‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution FrançaiseChapitre 146 sur 222 · GHE · texte numérisé non relu

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suivant dans la paroisse de Saint- Alban, près Ghambéry, où il s'étoit caché. Les persécuteurs le firent traîner avec beaucoup d'autres prêtres de la même province k Eochefort , pour être déporté à la Guiane {V. Guiâfe) ; et il fut embarqué sur la BayonncAsô le i*"' août 1798, sans être bien rétabli d'une maladie qu'il a voit contractée dans les prisons. Sa résignation sembloit augmenter avec ses souffrances. Il consomma son sacrifice pendant la traversée > du i*'août au- 29 septembre; et son corps fut jeté à la mer. (F. J^ Ghàpuis, et A. Cho&lst. )

CHEVALLIER (Noël- Etieivre), premier chanoine de Saint-Pierre-le-Puellier, dans le diocèse de Poitiers, et membre du bureaa diocésain, étoit resté dans la ville de ce nom après la suppression des chapitres. Quoiqu'il eût été loin de prêter le fatal serment de 1791, il n'étoit pas sorti de France, parce que la loi de déportation du a6 août 179a, ne lui avoit semblé regai'der que les fonctionnaires publics, et parce que d*ailleurs la Foi courageuse des.

Poitevins paroissoit devoir le ras?

surer Contre la persécution des conventionnels. Cependant il fut atteint en 1 79a ; et on le jeta dans les {Prisons de Poitiers* Le tribunal dû département de la Fienne, siégeant en cette ville, le fit comparoître devant lui le a8^ ventôse an II { 18 mars 1794)* U 7'fuf

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condamné à la peine de mort, comme « prêtre réfractaîre » ; et alla mêler son sang à celui des seize autres yictimes «[ue les juges firent aussi périr le même jour, en haine de la religion. {V, P. CsBa- BOMNiEa 9 et A. Dbghàetbe. )

CHEVRESSON (Jean-Baptistb), prêtre, chanoine régulier de lu congrégation dé Notre Sau^ veuPf et supérieur de la maison qu'elle avoj^ à Dommartin-Jes- Villes, dans le diocèse de Saint- Diez, étoit né à lUoud, près de Bourmont, paroiase de celui de Toul. Il refusa très -courageusement de prêter le serment de la constitution civile du clergé, et fut dès lors voué à la persécution. Elle s*acharna d'autant plus contre lui , qu'il se montroit ferme dans ses devoirs et dans son attachement à la religion. Il s'étoit retiré dans son pays natal, faisant alors partie du département de la Meurthe; et il y fut saisi en 1795.

Après l'avoir condamné à être déporté au-delà des mers , on l'envoya à Rochefort pour y être embarqué. Il le fut en effet au printemps de 1794? sur le navire tes Deux Associés 9 où il ne résista pas aux maux sous lesquels tant d'autres prêtres succomboient. Il expira le 17 août de cette même année, à l'âge de 55 ans, et fut enterré dans l'île à^Aix, ( V. A.

ChÉEIEB, et... CviBOZfCEAU. )

CHEYREUX {Dom Antoine) , Général de l'ordre des Bénédic-

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tins de la congrégation de Saint- Maur, dont les maisons, à Paris, étaient celle de Saint - Germaindes-Prés, et celle de la rue des Blancs^Manteaux, n'auroit presque eu besoin que de son titre pour faire comprendre l'étendue de ses con^' noissances et la sublimité de ses vertus. L'éloge de son. ordre , sous ces deux rapports» est encore dans tous les cœurs , et même dans toutes les bouches. Tant que l'on conservera, je ne dis pas seulement en France > mais chez toute»

les nations éclairées, le goût de l'instruction, et quelque amour pour la vertu , on parlera de la congrégation de Saint-Maur avec autant d'admiration que de respect. Ces sentimens se réunissent ici en l'honneur de Dom Ghevreux, qui en fut le dernier supérieur-général. La haute considération dont il jouissoit à Paris le fit nommer, par. le clerijfé de cette capitale, un de ses députés aux Etats - Généraux de 1789. Dire qu'il y fut fidèle aux principes de la religion et de l'honneur, en exposant même sa vie , lorsque ces Etats, s'étant convertis en Assemblée Nationale, firent tant de décrets subversifs de la religion catholique , comme de l'ancienne monarchie , sëroit une chose superflue. La conduite de ce vénérable religieux, dans ces occasions si critiques, fut si pure et si chré- ' tiennement héroïque, qu'il mérita d'être compris dans la liste des

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prêtres à massacrer y lorsque la fatale journée du lo août eut donné à TEnfer tout pouvoir sur les Saints du Sei^eur. Dom Cheyreux fut arrêté et conduit dans Péglise des Carmes', subitement; transformée en prison de mort (^.DuLAii); et Ton y enferma avec lui son neyeu, aussi Béné* dictin {F. Baakeav). Le ^ septembre , ce digne général de Tillustre congrégation de Saint-^ Maur fut appelé» comme les plus simples prêtres > devant ce commissaire de police qui, dans l'église, régularisant le massacre, les envoyoit deux à deux à la porte de l'immolation. Il vint avec la docilité d'un enfant , et marcha à la mort avec la résignation d'un Saint, et la fermeté d'un Martyr»

(y. Septembre.)

GHEYBjiER (Jeav-Baptistè), prêtre du diocèse d'Annecy, né à Eumilly, près Bonne ville, voulant éviter les persécutions faites, danS' sa province, aux prêtres qui refusoient de prêter le serment criminel exigé par des proconsuls de la Convention ( F. Savoie ) , étoit venu se réfugier à Paris.

Ne s'y croyant cependant pas encore en sûreté, il alla se cacher dans le bourg d'Auteuil , où il fut bientôt découvert. On le jeta dans les prisons de Paris , pour y attendre son tour d'être envoyé à l'échafaud. Ne sachant pas s'ilavoit eu , dans la Savoie, quelque charge sacerdotale, et n'ayant d'autre

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grief contre sa personne que son état de prêtre, le tribunal révû-iupiannaire dîfféroit à le faire comparoître devant lui. Maisenfin, lorsque ce tribunal se contenta de prétextes pour envoyer des victimes à la mort, il condamna le prêtre Chevrier à périr, le 5 thermidor an II ( o!5 juillet 1794 ), comme complice d'une prétendue conspiration des prisons de la maison des Carmes, où il étoit enfermé. Il fut guillotiné le même jour, avec plusieurs autres prêtre^ accusés de la même conspiration.

Son âge étoit de 5o ans. (F, De-

LAUKB.)

CHÉZEAU (iV..., Dam), jeune Bénédictin de la maison de Bourges , ayant eu le malheur de faire le semient de la constitution civile du clergé, avoit même porté le scandale jusqu'à devenir vicaire épiscopal de l'évêque intrus de Nevers. A l'abri des rigueurs de la loi de déportation du 26 août 179a, il sembloit devoir échapper aux fureurs des révolutionnaires, dont il avoit embrassé les premiers systèmes. Mais, à la fin de 1795, ils ne vouloient pas plus de prêtres constitutionnels que de prêtres catholiques; et dom Chéaeau fut jeté dans une prison, co^pime ecclésiastique. Il y resta jusqu'au mois de février, qu'il fut associé au sort des vénérables inassermentés de Nevers, qu'on envoyoit à Nantes, pour qu'ils y périssent J^F, Nevers «t Nâïcies). Ce fut là .,

pour djom Chézeau, une insigne faveur du Ciel. Il ayoit alors 57 ans. Un de ses compagnons de déportation, du petit nombre de ceux qui sont rerenus dans leurs foyers, nous dit, en racontant la généreuse rétractation et la sincère pénitence de ce jeune Bénédictin, dans cette rencontre : « Il sembla ne nous avoir été associé que pour nous faire rougir nous-mêmes de notre tiédeur, par la ferveur de sa piété, et nous faire presque envier ses fautes, si nous eussions dû avoir le bonheur de l'imiter dans son repentir, et de mourir comme lui et avec lui ». Dom Chézeau , qui avoit trouvé , dans Tesprit de pénitence dont il étoît pénétré , le courage de supporter les tourmens auxquels les prêtres furent en proie pendant le voyage , succomba sous ceux qu'ils eurent à souffrir dans l'horrible fond de cale de la.galiote hollandaise, à Nantes. Il y mourut le 6 avril, le même jour que Philippe Gaspard Aforeau,etle curé Cantat(^. Ne- VEBs). La sainte mort qu'il fit con- . sola ses compagnons du chagrin que leur avoit causé , le 27 mars , celle d'un autre vicaire de l*évêque intrus de la Nièvre. Obstiné dans son schisme çt ses erreurs, ce constitutionnel, âgé de 68 ans, et qui avoît été longrtemps curé légitime de Saint-Sauveur, dans le diocèse de Nevers, ne voulut point les rétracter, et mourut hors du seindel'Eglise catholique,

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sans être digne d'en recevoir les dernières bénédictions. {F. Châ- PEÀV, d'Angers; et Custode, chanoine.)

CHIÈZE (JbeÔme de), prêtre, chanoine de l'église cathédrale d'Orange, et vicaire-général du diocèse , ayant continué d'habiter cette ville, après la suppression des chapitres , et y vivant avec son frère , aussi prêtre , dont il va être parlé, n'étoit pas sorti de France, d'après la loi de déportation , quoiqu'il n'eût pas fait le serment de 1791. L'esprit d'opposition que le midi de ist France montroit à la Convention, en 179?, les rassuroit contre les dangers dé la persécution. Quand elle se déploya avec fureur sur cette contrée, au commencement de 1794 9 Jérôme Chièze fut arrêté avec son frère ; et tous les deux furent livrés à la féroce commission populaire établie dans leur ville {V. Orange).

Suivant l'usage adopté par cette ignare autant que sanguinaire commission, celui de se dispenser de toute procédure en envoyant les victimes à la mort, sous prétexte de contre -révolution, Jérôme Chièze, qui comparut devant elle, avec son frère, le 5 messidor an II ( 23 juin 1794)9 fut condamné, à l'âge de 72 ans , comme «contre-révolutionnaire», à périr sur l'échafaud ; et ils y périrent effectivement ensemble, le lendemain. Trois jours après, un monstre qui faisoit partie de cette

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espèce de. tribunal , en qualité de greffier, le nommé Benêts, ècri'* Toit ( le 9 messidor • — 27 juin ) à un autre monstre nommé Pajan :

« Les deux Gbièze, prêtres, sont au nombre des conspirateurs punis. Cela va bien, et pa ira* Depuis primidi ( 18 juin ), plus de soixante scélérats ont courbé la tête» La guillotine est placée derant la Montagne ( emblème figuratif du parti le plus (éroce de la ConTention ) ; et Ton diroit (jue toutes les têtes lui rendent, en tombant , Thommage qu'elle mérite. Allégorie précieuse pour de vrais amis de la iiiertél» {À. J.

F; Crièze.)

- CHl£ZË(JoSEPR-FRÉOliBICBE),

prêtre, et cbanoine régulier de l'ordre de saint Ruf, s'étoît retiré à Orange , où il vîvoit avec son frère dont il vi^ht d'être parlé.

Quoiqu'il n'eût pas plus que lui prêté le serment de h constitution dvile du clergé , il ne sortit pas de France, et fut arrêté avec • lui, au commencemeirt de 1794.

Traduit, encore avec lui, devant h barbare commission , te 5 messidor an II (a3 juin 1794)9 il fut de même envoyé à la mort, sous la vague accusation de « contre-^ révolutionnaire », à l'âge de 69 ans.

Sa tête tomba le lendemain, sur rëchafaud, avec celle de son frère, Çr, J. Chièzb, et M* CttJtE.)

CHILON (MiCHEi), prêtre du diocèse de Rennes, vîvoit fort retiré à Romillé , près Montfort*

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sur-Men. Il n'avoît pas cru devoir se soumettre à l'inique loi de la déportation , quoiqu'il n'eût pas fait le scbîsmatique serment d^ 1791, et qu'il repoussât, comme contraire à la Foi, la constitution civile du cletgé. Les agens de la persécution l'atteignirent , et le jetèrent dans les prisons de Rennes.

Le tribunal criminel du département d*Ille et Vittaim^ siégeant en cette ville , et devant lequel il comparut le 7 thermidor (26 juillet 1794)5 le condamna, comme « prêtre réfractaîre », à la peine de mort ; et il fut décapité le même jour, avec un autre prêtre du même diocèse, immolé pour la même cause , et deux vertueuses catholiques de qui ils avoient reçu une pieuse hospitalité. {A. J. B.

TOSLIVIÎÏT, A'fiEDÉE, et F' Be-

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