‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 49 sur 242 · JO · texte numérisé non relu

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pour faire généreusement mon sacrîGce ». Musart trouva le moyen de recevoir la sainte Eucharistie , le lendemain , avant de Gomparoitre devant le prétoire qui devoit le juger : c*étoît le tribunal criminel du département de la Matne, siégeant à Reims. Il s'y défendit lui->même avec le calme de linnooence^ en faisant intervenir à chaque phrase sa profession de Foi. Tous les assistans en étoient touchés : les juges euxmêmes auroient voulu lui sauver la vie ; mais le commissaire du Directoire près ce tribunal insista pour le faire condamner, et les y força en leur citant la loi qui les y obligeoit La sentence capitale fut donc forcément rendue contre le curé Musart , comme étant « prêtre réfractaire et émigré-rentré ». Le président 9 qui la prononçoit» ne pouvoit s*empêcher de trembler en articulant ces mots : « La peine de mort» ; mais Musart, après les avoir entendus, se leva transporté de joie, et s'écria, comme saint Gyprien : DeograHas, qu'il répéta jusqu'à trois fois. Ensuite il dit aux juges : « Je vous pardonne ma mort ; la première chose que je ferai auprès de Dieu, sera de le prier pour qu'il daigne vk>us^ éclairer » .

On le reconduisit en prison, où, craignant que ces paroles n'eussent fait de la peine aux juges , il chargea quelqu'un d'aller leur dire qu41 n'avoit eu aucune intention de les mortiâer et de les offense».

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Rentré dans la chambre où il retrou voit les confrères avec lesquels il étoit prisonnier, .il les pria de se mettre aussitôt à genoux, pour réciter avec lui le Te Deum iaudamus^ en ac^ tiens de grâce de la faveur que Dieu alloit lui accorder. Cinq de ses paroissiens que le tribunal avoit fait venir malgré eux , pour constater, par des aveux pénibles mais véridiques, l'identité de sa personne , voulurent le voir, pour lui faire leurs derniers adieux : il les exhorta à persévérer dans la Foi , et leur promit de ne point les oublier devant le Sen gneur. L'exécution ne devoit avoir lieu que le lendemain ; le curé Musart se coucha le soir, à l'heure ordinaire , et dormit paisiblement jusqu'à quatre heures et demie du matin. Alors il se leva, et se mît en prières jusqu'à sept heures 9 qu'il prit la plume, pour écrire à sa mère , et la consoler. «Bientôt 9 lui disoit-il , nous nous réunirons dans le ciel, comme je l'espère fortement : je vais vous préparer la place. Plein de confiance en la miséricorde divine, j'espère être du nombre des élus. A ce prix ^

la mort est un gain pour moi

Je donne volontiers ma vie pour ma religion : ce qui met le comble aux grfices que le Seigneur in*«.

faites jusqu'à présent. Estimez^ vous heureuse d'avoir un lils qui meurt pour la même reii|^ioi^ pour laquelle sont morts le««

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Ap6tr«»9 e( un DOaabre infiai de Maityn. Eennrcies Dieu de ce boobeur ». Dans la même lettre »

ctulent encore des adieux que Musait chargeoit sa mère de transmettre à ses paroissiens* « Nous K oûos rererrOBS plus sur la ton, leur dboit-il ; mais nous BOUS reyerrons au ciel , si tous Tifu daas la piété» dans la crainte

k Dieu Encore quelques

beurei; et, paroissant au pied ^trÔAederÊtemely |e vous recoDUDanderai à sa miséricorde; je k prierai d^avoir pitié de tous ^ et de foas donner des pasteurs cadioliqiies qui soient selon son NBttf... Je regarde ce jour comme ie plus heureux de tous ceux où j« vécu; mon sort n'est point à pWndre : ii e^t plutôt digne d'envie. Ce o'est pas la mort qui me ^ de la peine; e'est de vous fiineri TOUS tous que j'aime de toute la tendresse de mon cœur :

je ne regrette la vie que par rapport à TOUS*. Quand il eut cessé décrire, il se retira dans une c^unbie, arec deux de ses con* ^ns; il j reçut la sainte corn- (■umioD en Tiatique» et passa le ti^ du temps à prier le Seigneur»

cl à consoler les fidèles qui ve- ■oieot lui demander sa bénédic-* ^ Vers midi » il se fit réciter *^ prières des agonisans, aux** 9*elles il répondit avec fenreui;* ^finissoîent, lorsqu'on Tint le P'^iKire pour le conduire au sup* p/ict. ht$ personnes qui se trou-

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voient sur son passage étoient consternées ; lui seul portoit sur son front Tempreinte de la joie : il chantoit des hymnes et des cantiques. Quand il aie rit au pied de l'échafaud » il j monta avec assurance; et, de là, comme d'une Aoufelle chaire chrétienne, il dit à ceux que le spectacle de sa mort ayoit attirés en foule : « C'est pour la religion que je meurs : mon corps est entre- les OMiIns des hommes; mais mon fime est h Dieu». Pendant qu'on l'attachoit à l'instrument du supplice , il entonna le TeDeum, et le chantoit encore lorsque- la hache de la guillotine abattit sa tête. Le curé Musart avoit environ 4^ ans lorsqu'il fut immolé peur Jésus-Christ, le ai ventôse an lY ( ii mars 1796 ) , iin an, sept mois et quatorze jours après le Neuf ther^ tnidar. On porta son corps dans le grand cimetière de la porte de Reims , dite Porte - uto- Mars, Les cheveux et les dépouilles de ce saint prôtre. furent recueillis par les fidèles , c«mme de précieuses reliques. Il a été imprimé plusieurs récits de sa vie et de sa mort ; et il y en à même eu de traduits en allemand. Un ancien curé de la paroisse de Saint - Timothée de Reims , M. Rousse ville, qui en reçut un ,dana cette langue , à Hauau 9 où il étoit encore à la fin de 1816, s'empressa de le faire lire à deux protestantes auxquelles il dé-^..

montroit, depuis quelque temps.

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