‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 78 sur 242 · AP · texte numérisé non relu

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M. Bourniscau ». ( Histoire des guerres de ia Vendée yXom. III, pag. 517.)

PAPON ( Philippe ) , curé de CoDtiçnj^dans le diocèse de Clermont, sur lequel il étoit né^ à Saint- Pourçain , ne se montra pas d'abord assez ferme dans sa Foi devant l'épreuve de la constitution civUe du ciergi. Il en fit le serment; mais il le rétracta presqu'aussitôt^et réparabiensafaute parle zèleardent qu'il mit à seconder les efforts de sonévêque pour le maintien de la Foi dans son diocèse ( F, Mealiet). On lit dans te Moniteur du 28 avril 17939 une lettre du club révolutionnaire de la ville de Saint- Pourçain, par laquelle sont attestés et le dévouement de ce curé à l'Eglise catholique » et la haine persécutrice que déjà les méchans lui avoient vouée. Us écrivoient» en date du 1 Savril, au joumaliste^pour qu'ilen réjouit lesimpies de toute la France : « Le curé de la paroisse de Gontigny, Philippe Papon, vient d'être ^rrètélcjour de Pâques f et eonduit au district de Moulins pour être jugé, y oilà9ajoutoient-ils, l'ouvrage de l'évêque et de ses écrits » .

Ce curé resta dans les prisons du département de V Allier dont les administrateurs le firent partir au commencement de 1794» avec soixante et quinze autres prêtres pour Rochefort, d'où il devoit être déporté àlaGuiane(f^. Roghbfo&t) .

Il fut embarqué sur le navire les Deux JssocUs; et les maux aux-

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quels les déportés y étoicnt en proie l'eurent bientôt accablé. Il mourut le 17 juin 17949 à l'iige de 5o ans. L'île d^Aix reçut «es ossemens. Dans une relation 9 faite par un des prêtres déporté»

de V Allier f laquelle fut envoyée par un prélat français à Rome 9 et insérée parmi les Mémoi' res de M. d'Auribeau , page 10669 il est dit : « M. Papon avoit eu le secret 9 malgré les recherches réitérées de nos bourreaux 9 de conserver sur sa poitrine des hosties consacrées 9 en sorte que très- peu sont morts sans le saint viatique; et personne sans l'extrême onction, parce que les suintes huiles ne leur ont pas manqué »,(f^. J^Paigron, et H. PAPonBBE. )

PAPOTIÈRE ( Hemei Lé- GUTBR DE LA ) 9 chanoine 9 prêtre de la cathédrale de Chartres 9 né à Nogent-le-Rotrou9 dans le diocèse de Chartres 9 continua d'y résider après la dispersion de son chapitre. Il ne fit point le serment schismatique de 1791 ; et 9 devenu très-odieux aux autorités du département à*Eure et Loir 9 il fut rais par leur ordre en réclusion.

Au commencement de 1 7949 elles le firent conduire à Rochefort pour y subir la peine mortelle d'unç déportation maritime (^« Rochefobt). On l'embarqua sur le navire les Deux Associés. Le martyre qu'il y endura fut de longue durée. Il mourut dans la nuit du 18 au 19 septembre 17949^ l^^g^

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de 55 ans. Son corps fut inhumé dans File Mada/mc. {F. P. Papon,, et Paradis , curé.

P AQUOT ( EnvirNE-CHÀRLES ) , coré de Saint- Jean de Reims' y et doyen des pasteurs de cette ville, où ilaTOÎt TU le jour en 1 7339 j étolt depuis trente ans un sujet d'édi6cation générale par sa tie sainte et irréprochable ^ comme par son zèle que l'âge même ne pouYoit ra-* leotir. Occupé tout le jour des fonctions de son ministère , il prenait sur les heures du sommeil le temps qu*il croyoh devoir à la prière et au travail du cabinet. Rarement il se couchoit avant minuit; et quelquefois trois heures du matin lesurprenoientdans ces saintes et graves occupations. Quand ses amis lui représentoient que sa santé en souffriroit , il leur répondoit :

« Vous ne saves donc pas ce que doit être la vie d'un prêtre; s'il veut remplir ses devoirs et faire son salut, il n'a pas un instant à perdre. » Lorsqu'il alloit de temps en temps à une maison de cam-* pagne qu'il avoit au village de Villers-Alleraut y à deux lieues de Reims 9 et dans laquelle étoit une bibliothèque, il y trou voit encore des occupations analogues à ses goûts et ù ses vertus. Plus d'une fois, dans l'église de sa paroisse, en l'entendit annoncer du haut de la chaire chrétienne , notre sacrilège révolution,et prédire les impiétés et les massacres dont nous avons été les témpiûs. « Oui, disoit-il, on

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verra couler le sang, et surtout le sang des prêtres. » lin jour que son domestique lui racontoit avec bonhomie un songe qui Ta voit effrayé, c Que seroit-ce , lui repli* qua-t-il prophétiquement , si je vous disois qu'à ma mort mon corps sera traîné par les rues ? »

(F. ci-devant, tome II, pag. 5oo et 4^3.) Déjà les progrès effrayans de l'impie révolution comnaen- .çoient à rendre croyables les sinis-^ très prédictions du saint pasteur.

Il avoit refusé le serment de la constUuticn dvile du cUrgé; et ce refus fournit un prétexte aux administrateurs révolutionnaires de le bannir de son église.

Cependant il continua d'habiter sa paroisse pour ne pas abandonner ses ouailles; et, quoique les dangers augmentassent pour lui de jour en jour dans la ville , il persistoit plus fermement à ne vouloir pas s'en éloigner. Etant allé pour un moment à sa maison de campagne , le 9 août 1 79a , trois jours avant la terrible catastrophe' du Dix à Paris , il fit rapporter de cette retraite champêtre à Reims une grande quantité de meubles et d'effets qu'il aimoit à y retrouver.

Ses amis en furent surpris, et ne purent s'empêcher de lui en demander le motif, a Je vous assure, leur répondit -il, que je ne reverrai plus jamais Villers - Aller^ut : ce voyage sera le dernier que j'y aurai fait. » Toutes les illusions auxt[uelles ses amis 'se livroient pour

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ne pas croire à des présages aussi tristes commencèrent à se dissiper • le 5 septembre 9 lorsqu'ils \irent immoler cruellement dans Reims, devant Thôtel-de-ville 9 à cause de leur Foi, quatre yénérables prêtres du diocèse ( V. G. Alexan- Ï^RE, Lescuae^ R0MA159 et Vachères ). Le curé Pacquot pré* Yoyoit qu'il ne tarderoit pas à l'être lui-même 9 pour le même motif; et l'ami qui le lendemain pénétra* dans sa chambre à coucher 9 dès la pointe du jour 9 le troura prosterné contre terre devant son crucifix , et récitant les prières des agonisans 9 comme s'il eût tu la mort prête ù le frapper. Quelques instans après 9 il descendit à la chambre basse où se tenoit son domestique; et 9 l'ayant vu inquiet çt saisi de crainte sur le sort de son maître 9 il s'occupa de le consoler et de l'encourager en lui disant : « Ayez confiance : la mort que vous craignez pour moi serott le plus grand bien qui pourroit m'arriver ; et d'ailleurs il ne tombera pas un seul cheveu de ma tête sans la volonté de Dieu » . En d'autres instans de cette journée 9 toujours occupé de son prochain martyre 9 il s'écrioit 9 avec une crainte pleine d'amour pour Dieu :

« Peut-être, hélas t n'en serai- je pad trouvé digne ! » Enfin les assassins auxquels il avoit été dénoncé et indiqué par un nommé Laurent ^ dit Château 9 qu'il avoit comblé de bienfaits 9 viennent frapper à sa

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porte. La brutalité des coups qu'ils y portent, fait aisément deviner ce qu'ils sont ; et le charitable pasteur est le seul de sa maison qui ait le courage d'aller leur ouvrir.

«Qui cherchez-vous?» leur dît-il 9 avec presque autant de douceur que J. - C. l'avoit dit aux Juifs qui venoient le saisir. -^-a C'est 9 répliquent-ils avec fureur, c'est le curé de Saint-Jean que nous demandons. » — a Eh bieq ! mes enfansy répond-il 9 conformément à son divin modèle, c'est moimême. » — «Puisque c'est vous, rep]iquent-ils9 H vous faut nous suivre. » Comme il n'a voit pas encore ses vêtemens ecclésiastiques nécessaires à la gloire de son martyre : « Mes amis , leur dit-il 9 je n'ai pas un habit assez décent ; permettez que j'aille en prendre un autre. » Sûrs de leur victime , ils le lui permettent ; et il va dans sa chambre endosser une soutane , prend sa ceinture , se prosterne encore une fois devant son crucifix pour renouveler à Dieu le sacrifice de sa vie , et revient avec un air calme. On l'entraîne ; et, pendant le trajet , les soldats qui le conduisent lui mettent un bonnet rouge sur la tête 9 en lui commandant de crier : Fivô la nation ! — « £ht mes enfans,leurrépohd-iI, crionsplu tôt: f^tt/e/^na /.. Hélas !

que vous êtes A plaindre de ne pas le connoitFe I • Et, sans faire attention à leurs propos sacrilèges et à leurs cris barbares^ il se remettoit

FAQ

à réciter les Psaume» de David.

Ce fut ainsi qu'il traversa^souscette horrible escorte , la ville de Reims pour arriver à la Municipalités Quand il toucha le seuil de l'hôtel où elle siégeoit» le maire accourut pour suspendre les coups des as*sasAÎaSy en leur criant^ par uor compÉtissanf stratagème : « Qu'alles*T0us faire ? Ce vieillard n'est pas digne de voire courroux : c'est un bonhomme dont le fatuuispu a dérangé la tcte : il est en dèmciice». Aussitôt le curé Pac^iot répliqoe : «Non, Monsieur, je ne suis ni fou, ni fanatique ; et je vous prie de croire que jamais je n'ai eu la tête plus libre et l'esprit plus présent. Ces Mess&enrame demandent un serment décrété par l'Assemblée législative ( celui de U^ terié - égaliti ) ; je connois ce serment ; il est impie, subversif de ma religion. Puisque ces Messieurs me' permettent de choisir entre la prestation d'un tel serment et la mort ; je choisis la mort , parce que je déteste ce serment. 11 me semble , Monsieur , que c'est là vous avoir asses démontré que j'ai l'esprit présent , et que je sais ce que je fais » . Le maire déconcerté ne peut plus arrêler les meurtriers : c'est le curé Pacquot lui seol qui retient leurs bras en faisant de la main un signe qui annonce l'intention de leur parler.

Il leur dit à haute voix : n Quel est celui de voua qui me donnera le coup de la mort?»-— «C'est jnoif

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répond le plus hardi , ou le plus féroce. » — « £h bien ! reprend le vénérable Pacquot , permettez que je vous embrasa^ , afin de vous témoigner ma reoonnoissance pour le bonlieur que vous allez me procurer » ^ Il l'embrasse en effet comme {e plus grand de ses bienfaiteurs , et lui dit ensuite : « Souffrez que je me mette dans la posture convenable pour oflrir à à Dieu 9)on sacrifice ». L'assassin suspend son glaive ; le curé Pacquot s'agenouille , demande hautement pardpn à Dieu. pour luimême , pour ses bourreaux : on croit voir S. Cjprien recevant in couronne du martyre. Le premier coup est porté : la victime tombe ; et les autres meurtriers la percent et la hachent à l'envi avec leurs sabres et leurs baïonnettes» Son corps est traîné long-temps par les rues de Reims : il faudra que la rage des cannibales soit lassç de l'outrager pour que les catholiques aient la permission dé lui donner la sépulture. Il avoit 60 an^ lorsqu'il perdit ainsi la vie le 4 septembre 1794 , avec le curé Suny ( ^. ce nom ). Son corps , d'abord inhumé dans le cimetière des pestiférés, fut dans la suite pieusement exhumé par les soins d'une ancienne religieuse qui obtint de le faire réunir à celui d'un autre Martyr immolé pîus tard ( f^.

McsAET ). Us sont l'un et l'autre sous l'autel de l'église de Merey près de Reims.

iga FAR.

PARADIS (/V... )» curé de Paroy 9 paroisse du diocèse de Verdun, y étoit resté après la loi qui exlgeoit le serinenl .schismatique de 1791. Peut-être y fut-il retenu par l'espoir de la cessation des persécutions à l'approche dis armées co<ilisée8 en 1792. Leur retraite l'abandonna aux fureurs de la persécution anti-religieuse.

Il se yit arrêté par les autorités du département de la Meust qui > rers la fin de 1795, l'envoyèrent à Rochefort pour en être déporté au--deIA des mers ( V. Rochefo&t).

On l'embarqua sur le navire le fVashingtonj où il ne put soutenir que peu de mois les tourmens que les prêtres y enduroient.

Il mourut en septembre 1794 »

k l'âge de 70 ans ; et son corps fut inhumé dans l'île Madame.

(f^. H. PAPOTiisBByet S. F. Paabloh).

PARAT (Claudb) , prêtre, né en 1 7599 dans la paroisse de Saint- Julien- de-Chapteuil, près la ville du Puy 9 et vicaire en celle de Rosières « au diocèse du Puy, où la Foi se montra si vive et si courageuse pendant la persécution, contribua beaucoup à l'y faire briller danâ tout son éclat. Non seulement il refusa le serment schismatique ; mais encore , malgré les menaces de la loi de déportation , il ne quitta point sa paroisse voulant continuer 4 veiller au salut des habitans. On entreverra tout ce qu'il fit pour la religion^ dans les

termes de la sentence par laquelle il sera ensuite condamné ; cai* il tomba dans les mains des persécuteurs, acharnés contre le diocèse du Puy ( V. J« R. Abeillom ). Ils l'envoyèrent au tribunal révolu^ tionnairt de Paris , qui le fit comparultre devant lui le 27 messidor an II ( i5 juillet 1794).

Fouquier-Thinville l'y accusa en ces termes : « Parât est un de ces prêtres fanatiques qui ont cherché, par toutes sortes rie manœu- Tres , à diviser lès citoyens , pour opérer la contre-révolution. C'est dan» ce dessein perfide et criminel qu'on a vu souvent Parât aller dans différentes maisons de la commune de Rosières , y prêcher le fanatisme , en s'appliquant surtout à entretenir les femmes dans l'erreur de la superstition , leur conseillant de ne point entendre la messe du curé assermenté,leiir con* seillant aussi de ne pas se laisser marier par lui et d'attendre un temps plus propice. On lui a entendu dire hautement que les lois et les arrêtés n'étoient faits que par des hommes, et que l'on ne devoit suivre que l«s lois de Jésus-Christ, etc. » D'après cette accusation , le vicaire Parât fut condamné à la peine de mort , comme « convaincu de mi^nœuvres ^ntrerévolutionnaires , en semant la discorde dans lame des citoyens, par les armes du fanatisme ».

Conduit de suite ù l'échafaud, il périt à Tâge de 35 ans.

PAR PARCE {N... ) M femme. ( F.

▼■XllfS. }

PARELON - DU - MARROY ( Syltaih - Faijrçois ) , prêtre , ancien professeur de théologie au collège royal de Sainte-Marie de Limoges « étoit né sur le diocèse de LiinogesyàBenevent^en i^Sg.

Il réaldott en son pays natal , dans les premières années de la réro*lutioQ ; et. n'ayant pas youlu prêter le serment de la ootutitutiim ci»

viie du clergé, il s'y distinguoit.

par 500 attachement et son zèle pour la Foi catholique. Les autorites du département de la Creuse, dans lequel se trouToit le lied de sa résidence 9 le firent mettre en réclusion; et, dans les premiers mois de 17949 elles l'envoyèrent aTec plusieurs autres prêtres du nombre desquels étoit son frère 9 à Rochefort» où Ton deroit les embarquer pour les jeter sur des côtes lointaines et brûlantes ( F.

RocHiFORT ). On le fît monter le navire ie fVoihingtan, le séparant ainsi de son frère 9 comme on yale Toirdans Tarticle suivanl. Le supplice de cette déportation se prolongea beaucoup plus pour lui ; car il ne mourut que dans la nuit du 28 au 29 janvier 1795. Son âge étoit alors de 35 ans 9 et il fut enterré sAr les rifes de la Charente, près du fort Vaseux. Notre correspondant nous ftvoit déjà écrit qne Parelon - du - Marroy étoit « un homme de beaucoup d'esprit et fort savant »> quadd M. de

La Biche a parlé de lui 9 en ces termes : « Parelon, plus connu sous le nom de l'abbé du Marroy 9 aroit été élève du célè bre sémiuaire de Laon à Paris, où il devint maître de conférence 9 et avoit fait tous ses cours avec beaucoup de distinction : il étoit licencié de la maison et société de Sorbonne. De retour ' dans sa province, il professa la théologie avec applaudissement au collège royal de Limoges; mais l'extrême foiblesse de sa poitrine 9 qui fit craindre plus d'une fois pour ses jours 9 le força bientôt de renoncer, non seulement à cette chaire, mais encore à toute application suivie. Il n'en fut pas moins déporté 9 et périt des deriHers 9 dans un temps où le terrible Qéau qui nous dévoroit , sembloit avoirpresque entièrementcessé» . ( V, Pabadis , curé ; et J. B.

PiABLOir. )

PARELON % le jeune ( Jagqurs- BARTHiLSMi )« prêtre et frère du précédent, né comme lui à Btnetvent,dans le diocèse de Limoges, vivoit en famille avec lui, dans leur pays natal : comme lui 9 trèsdistingué par ses lumières et ses vertus 9 il montra le même atta-> chement à la Foi catholique. Non seulement il n'avoit pas prêté le serment de la constitution dviie du cierge; il se signaloit encore par son zèle pour les enfans de la véritable Eglise. Les autorités du département de la Cre%i$e

l'emprisonnèreot ainsi que son frère, et le firent conduire, arec lui 5 à Rochefort, pour en être déporté au-delÀ des mers ( V.

RocBBFODT ). Tandis qu'on embarquoit son aîné sur le navire iè Ff^ashifU/ton^ on le fit monter la flûte Us Deua> Àsêociéê.

Cette séparation aug^ttoenta les douleurs dé sa déportation. 11 mourut le premier, à l'âge de 27 ans, le 14 îuillét 1794 \ ^^ son corps fut enterré dans l'ile d*Aix. M. de La Biclie atteste que « les frères Parelon étoientdeux jeunes ecclésiastiques d'un mérite distingué p; et il se livre, au sujet de celui-ci , à quelques détails qui ne sauroient être indifférens pour nos lecteurs : « Parelon le jeune , qui devança de plusieurs mois son frère au tombeau, dit-il, a voit, en montant sur le natlré (es Deux Associés, une fièvre intermittente qui se changea bientôt en fièvre continue, avec de violens redoublemet)S. C'est de lui que j'ai parlé ailleurs, sans le nommer (1). Il étoit déjà presque

.(1) « Utie Buitf dit en cet endroit M. de La Biche ^ étant moi-même à peine convalescent et encore sans forces 9 je sens ijuelqu'un qui , après avoir lotlg-tèttips erré dahi les ténèbres , M hriftse brusqttement tomber sur mes pieds, non sana me causer un peu d'effroi, et même quelque douleur. Qui eêt là? m'écriai - je à plusieurs reprises ; et je ne recevois aucune réponse. Celui qui étoit ainsi tombé s'agttoit vainement «a saisis-

mourant, qu'il sembloit se faire illusion sur son état, et ne regarder ses redoublemens que comme les accidens d'une fièvre ordinaire.

Un de ses compagnons d'hôpital ayant cru nécessaire de le détromper, et de l'avertir de songer à la mort, il lui répondit avec autant de calme que de fermeté : Je ne ia crains pas ; eS ii y a iong-temps ^eje m'y prépare.

Il expira si paisiblement que les malades qui étoient couchés à côté de lui ne s'en aperçurent point.

Parelon étoit déjà dans le sein de Dieu, qu'ion croyoit qu'il a voit encore plusieurs jours à vivre »\ ( V. Pareloh-du-Mamiot, et N.

Paruot. }

PARIGOT ( N... ), prêtre et

sant mes jambes, pour essayer dfr se relever. Enfin, à la quatrième ou cinquième interpellation, il me i^pondit d'un accent très-foible : C'esi moi. L'indication n'étoit rien moins que précise; mais je reconnus une voix qui m'étoit chère. C'étoit un de mes amis, qui, dans le transport de la fièvre , cherchoit à l'aventure une sorte de bien-être qu'il ne trou voit nulle part. Il avoit une fièvre cpou* vantable. Sa respiration extrêmement accélérée Findiquoit assez toute seule.

Je l'exhorte à se relever , offrant de le conduire à «a place qui n'étoit qu'à deux pas ; mais bêlas ! il n'en eût pas été capable lors même qu'il m'anroit compris. J'essaie de le relever ; mais j'étois presque aussi foible que lui : je ne pus que l'étendre entre mes jambes , posant sa tête sur ma poitrine ; et nous passâmes ensemble la nuit dans cette cruelle situation. »

religieux de Tordre de Grammont dont^en 1 769, la suppression avoit été décidée pour Tépoque où tous ses membres auroient cessé de Tirre^ étoit venu prendre domicile à NeTers, depuis que TAssemblée constituante s'étoit emparée de toutes les maisons claustrales.

Nullement fonctionnaire public »

fl sembf oit devoir être à l'abri des rigueurs de ta toi de déportation du a6 aotlt 179^; mais il aveit des vertus ecclésiastiques dont lea persécuteurs ne pouvoîent soutenir rédificatiott. Comme il étoit alors plus que sexagénaire , ils le coraprfreot parmf les prêtres de cet âge et les inûrmes, qui n*è-> toient dispensés de sortirde France qu'à la condition d'y être eo réclusion. U fut donc enfermé avec eux dans une maison dont les'imtoHt^s révolutionnaires avoient la surveillance , et dans laquelle un geêller impie autant que barbare ne cessoit d*aggraver leurs peines ( f^. Nbvbas ). Enfin , le 14 fé- Trier 17949 Parigot fut brutalenaent enlevé avec ses confrères pour être envoyé à Nantes, où Ton avoit déjà submergé tant de prêtres de ces deux classes vénérables. Il avoit alors 69 ans. Ce fut déjà presqu'un miracle qu'il ne suocoaibût pas dans les souffrances qu*il partageoit avec 9e» compagnona, lors du trajet de Nevers à Nantes; mais la Foi qui le soute- Doit ne fut pas ensuite suffisamment secondée par les forces de la

nature , dans le fond de cale infect de la gallote hollandaise où ils furent enfermés. L'air pestilentiel qu'on y respiroit» l'humidité du local, le froid, la faim même qu'on y eoduroit , étoient des tourmens plus forts que le tempe* rament affoibli de ce religieux^ n succomba le 4 ^Trll 1794* (^« Pâpiot, d'Angers; et Pasquiu, de Ségré. )

PAAIS (JACQtBS-FLoaaUT), prêtre, chanoine de l'église coUé*' giale de Saint- Aignan, dans le diocèse d'Orléans, né à Orléans, en 1737, n'a voit pas prêté le serment de 1791 ; et, quoique son âge de sexagénaire ne permit, d après la barbare loi du a6 août 179a, que de le tenir en réclusion , on le fit partir comme prisonnier, en 1793, pour Bordeaux, afin qu'il en fôt déporté au^Ielà des mers ( F, BoBDBAinc }. De cette ville, il fut envoyé, pour le plus prochain embarquement , à Blaye. £n attendant cette époque , on renferma dans un souterraindu fort de l'Ile du Pâté de Blaye, où il eut à souffrir des maux affreux qui étoient pour liii un lent mais véritable martyre.

Paris y succomba , et mourut dans ce cachot-là même , le a6pluviose an II ( 14 février 1794 ), à l'âge de 67 ans. ( V. Palluis^ et L.

F. Pbluciiiav.)

PARIS ( JxAH-RBvà ) , curé de Saint-Martin - du - Cloeher , dans la partie du diocèse de Poitiers , qui

igeS PAR

se trouve maintenant appartenir au département de la Charente y n'ayoît point abandonné sa cure.

Quoiqu'il eût repoussé la consti^ tution civile du clergé ,• il n'éloit pae sorti de France , d'après la loi du 26 août 179a contre les nonassermentés. Les paroissiens fidèles à leur Toi 5 ne lui auroient pas permis de céder sa curé à un intrus. Il y fut surpris , vers i^94> par les satellites de l'impiété 9 qui Je traînèrent dans les prisons du tribunal criminel du département de la Vitnfie, lequel, siég^eant à Poitiers y s'étoit montré des plus altérés du sang des prêtres et des bons catholiques. Le curé Paris futeuToyé par les juges à la mort , comme « prêtre réfractaire », le a8 yentose an II ( 18 mars 1794 )• P ARIZOT ( Nicolas ) , prttre de la congrégation de la Mission de Saint-Laiare 9 dans la maison de Metz 9 né vers Neufchâteau-lès- Yosges, resta dans la yilie de Metz après, la dispersion de sa communauté, et se garda bien de prêter le serment schismatique de 1791. On ne le vit pas plus flexible aux volontés des impies pour les sermens subséquens; et, tandis qu'il continuoit encore à fournir aux catholiques de la province tes secours de son ministère, il fut arrêté, jeté dans les prisons de Metz en 1793. Vers la fin de l'année, les autorités du département de la MoêeUe le firent partir pour Roehefort, où il de voit subir

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la peine d'une déportation d'outremer ( V. RocBE^ORT ). On l'embarqua sur le navire le Washing^ ton. Les souffrances que les déportés y enduroient se prolongèrentpour lui jusqu'au mois d'octobre 1794 9 pendant lequel il mourut. Son corps fut inhumé dans l'île Madame. ( V. J. B. Paeelon, et G. Patoureav. )

PASCAL ( Jeau ), prieur-curé de la paroisse de Porte^n-Feu, près de la ville de Genouillac , dans le diocèse d'Usez, avoit refusé le serment schismatique de 1791- Evincé , pour cela , de sa cure par les autorités révolutionnaires, il n'en resta pas moins dans sa paroisse , pour continuer d'en assister les habîtans; et il y demeura même après - la loi de déportation. Il parvint quelque temps à se soustraire aux recherches des persécuteurs; mais enfin il fut enlevé par eux, au commencement ^ 1 794 9 9ur le territoire du département de VArdlche, auquel touchoit la paroisse de Porte , comprise en celui, du Gard, On le conduisit dans les prisons de Privas; et le tribunal criminel du premier de ces départemens , qui siégeoit en cette ville , le condamna à la peine de mort , comme « prêtre réfractaire â , le 1 1 thermidor an II (39 juillet 1794)9 deux jours après le renversement de Roberspierre. Le curé Pascal périt le lendemain , sur l'échafaud.

PASCAL (Aogvstih), prêtre,

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et religieux Bc^mardin de Tabbaye de Salut- Agbîu, dans la forêt de La Hunaadaye , en Bretagne , fut du aombre de ceux qu'immolèrent en ce monastère , le 3 mars 1796 9 les révolutionnaires de Lamballe» dans ce qu'ils appelèrent Vcxpéditicn de Sainte Aubin, Voyez» à l'article de J.

Ueslâ, ce que nous avons dit de cette expédition 9 et des motifs qui la dirigèrent.

PASQUIEK (Hugues), prêtre, chapelain de la cathédrale de Meaux, étoit resté fidèle à l'ancienne croyance 9 et avoit refusé d^ prêter le serment de la constitution civile du cierge. La loi de la déportation, rendue le 26 août contre tous les prêtres nonassermentés , l'obligeoit à sortir de France ; mais les municipaux de Meaux s'y opposèrent en l'enfermant ^ avec cinq autres, dans le» prisons de cette ville , comme pour le soustraire à la fureur du peuple contre ceux qu'il appeloit rdfractaires. D'après la circulaire de la commune de Par/s dunt H a été parlé à la page 187 . dfe notre tome I*% Ton a cru « peut-être h tort, que les municipaux de, Meaux étoient dans le secret des projets de la Comqiune de Paris, qui venoitde faire masijcrer les prêtres enfermés aux Ctfrmev et'à Sain^Fitmin (i).

(1) Les inunicipftux de Meaux à en.

sont tfîsculpé« paf un Mémoire ii\anu5^

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Après que les assassins eurent exécuté ce massacre, les a et 3 septembre, ils se trouvèrent à Meaux le 4 (^* P* DtcaESNB ] ; et, Cefour-IÀ même, le chapelain ■ ■ I II ■ ■ ■

crit que nous avons sous les. yeux, Bt dont notre impartialité veut que nous, donnions le précis. Ils commencent par affirmer qu'ils n'avoicnt reçu aucun avis officiel du massacre des prisons de Paris de la part d'aucune auturité^ et qu'ils ne rapprirent que .par les journaux de U capitale et le rapport de quelques voyageurs. « Inquiets* disent-ils ^ sur le âort des prisonniers , notamment sur celui des ecdésias* jLiques , ils crurent devoir décider (le 3 septembre ) qu'on les transféreroit à Melun ; et M, Jourdains» membre du conseil municipal , fut chargé de les prévenir de cette disposition ; de s'assurer d'une voiture ; et de les faire partir à la chute du jour. 11 se rendit à la prison , conféra avec eiUL, leur fit sentir le danger aaquei ils s'expo~ soient, en restant dans une ville qui alioît <H:re incessamsient remplie de troupes parisiennes ^ notamment de deux bataillons de gepd^rmes à pied »

q ue l'on désignoi t comme ayant coopéré aux massacres de Paris. Tous ces pr^** très demandèrent une heure pour délibérer. Le curé de Saint-Nicolas ^ l'un d'eux (K. P. DircHBSve), avoHleur confiance : ils cédèrent à son avis, qui étoit de rester à l^Ie^ux sous la sauvf;-garde des habita us de cette ville . Les officiers municipaux révoqii^rent leur arrêté, déterminés par cette considération , que » s*il arrivoit m&lheur aux prisonniers en route , on pourroit le leur attribuer; et ils se, contlÎHrent eux-m^es aux bons ha« bitans de Meaux. Le lendemain , entre neuf cl dix heures du matin. Tavant-

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Pasquîer.ful immolé par eux» dans la prison de cette ville, a?ec cinq autres prêtres.

PASQULBR (iV... )' curé de la paroisse de Saiat^Sauvettrde la

garUe des gendarmes de Parie entra dans la ville. Une heure après, le procureur-âyndic de la commune est requis par le concierge de la prison de se rendre à son bureau ; il y Tient : cinq gendarmes se présentent accompagnés du geôlier y qui dépose sur la table le registre des écrous et toutes ses cle£s, déclarant que ces cinq gendarmes s'étant présentés à la géole , et ayant demandé qu'on leur livrât les prisonniers , les désignant p.ir leurs noms ( ils leur avoient çté donnés par un limonadier , nommé Toureluire ), lai geôlier n'avoit pas cru devoir obtempérer à cette réquisition ; et que , pour mettre à couvert sa responsabilité , il remettoit les clefs et le registre entre les miiiis de la municipalité. Le procureur de la commune, ayant alors demandé ans gendarmes de quel droit ils se permettoienl d'en agir ainsi , l'un d'eux, répondit qu'ils avoient l'ordre de la Commune de Paris de se débarrasser des ennemis intérieurs sur toute leur Iroute fusqa'aus armées.

Le procureu^syndic , croyant devoir temporiser, ordonna au geôlier de retourner À son poste , de n'ouvrir la prison i qui que ce fût sans un ordre du maire on de lui-même , et dit aux gendarmes qu'il alloit convoquer le consetl-fénéral de la commune, et qu'ils eussent à s'y présenter à mMî précîd. »

Le reste du Mémoire expose les efforts àta mnnicTpaux , et surtout du procareur-syndic , pour arrêter l'effervescence de la pd|>aface , et contenir l'audace des gendairmes que sem-

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