NEZ
1794> c^ îl mourut dans cette déportation 9 en septembre sui-* Tant 9 à V^ge de 5o ans. Son corps fut inhumé dans Tile Madiune.
Notre correspondant est resté dans la même incertitude , par rapport au serment) sur ce chanoine > comme sur ses deux confrères ; mais nous ayons les mêmes raisons pour l'inscrire également dans nos édifiantes matricules. ( F. Nàvd , d'Angoulême; et F. Nicolas.)
NEVEUX ( REHi ) , prêtre et chanoine de Tune des collégiales du diocèse de Poitiers, habitoit encore la ville de ce nom en 1793, et ne s*j montroit pas moins ferme dans sa Foi que la très - grande majorité des prêtres de ce diocèse.
Enfin ) vers 1794 9 H tomba au pouToir des impies qui le jeté* rent dans les prisons du tribunal du déparlement de la Fienne, siégeant à Poitiers. Nereux n*eut pas plus tôt comparu devant lui, le a8 Tentose an II (18 mars 1794)9 où il fit périr un si grand nombre de prêtres fidèles et de bons catholiques 9 en haine de la religion « que 9 décidés par le même sentiment, les juges condamnèrent »u8si notre vertueux chanoine à la peine de mort , comme « prêtre réfractatre »i
NEZEL ( iV... ), prêtre, mas* sacré ëfx Carmes, à Paris, le 2 septembre 1 79a , et dont on ne voit, ni le nom de baptême, ni Tâge, ni les autres qualités, sur le registre mortuaire de Vétat-
NIC
dvii, ayant été écroué avec les ecclésiastiques amenés d'Issy ( y, Mbvubet ) , nous paroît y avoir cherché un refuge , comme insermenté, et peut-être comme dis«»
ciple des prêtres de Saint-Sulpiccy en leur maison dont nous avont déjà parlé (F. Bovbeet). Ce que nous savons positivement, c*eat qu 'il avoit fait ses premières études au célèbre collège de Sainte- Barbe, et qu'il étoit nouvellement élevé à la prêtrise > à l'époque de la révolution* Le sort qu'il éprouva suffît pour attester, 1* que, malgré sa jeunesse, il fut aussi ferme dans sa Foi que les vétérans du sacerdoce; a* qu'il refusa , devant les tyrans du comité de la section du Liueetn^ bourg, le serment de la om^ts^ution dviiô du cierge, quoiqu'il vît bien les dangers auxquels un tel refus alloit l'exposer; et 3* enfin , qu'emprisonné , d'après cela , dans l'église des Carmes, avec une multitude d'autres confesseurs de Jésus -Christ {F. Dulav), il y montra la même constance jusqu*à son dernier soupir. ( F. Ssr-
TEMBRE. )
NICOLAS (iV...)> prêtre du diocèse de La Rochelle, vicaire en la paroisse de Chambertault en Poitou, près de La Châteigneraye ^ étoit resté avec ses paroissiens pour leur salut , malgii la loi de déportation qui le frappoit comme insermenté. ( F. Yzmhi )• I>an!^ une excursion des impies soldais
NIC
k k CoiiTentioD sur cette pro- TJDce', eo 179^ 9 il fut saisi par (SI, et lirré à une commission miikdft, qu'ils formoient à Hortagiie en Poitou. Cette comffiissioo le fit fusiller aussitôt 9 coffliDc • brigand de la Vendée » .
MCOUS (Fioebhtih], prêtre etRligieuxdei ordre des Carmes- Déchaussés 9 sons le nom de PènBemafdins dans leur maim de Nancî, où il aToit la cliarge de prieur, ne fit point le ^<tmeDt sdiismatique de 1791* Etant Dé dans cette Tille , et pounot d'ailleurs être fort utile aux callioliques, il y resta après la ^«tnictioo de son cloître. Les Mtoritéa du département de la Mtmke le firent jeter dans leurs pnwns en 1793; et, vers la fin ^ cette année , elles renvoyèrent < kcMort, pour en être déporté aihdelà des mers ( F. KoovDir). Il fut embarqué, au l^temps de 1794» sur le na* 'ire ks Deux Aiêodés. Son iii^rtyre se consomma le a5 août ^ÎTaot II ayoit alors 54 ans ; et ^ corpi fat enterré dans nie ifatfame. [V, NbteV) chanoine; «^•Wt, curé.)
NICOLAS (Antoihb), curé de Saiot-Saudier) dans le diocèse de ^<b) redoubla de xèle pour la f>i utholique) quand il Tit le ^m» s'introduire en France ;v b cMwtievtûm civUe du '^^« en 1791. Dieu sembloit iTolr destiné spécialement à pré-
NIC 159
munir les fidèles du pays Messin contre les nouyelles erreurs ; car ii se trouva doué d'un courage extraordinaire en ces critiques circonstances. Sans négliger ses ouailles 9 il parcourut toutes les paroisses du diocèse, dont les schismatiques aboient mis en fuite les Trais pasteurs ; et les contersioDS nombreuses qu'il y opéra prouvèrent que l'esprit de Dieu étoit arec lui. La plupart des eatholiques qui restèrent fermes dans leur Foi au milieu du schisme»
durent leur constance anx soins de ce zélé missionnaire. Après trois ans d'un tel ministère 9 aussi pénible que glorieux, il fut emprisonné > et resta dans les fers pendant deux ans 9 faisant tourner à la gloire de Dieu cette humi-« liante et douloureuse situation. Il y travailla, autant qu'il put, au salut de ceux qui a?oient accès auprès de lui ; et la plus vive douleur qu'y ressentoit dans sa captivité étoit de ne pouvoir suivre tous les mouvemens de son zèle. Il tfichoit de s'en dédommager par les sacrifices de sa patience et par ses prières. Enfin, il fut mis en lik>erté , à la condition de sortir de France , conformément à la loi de déportation du a6 août 1792.
Nicolas remplît cette rigoureuse condition ; mais , trop occupé des besoins- des catholiques , qui restoient presque sans pasteur, il revint quand il crut la persécution apaisée. Son retour n'eut lieu
NIC
qu*eo i797f lorsque le corps lé-^ gislatif de cette époque montroit quelques dispositions favorables ttix prêtres ( F. Lois). Mais rimpie catastrophe du 18 fructidor ( 4 septembre ) de la même année vint exposer le curé Nicolas à de nouyeaux périls : il fut saisi pour la seconde fois. Traduit alors devant le tribunal criminel du département 9 il n'y fut condamné qu*à être conduit 9 par la gendarmerie f au-delà des frontières. Nicolas vit d'abord , en cette circons** tance 9 une preuve que Dieu, ne voulant pas qu'il tombât sous le fer des persécuteurs 9 lui interdi*»
soit tout retour en France , jusqu'à des temps meilleurs; mais ensuite 9 pensant à ce que les Apôtres avoient tenté de périlleux pour la cause de Jésus -Christ, il se crut rappelé par elle dans sa patrie, et y rentra en 1798. Bientôt Il fut arrêté, conduit à Mets, et livré à une commission mt/ttaire qui , d'après une loi de cette époque, ne pou voit que le faire périr. Il le savoit; et cette connoissance ne l'empêcha pas de paroftre devant les juges - ioldats avec la sainte assurance d'un confesseur de Jésus-Christ. Son interrogatoire, qu'on nous a conservé , en est une preuve ; en voici le procès-verbal. « Interrogé :
Quels sont ses noms, prénoms, lieux de naissance et de résidence ?
a répandu qu'il se nommoit Antoine Nicolas, curé de Saint-
NIC
Baudier, né à Yatîmont, canton de Herny, département de la Moselle, et que, depuis la révolution, il n'avoit d'autre résidence que celle que les honnêtes gens vouloient bien lui donner. — /titerrogé s'il y en avoit beaucoup qui l'eussent reçu ? a répondu qu'il y en avoit quantité. — interrogé s'il pourvoit nommer les honnêtes gens qui l'ont reçu ; a répondu: Oui; mais la constitution et les commandemens de Dieu me lo défendent : ne faites point à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fit Or, ce principe est applicable ici ( V. cidevant , tom. II , pag. 3a6 et 362 ). — Interrogé s'il avoit connoissance de la loi du 19 fructidor an y (5 septembre 1797)9 qui condamne à la peine de mort les prêtres déportés rentrés ; a répondu qu'il en avoit connoissance, puisqu'il en étoit porteur, et qu'il avoit déjà été jugé en vertu de cette loi. — Interrogé s'il avoit connoissance de son inscription sur la liste des émigrés ; a répondu en avoir eu connoissance, puisqu'il étoit parvenu à s'en faire rayer provisoirement. — Interrogé sur quelle loi il se fondoit pour avoir osé rentrer en France; a répondu qu'il y avoit la loi divine, la loi naturelle et la loi humaine : la loi divine, qui l'obligeoit de paître son troupeau comme pasteur : la loi naturelle , qui lui faisoit cher-
NIC
cher da pain où il saToit pouroir CD trouTer : or» dît-il, tous inV les déporté dans un pays où je iVo trouTois point y où mémo eo ne rouloît pas mo recevoir; ainsi, rien d« si naturel que de reitrer dans son pays où il y en a: enfin la loi humaioe, qui lui fcisoit espérer que les Français ne seroieot pas asseï barbares pour pQsir un bomme qui n'a jamais eu faatre intention que de faire le bien. — InSerrogé par quelle porte i étoit rentré ; a répondu iTotr passé le bac à Chambière) et être rentré par la porte de Thionîilley arec une botte et une teste ^oe (^. ci-derant, tom. III 9 psg.3ioet554). — Inierrogés*\\ rt^kioît cootinuellement dans les vHles; M répandu que 9 pour sau- Tcr les âmes 9 quand on le requérait, tantôt il alloit à la campgoe, et tantôt à la ville. — Ir^ krrogi s*il avoit baptisé, marié, aOtné 9 dît la messe ; a répendu qoH avoit fait toutes les fonctions pastorales, excepté seulement celle des inhumations. — InUrrogé combien de fois; a répondu :
Toutes les fois qu'il Ta voit pu. — latirroyési le citoyen cbex lequel I « été arrêté en avoit connois^ MQce; a répondu : Je ne dis , ni ad y ni non » . Après cet interroptoirey les juges firent retirer le rué Nicolas; leur délibération ne kl ptts loDgoc : ils prononcèrent %m ooftnûnement la sentence de %Mi cootta lut Après l'avoir an-
NIC 141
tendue, il s'écrie comme le Propbète-Roi : « Je me suis réjoui à cause de ce qui m'a été dit : nous irons dans la maison du Seigneur :
Lœuuus 9um in his quœ dicta êunt rnihif in domum Domini itrimu» (ps. lai). Je t'ai parlé de paix, ô ma chère patrie! et je te l'ai souhaitée dans l'exercice de mes fonctions sacerdotales^ à cause de mes proches et de mes concitoyens : Propter fratres meos €t prommos meos, toque* bar pacem (ibid). Si mon ministère , continue-t-il , pouvoit encore leur être de quelque utilité, je ne refuserois pas le travail, vous le savex , Seigneur : non récusa iaéorem; mais aussi , dès que ce calice ne peut passer sans que je le boive, que votre volonté soit faite. Puisque, dans ce jour heureux pour moi, vous daignes , Seigneur, couronner mes foibles mérites, en couronnant vos dons, souf* frez qu'à l'exemple de votre divin fils, et du premier Martyr saint IStienne , patron de ce diocèse , je vous demande grâce et miséricorde pour mes juges, pour les exécuteurs de leur sentence, et pour tous les Français coupables.
Pardonnea-leur, Seigneur; car ils ne savent ce qu'ils font. Dessillez enfin leurs yeux, en les faisant rentrer, par votre grûce, dans la religion qu'ils ont si indignement abandonnée. Vous êtes , il est vrai , le Dieu des vengeances ; mais vous êtes aussi le Dieu des.
i4a NIC
miséricordes. Faites qu'ils se coh- Tertissent et qu'ils vivent , afin qu'ayant reconnu leur erreur , ils en Êissent une sincère pénitence 9 et qu'ils vous en bénissent pendant toute réternité » . Telles furent les propres paroles du curé Nicolas y déjà consignées en des ouvrages qui ont précédé le nôdre.
Parmi les exclamations et las discours des anciens Martyrs y en de semblables circonstances 9 il n'en est pas de plus sublime 9 qui embrasse plus d'objets » et qui exprime plus de sentimens admirables 9 quoique divers. Les paroles de saint Irénée de Sirmium, du saint diacre Euplus , des saints Fauste , Janvier et Martial , et même de saint Sciahduste et de saint Siméon, tous deux évêques de Séleucie, ne surpassent pas 9 , ^n ce genre 9 le discours du curé de Saint-Baudier ( F. ci-devant 9 tom. III9 pag. 4^3 et et 539. — tom. II9 pag. 1089 3609 354»
400 9 41^» ^33 ). On le fusilla le jour même de la sentence $ le 24 thermidor an YI ( la août 1798 ], avec un autre prêtre du diocèse de Metz, le curé de Bellainvillcs nommé Marcelin* Le martyre d'Antoine Nicolns a été le sujet d'un opuscule trës-édifiant 9 publié en 18009 sous ce titre : RéfUxians chrétiennes sur ia vie et (amort d* Antoine Nicoloê, curé ca^ tludique de , etc.9 ftuiHé à Metz^ le, etc.9 a^^ cette épigraphe : Pretiosa in conspectu
IfomifU VMTS sanctarum ejus
(ps. 11 5).
NIÈGRE (Jacques Recameis JOB }) curé de la paroisse de Jonquièresy près Beaucaire9 diocèse d'Arles, et né en 17329 ne pouvoit croire que la haiae de la Foi se porteroit aux mêmes excès de fureur et de rage qu'elle avoit déployés dans les premiers siècles de l'Eglise. Son affection pour ses paroissiens 9 et la contenance de sa province contre la tyrannie de la Convention, en 17939 lui firent illusion sur les dangers qu'il couroit. Cette illusion fut cruellement dissipée vers l'automne de cette année-là même ; et û ne lui étoit plus possible de fuir hors de France. On l'enveloppa bientôt dans la multitude de prêtres et de personnes dé votes que le proconsul Maignet faisoit arrêtery pour servir dç pâture à la féroce commission qu'au mois de mai 1794» il instituoit dans la ville d'Orange. Le curé Niègre y lut donc aipené prisonnier ( F. Oeaugb ); et ce fut le 7 thermidor an II ( aS juillet 1794)» que cette commission l'envoya à l'échafaud, comme «^ineUique et contre - révolutionnaire». Il périt le lendemain 9 à l'âge de 6a ans. ( F. M. A. M.
ROGHIBE. )
NIORT (iV... ), curé de Saint- Laurent 9 près Guéret9 dans le diocèse de Limoges 9 sur lequel il étoit né 9 à Guéret même 9 n€( voulut point trahir sa Foi par le