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regardé comme un des plus respectables soutiens de la cause pour laquelle on l'immoloit; et dans les actes par lesquels il s'acquit un tel sort 9 il n'avoit cessé d'être animé du désir du martyre. Né en 1714^ au Puy-en-Yelay, d'une famille estimée 9 il étoit entré dès sa jeunesse dans la Gompagnie de Jést» y en la maison professe des Jésuites de Toulouse. Il y devint tour à tour professeur des novices9 et deux fois le compagnon de voyage du P. provincial 9 quand celui-ci se transportoit à Rome 9 où le P. Nolhac fut admis 9 comme lui 9 aux audiences particulières du Pape. Parmi les touchans discours qu'il faîsoit aux novices 9 il en est un qu'il importe de connoftre : on le tient de l'un d'eux. « 0 mes enfans I leur.disoîtil fréquemment 9 que je serois heureux si j'avois le bonheur.de verser un jour tout mon sang pour J. -G. I Mais non 9 ajoutoit-il 9 je ne suis pas digne d'unir ainsi mon sacrifice à celui du fils de Dieu immolé sur la croix. Si toutefois l'un de vous 9 ô mes enfans 9 trana* porté dans les pays lointains pour y prêcher r£vangile aux nations barbares , vient à obtenir un jour les honneurs du martyre ; ah 1 quand tout son sang coulera pour la gloire de notre divin maître , qu'il se souvienne du P. Nolhac 9 et qu'il offt« une seule goutte de ce sang9 en expiation 9 ù la justice divine 9 pour le rachat de mes pntprès péchés». Il occupoit encore
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b cbaige de recteur du noviciat à Toulouâe^lors de la suppression des Jésuites. Ud canooicat de Téglise de Saint-Syinphorîen d'Avignon y fut conféré ; et la cure annexée i cette collégiale ayant ensuite laqtié, Noihac fut jugé digne de la remplir. H Faccepta volontiers^ parce que la paroisse étant celle de toute la ville où il y avoit le plus de pauvres 9 sa charité s*y prometloit de plus douces jouissances.
Tous les jours il en visitoit les ma- Udes ; el s'ils étoient indigens , il ne les quittoit pas sans leur lais- ^r quelque» secours temporels. Il Jloit même en distribuer au-delà do limites de son bercail ; et Von if saurait dire combien d*inforiuoés il a trouvé le moyen de sour liger durant le cours de sa vie p45torak. Les âmes charitables 5{i}i avoîeiit quelque fortune^ ajout-^ient de grand cœur aux ressource» que lui foumissoient son écoi'Aoteel sa frugalité. Onnecroyoit piuvoir mieux faire TâumOne f<«*eo chargeant ce bon pasteur de diftrîbiier les sommes que Ton 'nosacroit aux pauvres; et il étoit îfvraa comme Téconome-géoéral k tout ce qu'il y avoit Je persona«s bienfaisantes dans Avignon.
Nia abnégation pour toutes les '^mmodités de la vie lui procu- ' »u d'ailleurs la facilité de trouver lias soD propre revenu beaucoup > mojeos pour assister de son 'Hfpre fonds les indigens. Son -siour pour la pénitence, et les
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privations auxquelles il se condamnoit 9 faisoient qu'il ne dépensoit que bien peu pour sa nourriture et son entretien. On peut juger de la simplicité de ses meu* bies et de son vêtement par la frugalité de sa nourriture. Elle ne consistoit toute Tannée qu'en quelques fruits de la saison, avec un peu de lait ou de riz : il ne mangeoit que très-rarement de la viande. Pendant tout le carême et les jours de jeûne , il se contcntoit 9 pour tout aliment et tonte boisson, d'une très-petite quantité de riz et d'un peu dé lait. Après avoir consacré la journée aux devoirs du ministère pastoral, il employoit la soirée à la prière qu'il conlinuott fort avant dans.la nuit ; et , quoique la prolongation de ce céleste exercice le fît coucher fort tard, il se levoit néanmoins de grand matin pour vaquer encore librementpendant quelque!) heures à l'oraison, avant de reprendre les occupations du saint ministère. Il réunissoit ainsi à toutes les actions, aux pénitences, aux mortifications du plus fervent anachorète , toute l'activité d& pasteur le plus infatigable. Malgré tant de travaux et d'austérités, que Ton ne connoissoit pas encore entièrement, puisqu'À sa mort on trouva sur son corps un douloureux cilice qu'il n'avoit jamais quitté, Nolhac étoit parvenu à l'âge de 77 ans, sans que sa santé eût paru souffrir d'une vie aussi rigoureuse. Elle n'a-'
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voit été qu'un martyre Tolontaire et continu 9 l'expression constante de spn désir de mourir pour J.-C. ; et ce martyre secret, il Tavoit toujours enduré avec un visage serein, qui portoit l'empreinte de la paix de sa conscience, et le caractère d'une amabilité tout-à-fait angélique. Le temps étoit venu où il devoit publiquement consommer, de la manière la plus glorieuse pour Dieu , le sacrifice d'une existence qui lui étoit entièrement dévouée. Le curé Nolhac , dont les révolutionnaires d'Avignon avolent eux - mêmes respecté les vertus jusqu'au 16 octobre 1791, fut enfin saisi par eux et enfermé dans la tour di| château, la veille du jour où les personnes qui étoient déjà captives en grand nombre dévoient y être massacrées. Ce qui décida les assassins à le comprendre dans le massacre , fut le désir de piller un MontHi&' Piété gratuit qu'il tenoit dans sa maison. En se voyant jeté parmi les victimes, le premier mouvement de ce saint prêtre fut de lever les yeux au Ciel, afin de le remercier de ce qu'il sembloit n'avoir été réservé au même sort que pour le salut de plusieurs d'entre elles. Il en étoit qui, coupables de grands crimes , avoient leur conscience dévorée par des remords plus cruels encore que la terreur d'une mort violente; et la plupart étoient des pères et des mères qui serroient pour la dernière fois,
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en des bras défaillans , leurs enfan»
associés à leur sort. Le désespoir assiégeoit tous les cœurs, lorsque parut le vénérable Nolhac. A la vue de cette désolation générale 9 il ouvre la bouche pour parler ; tous se taisent : on l'écoute avec un silence respectueux ; il invite , il exhorte , il supplie , il conjure 9 au nom de J.-C. , tous les compagnons de sa captivité de ne plus songer qu'au salut de leur âme.
« Je viens mourir avec vous , me»
enfans , leur dit-il , nous allons tous ensemble paraître devant Dieu. Que je le remercie de m'avoîr envoyé pour préparer vos âmes à paroitre devant son tribunal ! Allons , mes enfans ; les mo* mens sont précieux : demain, et aujourd'hui , peut- être , nous ne serons plus de ce monde ; allonfi , disposons - nous par une sincère pénitence à être heureux dans l'autre! Que je ne perde pas une seule de vos âmes! Ajoutez à l'espoirque Dieu me recevra moi-même dans son sein , le bonheur de pouvoir vous présenter à lui , comme des enfans qu'il me chnrge de sauver tous , et de rendre tous dignes de sa miséricorde. » A ces mots la plupart se jettent à ses genoux 9 les embrassent , les serrent en versant d'abondantes larmes de repentir. C'est à qui lui fera l'humble aveu de ses fautes. Il les entend tour à tour ; et, certain de leur contrition , il les absout et les embrasse ensui te avec la tendresse du bon pas-
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tfar pour !a brebis perdue quMl a rttrouTéc. L'exemple des uns entraine les autres ; et tous finissent par se rendre aux exhortations paterœ.'iea du saint prêtre. Il les n.coDcilie tous arec le Seigneur ; et déjà cette paix , ce plaisir indicible de la résignation que Dieu protore, quand il ratifie dans les cieux l'absolution donnée par son mi* oistre sur la terre 9 aroient remplacé sur le visage de cette multi« todedeprijonniers les impressions de la frayeur, quand ils entendireal àes assassins les appeler l'un après l'autre à la porte de la tour, où ib étoient assommés, et d*où on lesprécipitoit dans la fosse ouverte pour les engloutir. Pendant cet appelsucœssif, dans lequel n'étoit poiol encore prononcé le nom du respectable Nolbac que la Provi- <^Qce rèservoit pour consolateur à cbcan de ces infortunés , il alloit, veaoit, se portant toujours vers cel^quiétoit appelé, pourTexhor- (cr^aunom de J*-C. expirant sur ^ croix, à lui offrir le sacrifice dt '3 rie comme un complément de 'npiation de ses péchés; ensuite ^ l'embrassoit en lui donnant la ^«oédiclion des mourans; et la 'ictiiDe s^avançoit vers la mort 'Tec confiance , comme si elle ^•^oit Dieu témoin de son sacri- '^^ loi offrir la couronne de la ''lesteiromorUlité. Ces détails ont *^ foamis par plusieurs d*entre '*» prisonniers qui purent échapl'-^rj ce massacre. Quanà le véné-
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rable Nolhac, qui regardoitcomme un bonheur d'être réservé pour la dernière victime , fut enfin appelé, il s'avança d'un air calme et majestueux. Portant ses regards vers le ciel, il imploroit la clémence de Dieu pour les assassins, et sa miséricorde en faveur de la ville où il laissoit le troupeau dont il avoit été le pasteur. Il remercia celui qui lui portoit le premier coup , et pardonnoit aux autres , tandis que, du haut de la tour, il étoit précipité par eux dans la glacière , comme ce S. Géréon et ses nombreux compagnons qui Tavoient été dans un puits , après avoir reçu le coup de la mort , sous la persécution de Maximien (i).
Lorsqu'il fut permis de retirer le^ corps de la fosse , le peuple s'empressa d'y chercher celui de son père. Ses habits de prêtre le firent reconnoitre; il étoit couvert de cinquante blessures , ayant un cru-r cifix appliqué sur la poitrine, et le cilice dont nous avons parlé. Chacun se disputa les morceaux de sa robe : il fallut , pendant huit jours , laisser ses précieux restes exposés au concours et à la vénération du
peuple.
Sans doute le bienheureux Nol-
(i) Coloniœ Jgrippinœ {/estum) , sancti Gereonis Jlfai^prris et sociorwn , quii consutnmato martr'^f "» puteum projecti sunt. { Martyrologium Autissiodorense, 9 octob. — Romanum,
10 oct. yoy, MémoiiHîs de Tillcmont ,
tom. V, pag. »36 )..
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hac eut plus de droit ù la gloire pendue ù Fautcl. L*ardcur de Nodu martyre 9 que ceux qui l*t»btin- nan, dans les saints exercices de rent en mourant au service des la Chartreuse , le fit élever aux pestiférés; et l'on ne peutqu'ap- ordres sacrés; et, devenu prêtre , plaudir aux fidèles d*Avignon qui il se distingua par tant de sagesse le regardent comme un vrai Mar- et de vertu, que ses confrères l'étyr, et Tin voquent en particulier, levèrent à la charge de prieur, en attendant avec impatience le Privé de son cloître, dans la suite, jour où il leur sera permis de rho- par les réformes anti-religieuses norer et de l'invoquer solennelle- de la révolution , il conserva ment. dans le monde l'esprit et la fer- NONAN ( Fblix-Pierre ) , prè- veur de la vie monastique. Lors de tre , et religieux de l'ordre de Saint- la loi de déportation rendue contre Bruno , étoit né d'une famille les prêtres catholiques , il étoit noble de Nogent-le-Rotrou , dans dispensé par son âge de sortir le diocèse de Chartres, en 1725. de France. Quand on en vint à Ses parens le firent entrer dans ne pou voir plus sou£frir l'existence le service militaire; et, devenu même des ministres de Jésuslieutenant-colonel de carabiniers , Christ, vers la fin de 1 793^ et qu'on U mérita et obtint la croix de l'Or- les recherchoit avec tant d'avidité dre royal et militaire de Saint- jusque dans leurs retraites les plus Louis. Les préjuges du point d'hon- obscures, dom Nonan fut arrêté neur, si tyranniques parmi ceux etjeté dans les prisons du Lua^niqui exercent la profession des bourg , pour servir de pâture au armes » l'engagèrent dans un com- féroce tribunal révolutionnaire. bat particulier, où il fut blessé Mais il n'étoit aucune des époudangereusement. Sa santé en de- vantables lois de la persécution vint languissante; et les médc- qu'il pût lui appliquer directement cins ne crurent pas devoir lui pour le faire périr; et, en attendissimuler que , suivant leur opi- dant qu'on eût trou vé quelque prénion sur les suites de sa blessure, texte pour l'envoyer a l'échafaud, il ne lui restoit de vie que pour on le laissoit dans cette captivité, deux ans aoplus. A cette ânnonco, Un écrit du temps [Tableau des vivement touché par la grâce, il ré- prisons)^ dit : «rCet homme dont la solutd. les consacrer entièrement seule vue inspiroit une vénération au service du Seigneur, et s'en- profonde , y mçnoit la vie d'un ferma dans la Chartreuse de Paris, Chartreux. Dans le petit réduit où donnant sa croix de Saint-Louis à il s'étoit confiné ,il faiâoit en quella chapelle de Lorette du village que sorte une retraite perpétuelle , d'Yssy près Paris, où ellc: fut sus- toujours* occupé de prières, de
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lectures ou de méditations. Ceux imposture de cette accusation que
despmoDniersquipouToieDtaroir d*y comprendre aussi le ion et
ârec lui une conversation de quel- vénéraétô dom Nonan. II n'en fut
im instans, et qui savoient en pas moins condamné avec ptusieur^t
rooQoitre tout le prix, s'estimoient autres y tout aussi innocens que lui 9
heureux; et il étolt difficile, en se comme complice de cette conspi*-
rtdrant d'auprès de lui , de ne pas ration, le ai messidor an II (9
se sentir meilleur que lorsqu'on juillet 1^94); mais bien plusréel*
s'en étoit rapproché. Il y en eut lement parce qu'il étoit ministre de
beaacoop qui , d'après ses avis sa- J.-C, et un modèle de sainteté,
lattires, se liTrèrent à un sérieux On )e décapita le même jour, avec
nameo de leur conscience , y ré- les chanoines J. P.'Radix , J. F.
tiblireot la paix, et furent assidus Didier, le curé F. Bellcuil, un
â hin chaque jour des exercices autre prêtre A. Huard,et un pieux
^ piété, des actes de pénitence , laïc , S. J. Masse.
ik d*ètre prêts à paroître au tri- NONJAN ( Pibbie * Joseph ) 9
baoal do souverain juge ». Dom prêtre, et chantre de l'église pa-
Nonan fut séparé d'eux le 8 juil- roîssiale de Saint -Géry, dans la
^H;9i|pour être transféré dans ville d'Arras, en 1789, y étoit né
^ prison de la Conciergerie 9 en 1745. Il resta ferme dansr sa
^BÎ étoit plus particulièrement Foi 9 lors de l'établissement de
(ctle du tribunal révolution^ h constitution civile du ctergé9
Mirv ; c'étoit le conduire à la en 1791; et, pour continuer
^rt Lorsque ses compagnons de d'être utile aux catholiques, il ne
captivité le virent emmener, plu- se laissa point pousser hors de
Hfurssedisoienttoutbasàroreille: France par l'effrayante loi du
'Eblqu'a donc f^it ce bon^ ce a6 août 179a* Les réyolution-
^éoérabledom Nonan?» Onauroit naires de la ville l'arrêtèrent, et
p<i répondre : « Il n*a fait que du le jetèrent dans leurs prisons, en
l't^o ; il sert Dieu , et porte les 1 79? , pour enchaîner son zèle
«Qtresà le servir»; ou plutôt i« Il (f. Aéras). Mais, dans sa cap-
'<t ministre de l'Eglise catholique; tivîté, il trouva des occasions de
'^ poor cela, il doit mourir 9. Texercer, et en profita. Il y rendît
0*)i croiroit que les juges imagi- secrètement les plus grands ser-
screot, pour le condamner, de le rices, en ce qui dépendoit de son
*<ipposer complice d'une conspi- ministère. Dieu permit qu'il pût,
ntioQ prétendue des prisonniers chaque nuit , donner divers se-
^luœeméourg, lenémt à assaS' cours spirituels à ceux de ses
*:D(r les membres de la Conven- malheureux compagnons qui de-
^••>n ? Eien ne démontroit mieux TOient être appelés le lendemaiii
iSa NOT
au tribunal rivoiutwîinaitt : en quoi il étoit souvent secondé par ]*éTêque de Sentis, M. de Roquelaure^ alors détenu dans la mê^e prison. Enfin , le tour de Pierre- Joseph Nonjan arriva. Le proconsul l^ Lebon le fit envoyer ù la guillotine par son tribunal révolutionnaire, le 1" messidor an II ( 19 juin i;"94); et ce digne ministre de TEglise catholique périt pour la cause du sacerdoce, à l'âge de 49 an»- ( ^» P- J« Mow-
TÀGIfE, et J. F. PlYEN.)
NORMAND (BéNiGVE), curé dans le diocèse de Langres, et probablement à Colombey-le- Sec, près Bar -sur- Aube, où il résidoit secrètement en 1793, n*avoit point obéi, quoique insermenté, à l'inique loi de la déportation. Il ne tarda pas à être découvert : on Tarrêta ; et on le conduisit dans les prisons de Chaumont. C*étoit en cette ville que siégeoit le tribunal criminel du département de la Haute-Marne; et ce trii^unal , par une sentence du 27 frimaire an II ( 1 7 décembre 1 795), le condamna à la peine de mort, comme o prêtre réfraclaire » .
Le lendemain , il fut décapité.
NORMAND ( Marie ), veuve.
( V. M" Godard. )
NOTIN (iV... ), prêtre, chanoine de Montfaucon, dans le diocèse de Reims, et, depuis la révolution , sur le département de la Meuse, resta dans Montfaucon après la dispersion de son cha-