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damné comme lui , il chantoit avec lui le psaume Miserere , auquel succéda le Lihera me 9 Domine.
Les insultes qu'on leur prodiguoit pendant cette marche , ne pou- Toient affliger leur âme ni l'ébranler. Lorsqu'ils furent arrivés au lieu où ils dévoient périr, Orain demanda au prêtre l'absolution : celui-ci la lui donna; il la reçut avec les sentimens de la Foi la plus vive ; et le plomb mortel ne tarda pas à les abattre l'un et l'autre. On assure que les soldats qui les avoient fusillés étoient si vivement touchés du courage surnaturel et de la piété céleste avec lesquels ils avoient sacrifié leur vie pour la religion , qu'ils s'en revenoient avec la grâce du repentir dans le cœur; et qu'un de leurs officiers disoit : « Tout cela est à merveille pour la cause de la république ; mais cependant. . .
s'il y a un Dieu...! » Ce double meurtre se commit dans le mois de janvier 1 794* Les deux Martyrs furent enterrés près du Calvaire de Savenay , où l'a voient été les Vendéens tués à la déroute qu'ils avoient éprouvée non loin de là ; mais depuis 1814 , tous les ossemens gisans dans cet endroit ont été transportés dans le cimetière de Savenay.
ORÈVE (Pierre- Julien), prêtre du diocèse de Rennes , étoit resté dans la paroisse de Bédé, près Monfort-sur-Meu, quoique nonassermenté, et sujets comme tel, à
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la déportation. Le zèle pour la Foi et le salut des âmes l'y ayoît retenu. On le saisit dans l'été de > 794 9 ^t îl ^ut conduit dans les prisons de Rennes. Le tribunal criminel du département d^Iiie et VHlainCf qui siégeoit en cette Tille 9 porta contre lui une sentence de mort, le 3o prairial an II ( i8 juin 1794)9 pour le seul motif qu'il étoit, auxyeuz des juges , «un prêtre réfractaire 9 . Il fut exécuté dans les yingt-quatre heures.
ORPËLIERE (Chàbles), prôtre du diocèse de Saint- Flour 9 desser* Toit comme yicaire la paroisse de Saint-Amadln, près i\lurat. 11 étoit né à Condât dans la même province. Content du bien qu'il faisoit en ce poste modeste , il ne regrettoit point, dans un âge déjàayancé^ de n'avoir pas obtenu la charge de curé ; etil ne s'en montra pas moins un digne ministre de l'Eglise catholique, lors des innovations schismatiques de 1791- Resté près des Gdèles de Saint-Amadin , malgré la loi de déportation , il leur fut enlevé par les persécuteurs en 1 7^3 , et traîné , au printemps de 1 794» à Bordeaux , pour être de là déporté à la Guiane(f^. Bordeaux).
On renferma dans le petit séminaire de cAte ville , transformé en prison ; et là il attendît l'heure de l'embarquement. Quand l'époque du 9 thermidor ( 27 juillet 1794) donna lieu à tant de trompeuses exclamations de délivrance , le vicaire Orpelière put croire que Tcm-
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barquement n'auroit pas lieu. Il s'effectua cependant à> la fin de l'automne; mais déjà le vicaire Orpelière avoit succombé sous le poids de ses souffrances. Porté mourant à l'hôpital de Saint-André, il y ayoît expiré le 10 brumaire an III (3i octobre 1794)9 à l'âge de 56 ans. {V.Jv Monuc, et N. Pallies. )
OUD AILLE (Feançois-Augvs- TUf), jeune prêtre, néàToussues, hameau de Yiliiers-Saint-Barthélemi, dans le diocèse de Beauv aïs, en 1 759, se laissa séduire par la cons»
titution civile du cierge^ en fit le serment^ et par ce moyen devint curé de la ville de Luzarches , dans le diocèse de Paris. Restant néanmoins sincèrement attaché à la religion et aux fonctions de son ministère, il continua de les remplir, même pendant l'année 1793, lorsque les réformateurs avançoient avec tant de fureur dans leur projet d'anéantir toute religion qui se rattachât à l'Evangile. Depuis quelque temps, détrompé de ses erreurs , et ne se dissimulant plus le dessein des révolutionnaires, il avoit notoirement rétracté son serment ; et , avec l'autorisation du légitime archevêque de Paris, il restoit dans la cure de Luzarches pour conserver l'amour et la pratique de la religion parmi les habitans. Quand l'athéisme fut proclamé par la Convention, en novembre 1 795, Oudaille , déjà dénoncé, se vit en-
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leyer de Luzarches 9 et traduire devant le tribunal révolution^ noire de Paria. Il y comparut comme accusé, le 99 frimaire an 11(19 décembre 1793). Fouquier- Thinville soutint en ces termes Taccusation portée contre lui : « Oudaille , dit-il » a prouvé qu'en prêtant le serment dit constitutionnel, il n'étoit qu'un parjure. Ses discours 9 ses correspondances et ses actions attestent que ses sentimens sont loin du serment que ses lèvres ont prononcé. Dans le moment le plus important de la révolution , Oudaille s'élevoit publiquement contre les principes les plus sacrés des droits du peuple ; il disoit publiquement que jamais il ne reconnoîtroit Tévêque constitutionnel 9 fi'én connoissant d'autres que ceux établis par le soi-disant Pape; que l'Etat ne pou voit exister sans un Dieu et sans un Roi. — Pour maintenir les citoyens dans les préjugés du fanatisme et de la superstition j il a fait, au mois d'avril, une procession où l'on portoit des prétendues reliques des prétendus Côme et Damien , de la paroisse de Luzarches à celle du Ménîl-Aubry , en vue d'obtenir de la pluie ; et , afin d'entretenir le .
peuple dans le respect ridicule pour l'habit ecclésiastique, il a£fectoit de porter à toute heure et en tout lieu l'habit de son état , la soutane. Plusieurs lettres trouvées dans ses papiers « et à lui adressées, démontrent que ses principes
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sont conformes à ceux des prêtres réfractaires : un citoyen ayant voulu convoler en secondes noces , au mois de mars 1 792 , Oudaille lui a déclaré que , pour se marier en carême , il lui faudroit des dispenses ; que s'il en obtenoit de l'évêque (constitutionnel) deSeine et Oise jii ne pourroit pas le marier , attendu qu'elles viendroient d'un intrus ; mais que s'il vouloit être marié par lui Oudaille , curé de Luzarches, il lui feroit avoir des dispenses de l'agent du ci-devant archevêque de Paris. Un autre citoyen ayant voulu convoler, après le divorce de la citoyenne qu'il vouloit épouser, Oudaille leur déclara qu'il ne pou voit consacrer leur union par son ministère sans le profaner , en violant les règles les plus sacrées». Le jugement qui intervint sur ces accusations ne condamna cependant le curé Oudaille qu'A être déporté à la Guiane.
Il fut relégué dans la prison de Bicêtre, jusqu'à ce qu'il y eût dans les ports maritimes quelque navire préparé pour la déportation. On l'y oublia ; et son séjour dans les cabanons de Bicêtre se prolongea jusqu'au commencementde 1796, où les persécuteurs, ayant mo* mentanément adopté un système politique de tolérance , mirent Oudaille en liberté. Il revint à Luzarcheâ : là, non conteht d'avoir bien antérieurement abjuré les erreurs de la constitution dviie du ctergéf il signa, en 1797^ une dé-
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daratlon dd même genre dont fut accompagnée la réponse du curé Cardine à TéTêque constitutionnel de Versailles ( V. Gabdikb }. Par cette déclaration qu'ils firent imprimer et publier dans plusieurs journauxyOudaille approuToit tout le contenu de la lettre du curé Cardine , et se félicîtoit en même temps de l'occasion que cet étêque constitutionnel lui avoit fourme •de rendre publique sa rétraotation du serment , qui étoit déposée depuis plusieurs années entre les mains des supérieure légitimes » .
Ces généreuses confessions de Foi attirèrent sur Oudallle ainsi que sur Cardine les premiers coups de la persécution , bientôt renouvelée au 1 8 fructidor (4 septembre 1 797).
Il fut recherché ; et on l'arrêta dans Parifi oà il s'étolt réfugié. Conformément au premier jugement 9 comme encore à la loi du 19 fructidor ( 5 septembre 1797 } 9 il fut enrojé à Rochefort pour en être déporté à la Guiane ( V. Guiàhe).
On l'embarqua, fe 1 a mars 17989 sur la frégate la Charente; puis»
le a5 du mois suivant 9 sur la frégate ia Décade qui le jeta dans le port de Cayenne vers le milieu de juin. Il en fut relégué dans le désert de Konanama , d'où il passa avec son confrère Cardine au canton de Korou , avec l'intention d'y pourvoir à leurs besoins par une sorte de commerce. Les fléaux du climat les y poursivirent : Cardine !»uccomba le premier ; et Oudaille,
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regrettant de survivre à cet ami 9 fit bientôt une mort semblable à la sienne. Il expira en novembre suivant , la même année 1798 9 à l'âge de 59 ans.. Dans leurs innocentes plaisanteries 9 les déportés aimoient à l'appeler le grand prêtre, parce que sa taille étoit de six pieds un pouce ; mais s'il iroprimoit quelque respect par la majesté de sa stature, il inspiroit encore plus d'attachement et d'estime par la bonté de son coeur et par ses vertus sacerdotales. ( F* J. F.
NvssB, et P. Pbtras. }
OVIEFVE ( JosKFH - Louis ) , prêtre de la communauté de Saint- Nicolas-du-Chardonnet, à Paris , avoit atteint l'Ûge de 44 &os dans l'exercice des fonctions du ministère sacerdotal. Ses confrères le virent aussi constant que les autres dans sa Foi, lors de l'épreuve à laquelle ils furent mis en 1791 par la constitution civile du clergé. 11 fut compris, pour cette raison, dans la proscription de tous les prêtres qui n'avoient pas voulu adhérer à cette œuvre d'iniquité, quand le 10 août 179a les eut livrés -k la rage des impies. Oviefvc se vit arrêté le 1 3 de ce mois avec son supérieur et huit de ses confrères ( V. Andrievx). Ënfenné comme eux dans le séminaire de SaifU'Firminoù il se trouva avec un grand nombre d'autres prêtres vénérables par leur fige autant que par leurs vertus , il ne fut pas des derniers à manifester, autant que
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les plus fervens d'entre eux, sa résolution irré?ocablede mourir plutôt que de manquera sa croyance.
Il prouva le 3 septembre > à rapproche des assassins 9 quUl aimait mieux sacrifier sa vie pour J.^G.) que de roffenser par un serment funeste à son Eglise ( V. Septembre). Son âge étoit de 44 ^^^' ^ Faspect d'un tel massacre y nos anciens dans la Foi se si roient écriés, comme l'historien sacré du martyre de plusieurs chrétiens de la Perse ^ en 3419 que TEglise honore
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le 32 avril : tt Qu'elle fut belle Theure où ils se virent immolés !
et quelle illustre fête ce fut alors pour eux! puisque, plongés dans un second baptême, ils furent recréés de manière à ne plus craindre de tachesàl'avenir. Heure fortunée où ces prêtres lavèrent dans leur propre sang tout ce que leur âme pouvoitavoir encore de souillures; où ils se trouvèrent purifiésau point de n'avoir pas besoin à l'avenij: du remède de la pénitence ni du bain des larmes (i}l»
PACOT (Louis), prêtre et religieux Dominicain de Mariembourgen Hainaut, dans le diocèse de Liège, sur lequel il étoit né , en 1760, à Couvin (compris, depuis la révolution , dans le département des Ardennts), se vit traité de fanatique, à raison de son invincible attachement à ses devoirs de religieux et de prêtre catholique. Comme tel , il fut arrêté et envoyé au tribunal révO' lutionnairc de Paris , qui , dans sa séance du 29 floréal an II (18 mai 1794)9 le condamna à la peine de mort, avec sept autres individus «iccusés diversement {V, J. B. Blàvquet), « pour avoir, comme eux, conspiré contre le peuple français, en entretenant des correspondances ti intelligences avec les ennemis intérieurs
et extérieurs de la république ^ etc. » Mais ses droits au titre de Martyr, que la sentence s'abstient de développer , ne pouvoient être mieux établis qu'ils ne le sont par l'acte d'accusation qui la dicta.
Fouquier-Thinville venoit de l'accuser en ces termes fidèlement copiés : « Louis Pacot , ex - religieux ; disoit-il, porte avec lui
tous les caractères de la révolte ■ < ■
( 1 ) O prœclaram horam , quam magnum, celebvrrimumque fistum ex" cepil! In ed quippe secundo haptismaU tincli, sunt rea*eaii^ ne peccaU lubem
in posterwn tùnerent. O horam in
qud sardes suas prdpriis aquis sacer^ dotes expiirunt, ut nui/o pnttereà pœ^ nitenliœ remédia , nu/lo lacrjrmarum lavacro in posierum indiga^nt, ( Adsemaii : Pars I*, pag. 4^ • Certtunen plurimontm Martjrrum et jizadis Hegis Eumtchi.)
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eoTera l'autorité UgUimc. Ex* moine réfractaire , ayant cherché 9 dans de prétendus sermons , à couvrir du Yoile du langage de la religion 9 les diatribes et les sarcasmes les plus indécens c<»ntre la république : ses déclamations j encore plus ridicules que séditieuses y n'auroient inspiré que le plus profond mépris ^ s'il ne s'étqit déclaré 9 par des actes absolument contre-révolutionnaires , l'ennemi du gouyernemeot français 9 depuis 1790. Sa rébellion formelle résulte 9 1* du refus qu'il a fait de prêter aucun serment prescrit à tous les citoyen» français 9 suivant les fonctions qu'ils pou voient exercer dans la société ; 3* de ce qu'il a afifecté de rester, malgré la dispersion des ci - devant corps religieux 9 sous ce qu'il appeloit Vabédience d'un supérieur étranger 9 ainsi que le fait est établi par trots lettres du nommé Bribois, TÎcaire-général de l'évêque de Liège 9 des a5 mai 9 i5 juillet 9 et a6 août 179a. Ces lettres 9 et les aveux de Pacot9 établissent encore qu'il avoit9 au mépri:» des lois françaises 9 reconnu pour évêque le ffréiendu prince -évêque de Liège 9 cet infâme ennemi de la France et de la liberté des peuples ; et qu'il avoit reçu des pouvoirs de lui pour exercer , sur le territoire français 9 les fonctions sacerdotaks. Un pareil individu qui ose se soumettre à une puissance étrangère 9 pour exercer > dans un £tat