MEY
qui le condamna à la peine de mort, comme «émigré-rentré».
Cette sentence , rendue le soir du 9 pluviôse an YII ( a8 jan- TÎer 1799)9 ne pou?oit être exécutée le lendemain , qui étoit > suivant le calendrier républicain 9 tm jour de décade , ou jour chômé. Avant de partir pour le lieu du supplice , le 3o janvier 9 le prêtre Mejran écrivit à son frère une lettre d'adieux où il lui disoit : «Je pardonne de bon cœur à tous mes ennemis ; je donne volontiers ma vie pour l'expiation de mes péchés , pour la gloire de Dieu, et la paix de TEglise.
J'exhorte tous les vrais fidèles à la confiance en Dieu ; je demande la conversion des pécheurs, et le retour de tous les peuples égarés, principalement do peuple français, priant le Seigneur qu'il les ramène au sein de l'Eglise catholique. Je TOUS assure que ce moment est pour moi l'un des plus tranquilles , •t que mon âme est dans une joie parfaite : se confiant aux mérites de Jésus - Chrbt , elle désire de sortir de ce corps de misère. Que cette chair de péché soit réduite en cendres, comme elle le mérite, pour laisser un libre essor ù mon fime , qui soupire après la félicité des Saints I Du fond des cachots, les fers aux pieds , mais libre en Jésus- Christ, je déclare mourir dans le sein de l'Eglise catholique, apostoliqne et romaine. Je vais bientôt sceller de mon sang les
MIC
vérités qu'elle enseigne : Jmtn» .
Peu d'heures après, Mejran périt avec ces sentimens , quatre ans et demi après la chute de Roberspierre.
MICHALLET (Françoise), pieuse vierge du diocèse de Lyon, née en 1760 à Rouane, en Forez, avoit montré, dès sa première jeunesse , un penchant décidé pour toutes les vertus de la religion, et notamment pour celle de la virginité. D'une famille qui ne pouvoit la faire subsister sans une occupation qui lui en procurât les moyens, elle étoit venue à Lyon , et y avoit embrassé la profession du commerce. Elle en partageoit les bénéfices avec les malheureux ; et elle put y troaver encore quelques moyens d^être utile aux prêtres que leur fidélité à la Foi priva de leurs ressources, en 1791, par suite de leur refus de prêter le serment de la constitu-tion civile du ctergé. Inébranlable autant qu'éclairée dans sa croyance , elle ne dissimuloit point son, éloignement des schismatiques. Us la firent persécuter dès cette année - là même. Dans le mois de juillet, elle fut mise en prison, pour avoir fait circuler une instruction propre à raffermir les catholiques contre les séductions de l'Eglise constitutionnelle.
Lors des interrogatoires qu'elle subit alors , elle étonna les persécuteurs par la vivacité de sa Foi et la force de son courage. Ils la