‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 31 sur 242 · MIC MIC · texte numérisé non relu

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jetèrent dans ane cate fort mal- me suis réjouie de me TOir» dans

saine 9 où elle, fut très -malade, ce {our remarquable , traitée

ITosant pas encore employer les comme mdn dîyÎQ époux 9 que

usassinats juridiques) ils regretT Ton couduisoit» au milieu des

toient de ne pouToir la faire mou- rues » de tribunal en tribunal,

rir; et elle finit par sortir de prî- Nous ayions d'autant plus de res-

son. Mais derenus plus puissans^ semblance ayec lut, que ceux

et déçpgfa de tout frein quand mêmes qui nous conduisoient nous

cette rille eut succombé dans le accabloient d'inTeotires ; ce qui

sié|ge boBorable qu'elle aroit sou- mecausoit une grande satisfaction

teno (f^, Ltov), leurs regards intérieure». Une autre fois ^ elle

$e portèrent d'abord sur cette écri?oit à la même personne :

«aima fille. Elle fut de nouTeâu « N'aurai-je donc pas le bonheur

pkmgée dans les cachots, en no-* de suivre mes deux amies, qui

▼embre 1793. Déjà ses deux amies, m'ont précédée à la yéritable

compares de ses bonnes œuvres, gloire? Elles ont remporté la

Wt GacvBv, et M*^ Poutbbâv, palme; et peut-être ne serai -je

sa cousine ( V, ces noms)^ àroient pas assex heureuse pour l'obtenir 1

donné leur Tie pour J.-C. , lors-^ Si Dieu veut que je sorte de pri-

qv'cUe fat interrogée par les juges son, mon premier soin sera de

de la commission révaiutior^ saluer cette terre (la pi ace des exé-

nair$. Comme l'un d'eux aroit cutions) arrosée du sang des Mar-

llnCeotiondelasauyery on ne lui tjrs, et de me mettre sous leur

fit de questions que sur son com- puissante protection». Lorsqu'elle

et sa fortune, étitant de yit ensuite que le martyre seroit

loi fournir l'occasion de confesser aussi son partage , elle s'exprimoit sa Foi. Elle s'en affligea; et dans ainsi» dans une autre lettre à la

lettre qu'alors elle écrifit à même amie : «Encore quelques

l'aae de ses amies, elle lui témoi- instans , et notre cœur n'aura plus

^Boit sa douleur de n'être pas en» que la douce occupation de con-

eoce digne de la couronne du mar- templer Dieu pendant toute une

trre. «Je me console cependant, éternité, et d'être consumée de

afo«tolt<*elle, dans l'espérance son amour! Encore quelques ins-

que, t5t ou tard, cette couronne tans, et nos larmes se changeront

sera moa partage». Pour la sau- en joie! Quand quitterons -nous

ver en gagnant du temps, on la cette terre de malédiction et de

^ traosléfer de prison en prison, mort , cette (erre d'où la yertu

Le îoor de l'une de ces translations est presque bannie , et où le crime

«'étant troufé un Tendredi, elle est érigé en diTinité?0 mort! que

écrlrit aussitôt à son amie : «Je tu parois douce à un cœur qui ne

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soupire que pour son Dieu , et qui ne supporte la yie que parce qu'elle lui donne l'occasion de mériter le Ciel I » L'amour qu'elle aroit toujours eu pour la virginité, que la prudence de son confesseur ne lui uvoit permis de Touer à Dieu que par des vœux limités, d'année en année , lui fit désirer , prévoyant sa fin prochaine , de se consacrer d'une manière plus absolue , et tout-à-fait irrévocable au céleste époux des saintes vierges. Elle écrivit en conséquence à son directeur en ces termes : « Depuis quinze jours surtout, j'ai le pressentiment que j'aurai le bonheur de mourir pour ma Foi ; je désirerois remporter la double couronne , si vous voulez m'accorder de renouveler le vœu de virginité, dans lé cas où je serois condamnée & la mort.

Ce seroit une grande faveur pour moi, d'être consacrée à Dieu d'une manière particulière, dans ce dernier instant , et d'êti^p en mourant l'épouse de Jésus-Christ ». La permission lui en fut accordée ; et son âme en éprouva une indicible consolation. Enfin, on la fit comparoître une seconde fois devant le farouche tribunal , le aa pluviôse an II (lo février 1794); et son interrogatoire eut lieu en ces termes : D. « Tu es fanatique?»

— A. «Je ne suis pas fanatù/ue, mais catholique. » — JD. c Tu crois donc à toutes ces réverieê, ces m&ifieriês de l'Enfer, du Pa« radis , etc. » — it. « Je crois toutes

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les vérités que la religion catholicfue m'enseigne ». — D. « Tu as durement bien fait dire la messe chez toi ? » — R, « Aucun décret ne me le défendoit » . Elle pouvoit en dire bien moins sur cette ques-* tion, parce qu'on n'avoit trouvé chez elle aucun indice que les saints mystères y eussent été célébrés; mais elle de voit cet aveu à sa Foi et à la vérité. Les juges en furent d'autant plus irrités, que cette réponse avoîl été faite arec une sorte de gloire. Ils l'accablèrent d'injures, et la renvoyèrent en prison , où elle craignit néanmoins de ne s'être pas expliquée assez formellement à cet égard.

Hais, ayant appris que la sentence capitale rendue contre elle , se fondoit sur de pareils actes de religion , son âme en devint plus tranquille ; et elle se prépara courageusement au sacrifice de la vie.

Elle étoit efifectivement condamnée comme •fanatique; recevant chez elle les prêtres réfractaires , et faisant dire la messe en sa maison » . La nuit qui précéda son supplice y dont elle avoit été a vertie , elle dormit avec plus de tranquillité que les jours précédens; et, avant d'aller à la mort, le samedi 1 1 fé- Trier, elle quitta tout ce qu'elle aroit sur elle, jusqu'à ses bas et ses soollerd, voulant qu'on les donnât aux pguTres. Un juge lui disant alors qu'elle courroit le risque de s'enrhumer , elle lui répondit : « Ce ne sera pas pour

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bug -temps». Françoise Hiichallet marcha rers Téchafaud , à l^àge k 34 ans» arec ce calme, cette joie» eette soif du martyre , qui Mot le prppre de ceux qui en mérilcat h palme. ArrÎTée au pied de rmstrumeat du supplice 9 ayec doutt MtTM Tictimes , aaroir :

001e faunes et un prêtre (1) ; tUt deaianda comme une grâce de&'étre immolée que la dernière ^ ifiodebexhorter Àla mort , conjoiateoieot a?ec cet ecclésiastique»

è même que » dans la prison , elle ksaToitrassurées contre la créante foDsortaiisai cruel. Exempleplus idoinble encore que celui du laiot TieîUard Simon Bar-Saboë, ^ CQ agit ainsi en pareille cir^ »»sUaGe(F. ci-devant, tom. II , K* 55o) ! C'étoit une Tierce à ptioe sortie du printemps de sa ^) fà defenoit Tégale de la nàt des l|achahées à l'égard de ^ fils, ou plutôt de. l'illustre ^jfie Lyonnaise , sainte Blan-^ ^9 enrers les compagnons de SOS dernier supplice. Chacune des ^^■fagiies de Françoise Michaliet loi dut aussi «de reccToir gé- ^ftfmmuki le coup fiitm, en

(0 Mibtrte veuve Maopetit» née ^<^; AMoiaeCte Courtois , née Ver- **/} lhi|vcnle Gonanne , religieuse ; ^^«ertte DcspUniea ; Jeanne D u ter « *« Pïùtry ; Marie -Anne Giraud ; An- ^''«•«tte Hotte; Jacqueline GhaUi- (^; ECsabetb GhaUigner; Eléonore ^nd, *te OtUer ; et Vincent Mar-

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rendant à Dieu une Ame pure et sainte ( 1 ) : après quoi , transportée elle-même d'allégresse, elle se plaça sous l'instrument de mort , comme si elle étoit invitée à un festin nuptial». ( F. G. Aluuv, et

J. MlRÂlLli.)

MICHEL (Jagqvbs-Pbiupps) , prêtre du diocèse de Viviers 9 Ticaire à rArgcntière» près d'Aubenas, né à TArgentière même , en 1 75a , n'ayant point roulu faire le serment schismatique de 1791»

se vit forcé , par la loi de dépor* tation, à sortir de France. Il s'achemina, au commencement de septembre 179^9 vers les frontières d'Espagne ; mais , arrivé à Montpellier 9 et y apprenant les mauvais traitemens que d'autres prêtres aToient.reçus un peu plus loin y il en conclut que la Providence vouloit qu'il restât dans cette ville, où il aoroit en outre la consolation d'être utile aux catholiques qu'elle renfermoit, et à ceux des environs. Il leur rendit, en effet, les plus grands services

( I ) Sororû txhortaUombusincUtUus, suppUda generosè perpessus , anùnam exhalavit. Beata uerà BlandinUy omnium postrema , t(u%quamnohiUs mater i quœjilios ûàfattiur certandum accert" derat , ef tnetores ad regem prœmisenu ; eoêdem oertamkuun curtMis quot JUii coi\ftctranit remetieruy ad eotdem ire properahat , de exitu suo lœta atque exultons , prorsùs quasi ad r^iptiale conuivium ùtuiiata. (Epist. Ecclesiarum Viennenais et Lugdunensis , ex Euscb.

Hist, M&Ues. L. V.> c. 11.)

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de son ministère 9 pendant toute Tannée 1795 9 allant et Tenant 9 sans redouter la fatigue 9 partout où les secours de la religion étoient réclamés de lui. Sans asile assuré jusqu'à la fin de janvier 1794 9 il n'en courut que plus de dangers.

De pieuses demoiselles lui en offrirent un dans' leur demeure commune; et il l'accepta d'autant plus Tolontiers qu'elles y aroient an oratoire auquel se rendoient plusieurs catholiques 9 et où il leur disoit la messe et leur administroit les sacremens. Son zèle cependant ne pouvoit se contenir dans cette enceinte; et il sortoit assez souvent, pour porter les mêmes secours spirituels à ceux qui n'a voient pas la facilité d'j ve« nir. Une correspondance qu'il eut alors avec un prêtre de Cette 9 au sujet d'un serment impie que l'on exigeoit de celui-ci 9 parvint à la connoissance des révolutionnaires de cette dernière ville. Ils dénoncèrent Michel ; et un des munici* paux de Cette fut chargé de solli* citer le comité révoitUiannaire de Montpellier de le chercher.

On fit des perquisitions 9 en con« séquence 9 dans plusieurs maisons de Montpellier 9 pour le trouver:

des explorateurs furent envoyés , pour le même objet 9 dans les campagnes voisines. Lorsque ses amis lui parloient des périls dont il étoit menacé , il répondoit :

« Je suis une victime vouée à la mort, je le sais; mais soyez sûrs

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que vous me verrez marcher à l'échafaud sans pâlir». Le 5 mars, mercredi des Cendres 9 lorsqu'il célébroit la messe dans l'oratoire dont nous avons parlé9 et n'en étoit encore qu'au premier évangile 9 la maison fut forcée par des agens de la persécution. Michel n'eut que le temps d'ôter sa chasuble ; et) emportant le calice avec ses accessoires, il alla se cacher. dans un endroit difficile à découvrir. Les satellites 9 brandissant des sabres nus 9 menacent d'abattre la tête des personnes qui assistoient à la messe , si elles ne déclarent pas où s'est retiré le prêtre qui étoit à l'au* tel. « Où est 9 crioit un de ces fa<~ rîeux9 où est le misérable qui vous fanatisait ? > Dans l'indignation qu'elles en ressentent 9 l'une d'elles repond: « Prenez -le, si vous le trouvez». Cette réplique irréfléchie 9 qui semble uq défi 9 attire mille injures à celle qui l'a faite , et augmente l'ardeur qui portoit ces pervers ùl fouiller, à briser tout ce qui leur paroissoit indiquer une cache. Ils réussissent enfin à trou* ver le' ministre du Seigneur ; et , le frappant rudement , ils lui disent : « Que ton Dieu vienne , s'il peut 9 te délivrer; ou qu'il te donne des ailes pour te tirer de DOS mains». Un de ces impies se mouche avec le purificatoire , l'autre expectore dans la coupe du calice. « Monstre I ajoute un troisième 9 en adressant la parole à ce vertueux prêtre 9 c'est ton- Dieu

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