ORA
de 57 ans. Son corps fut inhumé dans l'île à'Aix. ( V. B. Omoh-
VILLE y et J. PAIGifOir. )
ORAIN (iV...), sous-diacre du diocèse de Nantes, né à Cambon , près de Pontchâteauen Bretagne, avoit été empêché par le trouble que la révolution venoit de porter dans le sanctuaire , de s'avancer vers l'ordre de la prêtrise. Il étoit resté paisible à Cambon pendant les malheurs de l'Eglise, s'occupant des vertus ainsi que des études que le sacerdoce exige, et ranimant sa Foi en proportion des atteintes portées à la religion. Lorsque, vers la fin de 1793 , l'armée catholique et royale eu t été défaite , au Mans ( V. Yemdbb), et que les farouches vainqueurs se livroient aux plus grandes fureij^rs contre les persQunes vouées à la piété, le sous- diacre Orain leur fut indiqué , et ils vinrent le saisir. En môme temps ils prirent un prêtre non loin de là ( ^. JuDic ) , et les conduisirent tous deux à Savenay pour être condamnés par la commis-^ sion militaire yqu\ sacrifioit tant de fidèles à son4)arbare athéisme.
Ces deux captifs de J.-C. furent accablés d'outrages et de mauvais traitement sur toute la route. A peine arrivés à Savenay , ils se virent traduits devant la commission. Un des juges commença par leur dire : « Qui êtes-vous ?» Us se contentèrent de répondre :
o Nous sommes les disciples de celui que vous persécutez. » —r
OBA
M £h bien ! reprit l'interrogateur , avec une ironique impiété 9 puisque TOUS appartenez à Jésus^vous ne devez avoir aucune inquiétude sur votre sort, parce qu'il a des milliers d'anges à ses ordres ; de* mandez-lui qu'il en envoie quelques uns pour vous sauver. » — Les deux confesseurs répondirent :
R Oui , sans doute il le peut ; mais il n'est écrit nulle part qu'il y soit obligé. Nous sommes satisfaits de pouvoir souffrir pour lui ; et nous ne lui demandons autre ebose que de soutenir notre courage et de vous ramener à lui.
Vous allez nous envoyer à la mort; nous ne la craignons point ; vous BOUS jugez, mais Dieu vous jugera un jour » ( ^. ci - devant , pag. 170). Comme Orain étoit jeune , d'un grande taille , d'une belle stature et d'une agréable physionomie 9 les militaires qui composoient la commission lui proposèrent de le sauver, s'il vouloit entrer dans l'armée républicaine.
Il refusa constamment, en disant :
« Mon cœur est demeuré fidèle , et mes mains sont restées pures ; j'aime mieux mourir que de me départir de cette fidélité et de cette exemption de souillure» [V, cidevant, tom. II, pag. 53). Orain fut, en conséquence, condamné à être fusillé ; et le prétexte de cette sentence fut qu'il étoit « un brigand de la Vendée » . Quand il marcha au supplice avec le vénérable prêtre qui Àvoit été con-