‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 9 sur 242 · HAR · texte numérisé non relu

HAR

l'Eglise honore le 4 octobre (i).

M ANESSY (C athbeivb) , TeuTC.

{V. Cat' PowsoH.)

MARCEL (BfiROÎT) , prêtre du diocèse d'Avignon , exerçant son ministère Di Gourteson, et né A HalaucennC) en 1749» n'aroit point quitté sa province , lors de la loi de déportation, quoiqu'elle le menaçât comme prêtre insermenté. Pendant les premiers mois de 1793, où le Midi se mettoit en insurrection contre la tyrannie de la Convention 9 la sécante du prêtre Marcel ne fut pas troublée ; mais^ lorsqu'on automne , toute cette contrée se vit subjuguée par les ennemis de la religioiv catho^ lique, ainsi que de la monarctue, il fut du nombre des personnes que le proconsul Maignet ISt conduire dans les prisons d'Orange.

La commission paputaire qui y étoit établie ( V. Okangb ] condamna Marcel à la peine de mort » parce qu'il étoit prêtre catholique»

en le qualifiant toutefois dé « contre - révolutionnaire » . Cette sentence 9 rendue le a3 messidor an II (11 juillet 1794)» fut exécutée le lendemain ; et Marcel pérît ainsi à l'âge de 4^ a^^s*

MARCEL (iV...), né au Puyen-^Yeiay, éî curé dans le diocèse

de Clermont-Ferrand» à l'époque

«■— — «1 II ■■ I « I — — i» I »■«■—— —^—^^^» (1) Âkjeandria (Ftstum) Sandorum»..,. €x quibus aiii in penecuiione yateriam MaHyreafacUp aiu Martyr ribus servientes » mercedem Jtfartyrutn r^ceperuni. (Martyrolofi^. Kom.)

la MAK MAK

de la rév^olutîon, échappa d'abord échapper aux rigueurs de la loi de

aux persécutions qui firent périr déportation du 26 août 1793;

tant de prêtres , en haine de la Foi » mais , comme il étoit âgé de près

dans les années 1793 et 1794* de 70 ans, il se trouvoit dans la

Mais la modération qu'affichèrent classe de ceux qu'elle dispensoit

perfidement les persécuteurs^ en 4e sortir de France 9 à la condii-

1795» ^79^ «^ 15797? lui ayant tîon périlleuse d'y vivre en réélu*

fait croire que la paix étoit ren- sion. Le lieu de sa résidence le

due à r£gUse, il reparut en prêtre mettant sous la )urlsdiclion de«

zélé pourla cause de Jésus-Christ 9 administrations du département

et se trouva 9 sans Tavoir prévu, de la Nièvre, ce fut à Nevers

à la merci des tyrans par qui se qu'on l'amen^ pour y être reclus ,

complotoit la catastrophe du 18 avec beaucoup d'autres prêtres de

fructidor (4 septembre i797). I«a son âge ou infirmes (F. NBTsms).

loi qui fut portée le lendemain , Les gardiens de la maison claus-

pour faire reléguer à la Guiane traie où ils étoient captifs leur

tout ce qu'on pourroit découvrir firent essuyer des vexations bien

encore de prêtres non-assermen- cruelles ; et Marchais^ pour qui

tés 9 menaçoit le curé Marcel elles le devenoient plus que pour

( F'. GciAVE ). On le rechercha ceux dont la.santé étoit meilleure,

pourloi en faire subir les rigueurs; en supporta néanmoins sa part

et y quand on Teut atteint , on avec beaucoup de patience et do

l'envoya, pour l'embarquement, résignation. Ses vertus ne l'aban-*

ùAochefort. Il futmis, le 1** août doonèrent pas plus que ta Foi,

1798, sur la corvette la Bayan^ dans la nouvelle et plus terrible

naise, qui devoit le porter à sa épreuve où ils furent mis, lors*

meurtrière destination. Dans ce * qu'on les enleva brusquement, le

bâtiment, où la peste fit des ra- 14 février 1794^ pour les faire

Tages, cet ecclésiastique , mortel- naviguer vers Nantes, où l'on

lement frappé de ce fléau , y ren* noyoit les prêtres de ces deux

dit son dernier soupir, et son corps classes respectables {F. Naktbs) .

fut jeté à la mer* Sa mort arriva Que d'horribles traitemens. ils

dans l'intervalle du 1*' août au eurent à souffrir dans la route I

39 septembre 1 798. ( ^. F, Lu- mais qu'elle devint encore plus af-

QUET, et J. G. Mathieu.) freuse, leur situation dans le pes^

MARGëLLIN (Le Père), Ga- tilentiel et sombre fond 4^ cale de

pucin. [V, £. G. M. Deschamps.) la galiote du port de Nantes, où

MARGHAIS ( iV... ), 'curé de ils furent entassés ! Quarante-

la paroisse de Goncressant, dans quatre y périrent de misère , dans

le diocèse de Bourges, ne pou voit l'espace d'up yiois. Marchais vi-

MAA MAR i5

mt encore lorsqu'au 18 arril, les et> fidèle à la religion catholique , ptnécuteurs, par uoe compassion il n'a^oit pas youlu prêter le série calcali eoroyérent à Nantes ment de là constitution dvii» b prêtres qui restoient et pou* du ctergé ( V, Ditillv).- Les îmmaA soatenîr la fatigue de cette pies réformateurs le firent etnprifwaàt oarigation. Le curé de sonner en 1793; et 9 vers le corn- CoocRssaot ne le pouvoit guère y mencement de l*année suivante , i cause de ses infirmités , qu'a- ils l'envoyèrent à Rochefort, pour 1W0Ï igratées ses précédentes en être déporté au-delà des mer5 sMifiiaces. Il resta sur la galîote, {V. Rochbvort). Embarqué sur ti ngiatiita bientôt le nombre la flûte ^ Deux Associés, i\ ne dbceax qui y a voient déjà péri, put résister long -temps aux tor- (^. MiuiTAiTy de Lusy; et P. tures qu'on y souffroit^ et mou-* CMouAv, ex-Jésuite.) rut le i5 juillet 1794 9 à l'âge de

MAECHAND (Feançois- 47^1^8* ^OQ<^orps fut enterré dans

lutt)y jeune prêtre d'Arras 9 où l'île à*Atx. M. l'abbé de La Bicbe

iétoHaé, en 1765, s'avançoit raconte que « la dernière maladie

^B$ les voies du sanctuaire 9 en de ce digne ecclésiastique s'an-*

tKffleltaat à l'Eglise un zélé mi«> nonça par une éruption miiliaire

tbtre de la religion de Jésus- qui lui parut à lui-même l'indice

Cirist Le procoDsul J^ Lebon^ de sa mort prochaine. Quoique

vwi dans l'Artois, en 1794 9 pour vivement frappé de cette idée,

îttéaotb' cette relî^ton» endétrui* poursuit le même historien , Mar^

aailes prêtres, ne pouvoit épar- cband n'en rendit pas avec moins

ÇKr celui-ci , qui , survivant aux de zèle beaucoup de services spi*

ttâensyaiirotl propagé leur saint rituels aux malades, jusqu'à ce

BÎDistèredans l'avenir (I^.AaaÀs). qu'il se vit lui-même aux portes

l' k fit envoyer à la mort en du trépas. Il mourut en paix,

^ de la religion , par son tri- emportant la reconnoîssance et les

^^févoUuiannaire, siégeant regrets de ses confrères. Il avoit

à Ams; et ce fut le 13 germinal pris bien des précautions pour

ta II ( 1** avril 1 794 ) que cet ec- faire parvenir à ses parens et û ses

^^câ^stique , âgé seulement de amis la connoissance de ses der-

^<ns, fat immolé par le fer de nières intentions; mais il est vrai*

IflBpiété. ( V. N. Maillet, et C. semblable que la persécution a

11« Mnuv.) rendu ces précautions inutiles».

HAICHAND (Micnn-BEi- {V^ Maillaxd, vicaire; et

*Aft»), prêtre du diocèse de Rouen, J^ Maxchandok. )

^lequel il étoit né , au Havre, MARCHAND (Jea5-Philippe),

^i;)7,habîtoitlaTilltdeRouen; prêtre, que npustroHVons qualifié

IJl

HAÀ

\icaire de Niort» en quelques lislci imprimées, fut le troisième des non -assermentés qu'on inscrivit sur le registre diécTau de Téglise des Carmes de Paris, transformée en prison deux jours après le fatal lo août i79t»« On a lieu de croire qu'il n*étoit venu dans la capitale que parce qu'on Tavoit expulsé de son poste, à raison de son refus du serment de la constittUion civiledu clergé , et ^u'à Paris, il aroit manifesté bien notoirement son zèle pour le maintien de la Foi catholique. Il fut arrêté dès le premier jour où les impies se mirent ^ la poursuite des prêtres. Traduit, par les satellites des persécuteurs, derant le comité delà section du Luxeméourg , dans le territoire de laquelle il demeuroit , il ' s*j vit adresser la même proposition qu'on faisoit aux autres , celle de prêter le serment qu'il aroit déjà refusé. Il persista certainement dans son précédent refus, puisqu'il fut ensuite enfermé, avec quantité d'autres confesseurs de la Foi, dans l'église des Carmes (F. DvLÂv). Il y périt, comme eux , pour la même cause , le 9 septembre »79^- ( f^» Sbp-

UARCHANDON (Joseph), prêtre qui, après avoir été de la communauté de Saint - Sulpice , Tatoit abandonnée, et se trouroit, à l'époque de la révolution , curé de Marsat, dons le diocèse

mar

de Limoges, sur lequel il étoitné, à Bénévent*. Il repoussa arec fermeté tous les sermens imaginés par l'impiété révolutionnaire; et, ne s'éloignant guère de sa paroisse, il se trouYoit, en 1793^ dans la circonscription du déparlement de la Creuse. Les autorité»

de ce département le firent arrêter ; et , quelques mois après , au commencement de 1794 9 elles l'envoyèrent à Rochefort , pour en être déporté sur. des plages lointaines et dévorantes (^. Rocbefoat). Il fut embarque sur le navire tes Deux Associés , où son martyre se prolongea jusqu'il la fin de septembre. Marchandon expira le aa de ce mois , en 1794»

à l'âge de 5o ans. Son corps fut inhumé dans l'île Madame. « Ce curé , nous écrivoit notre correspondant , étoit un homme rempli de piété, et bon par caractère».

La preuve détaUlée en est dans ce que dit de lui M. l'abbé de La Biche, et que nous nous faisons un devoir de transcrire. «A la régularité qu'on avoit lieu d'attendre d'un prêtre autrefois agrégé à ItL communauté de Saint - Sulpice , M. Marchandon joignoit toutes les qualités d'un bon pasteur. Même avant la révolution, la persécution avoit long-temps éprouvé sa Tertu. Lorsqu'il fut tombé malade dans le navire de la déportation, il auroit peut-être échappé à la mort, si, moins persuadé qu'il ne l'étoit de succomber A son mal.

MAE MAH .i5

jcftt fétf Ion de sa eooval«9- )e fit conduire à Bordeaux , afin

Kwt, Tespèce de précaution qui d'y être compris dans le . plus

fmët k sovstrâltfîî au trépas, prochain embarquement pour là

(<etttptfiteio&) du reste 9 devînt Cuiane ( V^ Boei^bavx). £n atten-

iaâDkneot utile â sa sanclification,, dant, il resta enfermé dans le fort

prUçtttîde «Ulicafesse de cens* du Ha.. Mais les embarquemens

«DctqiVlIé loi inspira 9 et par n'eurent lieu que Ters la fin de

^ ^ préparations qu'elle lui l'automne 1794» trois mois «iprès

Rf^ïfour aller paroître au la chute de ' Roberspicrre ; et la

tnboiblÂi souTerain juge. Il santé du prêtre Marcou, altérée

iMnf dans de grands sentimens déjà par tant de soufi^rances , nt

èjNcttB. (r. M. B. Maechaud, pouToit luipermettre deTÎvre jus-

tfJ-ïucovx.) qu'à cette époque. Dangereuse-

UECOJ^NAT (Piuleb) , curé ment malade en juillet , il fut trans-

^ le diocèse de Saintes , et porté à l'hâpital de Saiïit-André »

?>«ÏK^Uei]ieat à Sainl-Porchaii-e^ où il mourut le 5 août 1794» à

pi Bressoiie, où il aroit sa de- l'âge de 5j ans. {F. J. Mallet, et

■ewten 1793, aToit donc bravé M* Maatir.)

^ BXttces de la loi de dépor- MARCOUX (Jagqves) 9 prêtre,

'^ n en dcToit craindre les et chanorine-hebdomadier de Lou-

y^if parce qu'il aroit refusé dun, dans le diocèse de Poitiers 9

^ttnentschismatique de 179I ; étoit Tenu habiter Poitiers, après

■^Mm xèle pour maintenir la la suppression de son chapitre. Il

f« bas sa puretéi) parmi ses se garda bien de prêter le serment

^''^ns» l'onporloit sur ses schismatique de 1791, et se mon-

^>tts. n fut arrêté, et conduit tra, dans .tout, aussi zélé que

^b prisons de Poitiers. Le fidèle pour l'Eglise catholique. Les

^*i^ criminel du département autorités du département de la

^^yiiÊmet qvi siégeoit en Vienne le firent mettre en ré-

^ ^&, le fit cbmparoître de- clusion en 1793; et, dans les pre-

^ ^; et, le aft Tentose an II miers mois de l'année suirante ,

^'*^ 1794) j il l'enroya périr elles l'envoyèrent à Eochefort,

ivVcch£u]dy comme « prêtre pour y subir le supplice d'une dé«

^^'^Tc*. portation maritime. Il fut em-

^^^00 (Pinai} f prêtre du barque sur le navire icB Deux

^<bi Puy^né dans la ville JwsocUa. {V. Rocbbpoet); mais

f^ ^ os Dopi, fut. arrêté par bientôt il succomba sous les maux

"^ f^i^icQleors 9 comme prêtre qu'on y endoroit. Il mourut le

''''^[i^téy dans le courant d^ 19 juin 17949 àl'âgede 60 ans, et

'^ QoelqiiM mois, après, on fut enterré dans Tlle d'^sa;. IV.

MAR

J^ Mà&chàhdor, et G. A. M4R&-

CBAL. ]

MARÉCHAL (GLAtDEALms), curé de Bras 9 dans le diocèse de Yerdun, sur lequel il étoit né^ à bom-SéTrtn , eut le malheur de prêter le serment de la constitution civile du cUrgi; et les moi tifs humain) qui Ty ayoient décidé^ le portèrent A prêter également celui de iiéerté-égaiité. Comme Pamour du sacerdoce étoit encore dans son cœur 9 il en continuoH les fonctions 9 lorsqu'en 1793 les reformateurs Touluredt établir ouvertement le règne de Tathéisme.

Maréchal fut emprisonné » et ensuite envoyé à Rochefort, pour être déporté 9 comme les prêtres fidèles , au-delà des mers ( F. Ro^ CHEFORT ]. On l'embarqua , ayec eux y sur la flûte (es Deux Associés. Partageant les souffrances qu'ils enduroient pour la Foi» il voulut participer à leurs mérites 9 et rétracta ses deux sermens. Il mourut ensuite 9 pendant la nuit du 35 au 26 aoûti 794 9 à Tilge de 39 ans. Son corps fut inhumé dans nie Madame, {V. J. Maagovz^ et L. Mâbli.)

l^ARET ( CATHBftiKB } 9 religieuse de la ville de Rordeaux, née à Panât 9 dans le diocèse de Sarlaty vers 17539 continuoit à vivre 9 avec quelques compagnes , dans la pratique de |a règle de son ordre 9 après la suppression des cloîtres. Quand ce fut un crime capital de rester attaché à la reli-

MAR

gion, Catherine Maret^ qu'on en soupçonnoit A bon droit 9 fut arrêtée^ avec cinq autres femmes , dont quatre étoient religieuses ; e1 on les traduisit devant la commis* sion militaire de Rordeaux, qui devoit les envoyer à la mort. Les seuls délits qu'on leur imputa étoient « d'avoir déclaré ellesmêmes qu'elles avoient assisté à la messe et à des cérémonies religieuses 9 célébrées par des prêtres dits réfractaires 9 en dti maisons particulières ; d'en avoir eu quelques uns ches elle 9 ainsi que ses compagnes {F. J* Ruollb 9 A* Gassiot, Met* GuArD); et de ne vouloir pas dire où cts prêtres étoient cachés ». Elle fut condamnée 9 avec ses sœurs en Jésus- Christ 9 à la peine de mort, et exécutée le même jour 9 19 mes^ sidor an II (aS juin 1794)9 à l*âge de 4^ Ans.

MARIE-HENRIETTE (Sœur), religieuse. ( F. A* PBLLBEàT. )

MARIE- LOUISE- JOSEPHE DE SAINT- FRANÇOIS- D'AS- SISE (AT... }» religieuse. ( K.

G^DuCBBt.)

MARIE-NATALIE-JO- SEPHE DE SAINT-LOUIS (Sœur); religieuse. {V. M. M.

Yarot.)

MARIE -SCOLASTIQUE DE SAINT - JACQUES 9 religieuse.

{K. M* Ms»» J^ Lbbobx. )

MARIN [Le Frère)^ Capucin.

(r.J. F. Vali.<e.)

M A RLE (Lovis bb 14)9 curii

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^^l^auior*^*"^^ firent d»abord

Beorc^*^ ^^ ^ Rocheforl, Veo^oy^^j^;^ au^clà des

Ti^^'B^oca^û»')- Il fut

l * - ^^^ le natire te TTa-

^%f à là rue de tant

^^^^gifesseun de Jésus-

^'^**- ^^offroient pour n'avoir

is 1^5 prcTarications dont

,,^«1 coupable , il se hâta

^^^^cr^ ^^^ beaucoup d'é- Ae rctr^i-^ ^^^ ^^^^ sermens,

**^*\ .« ^ij» ainsi confessé sa Foi

O""*®.-. u ^^* tourmcns, Dieu

** . '^ Vfc toort de le frapper. Il pemut * »*

expira

. AefOO^"* de Saint- Laujieas* •* A^^reSf en Poitou, dans ft*»*-^Jjr^ Je, La Eochelle, fut jj &oc*^^ll,0jîqoes contre lesruoe df* ^idatsderatbéismedi-

g ^*éCoit

MAR ly

figèrent leurs plus grandes fureu r s, vers la fin de 1793. Ils Tawassinèrent avec leurs sabres , et la coupèrent en morceaux 9 principalement à cause de sa piété et de son zèle pour la religion. { F.

Yeudâb.)

MAKMOTAN (ClaudS-Louis), curé de Compans - la - Ville , près de Dammartin, dans le diocèse dç MeauXy avoit été expulsé de son église par les impies, à raison du refus qu'il avoit fait de prêler le serment de la consiitution civile du cUrgé» La persécution qu'il y éprouvoit, pour cette cause, le força de venir chercher un asile dans un quartier peu remarqué de la capitale, où le nombre des prêtres fidèles étoit plus considérable qu'ailleurs. Il se logea dans la rue des Fossés-Saint-f^ictor. Après la journée du Dta> août, quî donna tant de licence aux ennemis des prêtres invariables dans leur Foi, Marmotan fut un des premiers qu'ils arrêtèrent. Ils le surprirent , dès le 1 5 de ce mois , dans son domicile, qu'ils avoient déjà bien. signalé; ce qui prouve que sa vertu et son zèle leur fiiisoient beaucoup d'ombrage. Ils le traînèrent de suite au comité civil de la section, où l'on n'avoit pas besoin de lui faire répéter son refus du serment, pour être con*i vaincu de sa fermeté dans la Foi.

Il fut aussitôt condamné , pur le comité, à être enfermé dans le séi^inaire de Saint-Firmin, qui

i8 MAR

devenoit une prison pour les prêtres non-assermentés. Offrant dès lors à Dieu le sacrifice de sa ^ie 9 ayec ses compagnons de captivité 9 il se prépara au martyre 9 que tous regardoient comme inévi-^ table; et i! fut massacré avec eux 9 le 3 septembre suivant 9 ùl Tâge de 44 ans. ( F. Scptembre. ]

MAROT(iV...), religieuse d'un couvent de Chollet, dans le diocèse de La Rochelle, et supérieure de sa communauté 9 eut la consolation de ne pas la voir dissoute entièrement, lors de la suppression des ordres monastiques. £n allant habiter le bourg de la Gaubretière 9 près les Herbiers 9 dans le diocèse de Luçon 9 elle fut accom- {iagnée de deux de ses religieuses 9 avec lesquelles 9 en ce lieu 9 elle continua de remplir avec ferveur les devoirs de sa profession. Cette petite communauté étoit 9 pour les habitans9 comme les dix justes dont la présence auroit sauvé Sodôme, s'ils s'y fussent trouvés, suivant le langage de l'Ecriture.

Les soldats de l'impie Convention pénétrèrent avec fureur jusqu'à ce bourg, vers la fin de 1^95; et 9 cette sainte réunion leur ayant été indiquée par quelques pervers 9 ils massacrèrent la supérieure Marot 9 atec ses deux compagnes. ( F. Jobâbd et Meunier.)

MARQUET (JEAîf- Baptiste), curé de Stenay, dans le diocèse de Verdun 9 sur lequel il étoit né 9 à Stenay nicnie, terioit sans dente

MAR

par des liens trop humains ù cette petite ville ; car 9 pour ne pas être dépossédé de sacure9 il fit d'abord le serment de la constitution etviie du clergé, et ensuite celui de iiéerté-égaiité. Ces deux actes d« condescendance aux vues des im pies réformateurs ne purent cependant le sauver. Leur haine pour la religion les porta bientôt à le faire emprisonner; et 9 vers le commencement de 17949 ils l'envoyèrent à Roche fort 9 afin qu'il y subît cette cruelle déportation maritime qui s'y préparoit pour les prêtres demeurés constamment fidèles ( V, Rochbfort). Embarqué sur la flûte (es Detix Associés, avec beaucoup d'entre eux, Marquct sentit, en les admirant, toute la gravité des fautes qu'il avoit commises : il voulut , comme eux 9 souffrir en vrai confesseur de Jésus-Christ9 et rétracta ses deux sermens. Ses souffrances se prolongèrent sans affoiblir sa Foi ; il ne mourut que le 9 septembre 1 7949 ayant alors environ 42 uns.

Son corps fut enterré dans l'île Madame, {F, L. Maale9 et J^ B.

Martin. )

MARQUEYSSAT (Pibrrb- Yernet de) 9 l'un des plus anciens chanoines de la cathédrale de Sarlat, en Périgord9 ne sortit point de France 9 lors de la loi de déportation du a6 août 17929 quoiqu'il eût mérité d'être persécuté par les impies « à raison de son attachement n la Foi catho-^

MAR

lique. Ilcontiaua d'habiter la ville de Sarlaty où 9 après quelques bioîs de calme •) il se T»t enleyer par les agens de la persécution 9 qui le conduisirent dans les pri-« sons du chef-lieu de son départe* ment. G'étoit la Tille de Périgueux, où siégeoit le tribunal crimiDel de celui de la Dordognc.

Il cdmparut devant les juges qui 9 le 14 messidor an II (2 juillet 1794)9 renvoyèrent à réchafaud, comme «prêtre réfractaire » . {V, M. LovBiGNAc^ et J. Maetin.)

SIARROY (Stlvàin-François), prêtre. {V, S. F. Parelon.)

MARS (Jacques) 9 prêtre du diocèse de Vence 9 né dans la ville de ce nom, en Basse-Provence, vers 1735, étoit, à l'époque de la révolution , chanoine et second dignitaire, en qualité de sacristaintrésorier, dans la cathédrale de Vence. H a voit été précédemment curé de la paroisse de Broc , dans le même diocèse où, plus antérieurement, il avoit exercé les fonctions de vicaire, en celle de Gagnes, près de Nice. Lorsque son chapitre fut supprimé , Il se vit demander le serment schismatique de 1791; et le refus qu'il en fit lui attira la haine des partisans de l'hérésie constitutionnelle. La persécution , dirigée spécialement contre sa personne, ne lui permit plus de rester à Vence après la loi de déportation; et il passa à Nice, où étoit son évêque. Quand les troupes de la révolution s'empa-

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rèrent de ce pays , vers la fin de 179a, le vénérable Mars, que ses infirmités empêchoient d'aller plus loin , prit le parti de revenir à Vence , espérant qu'elles l'y mettroient à couvert des persécutions.

Il fut arrêté sur la route , faute de passeport , et resta plusieurs mois dans les prisons de Grasse. Gependant, remis en liberté, il put rentrer dans sa ville natale. Le débarquement des Anglais à Toulon, dans l'été de 1793, lui procura quelques jours de sécurité ; mais , après que cette ville eut été reprise par les troupes de la Gonvention, les persécuteurs, ranimés par cet avantage , n'épargnèrent pas mieux le chanoine Mars que bien d'autres. Il fut pris et traîné dans les prisons de Grasse»

parce que c'étoit en cette ville que siégeoit le tribunal criminel du département du Var , dans le ressort duquel il avoit été saisi. Ge tribunal le condamna à la peine de mort, comme « émigré-rentré », le 26 frimaire an II (16 décembre 1795 ). Le même jour, il fut conduit à l'échafaud, du haut duquel il voulut parler au peuple , avant de livrer sa tête au bourreau; mais un roulement de tambours vint couvrir sa voix; et l'on no put entendre que ces mots :

«Peuple de 'Grasse, priez pour moi » . Il périt ainsi à l'âge d'environ 68 ans.

MARTELET ( François-Bersard), prêtre de la congrégation

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des Missions de Saint-Lazare, dans leur maison de Paris 9 depuis 1779, étoit né à Jussej» près Vesouly en Franche -Comté 9 yers 1758. Ses supérieurs renvoyèrent au Mans , où il fui préfet de chœur et maître des cérémonies.

Les périls dont la révolution menaça la Foi 9 en 1790, excitèrent en lui une vive ardeur pour raffermir dans Tume de ceux qui pouvoient le plus contribuer à la perpétuité de son règne parmi les fidèles. Il s*occupa surtout de prémunir contre les pièges des novateurs 9 les élèves du séminaire du Mans 9 dont les Lazaristes av oient la direction. Quand FAssemblée Constituante. détruisit les anciens établissemens ecclésiastiquesy et prescrivit le serment schismati({ue de 1791 9 que Martelet refusa, sa communauté étant dissoute y il retourna dans le lieu de sa naissance , où il se mit à fortifier ceux dont la Foi étoit chancelante 9 et à consolider celle, des ehrétiens que la séduction n'avoit pas ébranlés. La loi de déportation le força de sortir de France 9 vers la fin de 1 79a ; mais son zèle Tj ramena quelque temps après ce fameux Neuf thermidin* (27 juillet 1794)9 depuis lequel la Convention donnuit lieu de croire que les prêtres n'y seroîent plus exposés à la mort. Cependant 9 à peine eut-il mis le pied sur le territoire français 9 en rentrant par la frontière du Nord) qu'il eut assez de

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défiance pour ne pas trop se kuter de reparoltre à Jussey, où les ennemis de la religion sembloient l'attendre ; et il s'arrêta dans la vill« de Saint-Omer, en laquelle il espérait pouvoir exercer son ministère avec fruits II y résida deux ans, occupé du salut des âmes; mais 9 au printemps de 1 797 9 il se laissa gagner par une confiance que paroissoient )ustiûer les dispositions du Corps Législatif» et vint à Paris 9 avec le dessein probablement de retourner au Mans , où il étoit rappelé par le vœu de beaucoup d'excellens catholiques.

Mais arriva la funeste catastrophe du 18 fructidor ( 4 septembre 1 797) ; et Martelet 9 exposé a de nouveaux dangers dans la capitale»

crut devoir se retirer chez sa mère^ à Jussey. Il y arriva le 1 1 octobre ; dix jours après, onze gendarmes ^ y entrant avec fureur 9 vinrent l'en arracher, et l'emmenèrent, comme un criminel , à la municipalité dé cette ville. Le juge de paix de Jussey, auquel on le livra pour être interrogé 9 refusa la commission; et Martelet fut traîné, par les mêmes gendarmes 9 i\ celui de Blonde-Fontaine, dont l'aversion pour le sacerdoce étoit connue.

Celui-ci , d'un air hypocritement bienveillant, lui dit qu'il alloit le remettre en liberté, s'il vouloit « renoncer à son état de prêtre v .

Martelet, au contraire, se glorifia de l'être , et même encore d'êti« Missionnaire. Cette déclaration

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obligeant le )uge de paix â pour- «uirre rinterrogatoire 9 H lui demanda s'il aroU, depuis peu y exercé les~fonctions sacerdotales ; et le saint prêtre répondit : « Oui 9 toutes les fofs que je l'ai pu b . Sur oette réponse, le magistrat le fit conduire à Yesoul. Une de ses scBurs (Cécile Martelet, veure Glayet), qui l'accompagna partout, raconte que, le lendemain du jour où il eut été enfermé dans la prison de Yesoul, deux dames, émues d'une 'eompassion que la religion cessoit d'éclairer, étant Tenues lui conseiller de dissimuler layérité, quand il comparoltroit derant les juges pour âtre interrogé, il leur répondit qu'il aimpit mieux «mourir pour la rérité que ▼irre pour le mensonge •• Un moment après y il fut appelé pour l'interrogatoire, où on lui dit que «puisqu'il étoit prêtre, il étoit par oeb même un scétératf et qu'il ne sortiroit point de prison , tant qu'il n'abjureroit pas son sa- 4serdooe». Les mêmes propos lui lurent tenus en quatone autres interrogatoires successifii , pendant les quatre mois qu'il re^ dans la prison de VesouL II y trouToit , au reste , des consolations analogues à ses sentimens, dans la sœiété de plusieurs prêtres qui éloient enfermés arec lui. Enfin, ▼ers la fin de janTter r7g8, douae gendarmes, renforoés par un piquet de caralerie , le conduisirent , enchaîné, ayec trois confrères? à

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