PIS
▼ille de Ségré, dans le diocèse d^Angers, étoît un des prêtres seiagénaires que Ton avoil enfermés dans une maison de réclusion A Angers, parce qu'ils n'avoient
bloit favoriser l'esprit très -révolutionnaire de la garde nationale. On s'explique difficilement la conduite de ce jeune citoyen de Meaux, nomoié Prieur, officier de cette garde, qui d'abord, dans la salle des déHbéraiions du conseil - général » pletne d*boi&mes ivres et furieux , et entourée de gens armés de piques, de sabres et de fusils, s'écria : « Camarades, sommes -nous donc des assassins ?
Que le premier d'entre vous qui ne rentrent pas dans le devoir , sorte dé cette enceinte , et vienne ae mesurer avec moi! » Le procureur-syndic le pria d'aller jusqu'aux portes des prisons haranguer le peuple de la môme manière, pour le calmer; et il i*evint à sept heures du soir, le regard enflammé , diaant an consul* général : « J'ai rempli ma misskni ; je connois la dii^sition des esprits ; le peuple est forcené ; il veut la mort de ses ennemis ; sa volonté est une loi ; voes n'êtes que ses magistsats.; vous avez fait votre devoir ; une plus longae ^sîstaHee seroit an crime, m Aussitôt des cris d« fureur sç font entendre , les piqttes et les «abrc;^ tfe croisent ; enfin le massacre s^exé-
cale Il ne manque à cette justHi-
cation de la municipalité, pmjrqy'eMe soxt pleinement satisfaisante « que la pieu^ de la nécessité oh elle auroît été précédemment d'emprisonner cea stx ou atept ^tresy lors^iMie devi)it leur donner des paaseposts pour leur déportatibn hors de traite -i voyage qui leur aurait encore mieux convenu qn« celui (le Melun. Les municipaux
PAS
pas rodlu prêtei* le serment de la eansHiuiian eivUe du eUrgé, cl que leur fige ou leurs infinnitée les JMptnsoH de s'exiler euxmêmes) comme le Touloit la loi
d« Meinx tirent gmod avantage pour leur apologie de ce que leur ville est, de toutes celles que souillèrent de pareils massacres , à la même époque, la seule où il ait été fait justice Aeê coupables. En effet , le tribunal crimiDcl siégeant à Melnn , envoya à réchaland pour ces crimes, Denis Petit , fréter ; François Lombard , tUsGnand\ Pierre Robert, cordonnier, ci Pierre Lemaire , manouvrier. Leurs complices , Adrien Leredde , maçon , fat condamné à vingt années de fers ; H les prisonniers de Bicétre , où il attendoit waà départ, ayant horreur d'habiter avec lui, l'assassinèrent; Goulu t, boucher ^ resté en prison àf Melun , y mourut ; mais Nicolas Hannoyer , manoutnier, ToureUire , limomadier , Boudiet , garçon menui-' stfr 9 Lebreton , idem , et Laplace , plâtrier, échappèrent à la punition.
Mais les deux commissaires de U Commune de Paris, qui étoient leurs provocateurs , savoir , Cousin et La* croiz , avec Honsin leur associé , et commandant de Tannée révolntâonnaire , ne furent pas même recherchés ri punis , à moins qu'on ne regaide comme une juste punition des fotrfaits de ces deux dernien en cette rencontre , la mort que Roberspierre leur fit subir, sur Téchafaud de Paris , les. 4 ^ *^ germinal an II ( a4 nans, el 5 avril i7g4)* *i<^ V^^ Fabre d'Eglantine , qui le premier, dans le conseil tenu chex Danton ( y. notre
*9B* 1"» p*€* 1^)» «voit ouvert Favis d'un massacre général des détenus.
PAS 199
du aôaoût 179a. Quoique» sut- Tant les disposittODS de cette loi 9 ils ne dussent pas courir |^ risque d*une autre peine 9 ils furent réunis aux prêtres df la Nièvre , lorsque ceux-ci, treiiié# à Nantes y passoient par Angers* JSinbarqué, avec quatorae att|re9 Angevins 9 en fi>ème temps que les soixanteun prdjtres de Nerer^, le 1 3 mars >7949 lo eiuife Pa#qitier partagea les maux qu'on leur fit siibir dans le trajet, et les supporta avec autant de résignation qu'eux ( F.
NxvBBsetNjiiiTBs]. I^ fond de cale de la galiote hollandaise du port de Nantes , dans lequel il fut enfermé avec eux , devint une épreuve plus terrible pour sa santé y sans Tétre daviantage pour sa Fol. La fiuuaiy le froîd, l'humidité 9 l'air peatîlentid auquel on étoit en proie dans ce cachot, achevèrent de ruiner les forces de oe pasteur; et 11 succomba vers le commencement d'avril 1794* On a cru qu'il aTOÎt péri dans l'un des bateaux à soupape do cruel Carrier ; mais nous savons , par des prêtres de la NUvrp revenus de la même déportation, <et qui t'ont vu expira, nous «avons, à n'en pouvoir douter, ^u'il est mort de la inaniène dont nous l'avons dit, et avec tous les seatimeas d'un coatesaeurde J.€. ,aatisfaitde sacrifier sa vie pour coBserver sa Fol.
{F, PiaicoT, de<vrammont; et Paviot, de Saint-Saulges. ) PASQUIER (M AtHnan), prêtre
"soe
PAS
de la paroisse de Sainte-Gemme , près Ségré, dans lé diocèse d'Angers. pouToit croire^ à raison de ce qu'il n'a voit point été fonctionnaire public 9 que, tout insermenté qu'il étoit, il ne seroit pas atteint par les rigueurs de la loi de déportation. Mais il avoit un inyîolable attachement pour son état et pour la religion catholique. On le dénonça ; il fut emprisonné et conduit au tribunal criminel du département de Mayenne- et ^ Loire , siégeant à Angers. Ce tribunal porta contre lui une sentence de mort 9 le 22 messidor an II (10 juillet 1794)9 en le qualifiant de « prêtre réfractaire » ; et il fut décapité dans les TÎngtquutre heures.
P ASSAL (Margoeeitb), humble et pauvre fille 9 domestique dans la paroisse de Quistinic 9 près d'Hennebon9 dans le diocèse de Vannes 9 contribua , par principe de Foi bien plus encore que par humanité 9 à loger et cacher, en 17959 un de ces prêtres catholiques dont la tête étoit mise à prix par les persécuteurs. Lorsqu'ils Teurent découvert en son asile 9 et qu'ils surent la part héroïque de Marguerite Passai à cette bonne œuvre9 ils l'arrêtèrent et la traînèrent dans les prisons de Lorient, pour qu'elle fût jugée suivant Tatroce rigueur des lois d'alors. Là, siégeoit le tribunal criminel du département du Morbihan: il la condamna, le 3/|
PAS
tentose an II ( 14 mars 1794)9 *'* la peine de mort, comme «receleuse de prêtres réfractaires » ; et , le lendemnin, elle fut décapitée.
(r. j* Aux. )
PASTOURELLE (Pibrre-Hip- POLTTE ) 9 curé de la paroisse de Saint - Hilaire en Anjou 9 près Saumur , diocèse d'Angers , se laissa d'abord séduire par les erreurs de la eonsHtution dviU du cierge, et en prêta le serment.
Il fit même encore celui de /tbertér^aiitê; mais bientôt il les rétracta, et rentra dans le sein de l'Eglise catholique. Mis dès lors au rang honorable et périlleux des prêtres insermentés , il n'en resta pas moins dans sa paroisse , malgré la loi de déportation ; et , l'armée calhoiiqfic et royate {V» YsNDiB) entrant dans le canton où il étoit, rendit hommage à son glorieux repentir, dont il donnoitde nouveaux témoignages dans la chaire de vérité. Toutes ces choses devenoient contre lui autant de délits irrémissibles aux yeux des persécuteurs. Il fut saisi par eux 9 et envoyé au tribunal révolutionnaire de Paris 9 qui 9 le trouvant désormais inébranlable dans sa Foi 9 porta contre lui une sentence de mort, le a brumaire an II ( a5 octobre 1793).
Cette sentence 9 qui fut exécutée le même jour, étoit conçue en ôes termes : « Le tribunal , d'après la déclaration du jury {V. tom. I> , pag. 353)9 portant, l'quHl est cons-
PAT
tant qa'eD Iti commune de Saiot- Hilaire, dans le courant du mois de juin dernier , il a été pratiqué des intelligences et manceuvres tendant à favoriser les progrès des Kbelles alors occupant Saumuk*) notamment en réiracicmt les sermens prescrits par les lois , en publiant dans l'église une proclamation du chef des brigands} a* que .Pierre -Hippolyte Pastourelle ) âgé de 4^ ans y curé de Saint - Hilaire , est convaincu d^être Tauteur de ces intelligences et maniBuvres; 3* qu'il Ta fait avec des intentions contre- révolutionnoires : faisant droit sur les conclusions del'aceusateur public, condaome ledit Pastourelle à la peine de mott, conformément à Vartlcle 4 ^^ ^^ section I'"* du titre 1" de la II* partie du code pénal 9> dent il a été donné lecture ; déclare ses liiens acquis et confisqpiés (yi profit de la république; çrdonne que le présent jugement sera exécuté sur ia place de la RévûtMùnky idiprimé, et affiché dane toute l'étendue de la républiques . {F. ci-dev^t» tom. 1'% pag. ai^. )
PATÊNAILI^ (Jbah-Phhçois), <ftiré de la paroisse d'Arlaj, près Lons-le-Saulniec, au diocèse de Besançon, sur lequel il étoit né, à Echenoz-la-^Meline « près Vesouf, en l'j^o, avoit tnont^ dès sa première jeiùiésse une vocation décidée pour les travaux (Ju saint ministère. Dans
PAT
at>i
les paroisses mêmes où il ne fat que vicaire, on ne se le rappelle qu'avec une grande vénération* Son industrieuse charité , en con<^ vertissant des pécheurs , égaloit Ift ferveur de la piété qui animoit toute sa conduite. Le refus qu'il fit du serment schismatique, en 179], entraîna son renvoi de la cure d'Arlay; et comme ilredoubloit d'efforts pour la conservation de la Foi catholique, il fut continuellement persécuté. Lors de la loi de déportation , il se vit obligé de sortir de France. Occupé d'actions pieuses dans son exil, il tournoit sans cesse les regarda vers ses paroissiens qu'il désiroit de consoler et de sanctifier. 11 crut enfin qu'il pouvoit retouiner au milieu d'eux après ce fameux Neuf thermidor (2 7 juillet 1 794) , où la faction qui avoit renversé- Roberspierre lui imputoit ses pro* près crimes, et promettoit justice à la France. La catastrophe du 18 fructidor (4 septembre 1797) fournit à cette faction le moyen de recommencer la persécution d'une maniè];:e ouverte ; et Patenaille étoit revenu vers son troupeau.
Ne voulant plus s'en séparer, il ne profita point de la facilité qu'il avoit de sortir de France, et alla chercher quelque sûreté dans les boîs^de même que plusieurs autres prêtres de Besançon, et notami#ent celui dont noiis avons déjà p4rlé à la page 433 de notre troi-^ sième volume. Il s^ fhisoit aussi
PAT
une habitatioQ d'une cabane abandonnée dans les« rochers 9 sur la côte d'Ornans» près du Puits de la Brèn^e, et dont il masquoit l'entrée par des branches d'arbres»
de telle sorte qu'il étoit là comme en ce sépuljBre où» dans la persécution Vandalique , le chrétien Félix cacha le corps du vénérable Armogaste (i). De pieux chrétiens portoient au curé Pate-< naille quelques alimens simples en cet endroit, et Vj Tenoîent chercher pendant la nuit pour le conduire dana lest 'maisons où quelque malade réclamoit les sacremens de r£g[Iise« La fréquence de leurs démarches vers ce lieu solitaire» fixa l'attention des agens de la persécution; ils vinrent bientôt y saisir ce bon prêtre en octobre, et le conduisirent aux prisons de Besançon» d'où» en novembre» il lut transféré en celles de Lons-le-Saulnîer» puis ramené, le- 7 décembre, à Besançon.
Tous les prisoimiers reconnurent en lui les vertus d'un Saint» et la plus parfaite disposition au mar-* tjre ( F, C. F. GàLMicHg, et J.
Jagqvinot ). Le 9 de ce mois , il j|^mparut devant une commission miliiaire qui, après l'aycir interrogé » le renvoya dans les fers ;
et son greOier vint lui notifier I4
« I ■ ■ ■ ■ Il I I iiT
( I ) Suh arbore tepukrum : cui cùm inUxtœ radiées et soUdùas anda teÛttr ris moramjacereat.., , tûndeài ahsdssîs radicikus , tçjisp&û sarcùfagiim, (fi.
Vie». De PersetK Fan^. L.X)
PAT
sentence qu'elle avoît prononcée.
Il étoit condamné k être fusillé , comme « émigré-rentré » . Quelques instans avant qu'il ea eût eu connoissance» une charitable religieuse » la sœur Grimon, em^ pressée de donner des soins aux prêtres emprisonnés» étoit venu lui dire, avec une sainte franchise»
connoissant ses sublimes dispositions : «J'ai fait tout ce que j'ai pu pour vous empêcher d'aller aujourd'hui en Paradis ; et je n*ai pas réussi «. Le bon curé lui répondit d'un ton calme :: « Tous aveï pris» ma chère sœur, pour m'annoncer ma mort, une manière dont j'auroié grand tort de me plaindre : aussi me rèjouis-je»
avec le Prophéte-Roi» de ce que vous venez de me dire ; LœiaiUB sum in his quœ dicta $ufU mihi» . Patenaille entendit la notification de Li sentence sans se troubler » et ne s*occupa plus ensuite que de Dieu. Des prisonniers venoîent lui baiser les mains avec respect» en le priant de. ne .pas les oublier i|uand il sefroit dans le cieL II miMx^ha enfin au lieu du stipplice. Dès qu'il y fut arrivé » il déclara d'utie voif haute, comme un autre saint Marcel (f), qu'au lieu de Toulotr du mal à ceux qui él^nt la caiise de sa mort» il
(1). Cùm ad suffptidum duteretar^ dùif 4gnœlanQ (judid) : l>€Ut tibi benefacidf. Sic enùa decebat Jlfariyrem ex hoc mundo discedere. ( Raioart :
.¥cta S. Jlfarcetii, Martyrisa)
PAT
souhaftoit que son ^ang attirai 8ur eux et sur la France les bénédictions du Ciel. Quand il eut fini de parler 9 il se banda lui^m^me les yeux, tel <(Q^autrefais le saint Martjr Julius (i), et fut à lins* tant frappé du coup fatal qui ter* mina sa vie» à l'&ge d'environ 5y nfis* Les fidèles qui en étoient témoins se partagèrent 9 comme une prècieuserelique, le mouchoir avec lequel il s*étoit couvert les yeux, (f^i Em. HiXLiif 9 et J. Pêcbeub. )
P ATOU ( ^aAHçoisa ), femme.
{ y. F* DAncan.)
PATOVaEAU (6muiiniB)9 prêtre die la congrégation de Chan* celade , dont le chef-lieu ètoit en Périgord, dans le bourg de €haneelade^ se trouvoit, à Tépoque de la rèToiution9 prieur- caré de Saifit-Gyr-9 dans le diocèse de Saintes. Il i«fusa le serment de k t»Mituiêm% dvUe du cUrgé; et les TexlUipns <]ue ce refus lui Attira le firent NTeniren Périgord.
Fatoureau préfièra la résidence de la pçovince^û aveît été la princi* pale mai^n de ton ordre, plutôt ^pie de^retourocv à Iftontron , t>ù il étoil né, éans le diocèse de Li-
(l) Et hœc dicens , sancUis JuUus Kgùyiroatlos suoé et tetendà eeruicem MÊmm, «^ dÙÊ^ : Domùte ^êêu CMste, pm CÊ^Uf nomine hœcpati&r, tu cum Slttèctis tuù meum coUotare d^nart spùifum' /Minuter itaqu€ diaboU educens fjLaâium ^Jinan ûnposUit beatîs^ êûno Martyri (noinart : jidtn, S. Julit\ Martjrriê),
PAT
moges. Ecclésiastique fidèle à la Foi catholique, il ne pou voit échap*per à la rage impie des autorités de la Dordognô. Elles le firent arrêter en 1795 ; et, au commencement de 1794» elles renvoyèrent àJiochefort 9 pour en être déporté au-delà des mefs.( F. Rocbbfokt).
Il fut embarqaé sur le navire ies Dctuc Associés 9 et mourut dans les souffrances de cette déportation le 99 septembre 1794» ^ l'âge de 4^ ans. Son corps fut enterré dans Tîle Madame, Un Jtfifiyu>ife manuscrit, cmicertumt i'état de la retigion dans ie diocèse de Saintes durant ta révolution et le schisme de France, depuis 1789 jusqu'à ta fin de 1796^ rédigé et envoyé & Rome par un ancien vicairegénéral de révêque- Martyr de Saintes {V. P. RocflEFOvcÂULn- BiTEas), lequel docteur de la maison royale de Navarre, étoit de la société de Sorbonne, renferme un éloge de la congrégation de Chanoelade , dont il revient sans doute une part au prieur Patoureau. il y est dit : « Le diocèse de Saintes slionorei^ aussi d*avoir eompté pamri ses cur^i plusîettrs membres de cette congrégatSoBiqaî ont montré en mémo temps db Tinstmolion et de Tesprit ecdc.^iastiqiie ; dont plus des troîl qHsnrls Ont donné Texemplc d'une invincible, résistance au schisme : et, ce quî ne doit pas (^tre passé sous silence, ce sont