‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution FrançaiseChapitre 15 sur 222 · AIL · texte numérisé non relu

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socier à leur sort les quinze prêtres sexagénaires ou infirmes qu'ils avoient en réclusion (F, Angebs).

Le P. Agrafel fut donc, ainsi que ses quatorze compagnons , forcé de partir avec les autres, le i3 mars 1 794* Tout ce qu'ils eurent à souffrir dans le trajet , a été raconté ailleurs ( F. Nbvbrs ]. Arrivé à Nantes, le P. Agrafel fut, arec eux, enfermé dans le fétide fond de cale de la galiote hollandaise au port de cette ville. En proie à la faim , au froid , à la peste que tous ces captifs de Jésus-Christ avoient à supporter, il y succomba vers le commencement, d'avril 1794* On a cru à Angers qu'il avoit été noyé dans un des bateaux à soupape du cruel Carrier; mais nouA avons une preuve irrécusable de la relation que nous venons de faire de sa mort , dans le témoignage par écrit de quelques uns des onze prêtres de la Nièvre qui retinrent ensuite dans leurs foyers* ( J^. Adbloh, de Neufontaines , et AniHÉ > Bénédictin. )

AILLËT (Mjlbgubbitb Guito-»

jiiER, veuve d'), femme pieuse, demeurant à Loudun/, dans le diocèse de Poitiers , avoit donné chez elle à quelques prêtres catholiques persécutés un asile contre la persécution. On les y découvrit, et elle fut arrêtée avec eux 9 et conduite comme eux dans les prisons de Poitier3 (^. Vendée).

Cet acte généreux de religion, l'un des plus méritoires aux yeux dp

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pieu en de telles circonstances (JP^. J'Alix), ne pou voit qu'irriter (extrêmement les ennemis de la Foi. Elle fîit appelée devant le tribunal criminel du département de la yiermCf siégeant à Poitiers, le 1 4 thermidor an II ( i" août 1 794); et les juf^es se bâtèrent de l'envoyer à la mort çomipe « irecéleuse de prêtres réUractaires » , cinq fours après 1^ chute deRoberspierre.(F.

£• Vincent et J. A. Arnavdbau.)

AIMÉ-DE-JËSUS {Samr Saint), religieuse. ( F. M«** R* GuiDOir. )

ALAGNON (Pieere), prêtre 4u diocèse de Gahors, nommé Allagnon dans le Voyage de J. J.

Aymé; Allagon, avec le titre de « chapelain de Toulouse , » dans le Voyage de L. A. Pitou ; et Alanion de Fbatssinet dans une compilation récente 9 étoit simplement né à Frayssinet-le-Gelat) dans lé Quercy, près de la ville épiscopalè , et l'un des huit chapelains de l'église cathédrale de Cahors à l'époque de la révolution. Il se trouvoit encore dans cette contrée | quand fut rendue la loi de déportation du a6 août 1792. Quoiqu'il n'eût point fait et qu'il ne voultït point faire le ferment de la constitution aivite du eleraé, il ne sortit pas de France; et, quelques mois après, il fut arrêté, et envoyé à Bordeaux pour être de là dé-> porté à Cayenne. Il fut même du nombre de ceux qu'on embar-

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qua au Pâté-de-Blaye , trois mois après la chute de Roberspierre (F. Bordeaux). Ses souffrances furent grandes, non seulement dans les prisons , mais encore sur le vaisseau qu'on le fit monter, et dans celle où il fut ensuite déposé après être remis à terre. Lorsque les prêtres eurent enfin la liberté de retourner dans leurs foyers, en 1796, Alagnon revint dans le dio<9 cèse de Cahors, où il travailla au salut des âmes avec une ardeur proportionnée aux besoins de l'E"glise. Son zèle l'ayant rendu très* odieux aux révolutionnaires, ils cherchèrent à se saisir de sa per« sonne lorsque la persécution eut repris ses fureurs , au 18 fructidor (4 septembre 1797)* Alagnon, à qui le seraient de haine qu'on exigepit alors, faisoit horreur, se réfugia dans un asile champêtre ; on l'y atteignit, et on l'amena dans les prisons àp Cahors, d'où il fut bientôt envoyé à Rochefort pour être déporté à la Guiane.

Dans le trajet, des gendarmes in« humains voulurent l'attacher ayec des chaînes, et lui niettre un col-< lier de fer. La nature en lui frémit un instanjfc, en voyant cet appareil destiné aux malfaiteurs; mais la religion reprenant ses droits 9 et lui rappelant tous les maints personnages de la primitive Eglise y qui avoient porté des fers, il bai$a ce collier, éprouvant intérieurement le bonheur indicible que çaint Paul avoit tropvé ^an^ ses

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fers 9 et dont il ne se lassoîi plas de se féliciter : vinctus Christi, — vinctus in Domina. €e que Mînt Jean-Chrysostème aroit dit à ce sujet , se réalisait délicieusement dans Tâme d'Agaisse , lequel pouToit s^écrîer, par un sentiment personne] : « O bienheureux liens f Heureux celui que décore cet ornement 5 bien^lus magnifique que le diadème des rois! Ahl quand on aime Jésus-Christ, on connoîl toute la dignité à laquelle sont éleyés ceux qui sont enchaînés pour lui ; et saint Paul se croyoit moins honoré par les réyélations qu'il ayoit teçues du ciel 9 que par les fers qnHl ayoit portés » . O éeata mnoiial O éeataa ma/nus guas omavit Uia eatenal Non enim tatn spiendidum facU cajmt viua ex gemmis composita ei imjHtsita, quàm catena ferrea

ffropter ChHstum Si quis

Chrisium diiigit , novit hanc

dignitatem Quantum sit

gratificcowm , quàd propter ip*

mimsit vinctus TiihUest

Ma catena éeatius. Non tam dico (Pautum) heatum quàd audierit arcana verba, quàm eum censeoéeatumpropterma vincula. (HomiLyiII» in cap. ly^ adEphes.)

Alagnon parvint àRochefort; et»

après 7 être resté quelques jours en prison^ il fut embarqué le i** août 179B sur la frégate ta Bayon»

noise {V. GviAnE); mais il ne pqt réaUter ^ux fatig;aea de la tra«

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Tersêe , et aux tourmèas de cette espèce de cachot. H y mourut avant d'arriver à Cayenne , comme l'attestent de concert les Voyagea à Cayenne des deux laïcs déportés que nous venons de citer ; et non point « après le débarque* » ment », comme il est dit dans la compilation dont nous avontf parlé. Le corps d' Alagnon n'eut point les honneurs de la sépulture ; il fut jeté à la mer ( F. H. Agàissx

et P. J. AZÀBET. )

ALAUX (Géav), prêtre du diocèse de Toulouse 5 y étoit, & répoque de la révolution , curé de la paroisse de Sainte * Radegonde de la petite ville de Béaumontf sur la Lèze , à quatre lieues de Tou^"* louse. Au milieu de la défection de plusieurs 9 dans ce diocèse , il conserva sa Foi ferme et entière f en redisant le serment schismatique de 1791, et tous les actes impies demandés ensuite aux prêtres. Peu de ceux de ce dîs-> trict y furent immolés durant la persécution; non que les persécuteurs n'y fussent aussi ardens qu'en d'autres contrées, mais parco qu'ils trouvèrent dans celle-là trop de prêtres foîbteS) dociles â leurs vues. La vérité 9 qui préside à notre travail 9 ne permet pas qu'en nous glorifiant de ceux qui eurent le courage de mourir, plutôt que de rien faire contre leur conscience, nous dissimulions que, dans le clergé de France ^ il j ettt> comme jadis > parmi

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lci$j>reiniers chrétiens persécutéç^ de ces hommes qu'on appeloit lapsi. Que ne pouvons-nous taîre qu'on n'en cotnp^e pas moins de cent vingt-cinq , nommés , avjBe leurs qualités 9 sur un.e |iste. imprimée qui fujt.afl^chéjç.dAns le.

temps 9 à Toulouse j et dont^êpiç nous avons le placard •..sous les jeux I Son titre seul justiOe notre doulçur ; il est conçu e.Q Ge9 termes :' «Tableau contenant les noms des

ecclésiastiques qui ont remis ^ jus^ qu'à ce jour, 20 prairial (8 juin 1794)9 au bureau de l'agent national du district de Toulouse , la déclaration de i:enoncîation à leurétat de prêtrise , et qui doivent jouir d'une pension viagère, en exécution de. la loi du a frimaire». Au bas, on lit : «Certifié par l'agent national, le ao prairial : signé Descombels. » G'étoit le résultat d'un arrêté que les autorités de Toulouse avoient pris pour se conformer à Ja municipalité Dantaniste de Paris. , laquelle avoit décidé , le 9 novembre 1 795 ,.

« qu'il seroit ouvert un registre sur lequel on inscriroit les déclarations des citoyens qui voudroient se déprétriser » {Moniteur/ II* année de la république, n* 49)* Mais à tant d'énormes scandales , opposons bien vite la courageuse fermeté du curé Alaux, qui, resté dans le canton, et bravant tous les périls, pour continuer à fournir à ses paroissiens les secours de r£g]ise catholique, avoit été dèy^

emprijH^nné. |Je.|xilH]|ialdurdépartement éelaMaute^GaronnCs siége^ivt à Joueuse;. l'avoît condapné 9 le, 24 germinal an II (i3, avril 1794)» ^ 1^ peine de ^ort,çomme ^prètreréfraetaire 4 la loi»; et il fut immolé le même jour. (F. P. F* AzEiu.)

ALACZIER ( Marie-Gertbcihi d'), religieuse ursuline de Boulène, sous le nom de sœur sainte Sophie, continuait, depuis la destruction des cloîtres, ^ vivre en communauté avec.- beaucoup d'autres religieuses, dapa la même ville. Les révolutionnaires l'j-arrêtèrent , comme toutes les autres ^ en 1794* et le a mai la vit amener, avec elles dans des prisons d'Orange, pour y ^tre immolée, par la commwsion populaire qui ajloit s'établir ea cette cité {V., Obange). Bans cet état de captivité 9 la sœur d' Alauzinr continuoit^ avec ses' sœurs , la pratique des règles religieuses, et se préparoit comme elles au martyre» par les actes et les sentimens de la. plus fervente piété (F. D'AuAftBDE).

Béjà deux d'entre elles avoient été envoyées à la mort, par la féroce commission le 4 juillet; et» le, lendemain en s'éveillant, «die eut une sorte de révélation que son heure de mourir approchoit. Alors une )oie indicible vipt remplir son * cœur , et lui fit verser de douces larmes. EUe s'écri<Ht avec transport : « Je suis dai^s'une espèce d'extase , et comme bprs de moi*

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même^parce que f'ai Uptvsuââioii intime que demain je yerrai moQ Dieu 9 et quejA mourrai». Un moment après , sa conscience ti* morée lui fit craindre que cette exclamation n'eût été accompagnée d'un mouvement d'orgueil ; elle en êt6it si troublée» qu'on crut devoir la rassurer sur le âenliment qui l'avoit inspirée. £lle lut en effet appelée le lendemain i S2 messidor ap II ( i o juillet 1 794)9 à l'impie tttibuiial , a?ec une autre relieuse {V, S. A.. R0MI1.L011 }.

Ses réponses ..furent autant de courageuse»,pro&ssÎQn& de Foi ; et elle fut condamnée à mort, avec sa compagne,. « comme fana-^ tique et- comme réfracAaire » , parce qu'elle avoit refusé le ser* ment de UierU-égaiité; et pour eda même, comme «oentre-réyolulionnaire V . Quand, elle eut entendu sa sentence, die remercia les juges dubonheur qu'ils alloient lui procurer; et,: lorsqu'elle fut arclvée à la guillotine, elle baisa»

avec «me. sainte j'reconnoissancef ttt instrument de mort , qu'elle regardoit comme celui de son bonheur éternels ( F. M. AusAaàDB^ ).

. ALBAR£D£ (MAaevBaiTE n'),.

l'unedesquarante-deux religieuses du Gomtat Yenaîssin , qui furent amenées, priaonnières,, de Beulène, à Orange, pendant le printemps de i7^/€ât un0 des trente-dejux qoe la eoramission ^populaiv^st établie en cette dernière viDe;, fit périr pour la cause de la religion f

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