuit du tombeau. Seroit-cedonc là ce que vouloient dire les chefs du parti , lorsque je les entendois calculer le peu d'années qu'il faudroit pour que tous y fussent descendus, et faire, avec l'accent de l'impatience, aux circonstances dont il s'agit, la sacrilège application d'un chant de l'Eglise sur la substitution du sacrifice eucnaristiaue à ceux de l'ancienne loi : RecedanS vetera; nova sint omniar
(1 ) f'. tom. !•', à la pag. 46.
(a) De JUartjrnun Paucùate ; dÎMertatioa publiée à Oxford en 1684 » et victorieusement réfutée par dom Ruinart, dans sa préface aux Acta primorum Mariyrum sincera et seUcta.
(3) De la Philosophie de la .Yature, liv. IV, chap. v. « Si on a sévi de teinps en temps contre les premiers chrétiens, disoit-il, en 1778» c*es^ moins pour les punir de leurs dogmes , que pour réprimer leurs attentats contre la tranquillité publique >*. (K. notre Préface, pag. xiij.)
f4) y. tom. II , pag. 3a.
Non enim ip$i tormentis , sed tormentm ipsiê defuenmt, ( Epist. 3^ , ad Clêrum.] (6) K, tom. !•', pag. 19.
On dlroU même que ces efforts pour noircir rinlention de no» Martyrs proviennent d*une sorte de bienTeillance pour les persécuteurs 9 auxquels ils fournissent une espèce d'apolone; car ceux-ci peuvent dire maintenant, d'après l'insinuation de nos deux journalistes soi-disant religieux, que 9 dans l'immolation de nos Martyrs 9 ils voulurent punir l'opiniâtreté de l'orgueil 9 bien plus qu'une sincère constance dans les oeuvres de la Foi. £h quoi t vous-mêmes oui naguère 9 jusque devant le Saint des saints 9 alliez prêter de si belles intentions au héros que la révolution avoit couronné; tous qui) dans les mêmes occasions et les mêmes sanctuaires 9 préconîsies avec tant d'exagération ses victoires et ses conquêtes : c'est vous qui déprimeries ainsi nos Martyrs 9 en attribuant à leur saint déyouement des me* tifs hunsains et coupables I C'est vous qui 9 après avoir , en parlant comme les bulletins mensongers de votre Cyrus, pris plaisir à grossir le nombre des étrangers qu'il avoit défaits 9 viendriez diminuer et réduire peut-être à rien l'immensité des victimes immolées par ce» mêmes ennemis de la Foi qui rélevèrent ensuite sur le trône PQu'on me pardonne ces souvenirs et ces rapprochemens 9 auxquels m*a forcé la nécessité de venger nos athlètes de Jésus-Christ! S. £uloge9 au surplus 9 m'y avoit encouragé par son exemple 9 lorsque 9 dans une circonstance analogue 9 il disoit en termes que 9 par ménagement 9 je ne veux pas traduire avec fidélité : a Hûtons-nous d« fermer la bouche à ces hommes passionnés qui 9 profitant de ce que nos Martyrs ne peuvent leur répliquer9 ont l'audace de calomnier leurs intentions » : iMtratibus rabtdorum canuin obviam venimus 9 qui Mariy* rum niartuorwm intentionem eœinanire attentant ( 1 ). .
Ce qui rend cette témérité exécrable aux yeux mêmes des Français les moins zélés pour la gloire de la i^ligion, c^est que les détracteurs attentent par cela même à la gloire de la Franoe» dans laquelle aucun de nos compatriotes 9 pour peu qu'il soit honnête, n'a pu voir sans orgueil tant de personnes qui 9 attachées à la vertu par des sentiment religieux 9 aimèrent mieux périr que leur être infidèles (a). Necroiroit-on pas que nos censeurs ont du dépit contre l'honneur. qu'elles procurèrent à la patrie ? £t quel seroit donc ce beau zèle religieux dont on se targue 9 s'il lui étoit permis de souiller la gloire catholique de la France aux jours de sa plus grande splendeur9 en jetant de5 soupçons flétrissans sur les intentions de ceux qui la lui ont acquise par l'effusion de leur sang pour la cause de Jésus-Christ? C'est agir en sens contraire de S. Ambroise , qui 9 n'ayant pas à la vérité d'autre mobile que celui de la Foi ,auroit craint avec raison de l'attiédir dans l'âme de ses auditeurs, s'il leur eût dit qu'il avoit pu se trouver des
(i) Metnona/e Sanctorum, dans BibUothtca Patrum^ à Jo pafre 34^ du tome W.
{•à) y. notre Pirfacey pajç. x.
motib humaiba dans plusieucs Martyrs de son EgHse. Voulant sincère^ ment ranimer la piété dans Tâmè.de ses auditeurs > il s*écrioit ayeo enthousiasme , suirant sa conscience incapable de soupçons odieux s « Nous ayons Tayantage de compter ici des populations entières de Martyrs. Que notre patrie se félicite d'ayoir été la mère féconde de tant d'héroiques yertus ^ et la nourrice de ces nombreux athlètes jplaces maintenant dans les cieuxl apprenons , parleur gloire > à yénérer la Foi qui la leur a procurée, et que nous professons (i) »•
£h I pourquoi donc cette conspiration, en France même^ contre la gloire des nôtres? Pouriai»je me flatter de yous en faire confesser le motif et le but, en yous demandant ce que yous exigeriez pour qu'ils, pussent être réellement des Martyrs à yos yeux ? Mais yous me répondes comme si Jésus-Christ n'ayoît pas dit qu'on Test yentablement, qu'on en reçoit même la couronne à l'instant où l'on meurt pour lui; et je remarque dans yotre réponse l'astucieux emploi d'un mot pour un autre, afin de donner le change, a II faut, dites-yous magistralement , que VEgtiâC ait prononcé qu'ils n'ont pas bravé \t& supplices pour éyiter La. honte d'être apostats (a) »• Mais r£gUse ne wononce point en matière de béatification ou de canonisation ; et il est bien évident que , par un renyersement de doctrine qui yous est familier, yous mettes l'JSglise dans le Pape, qui seul profumce en pareil cas. Mais, quand il prononce alors, s'ensuit-ii donc que son jugement devienne un article de Foi, comme si c'étoit un jugement de l'Eglise , et qu'il ne soit plus permis, si l'on yeut être sauyé , de douter que le seryiteor de Dieu , qu'il a déclaré glorifié dans le ciel, le soit effectivement? Jamais les souyeraîns Pon* tifes n'eurent cette prétention d'infaillibilité; car, bien que la France et l'Allemagne n'aient jamais youlu reconnoitre pour saint, Grégoire VII^ malgré les diverses canonisations d'Anastase lY, de Grégoire XIII , de Paul y, de Beocît XIII , soutenues encore par le suffrage des Bollandistes , Rome n'a pas moins regardé les catnoliques allemande et français comme étant dans la voie du salut. Où en serions-nous si nous deyions , sur la parole de Sixte V, mettre Jacques Clément au-' dessus de Judith et d'Eléazar (5) ? S'il falloit, outre la certitude que tel catliolique, immolé par un tyran impie, est mort à cause de son attachement à la Foi, la connoissance non contestable qu'à ses intentions ne s'est pas joint secrètement quelque motif humain , croit-on que le Pape pounroit le sayoir d'une manière infaillible , à moins qu'on ne voie dans lui Dieu niême, à qui seul est réservé le priyilége suprême d'être scrutans renés et corda (i) ? Sans que je m'explique
^^(hi
(i) f^. tome premier, pag. 1 16 , et tome II , peg. 4o. "a) C, y pag. i47» 3 février.
3) Consistoire du 11 septembre iSSq.
4) ^pocal, cap. l\ , f a3.
dayantage, on comprend assez que ces ennemis de la gloire des Martyrs de leur patrie n'ont cessé d'avoir les sentimens français^ quf parce qu'ils sont cxtraordinaircment ultramontains«
De là peut-être encore cette assurance avec laquelle on meatoit au public 9 en lui disant à plusieurs reprises que notre auteur, sans faire aucun discernement , ayoit k compté au nombre des Marlyn^ TOUS (cibsoiument tous) les prêtres qui se sont trouvés enveloppés dans les l)ondamnations que les tribunaux révaltUionnairei portoient en masse contre un grand nombre d'individus » ; et même qu'il avoit préconisé comme Martyrs a toutes les TÎctimes de la révolutioD (sans en excepter les victimes politiques) , et sans faire, ou ne faisant que très-peu de distinction (i) »< Cette imposture n'a séduit que les gens crédules dont elle a pu détourner les regards d'un ouvrage où les moins clairvoyans ont admiré 9 surtout aux pages 59, 55» 4^9 et depuis 55 jusqu'à 70 du premier volume , comme ensuite aux trenteneuf premières du second , la sagacité et le savoir ecclésiastique avec lesquels notre auteur, distinguant les diverses classes de Martyrs, a séparé les victimes qui ne pou voient pas mériter ce titre de celles qii*il en jugeoit dignes. Il s'est môme, à cet égard, montré plus rigide que l'Eglise qui, depuis le quatrième siècle jusqu'à présent, n'a cessé de vénérer et d'invoquer, le 7 février, comme autant de Martyrs ; tous les habitans de cette ville de Phrygie qu'un pi*éfet de Dioclétien Ut assiéger et brûler, parce qu'ils croy oient tous en Jésus-Christ (2). Il a été plus circonspect que S. Ad&^ustin, lequel, parlant de la persécution exercée par un roi de Gotnic envers ses sujets , à la fin du même siècle, préconisoit comme Martyrs tous ceux qui périrent alors* se fondant uniquement sur ce « qu'il n'y avoit que des catholiques dans ce royaume (5). »
Est-ce donc par zèle pour la religion et la vérité, ou pour rendre
(i) P,y pag. 369 tt 37* , 3 février. — 199 , a8 mars. Il ignore que, méat en condamDaut un grand nombre de personnes à la fois , ies tribunaui ^^ noinmoicnl toutes, eu particulier, et qu'aucune ne s'est trouvée en^eiopp*^ dans les condamnations , surtout avec Taccusation de fanatisme^ sans que Ic^ juges eussent voulu spécialement la faire périr pour cette cause. Les jugciDeD5 rapportés par notre auteur en fournissent la preuve.
(a) Urietn quamdam chnstaanoruni in Jiujrgidf mi'iùe$.armati obsidion^ cinxemrU , ùqectoifue igne^ totam unà cum uiris, nudieftbut ac paryuUsf (^/"j'' tum vwùcantibiu , concremdrunt, Htinc sciUeet ob cuustun , quàd unù^ersi fjf^ incolœ , et curalor ifjse ac magùtratus cuni Iionoralis omnibus ac ulebeiis, chru' tianos esse prqfesxi , sacrifîcure iubentibtis nulto modo obtemperabant. { Euseb. Hist. £ccU; Ub. VllI , cap. 11.)
(3) Nisifortè non est perseculio comnutanda , quandà rex Gothonun in ipso Ootfwi perseculiis est christianos cmaelittàe mirabiii , eùm ibi non essent tu^' catholici, quorum plurimi marijrrio cort>nati sunty sicut k quibusdamfratribus. qui tune illic pueri fileront , et se ista uîdisse incunctanter recordabantur, audf t'imus» ( S. Aug. J)e ciuitate /?ei, cap 5a. )
équivoques, sinon suspectes^ généralement toutes les victimes choisies et présentées par notre auteur à Tadmiration des contemporains et de la postérité 9 que le journaliste publie, arec tant d'affectation, et d'un air si triomphant, qu'on lui en fait découvrir quelques unes qui ont survécu aux tourments parmi lesquels des rensei^nemens dignes de confiance induisirent M. Guillon à croire qu'elles avoient péri (i)?Dans un ouvrage aussi prodigieusement compliqué , que nul n'avoit eu le courage d'entreprendre avant lui, et que nul , très -certainement, ne daigneroit projeter après nous, il ne s'étoit pas dissimulé qu'il se glisseroit quelques méprises de fait. La bonne fol avec laquelle, dans la Préface, j'avois prié (pag. xuz) de nous les faire connoître^ en promettant de les corriger, n'exî^oit de VAmi déiq vérité que des avertissemens confidentiels. Quel est donc l'esprit du soi-disant Atni de ta Beiigion, qui s*empres9e de publier ces involontaires^ méprises dans toute la France, de manière à ce qu'elles retentissent ches l'étranger ? Il n'a pas prévu que ceux qu'il accuse ainsi notre auteur d'avoir dit morts dans les tourmens, quoiqu'ils leur aient survécu , acquerroient, par son espièglerie, une honorable célébrité , qui toumeroit à la conuision du système ecclésiastîco-politique dont il est le malheureux défenseur. Le nom de ces survivans en devient presque aussi vénérable que ceux des Martyrs effectivement immolés, parce que l'on n'a pas perdu, dans toute l'Eglise catholique, comme dans la coterie du journaliste, cet admirable sentiment qui, dans les beaux siècles du christianisme, faisoit considérer aussi comme Martyrs tous ceux qui avoient souffert pour la Foi , quoiqu'ils ne fiassent point morts au milieu des tourmens (a).
(1) Il y ctoit porté , non simplemeot par le Dictionnaire de Pmdhomme, mais encore par les Listes du gouvernement dont il a été parlé i la Préface , pag-. xlij , et surtout par celles qu'à Rome même , on avoit publiées en i^qS» d'après les renseigiirmens envoyés des diocèses respectifs des yictimea. Ces méprises ont été expliquées, d*une maaière très- justificative, par Tune d'elles, M. Tabbé de Car; et Va mi de la Religion a été forcé d*en convenir le Il avril 1821, pag. a^i, tom. XXVII.
{1) La foi des conciliabulistes du journal , par lescmeU ils sont traités avec tant de dédain , vaudroit-elle mieux que celle de lïglise de Carthage , an temps de S. Cyprien ? Pour ne pas trop les mortifier, nous ne citerons qu'en latin, ce qu'il <^so\i k la gloire de ces Martyrs vivans. Nonne inter gloriosos Con- Jessores et Martyres deputundus qui tantùm temporis sedit expectans corporis sui carnifices , et tjrranni Jerocientis uUores? (Epist. ad Antonianum, de Comelio et yovatiano.^ — Contigit kuic per tonnerUa consummari martjrria; sed qui in congrcssione prœcedens , exemplum uirtutisfratribusfactus est y cum Martrribus in honore comnumis est. Coronas vestrd manu sérias indè hùc tradidisti,. (Epist, ad Afojrsen et Maximum et cœteros.) — Neque enim in tribus pueris (Bab/lonids ) minorfuit martyrii dignitas , quia morte frustratd , de camino ignis incolûmes exierunt , aut non consummatus Daniel extàà in suis laudibus , quia qui leonihus missus fuerat ad prœdam , protectus à Domino , uixà ad gloriam^ [ Epivt. IX ad martyres fit Conf essores ). — f^iuere omnes didt (Joann. ApO"
£t^ lorsqu'avec ce sentiment de fénération, les v'rnU enfans de l'Eglise de Jésus-Christ sauront qu'on a relégué ces confesseurs , tout meurtris des stigmates de leurs souffrances, dans les postes les plus obscurs et les plus bas, selon le monde , qu'espéreront-îls des nouveau-venus qui se sont fait porter, par la faveur, à ces rangs élevé.< du sanctuaire où , surtout de nos jours, il faudroit beaucoup de lumières, avec une fermeté sacerdotale des mieux éprouvées?
C'est enfin bien évidemment pour déprimer nos vrais Martjrs autant qu'il le pourroit, que le journaliste, tout en faisant remarquer le silence de Rome à leur égard , a dit frauduleusement que , non seulement ceux que notre auteur a admis dans ses djpttques, mais encore toutes « les victimes de la révolution « avoient été canonisée^9 et mises par lui sur i6s autels ( i)» • Déjà nous avons prouvé qu'il avoit été sévère dans son choix ; et, pour convaincre les ignorans mêmes de la seconde imposture du libelliste, il nous suffit de ic5
cal. cap. XX ) , et répare ciim Clirislo , non lantùm qui occisifuerint , sed et quique in Fidei suœ Jtrfnit(Ue ^ et Dei timoré perstanles y imàGivem bzstik no5
AD0RAV£R1NT; NEQOE ad FUHBSTA EJU8 ET SACniLBGA BDICTA COSBMSBItlICT.
( Epist. ad fortimatum , de exhortatione martjrrii, ) Ce sont préaflément ces deux derniers traits qui occasionnent ,' au contraire , la disgrâce des nôtres.
Lisez les signatures des conciles d'Afrique, au temps de S. Cyprien. Beaucoup de Pères ne sienèreut qu'avec le titre de leur église ; quelques uns firent précéder leur nom du simple titre de Confessor; mais on y trouve les signatures suivantes : Confessor et Martyr Jaaer h Midilà ; Martyr de schismaticis f^erulus à Rusiccade ; Martyr Petnu ab Hipponezarùo ; Martyr SmLnaruu à Gauztifalâ ; Martyr Secwtdianus à Tabeis : Confessor et Martyr Cypriwuâs. à Carthagine, ( Se vérin Binius : Concilia GeneraUa et Prouincialia,) Baroniu^ lui-même vous montre dans ses notes ad a Janiuiru , que les confesseurs c|ui avoient souffert y et étoient morU ensuite naturellement, avoient le titre de Martyrs. La mOme observation a été faite par Painéllus , dans ses annotations sur l'épitre IX de S. Cypiien ; et S. Victrice, évoque de Rouen , que rEelise honore le 7 août , étoit appelé Martyr par S. Paulin , dans les lettres qu'il lui écrivoit. {Epist. XXyiT) Combien, dans le Martyrologe Romain, sont invc>« qués , en cette qualité , qui ne sont pas morts dans les tourmens , tels que •S. Numidic , 9 août; S. Eutychius, disciple de S. Jean, et S. Sosthénes. disciple de S. Paul, 38 novembre ; S* Maxime , 16 octobre ; S. Théodose , II janvier; S. Mathias, de Jérusalem , 3o janvier; S. Lazare, moine, a3 février; S. Théodote , évéque , 6 mai ; SS. Materne et Philastrius , 18 juillet ; S. Paphnucei 11 septembre ; $• Basilisse , 9 janvier ; etc. , etc. Il n*a donc pas mteux lu son martyrologe que les œuvres de S. Cyprien , le journaliste P. qui (pag. 3^2 , 3 février) a trouvé mauvais que notre auteur eût quelqneloL*;^ à cet égard, suivi ces autorités, comme encore celle de S. Thomas qu'il a citée, A sa note 3 de la page 38 de son premier volume. Lorsque le censeur lai a reproché d'avoir aussi regardé comme Martyrs ceux qui étoient morts au service des pestiférés, il n*a voit pas connu certainement les traités d'Hurtado, de Théophile Raynaud ( De mgrtyrio per pestem ) , ni le suffrage que leur dpniie Benoit XIV , et pas même la lettre d« S. Denys d'Alexandrie , dans rUistoire ecclésiastique, (f^. le tome II de nos Martyrs de ta Foi, pag. 38 t.)
(i) P. y pag. 199, 28 mars y et pag. 371, 3 février.
(xj)
reoToylcr au Discours préliminaire de nos Martyrs de la Foi, où ils Terrent que Taoteur est resté loin de eancniser et de mettre sur 4es auUis aucun de ceux qu'il a qualifiés de . Martyrs. Ils y Terront ( ce que le censeur de mauvaise foi s'est bien gardé de leur dire ) que M. Guillon , se prosternant respectueusement devant le droit de canonisation 9 dtfnt les souverains Pontifes se sont réservé le privilège depuis le treÎEième siècle 9 a démontré seulement, avec Benc^t XIV, que chaque fidèle conserve le droit inattaquable d'invoquer, en culte privé, ceux de nos Martyrs en l'intercession desquels il a confiance; et que, sans ce culte privé , les canonisations des justes^ non Martyrs, devîendroient impossibles (i).
En général , il n'est aucune perfidie des deux censeurs qui ne devienne bien manifeste & quiconque lira notre Martyrologe. On ne oonnolt pas d'objection faite ou à faire contre la doctrine de notre théologien , qu'il n'ait prévue, et que d'avance il n'ait fait disparaître comme une légère fumée, sentant la nécessité «de museler ces chiens enragés » , dont parloit tout à l'heure S. Euloge. Aurons-nous donc eu tort d'avancer qu'en attaquant la doctrine de notre théologien , ils ont outragé celle-là même de l'Eglise?
II*. Toute la doctrine de notre auteur se fonde sur cette parole de Jésus-Christ : « Je confesserai devant mon Père celui qui me confessera devant les hommes »; et le déreloppement qu'il en a fait ne consiste que dans une exacte application des sentences des Conciles, des Pères, des souverains Pontifes, jusqu'à 1801. Il a dit, en consé-quence, sans crainte d'être démenti par aucun vrai croyant, 1". que, lorsqu'un chrétien a été mis à mort, à cause de sa Foi, d'une manière incontestable, et qu'on n'a pas de raison pour douter qu'il ait persévéré à vouloir mourir pour Jésus-Chnst, et, à plus forte raison, lorsqu'il l'a déclaré jusqu'à son dernier soupir , comme la plupart de nos Martyrs, nous devons le croire , à l'instant même, couronné dans le ciel, en cette qualité; a*, qu'attendre, pour cela, que le Pàpé , qui souvent n'en sait rien , ait prononcé sur ce point, c'est croire que sa parole seroit plus infaillible que celle de Jésus-Christ 9 et manquer de Foi ; 3*". qu'offrir pour un Martyr le sacrifice propitiatoire , et prier pour lui, tant que le Pape ne l'aura pas canonisé (ce qui est le plus souvent empêché par des causes purement temporelles), c'est, autant qu'il est en soi, l'arracher du sein de Dieu , pour le plonger dans le purgatoire ; 4** ^^^^ 9 c|u'il est inconséquent jusqu'à Itabsurdité, d'aller célébrer des messes d'expiation pour ceux que te éaptéme de sang a purifiés de toute souillure , lorsqu'on chante des messes d'allégresse , d'actions de grâces et d'invocation pour un enfant mort après avoir reçu ie éaptéme d'eau.
(1) Préface t pag. xix jusqa'à xxiij , et xxxj. — Discours ptiliwùtlrc ,
pag. 84 9 90 et suivantes.
Toute celte doctrine, qui étoit celle de nos évêques» de tout notre clergé 9 et qui faisoît la consolation comme la force de nos Martjrf, ainsi que le prourent le courage et l'espoir avec lesquels ils ont sacri* Hé leur rie, fut même encore solennellement reconnue pour la véritable, par N. S. P. Pie VU, le 3 octobre 1800, suivant qu'on l'a démontré dans le premier volume des Martyrs (U (a Fci ( 1); et c'est là ce que le journal qui ose se dire Ecclési€L$Uqut a eu la sacrilège irrévérence de traiter de système (a)» comme s'il étoit permis de n'y pas croire; comme s'il y avoit, dans la Foi^ quelque point qui ne fût que systématique, et comme si les conséquences évidentes qoi en dérivent immédiatement pouvoient n'être pas vraies ! Certes 9 il arraisonné d'une manière bien plus orthodoxe comme aussi plus judicieuse, le littérateur instruit et d'un cœur aussi droit que son esprit est juste, qui disoit, dans le Moniteur du 8 mars ^ernier^ en parlant des principes allégués par notre auteur, et de l'application qu'il en a faite : « Je ne puis voir de système où je trouve un ensemble de faits et de raisonnemens qui reposent sur l'Ecriture- Sainte et sur la doctrine des Pères, dont M. Guillon invoque à chaque instant le témoignage, ou cite lès propres paroles, dans la partie dogmatique de son ouvrage»*
Ce n'est pas , au surplus , que je veuille faire suspecter la croyance de celui qui travestit en système les principes et les conséquences immédiates de la' Foi. Je crois qu'il n'est tombé dans cette impiété matérielle que par ignorance, ou par esprit de parti, ou peut-être enfîn pour échapper à deux argumens dont il se voyoit menacé dans la fausse position où le mettent ses passions , et le rôle dont il s'est chargé. Apologiste aveugle de tout ce que font ses protecteurs» qa^ pou voit-il répondre à ce dilemme tiré des prières et des messes expiatoires dites par eux, pour des victimes qu'ils ne peuvent s'empêchrr d'appeler Martyrs P « Ou vous croyes que la constitution civile du eiergé, qui a occasionné leur mort, par le refus qu'elles ont fait d'y adhérer, offensoit la Foi ; ou vous ne le croyez pas. Si vous le croyezy ceux qui ont persévéré dans leur refus jusqu'à la mort subie pour elle, sont donc bien des Martyrs; et, puisque la Foi nous apprend que Dieu les a glorifiés au moment de leur mort, vous avez donc un tort inexcusable de prier poor elles. Si , au contraire , vous ne croyes pas qu'elles soient mortes pour la Foi , en mourant pour n'avoir pas voulu adhérer à cette constitution hétérodoxe; si vous croyez par conséquent qu'elle n'offensoit point la Foi , vous auriez donc adhéré à cette constitution, et vous en feriez le serment, comme vous avez fait
(i) Prèfact , nag. xvi) et zviij ; et XOm, IV, pag. aÔy.
(2) P.t pag. 535, 34a» 37 janvier. — 371, a février. — 5.}, îi4 février. 1} devroit bien se ressouvenir de ce qu'il disoit, le 10 juin f 8ao» n® 609, pag. '^1 de son tom. XXIV : « Le plus grand arbus, à notre gré, c'est ctf dédain des croyances antiques , qui nous a déjà amené tant de calasités > et qui nous menace d'en enfanter de nouvelles. »
les autres » dans lé cas où il vous seroit demahdé ( i ). D'un auUr^ côté « les héritiers de Tesprit des Dodwel et des Uelisle de Salles j yoyant les parfaites ressemblaoccs que rérudition de notre auteur a montrées entre les Martyrs des premiers sièoles du chrîstiaoJsine 9 et ceux de pette Eglise gallicane qui tous humilie , et que tous déprimei^ aux yeux des fidèles, Tiendront vous confondre en vous disant: «Honorez donc et. vénérez. ces Martyrs; ou.dispensez-vousde croire à la gloire de ceux des anciens . temps , que cependant tous iov^oquez ». Il semble que vous ne tous tirez de ces pressantes argumentations qu'en adoptant les idées du greffier qui 9 dans un sens que toutefois nous ne TOUS attribuons point 5 dlsoU au saint prêtre Revenaz : « Mous ne sommes plus ùu temps des Martyrs (a)«»
Cette autorisation romaine du culte public à Tégard des nôtres 9 en quoi seul pourroit consister leur canonisation 9 n*étoit pas nécessaire à Dieu, qui, suivant sa parole sacrée, les admit dans sa gloiie, et nous les donna, par cela même, pour intercesseurs aii{)rés de lui. On peut donc bien , si l'on a cette Foi qui cesse d'être la Foi quand elle manque en un seul point, &ire éclater sa confiance en leur intercession y orner leurs Images des emblèmes de la glojre céleste, les proclamer Martyrs de la Foi, de l'aTCu même de la sainte congrégation des Rits (3] ; brûler aussi des cierges sur leurs tpmbeaux, en signe d'hpnneur et d'allégrease ; proooBcer solennellement leur panégyrique; leur décerner des tableaux yotifs; se iiaiire apporter, par un prêtre, leurs reliques dans ses nuiladies , comme y autorisent Benoit XIV (4), et N. S. P. Pie VII lui-même, dans Tapprobatioii
(1) On seroit assez porté à le dire, après ce qu*on a lu , depuis 1801, dans les écrits des deux plus fameux docteurs du parti. L'auteur de La conduite de r Eglise dofis la réception des ministres de la religion qui reviennent de fhére'sêe ouauscluâMte (Paris, ches Leclere, 1801) s'expnmoit en ces ternies, pag. 70 do V Ai^ertissemtnt ; « La ProTÏdence ii*a paf permis que l'Eglise constitutionDello ait rien changé dans la doctrine de TEglise « ; et 1 abbé Barracl , aussi vicairegénéral de Paris , comme récrivain ci-dessns, disoit , pag. 3â de son Supplément : « Les prêtres constitutionnels sont constamment demeurés attachés à la Foi catholique, apostoliqne et rooiaine v« O Pie VI i Pie VI ! Pontife d'une si sainte et si glorieuse mémoire , on Toit bian qn'alors » tous aTÎea cessé de vivre ! heB mêmes hommes ne disoient-ils pas comme lui , de wm vivant ; Neminem latere novam eleri constitutSonem à principOs coaletcere ab kigresipro-' fectis , udeàquê inpluribus decretis hareticam esse et cathoUco dogmati aaver^ santem ? (Brève ad Archiepis. Episc, Capit. et PopuL regni GaU. r3 aprîL 1 791 .) Si l'on en croit un pr^re constitutioimcl » qui conserva toujours étB sentimens ecclésiastiques , « les autres vicaires -généraux de Paris avoooient de bouche. Tannée même du concordat , que la constitution citnle du clergé ne contenoit que des objets de discipline. »» {Nouveau Dialogue des Morts , par A. J. Guyot. Paris, 1801 > à la page 80.)
ra) A^. lom. IV, pag. 446.
(3) K. tom. I*', pag. go et 91, dans la note.
(4) y, toro. !•% pag. 93, dans la note.
(xi» )
raisonnée» donnée par loi 9 en 1800, au mémorable ouvrage de ce docte et vertueux théologien que l'Eglise a le bonheur d'ayoir aujourd'hui pour évêque. Celui-ci publioit que ce seroit pour nous un deroir de a célébrer une messe solennelle d'actions de grâces, le jour aniairersaire de la mort de nos Martyrs, pour remercier Dieu de leur avoir donné le courage de signer la Foi de leur sang ; et qu'il conviendroit de lire au peuple, dans cette messe, les actes de leur martyre (0 ••
£t c'étoit même ainsi que pensoit encore, à cette époque, l'un des docteurs de l'association à laquelle sont youés nos deux journalistes, lorsqu'il répétoit, en 1799, ce qu'il avoit écrit sept ans auparavant, en parlant de nos Martyrs. « Ils sont nos frères, ces Martyrs! ils nous verront les invoquer et les. solliciter de faire à notre Dieu une sainte violence. Ils étoient nos amis ; ils sont morts pour an>ir refusé le parjure du schisme, de l'hérésie et de l'impiété. Notre iause est la même. Nous le rappelons avec confiance  noi Martyrs. Qu'ils unissent leurs vœux aux nôtres ! Que leurs prières soient plus puissantes que les crimes des méchans (a) ! »
Quel étrange changement s'est donc opéré dans les systèmes de l'association ; et quels en peuvent être le motif et le but , puisque son héraut périodique dispute maintenant à nos Martyrs leur glaire céleste et le privilège de nous protéger? Mais il nous laisse trop apercevoir qu'il n'use envers eux de tant de rigueur, que parce qu'ils apparlenoient à l'illustre Eglise gallicane delà fin du dix-buitièmè siècle; car , naguère encore , lui - même préconisoit , comme autant de Martyrs, un vicaire apostolique, des prêtres et des fidèles cbinois, mis à mort, à Su-Tcienien, pour la Foi, en septembre 181 5; î\ l<^s invoquoit même, comptant principalement sur l'intercession du vicaire apostolique, évêque de Tabraca {in partiitis), duquel il n'attendoit pas moins que des miracles (3). Ne pourrions-nous plu»
(i ) f^. tom. !•», Prèfacêy pag. xvij et suivantes. —6*. fpag. i5o, 3 février), nsunt de subterfuges, en citant, d'après nous, à ce sujet, I opinion obligée de Lambertini , non encore Pape , lequel parut croire qu'une telle messe ap-
Srocheroit du culte public, omet, à dessein , les mots suivans : « là conclusion e Lambertini consista seulement k dire qu'il convient , en ce cas-là , d'y ^^ autorisé par une concession apostolique de la congrégation de* Hàf ». Or notre clergé, qui ne ressemble pas à celui dont il a été parlé au loin. IV, pag. 3^i s*est-il seulement donné la peine de U demander r (Ko/, le tom. I*', pag. ^t
(a) Dernière édition , faite à Londres, de Vffûtoirg du Clergé français, pendant la rèuotulion , par Tabbé Barruel , pag. 246 du tome II.
(3) P„ disoit, le 6 juillet 1816, pag. a45 de son tome VIII : « Puisse le sang de ce Martyr {\e vicaire apostolique ) apaiser la colère des persécuteun t et être une semence féconde de nouveaux chrétiens! Deux prêtres chinois tout morts, par suite des mauvais traitemens qu'ils ot\t essuyés. Un autre , détenu en prison , de voit être envoyé en exil. Plusieurs chrétiens laïcs opt au»^^ reçu la couronne du martyrt» ».
r^connoître pour Martyrs que ceux qui seroient morts en Chine, ou sous Tobédience de quelque vicaire apostolique? On aura bien d'autres occasions de se convaincre que le docteur en robe courte manque de fixité dans ses principes 9 ou qu'il a deux poids et deux mesures.
Mais, puisqu'il ne veut pas, sans doute, qu'en France les justes décédés en odeur de sainteté aient plus de prérogatives que les Martyrs, je l'inrite à prendre incontinent la poste, pouf aller éteindre, dans la cathédrale de Marseille , les lampes d'honneur qui brûlent encore aujourd'hui, de même qu'avant la révolution (1), devant le tombeau d'un ancien évêque, J. B. Gault, décédé en i643, en faveur duquel il n'y eut jamais de bref ni de bulle ; qu'il aille arracher les ex-^<oto que la pieuse confiance des fidèles y a suspendus ; qu'il enlève à la famille de Nioselle , comme un objet de superstition condamnable , l'oreiller sur lequel ce serviteur de Dieu rendit son dernier soupir^ car elle le vénère comme la relique d'un saint ; et qu'enfin il censure , comme nous étant favorable, la réponse «que le pape Innocent X fit au clergé de France, qui lui avoit demandé, en 1646, de canoniser ce Pontife. Eludant la rigueur, toutefois un peu singulière, des décrets d'Urbain YIII, lequel avoit statué que les justes décédés qu'on auroit invoqués publiquement , sans la permission de Rome , seroient à jamais privés de toute béatification et canonisation , comme s'ils en étoient responsables (a) , son successeur répondit « qu'il n'avoit pas besoin de canoniser celui que le peuple chrétien avoit honoré d'un culte public (3) ».
Dans l'extrémité où mes raisonnemens poussent le censeur, appellera-t-il à son secours cette multitude aveugle et passionnée qu'il a déjà tâché d'ameuter contre notre auteur, en le lui dénonçant comme • ayant du penchant pour les Jansénistes » 9 et comme « étant un adversaire très-déclaré du concordat de 1801 »? Je ne m'en inquiéterai pas ; mais je dois faire observer que , dans l'article consacré à de telles accusations contre lui , bien que l'accusateur leur adapte sa formule d'usage en pareil cas : « Nous n'avons, pieu merci s aucun sentiment de haine contre cet ecclésiastique; nous pouvons nous rendre le témoignage que nous n'y avons mis ni passion
(i) Si P. , qui se croit , à lai seul , on concile œcnmMque « e6t' dogmatisé^ avant la révolution, comme à preaent, j'aurois tremblé poor ces pauvres religieuses de Fontevrault , dans Tcglise desquelles on hoiioroit Pierre d'Arbrissel , leur fondateur, par une messe de Sanclissimd Trinitaie , le jour anniversaire de s» mort.
Î^) y. la fin de la note de la pag. 80 dn I'' volume. 3) J. B. Gault avoit été tiré cfe la congrégation de VOratoire , par Urbain VIII, pour être placé sur le siège de Marseille ; l'inscription que Ton grava sur son tombeau disoit de lui : Cum puhlied sanctitatù Jamd , statùn ab obitUf animmm cœlo, eoijfUB solo reddùià. (V. MasMÎUa gauilà et ehrUtiana , auctore J. B. Guesna/ , Aqutnsiy theoiogéœ prqftssore. Sodé' tdgtù Jetu. LuQdtmiy 1657.)
ni amertume (i) » ; il pousse son esprit de tiénîgrcment jusqu'à dire : a Chez M. Guillon, un style pesant, diffus et apprêté 9 s*aliie avec des incorrections et des négligences étonnantes (2)»- L*Aristarque, assurément 9 n'a pas acquis, par sa l'acoiide exubérante et triviale, le droit d'être sévère jusqu'à l^njustice. Un auteur instruit et grave, tel que le nôtre, ne pou voit, en discutant des question.ithéologiques, <»ù il faut tant de précision , marcher avec l'agile et sémillante manient du < enseur dont le bagage est si léger, et le ton leste jusqu'à l'indérenre, comme on le vorra tout à l'heure.
1" Quant à l'actusatiuri du « penchant pour le jausénisme », c'est déjà bien quelque chf>se à Tavaiitige de l'accusé que, sur ce point, le critique n'en ait pas hnsardé conlre lui plus que le fougueux général Iciîc des anti-gallicans ne vient d'oser contre fiossuet, dans son dernier ouvrage (5), qu'eux-mêmes avoient fait annoncer d'avance par d'officieux journaux , comme « le chant du cygne. » 11 l'a seulement représenté comme un ami cauteleiisement déguisé du jansénisme; mais par là nous comprenons tout le sens de la dénomiuation de Bossuétùstes , que, depuis quelque temps, la secte donne aux membres du Clergé vraiment gallican. Les bonnes gens qu'elle s'est affiliées jusque dans ce beau monde qui excite nos rhéteurs politiques à faire de si dévotes homélies en revenant de l'Opéra , et sam connoitre seulement leur catéchisme, étoient déjà prévenues que celle dénomination, à laquelle la prudence vouloit qu'on s'en tint pour le moment, devoit équivaloir à celle de Jansénistes. Et voilà donc pourquoi, lorsqu'il paroît un ouvrage plein de la doctrine des beaux temps de l'Eglise et de la vraie science théologique , un ouvrage auprès duquel se rapetissent jusqu'à l'inffni les productions de la coterie, et qui en humilie ou en contrarie les meneurs, ils soufflent à l'oreil/e des personnes ignorantes ou inattentives que l'ouvrage est favorable au jansénisme. C'est le stratagème du jietit pot au noir du F. Anet« dans lequel, disoit-il^ « no» pères ont toujours des pinceaux 'prêts A marquer le front de quiconque n'est pas de leur avis; et dès lors on ne veut plus l'écouter ni le lire », quelque capable qu'il soit d'élever les esprits jusqu'à Dieu , et de pénétrer les âmes d'une piété sincère. Mais les crédules adeptes, et souvent mC^me ceux qui leur donnent (e nuft (tordre, ne savent pas en quoi consiste le jansénisme 1 N'importe ; ils n'en sont que mieux disposés à croire ce que le capitaine de la secte leur crîoit tout à l'heure sur les toits, à savoir que « l'on est janséniste dos lors qu'on n'est pas nwiinistô (4)* »
( I ] P,f pac. 4q et 5a , ^4 février, (a) Pag. S4, 34 février.
(3) f^' le livre noiiveaa intitulé : De t Eglise Cmiiicane, dans son rapport mvec te Soui^erain Ponùfè^ par M. de Mâitttre. Lyon, i8ai , aux pag. a54 » a66 , a68 , 269 , 370 , etc. etc.
(4) Voici ses propres expressions , pag. a56 : « On dit uses souvonl • ^^
C xvij )
Mais être Tun ou l'autre » c'est appartenir à une faction coupable. Le capitaine a beau me dire qu^en suivant les bannières du fnoiinisnu, qui sut échapper aux condamnations de la congrégation De ÂtixiiiiB et de Paul V , l'on reste catholique (i ) , quelque restriction inentale, quelque volupté, quelque forfait même que l'on se permette 9 tandis qu'on cesse de l'être quand on est favorable au jansénisme y qui n'a pu éviter d'être condamné ; je persiste à croire que, si l'on est catholique eq se tenant à l'écart des jansénistes, on l'est plus en e^rit et en vérité, quand on ne l'est pas à la manière de Nolina et d'Ëscobar.
D'après votre système, il ne nous suffit donc plu^, afin de n'être pas traités par vous de jansinisus , que nous disions anathème aux cinq fameuses propositions puisées dans Jansénius, et que nous souscrivions respectueusement a la bulle Vnigenitus. Me voules-voiis pas encore que nous disions anatfaème à la doctrine de Bossuet ; que nous nous révoltions contre les maximes fixées par l'Eglise gallicane N ^ l'époque où elle a jeté le plus grand éclat ; contre cette longue suite de services que^ selon les principes consacrés alors, elle a rendus à la France , (2) » ; contre l'autorité même qui en demande-* polt le maintien (5) ? Yojus poussez l'esprit de parti jusqu'à exiger
ne SUIS ni janséniste , ni moUniste ; mnis c'est comme si Ton disoit : Je ne suis ni calviniste, ni catholique ». y. ci •devant pag. iij , note a , ce qu'il «joatoit à sa page a6o , en l'honneur de la morale a£scobar.
(1) « Le molinisme est un système catfto&que. » ( Pag. a56. ) Proposition outrageante et avilissante pour l'Eglise catholique , puisqu'elle tend à faire croire que les plus grands scélérats , les assassins , les régicides , quand oti ne les appelle pas Jansénistes , sont plus estimables que tant d'hommes de bien à qui la secte donne ce titre , quand ils ne sont pas en tout de son avis.
(3) Expressions de S. £. M(' le cardinal de Baiisset, dans son HistoirÊ de bossuet. Lir. VI , n* IV. — On a peine à concilier entre elles les paroles de M. de Maistre , sur ce sujet lorsqu'à dit : (pag. 34^) : « Le clergé de France qui (élevé dans ces principes) a donné au monde, pendant la tempête révo-' lutionnaire , un spectacle si admirable , ne peut ajouter à sa gloire qu'en re* noncant à des erreurs fatales (ces mêmes maximes) qui Tavoient pl'icé si fort au-dessous de lui-m^me ». Cela supposeroit en outre que 1«m Primoren dit clergé d'aujourd'hui sont les mêmes qu'au temps de la tempête révolutionnaire . et que les clergés uitramontains ont offert un spectacle pour le moins ans.si admirable.
(3) Dans l'un de ses deux pénultièmes volumes : Du Pape , M. de Maislrc avoit dit an clergé actuel de la France : « Ou a b*;soin de vous po^ir ce qui se prépart » ; et> dans le dernier tout récent, il lui rappelle ce manifeste, en iiJQU» tant que « Jamais on ne lui adressa un compliment plus flatteur ; qu'il est dé)à mis à la tête de Vtmvre qui s^ avance; qu'unegranëe récompense attend un grand courage, et que nos quatre articles de l68a sont des mii^ércs humaiines qui n appartiendront bicnt<)t plus qu'a l'histoire ancienne. » (/^«i^ce datée d'août 1830.) Le bat de l'ouvrage est encore plus à découvert , quaud l'auteur conclut en ces termes , pag. 344 • ** 1^ clergé ne trouvera pas d'occasion plus heureuse et plus solennelle d'abdiquer ces doctrines odieuses , qae celle de ton lieureus<j
C xviij )
même que Ton De coriTienne pas des bonnes actions et de la sainte ni(»rtde ceux que vous avez très-hîiineusemenl décriés! Certes, tous n*aurîez pas osé accuser notre acteur d*aYoir favorisé les appetatis, si vous eussiez eu la bonne loi de rapporter la citation de S. Jérôme qui lui a servi de règle pour juger si ces victimes, que vous déchirez encore avec rage après leur mort, dévoient ou ne dévoient pas c^tre mises au rang des Martyrs (i). Encore une fois, nous prions le lecteur de chcrcber dans notre Martyrologe les articles contre lesquels nos critiques se sont soulevé.*^; et il y trouvera la preuve que la cause de leur colère est dans la confusion qui leur en revient Ta).
2*. On y verra pareillement le motif de Faccusation relative au concordat de 1801. Mais comment découvrir, dans riaimen.He ouvrage des Martyrs delà Foi, ce que le censeur en allègue de plus spacieux pour soutenir son attaque à propos de J. B*^ Font ? Ce n*«st pas sans cause qu*il a pris tant de soin pour que la citation devint presque impossible à vérifier: non seuleuient il n'a pas indiqué le volume, la page; il a même passé sous silence le nom du Martyr auquel elle appartient. Quand je l'aurai nommé , la perfide astuce de TAristarque sera mise à découvert pour ceux qui savent lire. Notre auteur, après avoir raconté la vie et la mort édifiantes du chanoine de Brassac, s*exprimoit ainsi : « Tout ce que nous venons de dire est extrait d*uae
restauration ; c'est une nouvelle ère qui doit ôtre signalée par de meilleures
pensées C'est Vhègire du clergé français » : Expression Mahometique qui
donncroit trop à penser si elle n'avoit pas été dite sans réflexion, comme celleci de la page 287 : « A Tépoque de 1683, le géuie de Bossuet s* est fait homme». Il étoit réservé à notre temps de voir 1rs premiers écrivains de Vultramonia' nisme se jouer hardiment de paroles augustes, réservées au fils de Dieu, et que nous ne saUrions prononcer ni entendre sans nous prosterner : et homo FACrrf EST. Le révélateur du grand projet va jusqu'à dire (pag. 348) : « Que si quelque autorité , aveugle héritière d'un aveuglement uncien ( celui de Bossuet ) o^oiie encore demander au clergé un serment à la fois ridicule et coupable ( celui de maintenir la déclaration de i68a , qui est une des lois de l'Etat ), qu'il réponde : non possumua , non possumus ; et le clergé peut être sûr quai aspect de son attitude intrapide , personne n'osera le pousser à bout. Alors de nouveaux rayons environneront sa tôte ; et le grand cpuure sera consommé par lui. u Tout cela étoit précédé du vieil avertissement romain, adressé à je ne sai' quels politiques amis : Videaat consules ne Mespuhlica dHrimenlum capùU» ( pag. ^5. ) Prenez garde que jamais le chef de l'Etat ne signe ces quatre articles, à savoir, i» que le Pane ne peut pas disposer de la couronne d*ua roi , etc. etc. « Si cet épouvantable phénomène venoità se réaliser, ce seroit une calamité £uru>eenne n ( pag. a38 ) : néologisme devenu classique parmi les adeptes.
^ij f^. tome II page 55i, col. a.
(a) Elle sera grande surtout aux yeux de ceux qui y verront traités avec nn intérêt presqu affectueux, les ex- Jésuites immolés pour la Foi. Comme il entroit dans le pian de 'campagne des deux journalistes de porter à croire le contraire, ils se sont bien gardés. de parler d'aucun article de plusieurs de ces Martyrs : leur nombre nous empêche de les indiquer tous ; mais il nous Builit de renvoyer «ux mots Cbaxtoh , Lamfabt, Heivilu» etc. etc.
( xix )
lettre imprimée que M. Font, curé ( de Pamiers), constamment et invariablement catholique-^ adressa, le i*' mai 18049' à Tévêque eanstitvUiannti ^ nouvellement placé sur le siège de Toulouse , en vertu du concordat de 1801 ». Pou voit-on s'y prendre avec plus de délicatesse et de charité, dans la nécessité de faire du moins entrevoir l'esprit de cette lettre, écrite par un curé, qui étoit resté pur de tous les sermens de la révolution , à un prélat toujours constitutionnel , que la faveur du plus hideux des révolutionnaires existans avolt fait instituer archevêque eathaliqut de Toulouse, sans qu'on eftt obtenu de lui la moindre rétractation, et lorsqu'il se déclaroit persévérant dans les principes de l'hérésie constitutionnelle? L'Aristarque lui-même l'ato >testoit encore en 1816 (1). Nous dirons davantage, puisqu'il nous y force; et nous mériterons d'autant plus de confiance, que nous ne parlerons que d'après ce qu'un curé constitutionnel du premier diocèse de ce prélat du Nord (Cambrai ) en racontoit avec indignation au public, l'année même du concordat (a). Cet évêque ne s'étoit pas même montré repentant de l'énorme scandale de la plus horrible des apostasies, qu'il avoit été le premier à donner, le 4 novembre 1795, lorsqu'à Douai il étoit venu , ce jour-là, déclai-er, au milieu d'un club
(1) Il nous disoit, le 30 septembre de cette année ( Ami de la Reb'gion et du Aoi, tom. X , pag. 34*) ■ « Les divers gouvemecnens qui se succédèrent pendant la révolution , favoriiièrent assez souvent les constitutionnels. Buo* naparte, par les mômes motifs, les protégea, lors du concordat. Il y étoit surtout porté par Finfluence d*un ministre , fort en crédit, ( Foucfaé de Nantes y duquel il a été parlé au tom. I«' des Martyrs delà Foi, pag. $76 et suivantes). On s'étoit flatté long-temps , poursuit le journaliste (pag. 35) , que ces évéques ne seroient point nommés à de nouveaux sièges ; c'étoit, dit-on , Tavis de M. Portalis , conseiller d'Etat, chargé des cultes ; et le pi*emier consul n*y étoit pas fort opposé. Mais Fouché, toujours partisan des fusions, prétendit qu*il ny avoit pas d'autre moyen déteindre le schisme ^ qu'en acrolatat de nouveau - venus aux schismatiques ) ; et il fit décider que douze des évéques constitutionnels entren>ient dans répiscopat qu'on alloit form^. Ces douze évoques furent MM. Char* rier, Lecoz, Primat, Beaulieu , Lacombe , Péner, Bécherel , Montault, 6aurtiie, Reyroond, Perdolet et Belmas. Charrier et Montault avoient rempli les conditions exigées. Bécherel et Berdolet paroissent aussi avoir
fait quelques satisfactions i mais les huit autres n'étoient pas disposés à se soumettre » à ce que les régies exigefiient ( K Pie VI , pag. 290 dn tom. IV. ) En 1804» M. Beaulieu remplit enBn les conditions, comme nous l'appreud le même journaliste , à la page 4o du même volume , sans pouvoir parler de la résipiscence des sept autres parmi lesquels étoit le prélat de Toulouse.
Le même joum» liste faisoit-il leloge des arraogemens ecclésiastiques de cette époque , lorsqu'aniionçant, l'année dernière , la mort de M. Heymondque le concordat de 1801 avoit placé sur le siège catholique de Dijon, il disoit : « La feue Eglise constitutionnelle a perdu une de ses colonues» ? (i*' mars 1800; tom. XXIII, pag. 89.)
(2) M. A. J. Guyot , ancien curé de Cambrai ( cncora vivant ), dans ton Afom*eau Dialogue des Horîs, Paris, 1801.
de six cents athées, qu*il renonçoit non seulement à $on ministère, mais encore à sa Foi^ ajoutant qu^il « se repentoît d'avoir prêché Terreur », et promettant de « prêcher la rais(ni ( d'alors ), les jours de décade ». Tel étoit Tai^cherêque à qui le curé d'une Tille comprise dans le nouveau diocèse de Toulouse , un curé qui s'étoit signalé par le plus courageux et le plus constant attuchemenl àl'Ef^lise <;atholique, adressoit la lettre dont il s'agit ( i), et qui paroît déplaire beaucoup à notre censeur. Malgré ses prétentions à la gentiJIesse, a-t-il bonne grâce d'ajouter ce misérable raisonnement : « Si ies anticoncordataires s(nu constamment et invariaùiement catholiques, ( ce que l'auteur n'a voit dit qu'en parlant d'un seul , sans s'expliquer sur les autres ) , apparemment que les concordataires ont cessé d'être catholiques, ce qui n'est pas très-flatteur pour ceux-ci; et ce qui probablement ne plaira pas à iapius saine partie du clergé (2)9» à celle qui est entrée dans la fusion combinée et voulue par le ministre Fouché. L'intention très-<Widente de ce paralogisme le rend encore plus criminel qu'il n'est absurde. Mais ce n'est plus , suivant TAristarque, le prélat qui a tort; c'est an contraire M. Font, qa*il dénonce ÙL cette partie ia plus saine du cierge^ pour avoir « publié différeos écrits contre le concordat, entre autres une lettre, du 1 7 aiai 1806, au Pape actuel (3)» • Falloit-il donc laisser ignorer les désordres qu'on avoit perpétués contre les saintes intentions du souverain Pontife ? Combien d'autres prêtres , invariablement attachés aux ancienne» règles de l'Ëglise (4)9 adressèi-ent à son Chef de semblables lettres? £u
(i) L'auteur avoit eu le ménagement de ne pas en rapporter le contenu; et nous le ferons conooître , tout en défiant l'Aristarque de reproduiiT de rodme la lettre qu'il reproche à M. Font. Ce pasteur disoit donc à révoque catbolico-constitutionnel : « Seroit-il supportable qu'un curé ftt specta* tenr muet du bouleversement affreux des i*egles les plus précieuses , et qu'il y parût insensible ? Non ; la réunion de tant lie circonstances ne me permet pas de me contenter de gémir en secret , sur les calamités qui
nous amigent : ce silence sei*oit un véritable scandale Devenu doycu
d'un chapitre qui choisit , dans l'ûntiquité , pour patrons prîucinauiL , les SS. Martyrs Caïus et Alexandre , ne dois-^e pas les imiter ? Lorsqu'ils lurent condamnés à mort et se virent conduits au supplice avec des Marcioiiites, ils demandèrent comme une grande çrice de ne pas 6tre exécutés à la mdme pUce qu'eux , afin que leur sang ne fût pas m6\é avec le sang de ceux dont les sentimens n'étoicnt pas aussi conformes que 1ns leurs à la loi catholique » : Cùm cap/te damnait ad suppticinm , unà cum Mardonitit ducerentur, ùtgentù miitteris loco , à carnificAus petierunt ut separatim à Marcionàis ocd' fferentnr, ne ipsorum sang de Fide cathoUcd sentirent.
cité par Pignatelli .
n» i8> et par ApoUinuaire. Liv. 3, Supporté par Eusèbc. Hist. Eecks. Lib. V J C'étoit l'usage des anciens Martyrs^ en paml cas.
(a) Pag. 5i , 24 février 1821.
(3) Jbld.
{\) M. Tabbc dcBonncval^ entre a«tre*^ (f^. tom. II, pag. 271.)
Jes condamnant, notre docteur* laïc ne condamne rien moins que les immortelles Réclamations canoniques des anciens Erêques, du 6 nTril 1 SoS^auxquelles Rome ne sut que répondre; mais en conséquence de quoi, l'on s'arraqgea pour qu'il y eût en France, comme en Angleterre, des scribes qui combattissent, vaille que vaille, quiconque écriroit conformémeut à ce dernier monument du savoir et de la Foi de l'antique Eglise gallicane (i). Le journaliste doit comprendre par là que je connois autant que lui, pour le moins, les particularités de
uuaires ecclésiastiques, ii crue aeroir jUger au concoraai oe looi, comme ceux qui le désapprou voient. Quand il louoit cette commission d'avoir^ « cherché les moyens de replacer Tfiglise de France sur SCS aticiennes hases, et de faire cesser les secousses et les divisions
( 1 ) On trouve h la page 96, tom. X, 3o septembre 1816 , de VAmi de la Be^ Ugion et du Roi, un bref de Rome, signé Kaphaël Aîazio, secrétaire tes Lettre^ Latines du souveriiin Pontife , adi'essé au libraire Adrien Lcclere , en réponse à renvoi dndit Ami et de ses if èmoires pour servir à VHisloii^ ^cclésifuUquedu XVIH^ siècle. Ce bref lui annonçoit le présent de deux raédaillesy Tune a*or «t l'autre d*argcnt. M. Mazio avoit résidé long-temps à Paris, comme secrétidrc du cardinal Caprara, légat à latere, pour l'oreanisation du Concordat. C'est encore lui qui a rédigé et signé cet autre bref, du 34 j"i" 1820, dont il a été parlé à la page 4o\ie notre second volume, et à propos duquel L'Ami trouve mauvais quo notre auteur ait été surpris d'y voir la perjiécution désignée froidement par les expressions vagues de trouhles et d*adi^ersitc. Mais il n'est pas le seul qui en ait été surpris, car un des plus respectables membres de l'ancienne Sorbonne* écrivoit encore une fuis, de Paris, le 17 mars iSai, sur ce Sujet, à Tun des cardinaux les plus éminens en doctrine et en vertus , comme en dignités : « Je désire que ma dernière lettre soit parvenue à votre Ëmincnce ; il y étoit question d'un bref assez étrange , rédigé , il y a peu de temps, p^r le prélat Ma-zib , attaché ci*^eVant au cardinal Caprara, et aujourd'hui secrétaire des Lettres Latines. Dans ce bref, en parlant des Martyrs que la révolution a faits en France , on les appelle seulement des hommes qui ont montré du courage dans Vadversité. Cette expression n'est ni vr^ie , ni théologique. Elle n*est pas vraie , puisqu'un grand scélérat peut montrer du courage dans les plus dures adversités. Elle n'^t pas théologique , puisqu'un Martyr est un catholique qui fait volontairement à Dieu le sacrifice de sa vie qu'on lui arrache en haine de la religion qu'il professe. Ce qui est encore plus étrange de la part d'un prélat romain, c'est qu'il n'attribue pas d'a'itre mérito à l'immortel Pie VI, que d'avoir suppoHé V adversité avec courage. Ce langage est insultant pour la mémoire de Pie VI , l'un dts plus grands Pupvs qui aient existe dans l'Eglise de Dieu , ce héros chrétien , d'une grandeur vraiment colossale ^ et qui a été un très-iliustre Martyr, dans tonte l'extension de ce terme, c'est-à-dire un homme qui , persécuté par les impies pour la Foi de J. C , est mort pat simie des violences et des tourmens que lui ont fait souffrir ces impies, armés de toute h rage de l'enfer, elc çlc. »
( 2txij )
piroduites par de fâcheuses circonstances (i) n^ iJ ne téihoîgDoit certes pas 9 pour ce concordat et 8es effets, la haute estime qu'il professe aujourd'hui.
Une autre preuve qu*il prétend donner de «l'opposition trè9Hiéciarréev de notre auteur au concordat de 1801, consiste en ces termes aussi polis que Téridiqucs : « N'est-il pas ridicule de dire» ainsi que le fait H. Guillon (qui ne Ta pas dit , mais qui a seulement exposé des faits qui pourroient en fournir une démonstration palpable) 9 que ce concordat a contribué à l'oubli dans lequel sont tombées les victimes de la persécution ? Il n*est pas vrai , continue le journaliste, que ces victimes soient tombées dans l'oubli ; on ne les a pas plu» honorées avant le concordat qu'après ce traité (s) »• Ce qui est plus vrai, c'est que le critique est resté froid et indifférent ( ai toutefois il ne s'en est pas irrité) à la lecture des pages de notre Martyrologe (Vj qui ont si heureusement électrisè les belles âmes, en leur exposant \tti hommages d'admiration et de vénération que rendirent à nos Afartjrs les prêtres les plus solidement instruits , comme les plus sincèrenieat vertueux, de l'Eglise gallicane, d'accord avec ses premiers pasteurs, et non seulement avec Pie VI, mais encore avec N. S. P. Pie ¥11, jusqu'à l'automne de 1800, où commencèrent les négociations pour le concordat. On a vu comment tout à coup la politique interronyiit cet admirable concert parmi ceux qui vouloient capter la bienTeillance de Buonaparte (4) ; et nous pourrions appeler en témoignage les assesseurs de son ambassadeur à Rome, lequel déclaroit avoir l'ordre d'empC'cher qu'on ne louât comme Martyrs ceux qui, parmi nous, avoient été immolés à cause de leur Foi , disant ingénieusement : « Pour qu'il y eût eu des Martyrs, il faudroit qu'il y eût eu des tyrans et des bourreaux ». Nierez -vous, M. l'Aristarqué, que lorsqu'après 1801, on réimprima l'estimable Memariaie viio^ saeerdotaiis , de M. d'Arvisenet, deveQu, ou disposé à devenir vicaire général de Troyes, on en retrancha le sincère tribut d'éloges et d'invocations que, dans ses précédentes éditions, dans cellelà même de Rome, munie de l'approbation des censeurs pontificaux, il avoit offert à nos Martyrs (5)? Que faudroit-il de plus pour vous faire rougir, si vous n'étiez de ces hommes dont Erasme disoit : « On a beau les convaincre mille fois de mensonge ; leur audace est telle que , se conduisant toujours comme s'ils aroient bien agi, ils recommencent leurs attaques; et, dispensés parleurs
(i) N« DXVI , 31 juillet 1819» pag. aa3 du tome XX. (a) Pag. ^get 5o, 24 février,
(3) y, tku. toiD. l'S Préface y pag. xvij et suivantes; /^ùcomtj prclimi»sii'e< pag. 16» 17^ 85 , 107 jusqu'à lia ; au tome 11, pag. 2$ jusqu'à 38; ettouvenC dans la partie biographique de l'ouvrage.
(4) y', au tome !•', Préface y pag.xviij ^ à la fin de la note. ('•) F. tome 11^ pag- âS et suivantes. .
( xxiij )
amÎ5 de se laver eux-mêmes 9 ils continaent à jeief de la booe sof les autres (1) ? »
Le journaliste sait, mieux que personne, que l'oubli de nos Martyrs étoit trop soigneusement commandé par Tustirpateur^ pour n*êtrepas observé par un clergé dont les membres les plus distingués se morfondoient en pompeuses phrases, pour accréditer sa puiss.ance comme Tenant de Dieu. Il est d'autant moins recevable à feindre d'ignorer ces ordres de Buonaparte, que c'est de la source même de son journal qu'est sorti, en 1819, non sans une imprudence qu'on s'y reproche , le Tolume dans lequel un adjoint au ministère des cultes avoit ingénument exposé des actes qui attestent cette vérité d.'une manière autheQtique (a). De l'observance rigoureuse et constante de ce précepte d'oubli pendant au moins treize ans, comme encore de l'intérêt d'amour^propre qu'on avoit à ne pas rappeler des souvenirs du passé qui ne pouvoient qu'humilier les heureux d'alors, dans quelque ordre que ce fût, souvenirs qui eussent opposé les antiques règles aux avantages que l'on trouvoit dans les arrangemens de l'usurpation; de cette observance, résulta nécessairement une habitude d'oubli, devenue depuis si invétérée, et même* si dominatrice, qu'elle s'est fait ériger presqu'en loi contre ceux qui avoient de la mémoire, contre ceux-mêmes qui, souffrant encore des blessures de la persécution, pouvoient parler de leur invariable et constante fidélité.
Les généreux avocats de ces anciens royalistes séculiers qui, ayant un mérite de ce genre, se plaignent, avec autant de raison que d'amertume, du système politique par l'effet duquel, depuis la restauration de la monarchie, ils se voient condamnés au triste privilège de l'inaction, accompagnée de la misère (3) ; leurs avocats, dis-je, ont peut-être trop l'esprit du siècle, même en affectant de parler en hommes religieux,
(1) Equidem tfemirorifuorumdam hominum perditam impudentiam , qta'to^ ties tteprenensi in marUfesUs erroribus , tamen , quasi re henè gestd, rursiu prodeurU in oreMun, uàrà provocantes ad cettamen , nec se purgant ùuerùn , sed pergunt in alios bitumjacere. (Tom. I. Catalog. lucuhrationum.)
(^) On y lit, à la page 91 5 : « Plusieurs pages d'une instruction que se préparoit à publier, en iSoa, M. de Barrai , alors év^^que de Meaux , étnient consacrées à peindre les persécutions qui avoient affligé l'Eglise dans les diffcrens siècles ; et Ton pense bien que les derniers évènemens n étoient pas oubliés. Or, M. Portails, ministre des cultes , écrivit A M. de Barrai , en VengageanÇ à mettre en oubli le passé *, etc. ; et pag. ai^ : « Des instructions furent envoyées, pour contenir à cet égard les prédicateurs, qui s'y conformèrent, u { Mémoires historûtues sur les paires ecclésiastiques pendant les premières annétis du dix -neuvième siècle : Paris, 1819, chez Adiien Leclere, imprimeurlibraire de N. S. P. le Pape et de rÀrchevéque de Paris, tom. !«'. ) Les tomes suivaos n'ont pas encore paru ; il falloit que l'auteur eût le temps de retrancher ou de modifier les choses du môme genre ^ que sa franchise avoit consignées dans la suite de son manuscrit.
(3) y,\ai discussion de la Chambre des Députés, sur le projet de loi relatif à l'érection de douze ou trente nouveaux évécnés , adopté le ai ma^ i8ai.
(xxir )
pour songer que les prêtres inyariablement et coostamm^t fidèles aux antiques doctrines, après avoir encore plus souffert que leurs honorables cliéns, en partagent la défaveur (i). Leur esprit n'a pas le courage de s'élerer jusqu'à l'origine de ce sjstème , qtioiqiie les amis de la révolution ne cessent de la leur indiquer, en vantant le coDCordat de 1801, qui le iitéclore, et dont ils se montrent si jaloux de perpétuer les résultats. H fut en effet aussi naturel que nécessaire à Buonaparte , pour établir et consolider son usurpation , de repousser les nommes que leur inflexible attachement aux doctrines dtî la monarchie de S. Louis rendoit irréconciliables avec celle qu'il alloit se forjmer. L'usurpateur du trône pouvoit-il employer d'autres partisans de ce qu'on appeloit Vaneien régtfnôf que ceux dont la fidélité précédente n'avoit été, dans le fond, qu'une affaire de circonstance, comme le zèle républicain des ambitieux de la rérolution, avec lesquels il les accouploît? Il devoit surtout préférer les jeunes gens, dont les naissantes affections politiques, encore indéterminées, seroient aisément tournées en sa faveur par la fortune qu'il lear offroit, et dont l'âge promettoit à sa cause des zélateurs qui, l'épou* sant avec ardeur, en perpétueroient l'amour dans les générations futures. Or, les fondemens pratiques de cette théorie furent jetés quand l'usurpateur exclut du clergé qu'il se donnoit en 1801, les Hilaire et les Salvien , les Bbssuet et les Gerson de l'antique Eglisa gallicane.
Oh! qu'on se montre irréfléchi quand, ne voyant, n'admirant que les successeurs de ceux par lesquels il les remplaça 9 l'on se plaint en même temps des atteintes portées ^ de nos jours, aox maximes de cette illustre Eglise ! Dans la nécessité où il se trouvoit,
(x) Ces vénérables confesseurs qui^ après avoir subi la déportation k letranger , et môme dans les navires , ou à la Guiane, à cause de leur incbrao' lable fidélité, sont réduits à la misère cl repoussés dans rhumilîation par le système des nouveaux aspirans , ne vinrent pas même k In pensée de M. de Cas' telbajac, lorsque, dans la Chambre des Députés^ le 16 mai 183 1, où il ^*^^^ soit i\o. doter de nouveaux Mques avec la mort des anciens prêtres dont les plus favorisés n'ont que a6o fr. de pension, il parla d'une manière si touchante en faveur des laïcs , victimes de l'émigration. Ses auditeurs pouvoient-ib croire qu'il existât des prêtres, à l'occasion desquels on fût endroit d'énoocer avec plus de force encore des vérités du même genre , quand il disoit des émigrés dépouillés par la révolution : a Ils n'ont pas trouvé uoe cbaumière près du tombeau de leur famille ! Avec une conscience MD^ reproche , us se sont résignés à leur sort. Il seroit même possible qu'en entendant parler de privilèges , de vieux sciviteurs de la monarchie crusseot qu'il en est un que rien ne peut compenser dans ce siècle de désorgao*' sation sociale , celui d'avoir vécu fidèle et de mourir pauvre : vcrilabw piriyilége , aujourd'hui , àt^ hommes qui n'ont su ni composer Avec lear conscience , ni trahir la foi jurée. » Tout le côté droit de fa Chambre •?* plaudissoit , mais ne soDgeoit nullement aux restes malheureux de l*''^' ciea Clergé gallican.
pour exclure ceux qui ne routotent pas fléchir le genou derant luiy de laisser prendre une extension inouie à Tautorîté spirituelle de laquelle il obtenoit , en outre , le commandement de ne prêter qu'à lui le serment dû , et même déjà prêté au souverain légitime ; par laquelle il deroit ensuite être sacré et couronné empereur, il étoit bien forcé de fayoriser le prompt triomphe d'une secte qui le serroit si bien, avec sa maxime fondamentale, celle de préconiser, comme < fait par Dieu même , ce que le Pape faisoit pour lui (i) ». Puissante, active, et même nombreuse à sa renaissance, elle réussît aisément, par de tels ikioyens , à porter ses adhérensaux premières places du sanctuaire, et à faire reléguer dans les hameaux, où Ton ne pourroit les comprendre s'ils vouloient parler, ceux des membre», même les mieux méritans de l'ancien clergé , pour peu qu*iU restassent gallicans. En vain Buonaparte voulut-il, par une inconséquence inévitable dans sa situation, que nos quatre précieux articles de i68a, qu'il avoit fait anéantir au détriment des Bourbons et de Tancien Clergé, fussent ressuscites en sa faveur par le nouveau, composé selon les vues de VUitramontanisme. Si on lui promit de les maintenir, ce fut en se disant in petto, ce que naguère, depuis la restauration, dèclaroit impudemment un ecclésiastique furt vanté, qui gourroandoît à ce sujet un ministre du Aoi; « qu'il y avolt plusieurs manières de les enseigner » , c'est-à-dire qu'on n'en parleroit que pour les rendre odieux ; et l'on se remettoit à célébrer Buonaparte, comme « le Sauveur de la religion et de la France ». Je trouve même, parmi ses plus enthousiastes prôneurs^ notre soidisant Ami de ia Religion et du Rai. «En6n, s'écrioit-il en 1809, apparut tout à coup un héros bienfaisant qui, comme le rot Cjrus, inspiré de Dieu, rétablit les temples et les auteb... Peu de temps après» il devînt l'oint du Seigneur (:»)». Le journaliste^ ne trouvant
(i) Cià che uuoie il Papa^ lo vole JddiOf disoit le vaque de S" Agathe des Goths, dans le royaume de Nap/es, Alphonse -Marie de Lîguori, défenseur de la cause au probabilùme , mort en 1787, et que IV. S. P. Pie VII a déclaré Bienheureux , en 1816. C'est U troisième des projHiiiitions que la Sorbonnc avoit condamnées dans l'ouvrage du P. Santarellii dont il a été parlé , à la page 85 , note a de notre premier volume : Papa , sifte condlio deponù imperatorem , quia Papœ et CJtnsti unum est tiihwiuL Cette
Ïiroposition , renouvelée eu 169a , fut repoussée pa^r la ^rbonne, le a4 mars de a même aniuic. Il est fâcheux» pour IHionneur de la thèse , qu'elle ait été soutenue par Ravaillac , lorsque , dans un de ses interrocatoires » il dit : « faire la guerre contre le Piipe , c'est la faire contre Dieu , d'autant que le Pape est Dieu , et que Dieu.est le Pape. »
(a) y, à la page 480 du tome VI de sa collection générale , lorsqua ses cahiers portoient le titre de Mélanges de Philosophie, dHisioire et de Af orale , suàe des jinnaks catholiques. Ces éloges ampoulés se faisoient à l'occasion de quelques réparations dans l'Eglise métrppolitaine de Paris; et le iournaliste anuonçoit que bientôt 00 y v«rroit un bel autel « « sur
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pus encore sa voix assez retentissante pour exalter suffisamment Buo* naparte, faisoit résonner avec complaisance, dans le même temps, k mandement du plus éloquent des nouveaux évoques 9 lequel a voit redoublé de verve pour louer ce héros bienfaiteur (i).
D'après les avantages que ses adulateurs et ses favoris ont conservés, et qui leur servent de mojens pour multiplier les adeptes de VUttramotitanisme (car, après tout, malgré de légers dégui* semens, le clergé d'aujourd'hui est formé par celui qui fil l'empereur de i8o4; et l'empereur de 1804 avoit été fait par le clergé du. Concordat de 1801 (a), bien différent de celui de 1791); je conçois la fetuité du libeiliste, lorsqu'il dit, en narguant un auteur gaUioan : « La convention de 1801 a eu ie madheur de lui déplaire (3) »• - - ■ ■ . ^ • — .
lequel, disoit-il , ofliciera Vilbistre Ponùft qbi Vient de succéder à un prtiat d'un siècle d'âge et de vertus ». Or, cet illustre Jhntifè ctoit l'oncle du prétendu Cyrus que « les amis avoient vu avec plaisir , éXcwé ( par son neveu « le 3i janvier 1809) sur le siège de la capitale >» ; et ils voyoient eo lui <i un prélat qui commandoit le respect par ses dignités et »eB vertus ( ibid. , pag. 94}"* Comme, à raison des dilTcrens que Buouaparte eut alors avec le souverain Poiitife, ce prélat restoit prive de bulle d'institution, et qu'il s'en piaignoit vivement , son oncle nomma le 14 octobre 1810 , pour lui succéder, en n'administrant que de la même manière , le cardinal Maury que le jrédactebr des Mélanges ne put pas louer également, parce que le gouvei*neBieiit les a%oit fluppnmés dans 1 intei^ailc. Mais, après la mort de ce cardinal, il est venu l'attaquer avec une vive aigreur, sur cette administration-U môme , en lui rcnnchant amèrement « les adulations outrées qu'il aroit, disoit-il , prodiguées a Buonaparte dans ses mandemens décriés » {Âmide laBetigion et du Àoi, 3J iuiliet 1817, tom. XII , nag. 33a). Est-il donc beaucoup d'evéques ou de chapitres (sede vacante) quin en aient fait de pareils depuis i8ua jusqu'à la restauration de la monarchie en 18 14, et môme encore pendant les déplorablci Cent Jours de 181 5 ?
(i) Mélanges de Philosophie t etc. etc. pag. 44^*
(3) N'est-ce pas a tin de cacher ces vérités que, dans la seconde éditioD^c ses Mémoires pour servir à t Histoire Mcclésiastique du XyHI' siècle (Pan^ » i8i5} , ce journaliste a passé entièrement sous silence le fameux sacre du 3 décembre 1804 , dont il avoit fait avec tant de complaisance une si pompeuse description dans la première édition de ces mêmes Mémoires ^ en 1800, sous le règne de Buonaparte ? Il présentoit alors à notre admiration a tons les évoques de France rassemblés à Paris pour la cérémonie du couronnemeut • ( pag. 3<)7 du tome II ) ; et nous disoit (pag. 568) avec une emphaae p€*u fbtteuse pour les Bourbons, que, « dans cette imposante cérémonie , toute la France ne pa* roissoit en quelque sorte rassemblée , que pour rendre un hommage piu^ éclatant au Dieu qui abaisaoit (ceum-ci), et qui éievoit (celui-là), faisant servir les révolutions des Etats k raccompLissement de ses desseins étemeb » («b faveur de l'usurpateur).
(3) P., pag. 5o, a.}. février i8ai.— Une circonstance nouvelle de la révolutioa d'Espagne rappelle ee que fit Buonaparte en 1801 . Làts Cortet de Madrid ont décrété le '33 avril 1831, « i* Que le gouvernement exposeroit au Pontife romain le triste état dans lequel se trouve l'Eglise d'Espagne» par rexpatriation ou le renvoi de ses pasteurs : mesure que l'autorité temporelle a été obligée de prendre, pour les punir d'avoir enfreint le syatène coastâtutioniiel » idopt'
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Qu'elle plaise au soi-disant jimi de ia Religion et du Rai^ da même qu'à nos iiééraux^ cette Convention qui donna le trône du Roi à Buonapartet et qui, en ordonnant de prêter à celui-ci le grand serment de fidélité 9 prétendit délier les sujets du monarque légitime de celle qu'ils lui dévoient, pnur les attacher, par les liens de la religion^ aux intérêts de l'usurpateur : je n'en suis pas surpris. Maîji cette Convention 9 n'auroit-elle eu que ce vice exécrable» devoit, et doit être à jamais odieuse pour celui dont les écrits comme la conduite » depuis le commencement de la révolution y ont tou$ porté le caractère du royalisme le plus pur» comme le plus désinté* ressé, et dont la courageuse fidélité aux anciens principes n'a pu être ébranlée par les flatteries, les menaces, les proscriptions 5 les prisons, la présence des bourreaux, les chaînes des gendarmes, et les fers , même dans l'exil. 11 ne peut donc y avoir qu'une distance énorme , une opposition insurmontable entre cet invariable gallican et le journaliste qu'on a si justement appelé ta trompette de i'Vitra^ montanistne , puisqu'il caresse encore si tendrement cette ^Con^ vention qui a consacré de fait, au dix-neuvième siède^ les vieilles prétentions de Grégoire VII, de Boniface VIII, de Jules II, de Grégoire XIY, de Clément VIII, etc. , sur la couronne des Rois (1). Je ne sais où doit nous conduire la doctrine da ce journal ultra** montain; mais je m'en inquiète , quand je Iç vois secûBd4p.acdeuj(
pAr le Roi et la nation ; 2* Que le ffoavemement représenteroit au itouvei'ain Pontife les mauK spirituels qui résulteroient pour ces Eglises » de la {Privation de leurs pasteurs, et de combien ces mauK s*aggraveroient, au détriment de la tranquillité pttblique, si les anciens étoient rétablis ; 5* Que Sa Sainteté seroît suppliée de les exnorter à renoncer à leurs sièges , attendu qu'ils ne peuvent plus être utiles à leunt troupeaux , dans le spirituel , ni dans le temporel ; 4* Que , dans le cas où les susdits prélats refuseroient de renonce^ à leurs sièges , le gouvernement feroit usage des moyens fournis par les lois , pour éviter les manm qui résultent d'une longue vacance de siëges ; 5* Qu'une fois les sièges déclarés vacaiM par la renonciation on la mort di^Ue de leurs pasteurs, le gouvernement procéderoit à la nomination d'autres jHrèlats qui auroient donné des preuves d'adhésion au 83fsténie constitutionnel, et qui posséderoient les qualités religieuses requises. » (Journal des 3Aait du 6 mai t8ai .} Mais les Uonès sont loin d'avoir en Italie , la position militaire que Buonaparte y occupoit en 1801.
(1) S. Em. M«' le cardinal èvéque de Langres avoît-il donc oublié la con^ vention de 1801 et le couronnement de 1804, lorsqne, dans son excellent ouvrage. Sur la ^éelanuion de CA9»emhlée de France^ en 1683, il a dit que : « L'opinion contraire à la doctrine- gallicane , mir rindépendance éb'selue de l'autorité souveraine (des Rois) n'a ^ns, même en Italie, qu'un petit nombre de partisans, et qu'il est inutile de s'occuper de cette question (pag. 7)'^? L'apologiste du concordat de 1817 , auroit-il donc réussi à persuader celte supposition que démentent deux faits m9Me% réœns, lorsqu'il disoit « Que l'opinion de la suprématie du Pape sur les Rois étoit surannée, et qu'on n'osoit plus la soutenir »? Ëb ! voyez donc ce laïc d'une si haute réputation, ^ui, en 181 5, proposoit de donner au Pape une supériorité de magistrature civile, sur tous les Etats
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autres journaux, se disant également dévoués à la religion (1)9 et lorsque je considère que ces trois écrits périodiques, les seuU qui jouissent du privilège de l'enseignement catholique^ et accaparent la couliance des jeunes prêtres et des personnes dévotes 9 ont, pour leurs principaux rédacteurs 9 des hommes qui naguèt*e brûdoient, eu rhonneur de Buonnparte, reiicens le plus propre à l'enivrer : ils savent bien que je peux en fournir de belles preuves (a).
Ces étranges amis de la monarchie actuelle ne me parolssent guère plus conséquens dans Tapostolat qu'ils ont usurpé, et qiie^ sans titre, ils exercent d'une manière si traoclianie. £t d'abord ces Litramontains 9 qui veulent absolument que Dieu ne couronne pas les Mart^rrs, et ne nous les donne point pour intei*cesseurs auprès de lui, tant que le Pape ne les aura pas canonisés 9 se fondant sur les décrets d'Orbain YIII, avec la précaution toutefois de ne pas dire qu'ils n'avoient rapport qu'à des temps ordinaires, comme notre auteur l'a démontré (5); ces Ultrauiontains, qui exigeroient de nous la plus aveugle docilité, sont>ils donc bien obèissans à ceux des décrets du mètnt Pape qui contrarient leurs petites combinaisons? Ne foulcnt-4is pas aux pieds celui qui d(!iend de faire porter par des femmes, d.ms les processions, les images des Saints, les bannières et les croix (4) ? ^^ l'uUe du i5 jâaivier lôoo, par laquelle il supprima la congrégation des Jésoi-
de l'Europe, tant protestons que catholiques ? (/Icyiexions sur iHntèrét général d'i (Europe, ) Son ami ne vienl-il pas de publier, avec le ton d'une autorité presque victorieuse , le plus viole ut des manifestes contre les défensaxTs de i'indépendaoce des rois r (Du Pape, et de l^^Use gaUiauie dans son rapport axftc k soux/enàn Pontife,) — Soot-cç les Gali^caus , ou nos Ultramontaiçs qtii tont accrédité diiQs toutes les classes de la société, cett« erreur de l'igiaorancc et de la sottise » que « si le ^o; i\e ae fait p^s sacrer et courooaer, c'est que Buooaparte l'a été par le Pape, et que, tant qu'il vivra, l'oa ne peut en ^crcr ni couronner jun autre? »i lu^a Gallicans, étant paral^iés, ne peuvent avplr des journaux pour détruire cet ioqptc préjugé; et les U Ujrafnaatains se garderoieut hicn d^ le ^on]Ji>atti'e. Je défie P. et C, dp lentreprcuidre.
(1 ) lu Ami de Ui HeUgion et du Iloi^ journal. ecclèsioftùfue, polUique et Htte^ raity , a pour auxiliaire, indépcndamnieui de Ja France Chrétienne , jaurnél reUsieux, politique et littéraire , le Dté/èuseur , Journal religieux , pobùqiu ^
littéraire» ^
(3) C'est uniquement pour égayer mon sujet, et non ppur /en faire tirer aucune induction , ^up i« veux, ici coniier au lecteur Tidéc singulière que le bavard sembla vouloir que j'adoptasse, quand on m'apporta, dans la première quinzaine d'avril dernier, le cabicr de chacun de œs trois jouraïux de cette «l'poque : tous Içslroiâ parloÂen^ à la foitidiK même objet , en q«oi 0e montrott fraacfaemeiit leur» fruteruitii L'un étant ba)>iJlé de rouge y l'autre étant courert de bleu e.t le troisième de bJ^ic, il résultoit du faiaceau qu'ils ibrmoientia rêunio9 uiômc des cpuleur# de la ghrieua» Cocarde. Tout liliemi , à ma place » en auiioitvffiit une avec ces trois couvtrluiiea ; et il i»'tu seroit d'autMit 0)tf<^ pavané qu'elle auroit i)orlé les épitLiiles de ttdis^ùuix- ^ d'ccclésiastiiftêté
(3) r. uoir^ Wuie I<% pag. ^6 et suiyaotcs.
(j) /W., pag, 106. i • . ' .
fesses, qu'il appeloit oyec indignalion exçr^scerUes in agromUitan'* ti$ EceUsi4e F^pT-eSt e^t-elle Uiçn j^eçi^ ? ConserTeroleot-iJâ donc la tactiqpe de leurs pères, dfMis t^jpt. d'occasions, e( potapotment dans Taffaire des RiU chinois (,i) ? Je f^ toîs pas enfin qu'ils aj/ant beau* coup de déférenoe pour la défeufifs qu'en ^8 1 5 , le Pape acUie) a faite aux ecclésiastiques 4^ tûuê ie$ royfiiunes, d'écrlce su,r la f>olitique , de rédiger des gazettes (a), eu;^ qui, .mêUnt le profane ayec Je sacré , pour obtenir plus de souscripteur^ , eœploi^ut Ja D^ioitié 4ç (e^rs journaux soi-disant religieux, à les je^ntre^eoir des cboses le^ plus terrestres , des passions des hommes , des naouéges de i'iQxu^ition , et des complots du crime, quoique leurs lecteurs, en quajité de chrétiens, ne doiveqt aroir en vue que le Ciel d^tns .leurs caoyersatiobs (3), e4, surtout s'ik sont voués au saint inijaistère, ne 5'embarrass^ aucunement des affaires assurément .très - sécuJUi/ènes de la politique de nos jours (4) ?
Mais nos dïocyieurs laies ne sont-ils pas quelquefois au-desaus de la défistiise de Pie VII? On le pense dans cette coterie-là même qui appelle Jffansém^Uê tQtus ceux qui n'ont pas le même iotérêl qu'elle à concentrer l'infaillibilité d'un concile œcuménique dans le auc^esseur des Libère, des U^aorius, et à foire prendre le Pape pour iTBglise. L'illustre ami laïc d'au-delà les Alpes, qu'up estimaÛe orateur a cité comme un saint Père dans l'assendJée politique des neprésentans de la nation ^5), n'a-t-ii pas dit très - dogmatiquement : « Jl.coQ.Tient davantage à vhanwne du numdt q^'au pnêtue , de prendre «jo maia la défense de ia retigioti »? La raison qu'il <ein apporte »e suppose pas beaucoup de foi chrétienne dans ceux pour lesquels il écrî^. «C'est^ ajoutoit-0, parce que le prêtie , apologiste jrft^ c»Ùe dont il .esjt le ministre, a l'air de défendre sa propre cause (6) » : ce queue ppjnfippt jamais les vrais chrétiens; et cette.ralson donne 4rop lieu ie présumer, à tort peut-être, que les doctorisans de la secte ont principalement en vue ses intérêts dans leurs prédications, et que, pour eux, ia Tôiigion consiste essentiellement dans ie culte qui fournit de belles places aux adeptes. L'ami d'outre-monts , Insinuant même que .les femmes peuvent participer à ce privilège d'enseignemeat j^eUgieux , dont toutefois il se réservolt d'être en cela ieur Jeanne d'Arc, soutient qu'on exerce alors ce ministère en vertu d'une mission spéciale du Ciel. « Je sens en moi, disoit-il, je ne sais quelle forc^ indéfinis-
(i) y, toiD. 1" des Martyrs àe la Foi, pa^. 86. (a) y. Moniteur uniueneï an ao octobre i9i5.
(3) Nostra auUm conversatio in cœUs est, (Ad Philipp. C. fil. "f. 30.)
(4) ffemo miUtansDeo impUcat se negntiis secularibus. (II ad imioth.C. II.
(5) Le i4 niai dernier.
(6) K. au (. I*' du Ducoars préliminaire de l'ouvrage de M. le comte de Vaistre : Du Pape dans son Happort avec i Eglise CcanoUque.