‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 48 sur 242 · MOO · texte numérisé non relu

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prier pour lui jusqu'au moment de resécutîon , et part. Bientôt la iQsiilade a délirré de la prison de 100 coips une finie impatiente de voler dans le sein de l'EtemeL Cette exécution, faîte le 3o juillet 1798» eut donc lieu plus de ^atre ans après le renversement dc&obenpierre. {V. £m. Mirum»

ctJ.F. PitiKAitit.)

MOUSCAlBÈS (JBAirirs), ièiniiKd*iiae condition commune^ exerçant la profession de boulante dans la paroisse de Losse> eo Gascogne , près de Roquefort 9 *a diocèse d*Aire y fit preuve d'une Foi tfès-conrageuse en cachamt, èm son humble domicile » un de tts prêtres catholiques dont la tête étoit mise à prix par les persécu* teon. On décotlvrit cette œuvre léoéreose; efr Jeanne Mouscai^ès &t traînée dans les prisons de la nOe de TttCas , en laquelle siégeoit k tribnnal criminel du déîMirteiMot des Landes. Ce tribunal prononça contre elle une senteiice k sHMt, le ig germinal an II 1$ arril 1794)9 allégaant, pour '•MA grief, qu'elle avoit été «recé- ^ de prêtres réfiractaires » ; et , '^ feodemain^ sa tête tomba , pour £ette cause, sur Téchafaud. ( F.

Mux.)

MOUTET (AuDCAHDaB), prêtre, ^ à firioode , dans le diocèse de ^-Flour, en 1760, et qui, 'Bcorporè à celui de Clermont-* '«rrand, y étoit vicaire à Vichy- <s-Iaîost en 1791 ^ refusa avec

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beaucoup de générosité le serment de la constitution civOc du clergé. On auroit pu d'avance bien présumer de sa conduite, en cette critique épreuve, d'après les actions de sa vie précédente.

Avant qu'il embrassât l'état ecclésiastique » il avoit été placé » par ses parens, dans l'étude d'un pro" cureur, à Clermont, pour s'y former à la même profession ou à celle de notaire. An milieu des occupations, ou plutôt des dissipations de cette sorte d'ap* prehtissage, il conservoit une* piété sincère et fervente ; et déjà il se sentoit animé du zèle de la maison de Dieu. Il en donna des preuves en ramenant au Seigneur une jeune personne qui s'étoit engagée dans les voies de la perdition. Moutet, non seulement l'en retira ; il la décida même ^ entrer dans le couvent des Carmélites de Clermont , où elle se.

fit religieuse. Cette conversion fut l'objet d'un récit imprimé qui servit beaucoup à l'édification des âmes pieuses. Sur de pareils signes d'une vocation aussi décidée à l'état ecclésiastique , l'évêque de Clermont n'hésita pas à élever Moutet aux saints ordres, et à le placer, en qualité de vicaire, dans la ville où nous l'avons vu montrer si courageusement son attachement à l'Eglise catholique. Malgré les persécutions auxquelles il fut exposé , d'abord par son refus du serment, et ensuite par son ar-

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deur à maintenir les fidèles dans leur croyance , et à leur administrer les secours spiritueb, il resta dans la ?ille de Vichy »

qui se trouvoit alors sous la tyrannie des autorités du département de VA Hier. Elles le firent emprisonner en 1 79? ; et 9 dans les premiers mois de Tannée suivante , elles renvoyèrent, avec soixantetreize autres, à Rochefort, pour en être déporté sur des rives lointaines et sauvages {F. Roghbfort). Il fut embarqué sur le navire (m Deux Associés. Résistant d'abord assez heureusement aux maux que les prêtres éprou- Toient dans Télroit entrepont de ce bâtiment, il mit à profit les connoissances qu'il avoit en mathématiques, poursavoir combien peu d'air respirable ils y avoient ; et c'est à lui qu'on doit le petit mémoire qu'dti trouve dans notre article RocBEFoaT , sur les dimensions de cette espèce de cachot.

Il éprouva lui - même à son tour les funestes effets de cette horrible situation , et mourut dans la nuit du 27 au 28 septembre 1794» ^ l'âge de 34 ans. Son corps fut enterré dans l'ile Madame, Notre correspondant particulier nous disoit de hii : « Ce jeune homme , rempli de talens , et encore plus de piété , mourut saintement 5 comme il avoit vécu»; et M. de La Biche en parloit en ces termes :

« Ce jeune prêtre étoit encore plus estimable par les qualités de

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son cœur, par su tendre piété , son zèle , et l'heureux assemblage de toutes les vertus ecclésiastiques, que par ses talens naturels et les connoissances qu'il avoit acquises..... La Providence s'étoit servie de lui, pendant qu'il n'étoit encore que laïc et clerc de procureur, pour enlever à une troupe de comédiens ambulans ^ une jeune Tictime de l'imprudence paternelle, devenue depuis une fervente Carmélite. Sa modestie étoit telle > qu'il ne parloit jamais que très-succinctement de cette conversion extraordinaire 9 où le doigt de Dieu fut si visiblement marqué », {V, Moubav , de Maçon; et Naud, d'Angoulême. )

MOUTILS (2V...), prêtre du diocèse de Castres, après avoir évité les fureurs de la persécution ouvertement athéiste des années 1793 et 1794 9 reparut dans sa province, et s'y attira la haine des impics, par l'exercice de son ministère. Elle resta comme désarmée à son égard jusqu'à la fatale journée du 18 fructidor ( 4 septembre 1797), qui leur donna le pouvoir de persécuter de noareau les prêtres fidèles et zélés. Us le cherchèrent pour lui faire subir les rigueurs de la loi du 19 fructidor, qui aulorisoit à renYojer ù la Guiane ( V. GmkSE )• On parvint enfin à l'arrêter, et on le fit partir pour Jlochcfort, où il devoit être eiçbarqué : il le fut sur la corvette fa Bayonnaise *

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It i" août 1798. La maladie con- Upeuse qui se déclara sur ce bfttimeot^peodant la traTersée, attei»

tei|;nît mortellement le prêtre Mootils : il mourut dans le counotde septembre; et son corps k'fttékh mer. ( V. Mobbl, et N. Muun.)

NULLEA (MiGOLis), prêtre du dioeèM de Trêves 9 né à Luxem- ^urg,Ters 17679 ètoit professeur <ie philosophie en cette TÎlle, à Têpoqueoû la réyolutiou française porta ses raTaçes impies dans sa cootrée ( V. Bblciqvi }. Si les • penécoteurs ne purent ^ en 1793 <•{ i^j le frapper de mort à auK de Hncorruptibilité de sa foi et de son caractère sacerdotal, ibparrinreQt du moins à le faire tcmber dans leurs pièges par i*appât de la'^ perfide tolérance qo^bdéployèrcnten 1796 et 1797.

^ loi de déportation qu'ils se procurèrent le lendemain de la fai^e crise rèyolntionnaire du iSIructidor (4 septembre 1797)9 iw fournit les moyens dé se yen* S^rdesyerlus et des principes du profbsear MuUer. Il fut arrêté »

^9 bientôt après , enyoyé à Rockfort, pour en être déporté au- ^ des mers ( F. Gviàrk). On remitvquay le ta mars 17989 >v la iiéfate ia ChartnU, Ae ^oelk on le fit passer 9 le a5 <rril» sur la frégate ^a Décades fui alh le déposer sur la rife de Cajenoe» au milieu de juin. Il ^a fut aussitôt repoussé dana le

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désert de Synnamari. L*asile qu'il y trouya chez M« Dnchesne ne put le soustraire aux mortelles inflaeaces du climat II y mourut le 6 septembre 17989 à Page de 41 ans. {F. III0VTILS9 de Castres; et H. A. NoiBOK. )

MULOT (iV...). {V. UM»- HÀanikas.)

MUSART (Nicolas), prêtre du diocèse de Ghêlons-sur-Mame, et yertueux pasteur 9 sur lequel il nous fut aussi enyoyé 9 en 1800 9 des notices détaillées que nous sommes obligés d'abréger pour ne dire que ce qui se rapporte au but de notre Martyrologe, étoit 9 à l'époque de la réyolution9 curé de la paroisse de Sommeyesle9 où il ayoit yu le jour en 17549 et de laquelle dépendoit l'annexe de Poix. Seul pour diriger l'un et l'autre troupeau dans les yoies du salut, il s'en occupoit si bien qu'aucun soin de sa part ne leur manqua. Musart leur consacroit presque autant la nuit que le jour. Les habitans de Poix suscitèrent des tracasseries à son cèle ; et il n'en fut point rebuté. Ce fut d'eux qu'il éprouya le plus de yexations lorsqu'il eut refusé le serment de la cansîtiu-' tion eiviU du oUrgé : ils lui défendirent même l'approche de Poix ; et, un dimanche qu'çu juin 1791 9 nonobstant cette défense 9 Il s'y présentoit pour dire la messe9 des habitans de ce lieu le repoussèrent yiolemment yers une car^

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^ rière qui étoit dans le voisinage.

Il a voit beau leur dire qu'il n'en seroit pas moins toujours un bon père disposé à se sacrifier pour eux:

ces forcenés continuoient à le faire rétrograder vers le précipice. « £h bien 9 reprit-il, vous le voulez 9 je ne me ferai pas traîner» ; et il s'avança sur le bord de la carrière , comme pour leur faciliter les moyens de l'y jeter; mais cette cou« rageuse résignation les désarma.

Leur rage n'en fut cependant pas éteinte : elle imagina d'autres stratagèmes ; et , le 8 décembre , après plusieurs excès sacrilèges y ils brûlèrent une représentation de leur pasteur , en dansant autour de cet impie auto-da*fé. Lorsqu'on en informa le curé Musart, Q répondit avec douceur : «Je voudrois avoir enduré pour eux, sur tnon corps, ce qu'ils ont fait à mon effigie , si , à ce prix , j 'a vois pu les ramener à Dieu » . En février 1 792 , les mêmes habitans de Poix vinrent à Sommevesle pour l'enlever : ne l'y trouvant point , mais apprenant qu'il s'étoit retiré à Saint-Julien, ils y coururent. Ne l'ayant pas découvert dans ce dernier endroit, ils s'en prirent à ses meubles et à ses effets, qu'ils jetèrent hors de la maison curiale. Comme un administrateur du département le pressoit de faire le serment , et que Musart lui répondoit qu'il le préteroit volontiers , si la religion et sa conscience le lui permettoient, Tadmi-

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nistrateur ayant ajouté ironiquement : «Vous aspirez sans do ute à la gloire du martyre ?» ce bon pasteur répliquadesuiteavec humilité : «Je n'en serai peut-être pas digne».

La loi de déportation, rendue le 26 août 1 792 , ne lui permit plus de rester en France ; il passa en Allemagne, et de là en Hollande, tournant toujours des regards paternels vers ses ouailles chéries. Il leurécrivoit, quand il en avoitla facilité, sans les ' compromettre.

Tous les jours, dans le saint sacrifice , il disoit à Dieu : « Jetez des regards de miséricorde sur le ^troupeau que vous m'avez confié ; et, si votre justice l'exige , immolez, le pasteur pour conserver les brebis » . La modération et la tolérance que la Convention afficha, plus en paroles qu'en actions, à la suite du 9 thermidor ( 27 juillet 1 794 )» ayant répandu dans l'étranger l'opinion que les prêtres exilés pouvoient rentrer en France avec quelque sûreté, Musart crut y voir une sorte d'injonction que la Providence lui faisoit de revenir près de ses paroissiens. Néanmoins il ne se dissimuloit pas les dangers qu'il alloit courir en revenant au miKeu d*eux ; et, lorsqu'on lui parloit de ces dangers, il répondoit : t Je mourrois bien volontiers ' pour mes paroissiens, dusse- je n'en sauver qu'un seul». Il disoit à ua autre prêtre qui partoit avec lui, dans le |nêm« dessein^ le 5o juki 1 ^q5 :

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^AlloDs,aUoDsaa marlyre; nous

serons bien heureux si nous i'ob-

tenons â ce prix • . Ce fut une

gnode satisfoction pour les habi-*

lus de Sommeyesle » quand ib le

Rfifeot, à la fin de juillet. Pour

d'cd être plus séparé « il consentit

i Élire cette déclaration de sou^

«imon aux bis de la république y

queU GoDTention Tenoit d'exiger

[^.d-derant tome P'y pag. a64

^ suÎTaotes ) ; mab il ne crut

fis, comme on le pensoit ea

piques autres endroits y pouvoir

h bin sans restrictions. Il y

ijoQla des réserres qui sauvoient

1» droib de la justice , comme les

pnDcipes de sa croyance. La loi

^ ; Teodémiaire ( og septembre

1/9^), étant Tenue réprouver

iQBtc eqièce de restriction , Mu-

ttt fut réduit à ne pouvoir plus

ttrcersoQ ministère qu'en secret.

^ DouTel édit de persécution que

kConTention rendit en expirant 9

^ par lequel elle renouvela ses

^Bses lois de 1793 et 1794 9

<9^ ce bon pasteur aux plus

r^ dangers. Les persécuteurs

% miieot à le rechercber ; et il fut

^^Q<>uvert par eux le aa février

'r^Sf cbes un de ses parens,

^nsletiUage de Somme-Suippe.

^ se saisirent de lui , le traînèrent

^ les prisons de Châlons, puis

^ celles de Reims , où il entra

le iSdu même mob. Le commis*

^ du Directoire de la république

^^^Bçabe y vint peu d'heures

^let lui dit: «Qui es-tu?»

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Musart lui répondit : « Je suis un prêtre déporté s . — • Un prêtre t s'écrie le commissaire; oh! je boîrois avec plaisir le sang du der* nier des prêtres I Ce sont eux qui 9 dans tous les temps» ont fait le malheur du genre humain : au reste 9 tu auras affaire à un tribunal respectable ». T^usart répli« qua: «Moti juge estaa ciel». Ce vertueux curé conserva , dans les fers, le même esprit de pénitence qui avoît animé ses plus pénibles actes de vertu. Quoiqu'il fût alors fort indisposé , il ne voulut pour Ut que de la paille » et pour nourriture que du pain et de l'eau. La prière et les saintes lectures fai-' soient ses occupations habituelles.

Le 7 mars , il écrivit à ses parois* siens une lettre touchante dans la* qiielle il leur rappeloit ses anciennes instructions 9 en y ajoutant ces paroles admirables de saint Cyprien : « Mon exemple vous apprendra qu'un pasteur catholique, tenant dans ses mains et portant dans son cœur l'Evangile de J.-C; peut bien être persécuté 9 dépouillé f chassé 9 mb à mort ; mais il ne peut être vaincu. Ma conscience n'obéira qu'à Dieu seul, comme je l'espère de sa grfice».

Le 9 mars, il apprit que 9 le len- 4emain, il serpît jugé, et même que ses amb craignoient beaucoup pour sa vie. « Eh bien , reprit-il , toute ma confiance est en Dieu ; s'il permet que je sois condamné , il me donnera les forces nécessaires

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