V. E. Lauatb
PAUL ( Le Frère ) , Capucin.
(F. P. Hàksâxt.)
PAUSE ( Léonuid) , simple et pauvre porteur d'eau, à Bordea«x^ âgé ée 47 ans , natif d'Ussac,. près Brives, sur le .diocèse de Limoges, fut arrêté, au eommenoement de 1794 9 pour avoir secondé plusieurs femmes pieuses dans Je soin avec lequel elles avoient sonstrait à la persécutioa un vénérsij^le prêtre, fidèle à la Foi catholique, le P. Casaux. ( F. ce nom). JPause, d'ailleurs, fréquentoit les exercices de piété auxquels pHi^idoit ce ministre du Seigneur, entenddoit sa messe, .et recevoitde lui les sacrensiens ^ à l'exemple de ces saintes femmes. Traduit avec elles et ce prêtre devant la commission mUitaire ( V. ftoxoRAux) , U s^y vit aussi copdamné à la -peine de mort, le 16 messidor an H (4 juillet 1 794)* La sentence fqtcom* mune : on peut la lire Vu entier à l'article Alix, ùA se trouvent nommées les onze prétendues complices de Pause. Devant lesju^es, il avoit manifesté les m^çs sentimens religieux qu'elles, lioût en convenant , pour ne pas merttir^ qu'il connoissoit à Bordeaux j'autres prêtres aussi dignes de. s«n respect et de sa confiance que le P. Casaux, il refusa, ayec .une fermeté tout-à-fait héroïque; d'indiquer leur asile. Cette honorable particularité esc consignée dans le jugement. On peut- dire .de lui cc que S. Astère, évêque d' Amasée 9
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disoit du bienheureux Martyr Pho- maux qu'on y enduroit. La mort
cas, pauvre jarcBaier, qui ac- le frappa le 22 septembre 1794-
cueHlolt de si grand coeur les in- Son âge étoit alors de 43 ans ; et
fortunés dans sa chaumière. « Sa A fut enterré dans l'île Madame.
profession obscure et dédaignée Le respectable vicaire-général de
ne put le soustraire aux recher- révêque-Alartyr de Saintes disoit,
ches des persécuteurs. Dénoncé dans le Mémoire déjà cité , sur
comme un' vrai disciple de Jésus- l'état de la religion dans ce dio-«
Christ 9 iîfut décapité; et Dieu le cèse^ depuis 1789 jusqu'à la fin
reçut comme une hostie qui lui de 1796 {V, G'"* Patoubeav) :
étoit agréable (1) « . « Ce diocèse s'honorera encore^ et
PAUTARD (Guillaumb) , curé surtout de la contenance évangéde Marque ville, dans le diocèse lique de ces prêtres et de ces curés de Saintes 9 né sur celui' de Saint- qui ont subi les rigueurs de la ré- Flour, àf Vallevieille , paroisse de clubion 9 ou qui ont été entassés Talenge , étoit resté dans la Sain- dans des vaisseaux comme en tbnge après les réformes schisma- d'horribles cachots 5 et qui ont tiques de 1791. La haine de la succombé à l'infection et à la mireligion , qui fiftiimoit aussi les sère. S'ils n'ont pas résisté jusadmînfatrateurs de cette province, qu'an sang , ils ont eu une espèce alors appelée le déparlement de la d'agonie plus effrayante, plus dou- ChartnU - Inférieure , n'épar- loureuse.' Leur mort , et par ses gna pas le curé Pautard. 11 fu^ causes et par ses circonstances, emprisonné en 1793 ; et, au prin- peut et doit être appelée un vétemps die 1794, on le fit passer à riUiéie martyre ». {V. G. Paftochefort, pour y subir la- peine TovmeAV, et G. Pebetbb.) de la déportation maritime, infli- PAV ALLIER (iV...* ) , ancien gée^iux prêtres fidèles ( F. Roche- curé de la paroisse de Saint-Mîfokt). Il se vit embarquer sur le chel-du-Tertre, en la ville d'Anasiy ire. tes Deux Associés f où \\ gers, fut mis en réclusion en ne résista que peu de mois aux 1 793 , avec quantité d'autres , : comme prêtre insermenté que ,
(I) Hospàibus prompto ac aiacn Suivant même la loi de déporla-
anùno parvam ac pauperem domum tion,son âge avancé avoit dispensé
mperiam uolelùt, ... Nequidem §^ile stu- de sortir de France (^. . Ahcebs) .
àmm , honulanique conditio celm^it ; Lorsque , vers la fin de cette an-
»edûquoquem.^erusChristidiscipulu3 ^^^y^^ révolutionnaires d'Angers
demuUuUut est,^,.,. Jrassus ac cautte >^ . . . . .
imncauis.gralaneohosuaobfaijest. «"""^ ^^^ ^«'"««^ jmagmoit à
(S. Ajtcr : £ncomium in S, Martyrem Nantes l'expédient des bateaux à
fhocmm,) soupapes, afin de noyer d'une seule
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fois une grande quantité de prêtres, sous le prétexte de les embarquer pour la déportation, le curé Pavallier se trouva parmi les cinquante-]iait qu'ils lui enTojè*renty au commencement de décembre y ponr ses premiers essais ( V, Nantbs ). Il fut en effet submergé par ce moyen, afec ses cinquante-sept compagnons , dans la nuit du 9 au 10 du même mois. Ainsi ayoient été embarqués et submergés, quoiqued'ûne autre manière, ces confesseurs de Conslantinople que Yalens Gt périr dans le golfe d^Artaque, et que r£glise honore comme Martyrs , le 5 septembre. Le vénérable évêque actuel d'Angers, en nous instruisant lui-même du genre de mort de ce curé, a parlé de lui comme d'un vrai Martyr. ( F, M.
Pàpiav , et RoussBt , de Saint- Maurille. )
P AY£T (Louise) , religieuse de Tun des couvens de la TÎlle d*Alençon, au diocèse de Séez, resta dan^ Alençoi^ après l'abolition dea ordfes monastiques. - Vouée à l'exercice des yertus de son état^ elle en pratiqua d'autres enoore que son séjour dans le monde et les circonstances de la persécution lui indiquoient. En ces temps affreux de 1793, où les •prêtres catholiques, dépourvus de tout, étoient poursuivis par des impies, avides de leur sang, elle en reçut un dans sa modeste retraite et l'y cacha. Ils l'y déconvri-
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rent; et la sœuir Pavet fut ari^tée avec lui. Conduite au tribunal criminel du département de b Sartht, siégeant au Mans, elle s'y entendit condamner, le 27 germinal an II (16 avril ^794), À la peine de mort ,. comme « receleuse de prêtres téfuactaires 0 ; et, le lendemain, sa tê|e fut abattue par le fer de la guillotine, (r. J* Aux.)
PAVI ( FajLirçois ) , vicaire de l'église paroissiale de Saint- Paul de Lyon, se laissa séduire, en 1791, par des sollicitations toutes mondâmes en faveur de la cqnsiitutiati civiie du eUrgé» et eu fit. le serment De même que cet Hlppolyte que l%glise de Aome comptoit parmi ses prêtres, et qui se déclara ou vertementcontre elle, ' en s'engageant dans le parti de Novat , suivant ce que raconte saint Prudence, en son livre des Couronnes, le jeune PaVi devint donc partisan du schisme constitutionnel. Mais k'S progrès que l'impiété fit ensuite A face découverte alarmèrent l'âme de cet ecclésiastique ; et il voulut lui résister, sans obéir néanmoins à ses propres remords. Dans le trouble que ses idées en acquéroient, il se contentoit de montrer beaucoup d'ardeur pour l'opposition guerrière que les Lyonnais faisoicnt à la Convention, lors du siège de leur ville , en 1793. On le vit travailler même aux redoutes que l'on y «levoit
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contre les eflbcts des asstégeaiis (F*. Lyok)* Sa conversion ne poi»' Toit être acherée que par de grands malheurs personnels. Quand la ^Ue eut succombé 9 et que les proconsuls conventionnels se ml* rent à faire égorger les Lyonnais p«r leur commission riifobê^ Êiounaire {V. Ltoh), Fayi fut arrêté et Jeté dans les prisons. Il J troova de saints prêtres qui li^eurent pos de peine 4 lui foire comprendre les vues de Dieu sur lui ( V.'T. M. Casvillok); et, rétractant bientôt entre leurs mains son coapable serment, il ne songea plàs qu'à en faim pénitence. Tous les maux quMI enduroit, la mort même qu'il ayoft en perspective, lui sembloient dés expiations bien légères. Il fut enfin appelé devant la commission ,' le 37 nivôse an II (16 Janvier 1794)9 et s'y montra fortifié par la Foi.
Les juges I éyitant de condamner comme prêtées les mi|^stres du Seîgnenr,quand ilspouvoiènttrodver d'autres motifo , envoyèrent le TÎcaire Pavi à la mort sous un prétexte politique ; mais il n'y marcha pas moins comme un généreux confesseur de la Foi, et imita dans sa conversion cet Hippolyte qu'il avoit imité dans sa faute. Lui appliquant donc ce que saint Prudence disoît de saint Hippolyte , nous dirons : « Ne soyes pas surpris de voir un prêtre qu'un esprit schismatique avoit loBg-temps animé; recevoir un
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honneur qui semble n'être àtk qu*au défenseur le plus constant de la Foi catholique (i)»- Quand on le menoit au joge, son âme ètoit déjà victorieuse du schisme; et il adressoit aux assistaits ces paroles : « Je renonce à Terreur où je suis tombé , et dans laquelle j'ai entraîné les autres; fuyez, fiiyes le sckîsme ; réunisseï - vous aux catholiques ; qu'une seule Foi vous éclaire ; qu'une seule Eglise TOUS rassemble; et cette Eglise, c'est l'ancienne, celle que le grand Paul reconnoft, et qui voit au milieu d'elle la chaire du bienheureux Pierre (a)». Ainsi se conduisit le vicaire Pavi, figé seulement de 5i ans. Sur l'é-^ chafaud où sa tête aUoit être abattue , ' il renouvela jusqu'à trois ibis la rétractation de son serment sehismatique , et mourut par cela même comme saint Hippolyte. ( V, J. Patubal, et P. A.
PBim.)
PAVIOT (iV...), curé de la paroisse de Saint* Saulges, dans le diocèse de Neters, ayant déjà
(1) N*c mirên seaèm ptrptni â^ptatU «A'm ' Mutun i:mnm nUkoHtœ WidtL
( Aarcl. Clein. Prudcalins :
Dk Martyno S. Bippai/tL >
(a) Qw« d0€Êi f étÊÊÛs* piget i 9€m€faèilt ^
Martyr^
Ctrmê fmcd à m/te riàar màtsst Dti.
• • • •/Vf*'' t ^ msêrit •xtctmmdm No*ati
StMtm0ta{ eaiMias rêdàitt PMpûpuUs.
Uitm ttdés figeât f prisée ftttt €0màiim Ump/o
Qaam Pamàts ntmtt^ fmmatfme taUudra
Pétri, iihd»)
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65 ans lorsque fut exigé le serment schismatique de 1791 9 eut la foiblesse de le prêter pour rester au milieu de ses paroissiens. Il ne tarda pas beaucoup à comprendre que les premiers attentats contre la Foi amèneroient le triomphe de l'impiété 9 et la persécution des prêtres mêmes qui avoient condescendu à ses premières innovations.
Lui-même fut emprisonné vers la fin de 1793, et envoyé presque aussitôt dans la maison de déten* tion de Nevers, où étoient ren-»
fermés les prêtres non-assermentés sexagénaires ou infirmes , que la loi de dcporlatîon du 26 août 1792 àv oit exemptés 9 à cette condition, de sbitir de France. Assujéti aux mêmes vexations qu'eux ( F. Nèveks ), il sentil'vfteineot le remords de ne pouvoir partici*per aux mérites qu'ils y acquéroient; et ces peines, atlanl en* s'nugmeniant , le disposèrent à rentrer dans le seia «^e l'Eglise parla rétracUtion de son,«crment.
lî eut des maux bjen plus «ruels à socfffrîr lorsquVI' fut inopiné* uîcnl >enlevé , avec 9es confrères , le 14 février 1794» pour ^trc trânl|»oftè à STante^, où l'on a?oîl lîeu de crdre quHlsseroient noyés ( F.. Nantes). Les souffrances du voyage furejdt grandes, et celles qui les attendoient dans le fond de cale de la galiote de Nantes, dévoient encore surpasser tout ce . qu'ili avoicnt éprouvé. Quarantequatre d'entre les soixante-quinze
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qu'on 7 entassa, périrent dans l'espace d'environ un mois. Cependant le curé Paviot re^lroit encore lorsque, pour se donner quelque air d'humaoité commandé par les circonstantes politiques, le» persécuteurs voulurent faire passer à Brest ^ Ie^i8 avril, ceax des prêtres qtii pouvoi^nt suppprier çtrtte^ nouvelle navigation. Paviol, âgé de 69 ans, ne fut poiat de .ce nombreç^ il resta dans la gallote qui avoit'Veçu les derniers soupirs deiant de confesseurs de la Foi. £lle devint pour lui camme le vestibule du temple de 1|L gloire célester; il tie tarda pas d.'^ empirer .lui-même à son tour 9 an printemps de 17949 '^ l'âge de 69c ans. ( F: Pàsqvieh , de Ségré; et Piiby^ de Salnt- HHaire.)
PAVOT {Le Père Hubert), prêtre, religieux Récollet de la petite ville de Bavay, dans le HaiQaut,^né à Poix, prés du QuesnO)', diocèse de Cambrai , é(toit un excellent religieux et un prêtre zélé pour la religion. Il montra la fermeté de sa Foi lors ébs réformes scbismatiques de 1791. Obligé de aortir de France pour se soustraire à la persécution , il rentra et vint à Valenciennes, où son ministère ne pouvoit qu'être utile, lorsque les Autricbieas l'eurent conquise , le 1*' août 1793 , et 7 eurent rétabli le règne de' la justice ( V. ValbxciEHHBS ). . Cette ville ayant été
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reprise par les troupes des persécuteurs, le i*" septembre 1 794 »
le Père PaTOt fut arrêté, et traduit derant une commission fnittiaire qui, dissimulant le Trai motif des persécuteurs, condamna ce religieux à la peine de mort, comme «émigré-rentré». Il entendit sa condamnation ayeo toute la séré^ nité de la résignation , et la joie même d'un Martyr. Le jour où 11 saToit qu*on de?oit le conduire à Técbafaud, il récita son office comme à Tordinaire ; quand il l'eut ache?é , il entretint atrec une tranquillité d'âme admirable, et même avec une sorte de gaîté, d'autres personnes emprisonnées pour une cause analogue. Il étoit encore dans cette douce occupation lorsqu'on yint l'appeler pour le conduire au supplice ; et il y marcha arec la fermeté d'un confesseur de Jésus*Christ, satisfait de donner sa ?ie pour lui. Son âge n'étoit que de 3a ans. Ce fut par lui que , le aa vendémiaire an III ( i3 octobre 1794)» commença l'immolation des prêtres et personnes religieuses à Yalen*> ciennes, deux mois et dix -huit jours après la mort de Roberspierre {F. Aochim). Avec le Père Pavot, furent immolés les Pères GoDBz et Laxivibbb {F. ces noms). On n'osa faire cette première exécntion que de nuit, tant l'on redoutoit la juste indignation des habitans. (K. L. A. J^ Pak« siea, et P. J^ PovTou.)
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PATEN (Jbah-Fxahçois), fermier, et pripcipal cultivateur de Meu ville- Vitasse , dans, le diocèse
^ d'Arras , étoit un estimidile père de famille dont la niaison offroit l'exemple d'une piété sincère, et éclairée. Lors de l'innoyation schismatique de la constùmion civiU du cUrgé, il ne vit pas sans chagrin que son curé fût expulsé par les autorités civiles^ pour n'avoir pas voulu se souiller du serment de la suivre et de la maintenir. Sa douleur devint bien plus grande quand elles établirent, comme pasteur intrus, dans sa paroisse, ce Joseph Lebon qui , né dans la province , y étoit déjà connu pour un prêtre fort peu estimable ; ce Lebon qui, apostasiant dans la suite , et se faisant le propagateur ardent de l'atht'isme conveiitîon-
, Bel, couvrira de sang et d'in^iété le pays qui l'avoit vu oaitre4 Pay en, sans autre motif d'éloi^rnement que les principes de la Foi catholique, l'obligation de se tenir ii l'écart du schisme et de rester fidèle à la véritable Eglbe » ne voulut jamais assister aux fonctions ecclésiastiques de l'intrus Lebon, entendre sa messe , rece- Toir de lui les sacremens. 11 restoit attaché à son ancien et véritable pasteur, au défaut duquel pou-?
voient suppléer d'autres prêtres fidèles, restés dans la province pour l'utilité des catholiques. La conduite de Payen à cet égard devint aussi celle de U plupart de^
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fermiers et pajsans de son canton.
L'intrus Lebon en conçut une rage qui ne dev^oit s'assouvir que dans le sang de Payen ( V, Jos. Ma- GNiBK )» Discrédité comme curé, comme prêtre, il aToit en cela le meilleur des titres pour être y après 4e fatal 10 août 1 7939 député à la GoATention en ^qualité de Tun de ses membres, par les hommes qui se rendoi^nt arbitres des choix dans son département. Notre plan nous dispense heureusement de dire comment J^* Lebon 9 dans la Conyefntion , correspondit à ses Tues sanguinaires et athéistes.
On a yU) à l'article Arbas, par quelle faction il fut envoyé proconsul dans ce département - là même 9 et ce qu'il fil d'horrible et de cruel dans l'Artois et le Cambrésis. Par une étrange inconséquence chez un tel homtae , qui Iraitoit alors publiquement les choses sacrées « conune des inepties inventées pour les sots», il jura de se Tenger d'une manière sanglante de ce que Payen et plusieurs autres cokivateurs n'avoîent pas voulu entendre sa messe deux * ans auparavant 9 lorsqu'il la disolt encore. Par un arrêté qu'a rapporté le conventionnel GoflVoî , dans son livre : Lêê SécreU de JoHph Lééon (Paris » an III ] , il donna l'oidre aux officiers municipaux <de*Neuville, «de faire ar-^ rêter «t conduire à Arras, toui ceux, mâles et femelles, qui 9 en 1 79a et 1 793 9 nWolent pas assi.<$té
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aux messes des prêtres constitutionnels » . Quelques jours auparavant 9 il étoit allé lui-même à Neuville, en avoit assemblé les habitans dans l'église ; et 9 là , monté dans la chaire pour y déclamer des impiétés, il avoit dénoncé Payen comme un ennemi de la patrie et un contre-révolutionnaire. Il avoit même annoncé sa fin prochaine 9 et promis aux frénétiques du pays que les bestiaux et les autres biens de cet honnête cultivateur deviendroient leur propriété. Cependant les officiers municipaux ne l'arrêtoient point, parce qu'on le « regardoit avec raison comme le père des pauvres ^ et qu'il étoit parvenu à se concilier l'estime et l'amitié de tous ses voisins » 9 suivant ce qu'avouera 9 en octobre 1 795 9 le président du tribunal d'Amiens, qui jugera J^ Lebon.
Ce proconsul fit lui-même enlever à Neuville, pendant la nuit, et amener bien garrotté à Arras , l'irréprochable Payen; et, quand il l'eut jeté dans sa prison de mort , il se transporta de nouveau à Neuville, et s'installa dans son domicile, en disant aux habitans :
« Qui auroit cru , lorsque j'étois Ici curé 9 que je serois un jour le maître de cette maison ? Oui 9 j'en suis maître : Payen sera guillotiné ; et tout ce qui est ici m'appartient :
il faut que l'on m'obéisse • . Cependant, revenu à Arras, il n*osoit encore envoyer Payen à la guillo-
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tloe f parce que ses rertus et ses bienfiuts étoient trop connus des pau?res même de cette ville.
Mais, lorsqn'eo mai 1794» U ^Ua s'établir, a?ec son tribunal révih iuiiannairc, à Cambrai, il 7 fit amener d*Arras ce rertueuz culttrateur. Payen y arri?a le 6 messidor an II (214 piin 1794)» A l^utt heures du matin. Traduit aussitôt devant Timpie tribunal, il y fut condamné de suite , sans qu'on lui permît de se fiiire entendre; et, à dix heures, sa tête étoit déjà tombée sur Téchafaud. Payen n'a- ▼oit que 36 ans lorsqu'il fut imr mole de cette manière, pour la cause de la religion. Si , dans op dernier moment, il lui eût été permis de parler au lâche autant qu'impie et cruel Lebon, il auroit pu lui teiUr le même discours qu'en Perse le saint Martyr Guh^ ciataïade aroit adressé à ce prêtre apostat Yaranoes, qui étoit en* voyé, avec des satellites, pour regorger en hain^ de 3a Foi. £q le Toyant yeoir à lui : « Malheureux 1 lui dit-il, /Q'est donc toi qui ras me frapper à cause de ma religion; toi, qui es prêtre I Mais je me trompe en te donnant ce titre sacré. Ilisérable I fais ce que tu as résolu de bure, toi qui n'es pas plus boQoraMement sorti du •aceidooe que ludas de son apostolat. Il est assei notoire que Satan s'esi emparé de toutes les ftcul'* tés, de manière à ce qu'il abuse d'elles pour tout ce qu'il lui
PAY au
plaira (1)». Mais Tarannes étoit moins coupable que Lebon , puisque son prince lui ayoit formellement commandé d'aller égorger Guhseiatasade, au lieu que Lebpn n'a?oit reçu aucun ordre personnel contre Payen, et qu'il lie satisfalsoit que son impie ressentiment individuel contre IuL Plusieurs parens de ce yertueux fermier furent immolés aussi pour k même cause, par ce proconsul ( F. G. M. Mseuk) ; et le nombre des paysans qui subirent uu tel sort, pour le même motif, est jconsidérable. Parmi eux, l'on remarque, le aa floréal (11 mai), André Gacherat, meunier; A.
Dayelesse, ayec Boniface Jacquemart; Pierre -Joseph Laderière; André- Joseph Lefebyre, tous trois habllans de Dayes *- le - ^f : le j6 flouréal ( i5 i^ai), Pierre-Hubert Laine , tailleur de pierres : le 9 prairial {%ff mai), Placide Guyelier, cultiyate^r à Barasle : le 14 prairial (a julç), Fr. Baucourt, inaréchal â Grèyecosur : le
(1) Msu tu! mène feHn para» ^prts* b/toTifimm aUïat trrtitn, preêbjterum te apptlUuu. Âmedum , «£ ^uœ cogitdsii exsequertf infiiùc', qui prospenun ex âocerdotiô Oto ^xàum minime const'* cuttiê êéf sicui nec Judas suo ex apoêf^iaiu. Soi mod^ palàm /iscittm
ut Stttanam touun animum umm
oeciip^tftif ut yideHeU ad ea quee ip$i iâutrtntf operd tud abuUretur. (Amc'* man : Àcta Martyr. Orient, , Martyr rium SS. NarseUs et Joeephi, neetèùn JCX aUorum.)
iid PAZ
1 7 prairial (5 juin )f Jacques Carpentier, et Armand Carpentier, 2^011 fils f cultivateurs ; arec Jean- Charles Delécolle , journalier : le 1" messidor ( 19 juin), Charles- Guislain Bertaud, meunier^ etc. , sans compter les autres cultivateurs 9 Goubez, de Boiry-Sainte- Rictrude , Pecqueur et sa femme ; Triboulet , de Gonnecourt ; Limelette, de Bourbon, avec sa femme; Eustache Carlier, de Remy; Delestré, deMiraumont ; Hocquet,de Metx-en-Couture; Barbet, d'Oîsj; Mathieu , de Barasle ; Marguerite Bonnefond, femme Beslaër; Reine- <^écile Début, v* Priston; Angélique Dupuis , femme Decby , marchande à Cambrai , etc. etc.
(F. P. J. I^ïoNJAir, et J. A. Pel-
tÂBBt. )
PAZERY DE THORAME
(Jl7LÉS-H01l0Ri-CYPàlB!f DS) , dît
Thorame le jeune , nourellement prêtre, docteur de Sorbonne^ avoit fait sa licence avec distinction ; et révoqué de Toulon ( F. E'* Câs- TELLANB - MAzirGiiEs ) venoit de Pélerer au rang de ses grandsy icaires , et de le faire chanoine de sa cathédrale. Etant de la maison et société de Sorbonne , ainsi que son frère, dont nous parlerons enauite,il en habitoit aveclui la savante retraite , au commencement de nos troubles révolutionnaires, où il leur deyenoit impossible de résider dans leur église respective.
Soit que cet asile sacré leur parût trop exposé à la fureur des impies ,