‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution FrançaiseChapitre 168 sur 222 · A COR · texte numérisé non relu

A COR

la guillotiné. Son âge n*éto1t que llgfeiise , encore plus farorisée *renvîron35an«.(F.A.P. CafoW) sans doute alors qfue sainte Per-

ct P. J^ CoBHnBET. ) ' pétue , qui, Interrogée sur un point

CORBBAU (BttNotTB-'MiAiB semblable par son frère, fit at*

BÉ), iftée d'une felnitle lioble,*^ tendre jusqu*au lendemain' sa

Sâiiiit-Béron, dans la Sarbiè, en réponse, parce qu'elle avoît cn-

i^66, étoît religieuse ' professe core besoin de consulter îeGiël('t),

dans le monastère de l'abbaye notre religieuse en avoit déjà reo^

royale de Saint- Pierre, à 'Lyon, assez de lumières pour déclarer

N'ayant presque point de fortune de suite à la jeune Ponson qu'elle

patrimoniale , elle se trout» sans ne pértroit poinf dans cette circons-^

ressourcés suffisantes peut vivre f tance. Ma^ë de Corbeau ifiit arrê-»

quand les relîgîieuses' furent 'chas*- tée aVec sa( cbàritable hôtesse, et

sées de leur cloître en 1791. Laf le pf Être Chapuîî» , par suite d'un

haute vertu qui la distinguoît lat incident' qui àvoH déjà coûté la

rendit ché^ à la veure Ponson, perte de' là liberté à \d fille de la

qui pônvbît lui donner asile cheï charîUiMe^veuVe. Elle eut part- à la

elle; et céftfe pieuse veuve Pac^ distributioft'que, la première nuit

cueîllil avec d'autant'plùs de salis- dans la prlsoi?, cet ecclésiastique

fectîoti , qu'une telle compagne ne leur fit de» hosties consacrées qui

pouvOiiquecontribùeràioutenirr étoierftdafns le saint ciboire, sous-

âaugmen!ersapl*oprefervètfrdan9 trait paV lui aux recherches des

lejtemps d'épreuves oà l'on se trou^ agens de la persécution; et son

toit. Uni prêtre vertueux, que la courage en devint plus intrépide,

veuve Ponson i^cueillitauisâi pour Le lendemain, avec une sérénité

le même motif j devénoit le direc- angéliqué , elle annonça à une

leur spirituel de cette petite com- personne qui étoir parvenue à la

tnunauté. On verra aux articles voir et à lui parfer , que ce jour-là

CxfiPTCUét PemsoH , comment elles même , contre l'usage ordinaire ,

rivfifliàê^nt de piété avec lui, et elle mârchert3it à la mort avec là

avec qu'elle ardeur cesf trois saintes veuve Ponson et • le prêtre 6ha*

âiihessoupiroient après le 'bonheur puis. Eh effet, vers onze heures,

de verser leur sang pouK la eause " • •' •- > - • ■ ..

de J.-Ç: La religieuse de Corbeau (1) Knc dixît mthifrûter Meus ':

parut même avoir des révélations Dominasoror, jam m magna digna-*

divines sur le sort qui les attend tione es tama ut postules an passù»

doit. La fille aînéede la V Ponson, "^ "^ çommtatus? JSt ego t/uœ me

ayant (demandé dans leur conveN *«^*^/«^«^^" cu//i Domino fidemer

\. > , . ^ . n « repromisi, ei dicens : Crastmâ die tibi

sation à ce sujet, si elle-même r^nuntiaho. (Hohteniua : Passio SS

aurolt ce bonheur, la fervente re- PtrpetuœetFelicitatis.etc) >

elle fut menée arec eux déyant U Teute Ponaon, leur répliqQOient farouche coinmii$ion révoltUianf arec Tair du conteotemeat : « Voua notre {Fé Ltoit). On l'y somma êtes dans l'erreur; une yoiz qua de prêter le serment de iibtrti^ tous n'entendez pas^ nous dit inégaUU, qu'elle regardoit comme térieurement et d'une manière une implicite apostasie; et elle le infaillible 9 «pie nous ne tarderons refusa aTec fermeté* Aussitôt on point à mourir; et nous nous en la condamna à la peine de mort 9 applaudissons ». Les prisonniers comme ^fanaUguef refusant de leur proposèrent de partager leur' se conformer aus lois de la repu- dîné : « Ohl non 9 répliquèrentbllqucy et comme centre -réTO- elles ^ nous allons dîner ayec les lutionnaire»9 parce qu'elle étoit anges ». Demi -heure après, on religieuse, et qu'elle avoit craint Tint les prendre pour les réunir de trahir sa Foi. La tcutc Ponson aux autres Tictimes qu'on alloit et le prêtre Chapuis furent con- conduire à l'échafaud. Elles s'y damnés en même temps à la rendirent aTec des transports d'al-. même peine; mais, en atten- légressefquiraTirenttooaceuxqui dant l'heure du supplice, on n'en- en furent témoins : en marchant Toya pas ces deux fenunes dans au supplice , elles récitoient le le cachot qu'on appeloit la cave fSAume Miserere mei 9 Deus* La de mort, parce qu'on y mettoit religieuse de Corbeau ne fut déles Tictimes condamnées. Le» eapitée qu'après la jeuTe Ponson; }uges en cela senroient d'instru* et eUit.le lui aToit prédit long-temps ment à la ProTidence, qui Toulut aiipararant. Elle lui aToit même exaucer les prières que ces deux annoncé qu'elle mourroit avec pieuses femmes lui aToient soo^ )oie : ce que Térifia l'état de la Tent adressées pour obtenir la physionomie de cette sainte TeuTe^ grâce de n'être point déposées après même que sa tête eut été dédans cet endroit. Les prisonniers^ tachée de son corps. ( F, Pokson }» parmi lesquels ellesse trouTèrent, Le Jugement qui les enToya au supne pouToient croire qu'elles fus* pllce de la guillotine est du % ger<» sent condamnées, ou que leur minai an .II(da mars 1794 )• L» condamnation ne fût pas réTO- religieuse Benoîte-Marie de^ Corquée, puisque le lieu où ils beau n'aToit que 38 ans lorsqu'elle étoient renfermés n'étoit point se montra si digne de la palme du le Testibule ordinaire de la mort, martyre dont on ne douta point que € Vous ne périrez pas », leur di- Dieu ne l'eût faTorisée, ( F. Caisoient-ils, aTec toute la consola- taichibr, et Coenbiixb. ) tion de l'espérance. Mais la relî- GOJiBET (Jiah-Bavtistb), prêgieuse de Corbeau j et même la tre et |*eligieux de l'ordre des Ga.-

pncinS) dans leur maison de rétablie dans sa pureté, lorsque Forges-]ès-£aux,lK)urg du diocèse les armées coalisées de l'étranger de Rouen y j étoit connu sous le - approchèrent de cette yîlle > au nom de Père Graiien. Il resta ^ commencement de septembre dans cette ville après la suppi*es- i^j^a (^. J. GossuiN) J* M. Gotsîon des ordres monastiques; et , lot, G. Lepbvrb, Chr. Hbbbildisant anathème aila principes t0s). -Tous 9 d'ailleurs insermen* de la constittHion civUe du tè9, furent saisis quelques mois clergé , il se garda - bien d'eh après la reti^îte de ces armées 9 faire lé schismatique serment. Zélé . el amenés à Paris 9 pour j être pour le salut des âmes et le jogés par fe tribunal r^v^i^ttiùmtriomphe de l'Eglise 9 il continuoit naire. Le chanoine de la Cor^ d'exercer le saint ministère dans bière y fut condamné le 5' floréal le même diocèse, lorsqu'il y fut an II ( 24 <^^ril 1794.)» arec arrêté en 1794* Les autorités du quatre autres prêtres de'Yerdun, département de la Seme^lnfé^' à la peine de mort. La sentence' rieure achefèrent de se débarras- lea disoit « conraincas d^être au-* ser d'un si' bon prêtre , qui étoit teurs et complices' de» inaneeurres en même temps un excellent relit-, employées pour liyoer aux enne-* gieux , en l'enrôyant à Rochefort 9 ■ mis la place de Verdun ». Ils furent pour en être déporté au-delà ées exécutés le même jour. .. mers (T. Roghbvoet). Il fut GORBILLÉ (iV.;..), prêtre du embarqué sur le narire iesDeux. dtèoèse de Nantes, vicaire en la. Associés , et mourut dans le sup- paroisse de Bouvronv près Save- • plice die cette déportation, le 16 nay {F à DelâMabb), y refusa, juillet 17949 à l'âge de 4^' ^n^* comme eon curé , le selmenldela- Ses cendres reposent' dans l'île eofutùutian citdîe du oh^rgé; d'Aix. Il étoit né à GàranttUes, et, comme lui, il braya les me»dans le diocèse dé Goutanoes* naoes de la loi de déportation, (V, P. A. GoNSi!Aia!,^êt Gobimbb,. pour continuer à foumûf les se*exvJésuite.) ' 1. cours de lareli^oq à «leurs pa-

GORBIÈRE ( ALBXAi!aiEB-*£Li- reissiens. IléteÉloitses^Boins sur sabets db Là), Ticaire^général du; les paroisses voisines, et portait diocèse de Verdun, chanoine et les secours de l'Ëgltse, de vttlage* doyen de la cathédrale, né à Ju-/ en village. Dans i'unvd'eùxj il>ftil ifigi^y» pi*^^ Stenay, en 175S,: sabî ches une pieuse iseiive qui, avoit, pour: Fîntérêft de la reli- de oonœrt avec .^ fille ','ftui don^' gion,* ainsi que -plusieurs autres noit; une saintbi hospitalité.. Lesprêtres et chanoines de Verdun, gardes qui le prirent,. knlièrèat manifesté l'espoir qu'elle seroit les maini derrière le dos?, et l!em-

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menèrent, avec ses deux chari- firmités ,. Tex - Jésuite Cohlier tables hôtesses {F. Guitoh). Ils fut mis en prison à Verdun ; et^ les conduisirent touélestrob dans quoiqu'il ne pût marcher qu'à la cour du pre^ytère de BouTtoo. Taide d'un bâton , le tribunal crir Corbillé 9 profitant d'une distrac- minel du département . de la tion de ses gardes, franchit le nuir» Meuse le condamna , comme et s'évada ; mais^ à peu de <tistance^ « prêtre réfractaire », à être déporté il fut arrêté par deux soldats qui le au-delà des mers. On le conduisit ramenèrent au presbytère , et le à Rochefort, pour être embarqué traîneront, avec ses deux hôtesses^ ( F. Eochspoit). €e fut avec peine dans le ciiâetîère. Corbillé leur qu'il monta sur le navire ie Wademanda pourquoi ils vouloient shi/mgUnij tant son corps étoit le faire périr, et de quel crime ils affoibli : il avoit alors 84 ans. l'aecusoient. «C'est , répliquèrent* Lorsque le capitaine du bâtiment , ils , que tu es un prêtre réfrac- Guibert , le fit fouiller , • comme taire ». Ils le placèrent aussitôt tous les autres prêtres, à son arentre les deux femmes, et l'y fu- rivée sur le pont, il ne voulut pas sillèrent sous leurs yeux. Ce qu'on lui laissât plus d'une chemeurtre se commit en décembre mise, et plus- d'un mouchoir de 1793.; aihsi fut autrefois mas- potohe. Il lui arracha même non sacré saint Ferréol de Vienne, seulement son bréviaire, mais lorsque , évadé de sa prison , et encore le bâton dont il se seraprès avoir passé le Akène à la voit pour soutenir s» caducité, nage, il s'enfuyoitsur le territoire et le jeta à la tn«*, en> lui disant : de la ri ve droite. L'Eglise l'Honore a Scélérat, ixt n 'en avois pas besoin coname Martyr, le 18 septembre, poup courir coiitre les patriotes, CQRDIëR (Nicolas) , prêtre , lorsque tu étdis dans la Vendée » ; et ex-Jésuite et aumônier des reli- . ce vénérable prêtre veiioît de Ver-> gieuws Annonoiàdes delà Ville.de - dan : il n'éloHpas sorti de Saint- Sdnt-Miluel, au' diocèse de Ver-; Mihîei. Guibert ajouta : «Vieux dun, néén^i^iO, dans Je duché scélérat, si je t'eusse laissé ton de Lorraine, opposa toute larvî*^ bâton, to<«^urois été capable de gueixr d'une Foi in^ranlable aux: tVn servir pour faire la contreerreurs de la constitution cwiie' révolution è m^oa bord». IlPen^? làicifef^. Le» impies luren con-^ voya ensuite re^alesrautreft^; mais, servèreat une rancune im|>laca** comme ce viefHa#d avoit .de: la ble, et é'en vengèrent lorsqu'eii peine à m^rcfoerv iVlvî donnôk, 1790 ,. l'étifër seihbla avoir acquie pour le feire avancer, dés eonps toutpuuifoir sur les Saints. Mal- de plat de sabDeusur les épmiléa,gré soaig^nd âfe,'accablé d'ia-* e^'l^cablaqt en ^même tempi

d'horribles inyectiyes. L'ex-Jésuite Cordîer mourut en octobre 9 dans une des tentes qui servoient d'hôpital, et fut enterré dans Tîle Mad(Mne. ( V. J. B. Coabbt , et

J. GORNELLT. )

C0RD13LE ( Stmr Marie de Sainte), {V. J' L* Bar&ez.)

CORMEAUX (FKAKÇors- Georges) , curé de la paroisse de Plaintel, dans le diocèse de Saint^ Brieuc, ayoit d'abord été vicaire dans la petite paroisse de Meslin , près Lamballe, où il étoit né en 1 746. Les loisirs que lui laissoient ses devoirs furent dès lors consacrés ÙL la prédication en d'autres paroisses. Dans son désir .de se livrer plus généralement au salut des âmes, il vouloit aller s'agréger à la communauté des prêtres missionnaires de Saint -Laurent, en Poitou ( F. ci-dev. , tom. I, pag.

329). Mais les grands-vicaires de son évêque le retinrent ; et , pour le fixer dans le diocèse , ils exigèrent qu'il se présentât au concours pour l'une • des deux cures qui étoîent alors vacantes : celle de Plaintel , près Saint-Brieuc , qui , pénible à desservir, étoit d'un trèsmodique revenu , et celle de Pluduno, près Lamballe, beaucoup plus lucrative , d'une administration facile, et voisine du lieu de sa naissance. G ormeaux préfêhi la première, et j fit tant de bien, que solri peuple devînt bientôt l'édification de tout le diocèse. Sans cesser de s'occuper de ses ouailles.

il J devint le chef des missions et des retraites, malgré la foiblesse de son tempérament, et la délicatesse de sa santé. Il i^'écoutoit que son zèle, et les fatigues des missions ne pouvoîent ralentir son ardeur. Toujours il étoit prêt à monter en chaire; et il parloit avec une égale facilité sur tous les sujets de la religion. Souvent on l'a vu foire, dans un seul jour, trois et même quatre conférences ou sermons. Tous les ans, il alloit donner une retraite dans les collèges eu séminaires de chacun des diocèses voisins, te'lë que ceux de Tréguier et de Saint-Malo, où il procuroît encore le même avantage à des communautés religieuses ; mais il n'y alloit jamais sans avoir consulté ses supérieurs, comme sans avoir pourvu aux besoins de sa paroisse. Le vicaire qu'il y laissoit , étoit digne de le remplacer, et capable de le suppléer en so.n absence. Tant de travaux faits avec anleur lui attirèrent de graves indispositions; les médecins lui conseilloient de prendre quelques mois de repos:

« Non, non, leur répondit -il; prêcher, parler de mon Sauveur, voilà le meilleurremèdé à mes souffirances : un sermon me fait plus de bien que toutes vos potions et que tous vos conseils ^de délassement » . Ce zèle si ardent fût séduit par l'espoir du bien , quand la révolution débuta par promettre le soulagement des peines

ÔO.

sous le poiâs desquelles il avoît vu 9 non sans douleur, gémir leSs campagnes. Dans cette illusion 9 qui ne lui permettoit pas d'entrevoir ce que la religion auroît à < souffrir de ce nouvel ordre de choses, il se laissa conférer par l'estime publique une des places d'administrateur du département des Câtes-dU'Nordj et fit en conséquence, avec des intentions droites et pures, dans sou erreur, le serment auquel étoient alors obligés ces administrateurs en entrant en exercice, celui « d'être fidèle à la nation , à la loi et au roi » . La preuve de la droiture de ses intentions est fournie par le discours qu'il prononça le 9 juin 1790, dans la cathédrale de Saint -firieuc, lors de la messe d'actions de grâces et du Te Dewm que les électeurs firent chanter, après avoir terminé certaines opérations qui n'étoient pas en elles* mêmes formellement répréhensiblés. Dans ce discours qui fut imprimé presqu'aussitôt, on vît le curé C ormeaux, parlant au; nçm des administrateurs, attester leur attachement à la relî-^ gion catholique, et inviter lea jeunes clercs qui l'écputoient, à la prêcher, à la soutenir. «Le ministère sacré , disoit- il ^^ sera toujours parmi nous aussi respecté qu'il est salutaire. Nous voulons vivre, nous voulons mourir catho-.

liques. Nous renouvelons au pied dû l'autel^ le vo&u de notre bap-

tême, le serment d'être fidèle à Jésus -Christ jusqa'à notre dernier soupir» . Le temps d'épreuves commença pour Cormeaux, plus tôt que pour beaucoup d'autres, lorsqu'étoit encore discutée dans le sein de l'Assemblée Constituante cette constitution civiU du clergé , qui alloit produire en France le schisme et l'hérésie.

Il en vit les pièges ; et de peur d« coopérer en rien, comme administrateur, à son établissement qu'il ne pouvoit empêcher, il déclara au conseil de l'administration qu'il ne vouloit plus en faire partie. Dans la nécessité où il se trouvoit de justifier sa démission aux yeux de ses concitoyens, il n'en fit l'apologie qu'en montrant combien sa conscience étoit justement alarmée des entreprises de l'Assemblée contre les lois de l'Eglise , et combien étoient pernicieux les principes hétérodoxes que l'on s'efforçoil d'accréditer.

Cette justification de ^ conduite i^t imprimée , et servit beaucotip à prémunir tous les bons catholiques du pays contre le schisme qui se préparoit. L'attaque qu'il lui faisoit d'avance , recevoit trop de force de la 'considération dont il jouissoit à raison de ses lumières comme de ses vertus, pour ne pas irriter les partisans des idées nouvelles. Il devint aussitôt l'objet d'une persécution violente : un décret de prise de corps fut lancé contre lui ; la maréchaussée se mit

à sa recherche ; des récompenses furent promises par l'administratioh du département 9 à qui pourroit le livrer. Il s'étoit réfugié clandestinement aux environs de la ville de Quintin , d'où , pendant les huit mois qu'il y resta cachée il ne cessa de donner à sa paroisse toutes les instructions qui pouvoîent lui être nécessaires pour conserver sa Foi intacte et pure.

Craignant enfin d'être atteint par des persécuteurs qui connoissoient trop bien sa personne 5 il céda aux instances d'un ami qui l'a^peloit à Paris, et arriva le 10 novembre 1^91 dans cette ville. S'y trouvant plus en liberté pour exercer son zèlê^ attendu celle dont le culte des catholiques fouissoit encore dans la capitale, il consentit bien volontiers 9 sur la demande d'un directeur du collège des Lombards, à y donner des retraites publiques; il^en donna aussi dans plusieurs communautés de Paris et des environs : chez les Annonciades de Chaillot, les Yisitandines et les Carmélites de Saint- Denis. Pendant tout le carême de 179a, il prêcha dans plusieurs églises, passant d'une chaire à l'autre pour faire entendre partout la parole de Dieu. Le mercredi, le jeudi et le vendredi de la Semaine-Sainte principalement furent en entier consacrés par lui à ce saint ministère, parce qu'il . ne pou voit se lasser de parler de l'amour de Jé9us-Chrlst pour nous

coft 4^

dans sa passion et sur la croix.

Tant de fatigues altérèrent sa santé au point qu'à son grand regret il fîit obligé 9 par une grave indisposition , de renoncer à ses travaux évangéliques. Il étoit à Saint-Denis pour son rétablissement, lors du 10 août et du massacre des prêtres le a septembre. Quand il apprk ce dernier événement, il crut que la Providence ne l'avoit pas sans doute jugé digne de périr avec eux pour la Foi , et s'en affligea. Ses amis le forcèrent alors à se tenir bien caché; et il fallut quils le gardassent à vue, pour ainsi dire , afin de l'empêcher d'aller au dehors exercer les fonc* tions de son ministère. Cependant y ne se bornant pas à confesser les personnes que l'affaire de leur salut amenoit dans son asile, à les prêcher, à leur distribuer tous les autres dons de la religion, il se transportoit souvent en d'autres pieuses réunions^ pour le même objet. Tous les jours, il faisoit avec ces saintes âmes des prières en expiation des sacrilèges qui se commettoient en France ; et il s'offroit lui-même en holocauste  Dieu, se préparant d'ailleurs au martyre auquel un secret pressentiment l'avertissoit qu'il étoit destiné. Jusqu'au 9 du mois d'août 1795, il fit, sans fâcheuse rencontre , ses. courses sacerdotales ; mais, ce jour -là, revenant de Pontoise où il avbit été appelé pour administrer les secours de la

4ro COR

religion à des malades , il fut arrêté à Franconville comme Toyageant sans passeport. Amené devant le maire , il s^empressa de se déclarer prêtre et curé. — « Pourquoi cette déclaration ? lui dit le maire par un sentiment d'humanité ; je ne tous demandois pas votre état, et je voulois vous sauver » . Ce magistrat ne put s'empêcher de le faire conduire à Pontoise, mais ee fut avec la précaution de ne pas le désigner comme prêtre aux autorités de ce lieu. Cormeaux interrogé par elles, crut qu'il trahiroit implicitement sa Foi et l'honneur du sacerdoce, s'il ne se faisoit pas gloire de son état. Cette généffeuse déclaration lui valut d'être jeté dans la prison des criminels , et d'y être mis au pain et à l'eau.

Quatorze jours après , c'est-à-dire le aS août, il fut transporté avec d'autres prisonniers sur une charrette, à Versailles. Chaque fois que, suc la route, il rencontroit des personnes à qui il croyoit pouvoir parler de Dieu, il ne manquoit pas de les exhorter à le bien servir. Gomme ses paroles inspiroient'beaucoup d'intérêt à ceux qui l'entendoient, dans son passage à Saint-Germain, et comme on y manifestoit un peu vivement des alarmes sur son sort, il fut accusé par ses gardes d'avoir voulu provoquer une émeute pour se faire délivrer. Arrivé à Versailles, le ^5 août, il fut, dès le lendemain ,

soumis à un interrogatoire. Les magistrats furent étonnés de la sainte hardiesse de ses réponses , dans lesquelles il leur prouvoit

3u'il étoit toujours le vrai curé e Plaintel, que celui qui l'y avoit remplacé ne pouvoit être qu'un sacrilège et un intrus ,^ que de pareilles substitutions détruisoient la religion et l'Eglise de Jésus-Christ. Touchés de sa Foi, ces magistrats , en l'envoyant dans leur prison, lui laissèrent la consolation de retenir le crucifix qu'il portoit sur lui. Dans un second interrogatoire, où ib espéroient le voir plus circonspect par amour de la vie , il parla plus «loquemmenr encore de sa Foi que dans le premier. Les juges ^ ne voyant point en lui un contre-révolutionnaire, mais un prêtre pénétré de la sainteté et des derolrs de son état, auroient voulu le mettre «à l'abri de tout danger; mais ils dévoient , sous peine de la vie , adresser les procès - verbaux de leurs interrogatoires au comité de sahU publie 9 séant à Paris; et bientôt les ordres qa'îls en reçurent les obligèrent d'y envoyer le curé Cormeaux. Après y avoir passé svecessivement d'une prison à l'autre , il fut définitivement conduit à la Conciergerie 9 qui étoit la prison immédiate du tribunal ^révolutionnaire. On l'y fit comparoître, le 9 juin 1794? en l'accusant d'être un conspirateur , parce qu'il avoit parlé de Dieu

aux habitans de Saint - Germain. ^ avec des transports de reeonnois-^

Four être jugé digne de mort ^ sance et de joie 9 parce que cet

il loi sttffisoit de son titre de instrument de mort alloit le faire

prêtre, et de la qualificatioii de vivre uniquement pour son Sau-

réfrcMaire^ qu'on donnoit aux veur. On l'exécuta sur la place où

non - assermentés qui n'étoient a volt existé la Bastille; et il périt

pas' sortis de France depuis la à Tâge de 47 ^^s. Sa vie a- été

loi de déportation ; mais, le tri- écrite et publiée par M. Tabbc La-

bunal réyoliUionna/he qui aioit sausse, prêtre de la communauté

un autre système de condam- de Saint- Sulpice 9 lequel y a joint

nation 5 évitant, autant qu*il le nombre d'écrits pieux qu'il lui attrî-

pouvoit, d'établir ses jugemens buoit. L'éditeur paroissoit avoir

sur des prétextes ouvertement appris du prêtre Cormeaux lui-

anti-religieux , et voulant passer même toutes les cîrcpnstances dé

pour ne punir que des conspira- sa vie, lorsqu'il avoit été prisonnier

teurs, ne dit que transitotrement, avec lui pendant quelques jours à

en condamnant' à la peine de mort Versailles ; mais les ecclésiastiques

le curé Cormeaux, qu'il étoit du diocèse de Saint- Brieuc qui

« prêtre rêfractaire». La sentence ont connu particulièrement ce

qui l'envoya au dernier supplice , saint prêtre , pensent que plu^

le 21 prairial an II (9 juin 1794)9 sieurs des tiiscours qui lui sont

affecta surtout de le présenter attribués dans cette édition, ne

comme s'étant montré «complice sont pas de lui, parce qu'ils n'y

de la conspiration qui avoit existé trouvent point l'exactitude , la

contre le peuple français, en tenant facilité, la noble simplicité qu'ils

des propos contre - révolution- lui connoissoient. « Son genre

naires, et en provoquant la disso- étoit, disent-ils, d'aimer miej^x

lution de la représentation natio- toucher les cœurs que plaire à

nale, et le rétablissement de la l'esprit. Il avoit une diction affec'

royauté». Cormeaux mai^a au tueuse et^ure. Ses phrases étoient

supplice le même jour ; et il y alla sentencieuses et courtes. Les aspi-

plein des sentimens qui, depuis rations et les apostrophes rêve-

plusieurs années > lui faisoient dire noient fréquemment dans ses dis-

si ardemment , avec saint Paul : cours ; et presque tout son style

Cupio dissolvt, et esse eum se composoit de pensées de !'£-«*

Christo, « Je brûle du désir de criture sainte : nous l'assurons 9

me voir dégagé 'de mon corps parce que nous l'avons entendu

pour être réuni à Jésus-Christ » . fréquemment. Il n'avoît même

A l'exemple de saint André , il en- écrit que très - peu de prônes ,

Tisagea l'instrument du supplice d'instructions et de conférences.

- Presque toujours il parloit d'abondance et comme d'inspiration :

quand il étoit parti pour Paris , comme en fugitif^ il n'avoit point songé à emporter les manuscrits de ce genre qu'il pouvoit avoir.

Les seuls discours qui pourroient être authentiques parmi ceux que réditeur a publiés ^ serolent ceuxlà seulement qu'à la page 12$ de la Fie du curé Conneaux^ l'on prétend avoir été dictéâ par lui- . même en prison aux jeunes prêtres^ avec lesquels il étoit détenu.

Là 9 se retrouvent en effet son ardent amour pour Jésus- Christ»

sa tendre confiance en la sainte Vierge, sa vive dévotion pour les saints Anges gardiens 9 les Apôtres Jtt les Martyrs de la France».

CORMIER (Jean), curé. {F.

J. B. DVGOEMIEE.)

CORNEILLE ( Alexandus), prêtre de Lyon 9 né dans cette ville en 17265 et que les listes des victimes de 1 795 qualifient inexactement de chanoine de Saint-Paul^ étoit seulement bénéficier perpétuel de cette collégiale. Ferme dans sa Foi 9 il avoit repoussé la cons^ titution civUô du ctergéf malgré les persécutions auxquelles étoient en butte les prêtres qui vouloient rester catholiques. Son âge déjà avancé le dispensoît de sortir de France, lorsque la loi du 26 août 1792 vint en bannir les nonassermentés ; et la protection que ceux de Lyon trouvèrent dans les événémens qui eurent lieu en

*795 ( y» Ltow), dispensèrent le sexagénaire Corneille de la réclusion qui lui étoit prescrite par cette loL La persécution ayant acquis une plus grande fureur après le siège de cette ville, et le tribunal appelé commission révatU'tionnairôf que les proconsuls de la Convention y créèrent en novembre , ne voulant faire grâce à aucun prêtre fidèle, le chanoine Corneille fut arrêté. Traduit devant les juges, il refusa courageusement les sermens impies qui lui furent demandés ; et on le condamna, le 9 nivôse an II ( 29 décembre 1793 ), à la peine de mort, comme « prêtre-réfractaire et contre-révolutionnaiire » .

Il avoit alors 67 ans. ( F, Cok- BEAV9 et ComTES.)

CORNELLY (Jacques) , prêtre irlandais etreligieux Récollet, sous le nom de Père Jacques, étoit gardien de la maison des Récollets irlandais de Boulay, dans le diocèse de Metz. Il repoussa , comme un crime contre la Foi 9 le serment schismatique de 1791 ; et, mis hors de son cloître par la suppression des ordres monastiques, il continua d'habiter la province de Mètz;, où il exerça le ministère sacerdotal avec beaucoup de fruit. Les impies persécuteurs le firent emprisonner à Metz, en 1793, et bientôt l'envoyèrent à Rochefort, pour être déporté au-delà des mers {F, Rocbefo&t). Mais il avoit tant souf-

fertdans le royage^ qu'en arrîyant dans cette yille» il tomba grayement malade. On l'y déposa dans rhôpltal, où il mourut le 4 ^oût 1764» à Tâge de 4o ans. Sa mort peut être comparée à celle du saint Martyr Héliodore^ de Perse, dont l'article de C^ Bougaril nous a*foumi l'occasion de parler.

(V, GoEDiEi) ex -Jésuite 9 et P.

Cornette. )

CORNETTE (Philippe de), prêtre , chanoine et grand-chantre de l'église collégiale de la yille de Dorât, dans le diocèse de Limoges, étoit né ea 174^5 àBrigneul-le- Chantre , paroisse du même diocèse. Il manifesta de la manière la plus formelle , son éloîgnement du schisme constitutionnel de 1791 9 et fut loin d'en faire le serment. Ayant continué d'habiter sa proyince , deyenue le département de la Vienne, et ne cessant pas de s'y montrer zélé pour la religion catholique, il tomba dans les mains des persécuteurs, et fut emprisonné à Limoges. Quelques mois après, ils le condamnèrent à être déporté au-delà des mers, et le firent traîner, pour cet e£fet, à Rochefort. Il y fut embarqué sur le nayire 4es Deux Jssoeiéa {F.

Roghefoht). Les souffrances qu'on y endurcit l'eurent bientôt accablé. Il expira le a4 ayril 1794 9 à l'âge de 49 ans ; et son corps fut enterré près du fort Lupin, sur les rives de la Charente. (^. J.

C0IINEI.I.Y, et J. M. COVAVAISIER.)

COBNIBERT (Pieeee-Joseph) , prêtre çt religieux Capucin du couyent de Yesoul, en Franche- Comté, diocèse de Besançon, 7 étoit né dans la paroisse de Saint- Loup, près Oôle, en 1760. Il prit l'habit de saint François , dans le couyent de Dôle, en 1780, fit ses yœux deux ans après, dans celui de Lons4e-Saulnier ; et il eut pour nom de religion, celui de Grégoire de Saint'Laup, Ses supérieurs lui firent passer quelque temps dans leur maison de la yille de Saint-Claude, d'où il yint résider en celle de Yesoul, à l'époque où l'Assemblée Nationale prononçoit l'abolition des ordres monastiques. Les yœux sacrés qu'il ayoit faits lui en deyenoient plus chers; et* les entreprises de cette assemblée contre la Foi ranimoient le zèle qui Tayoit porté précédemment à se consacrer tout entier à la direction des âmes et â^la prédication. Il se multiplioit, en quelque sorte , pour aller 4e toutes parts prémunir les fidèles contre les pièges de la constitution cCvide du cierge; et, craignant qu'elle ne séduisît les habîtans du yillage où il étoit né, il s'y transporta ayant qu'y fût arriyé le curé intrus qui deyoit en remplacer le pasteur légitime. Il y affermit plusieurs familles contre les dangers du schisme , et resta dans ce yillage, malgré la yenue de l'intrus, ne youlant pas que les catholiques de Saint- Loup manquassent des

secours de la yéritable Eglise.

Celui-ci cependant 9 aprè.s bien des injures 9 le contraignit à s'éloigner ; et il vint habiter la paroisse de ViUefrie, près Vesoul, d'où il pouYoit étendre les soins de son ministère à plusieurs paroisses voisines ^ et spécialement à celle de Saint- Loup. Il s'étoit enfin résigné depuis peu de temps à quitter l'habit de son ordre; et celui qu'il portoit contribua beaucèup à lui donner la facilité de «atis&ire son £èle, que ne déconcerta point la loi de la déportation. Le P. Grégoire continua 9 pendant 1795, 1794, 1796, à rendre aux fidèles de cette partie de la Franche-Comté , les mêmes services, malgré les plus grands dangers. Plus d'une fois il fut poursuivi par les agens de la persécution, à Breuch-lès-Faucogney, à Yillers-lès-Luzeuil, à Mèurecourt près Lure, à Conflans près Luxeuil; «t même le mari d^une femme malade , qu'il venoit de confesser, lui tira un cbup de fusil qui le blessa à la maîn.Lorsqu'après lefameuxneu/^ thermidor^ plusieurs prêtres déportés furent ramenés en France par le désir du salut des âmes, cette augmentation d'ouvriers évangéliques donnant au P. Grégoire la facilité de porter plus loin non ministère , il quitta Yilleirie, alla fixer sa demeure ailleurs; mais, un jour qu'il s'étoit transporté à YiUedieu-^en-Fonte-

CIOR

nelle , à quatre lieues de Yësoul ^ l'agent de la Commune le fit arrêter pendant Ja nuit , dans la maison où il reposoit. On le conduisit le lendemain à Yesoul , chef-lieu du département de la Hemte-Saétie.

C'étoit là que résidoit le tribunal criminel par qui le P. Grégoire devoit jêtre jugé. Dans le premier interrogatoire qu'un des juges lui fit subir, il lui demanda quel éCoit son domicile ; et le P. Grégoire répondit «qu'il n'en avoit plus de fixe, depuis qu'au nom de la nation^ on avoit dispersé sa communauté ; et qu'il alLoit partout où l'appeloient les besoins spirituels de ses frères ». Telle avoit été la réponse de saint Justin à une question semblable, dans une circonstance analogue (1). L'interrogateur lui dit ensuite : « Avez* vous prêté le serment de Utefté-égadiié »? — « Non » 9 répliqua ce bon religieux, et ses réponses furent ks mêmes dans un second interrogatoire qui précéda immédiatement la mise en accusation. Les juges cependant répugnoient à le condamner ; et le dèfenseor qu'ils lui nommèrent d'o£Qce, fut chargé de l'engager à laisser croire qu'il avoit prêté ce serment. Il fSe labsa séduire un moment par les sophismes de l'avocat, et se con-

(i) Neque alium quetnpiain locurn^ nisi quem dixi cognosco : ac si quis ad me uenire vfolnit , comtnuniccV' i cuni illo ifcntatis doctrinam. ( Ruin. : Acta sajicti Jusûni et sociorunu)

duîsît en conséquence lorsqu'il tatîon 9 ne céda point aux nouvelles

comparut 9 le lendemain $ devant instances de son avocat, pour le

*le tribunal ; mais Dieu se servit faire persister dans sa supercherie,

alors de l'impie rigueur de TaGCU- « L'intérêt que vous prenez à moi

sateur public 9 pour redresser la excite mes craintes 9 lui répondit-

fausse conscience que le P. Gré- il, comme S. Ignace d'Anttôche

goire s'étoit faite., Ce magistrat aux chrétiens qui vouloient acheter

lui-même l'accusa d'imposture sur sa délivrance ; votre affection tend

ce point, exigeant que, sous àblessermon âme » :Timeoemm

vingt-quatre heui*es , il justifiât de caritatem vestram, ne ipsa me

sa prestation du serment de <i- iœdat ( Epiât, ad Ramânos ).

éerté-égadité ; et le fit renvoyer Ramené devant les juges le len-

dans un cachot. Là , il se reprocha demain , il leur parla en ces

bien amèrement sa condescen* termes, devant le public :« Vous

dance aux conseils de l'avocat ; et avez pu croire , d'après ce que

ses remords furent fortifiés par un vous dît hier mon défenseur , et

billet que lui firent parvenir les d'après mon silence , que j'avois

supérieurs ecclésiastiques du dîo- prêté le serment de Uierté-égor'

cèse de Besançon^ Us lui disoient : Uté. Ce silence de ma part est

« Votre persévérance à déclarer une coupaible foiblesse, une faute

faussement que vous avez prêté que je me reproche 9 et que je

un serment illicite, scandalberoit dois réparer aux yeux de tous

beaucoup les fidèles , et feroit ceux qui en ont été les témoins,

triompher les ennemis de l'Eglise; Je déclare donc aujourd'hui que

ceux qui vous en ont donné le je n'ai prêté aucun serment depuis

conseil n'y ont été portés que par la révolution , et que , si j'ai con«^

une injuste compassion , sem- senti à vous laisser croire le con-

blable à celle des amis du véné- traire , ce n'est point la crainte de

rable Eléazar. Il faut pouvoir la mort qui m'y a engagé, mais

dire, avec le grand apôtre : J'ai uniquement ceUe de voir outrager

dignement combattu jusqu'à la la religion et l'humanité : la pre*-

fin; et, arrivant au terme de mière , par l'effroi que causeroit

ma course , après avoir toujours mon supplice à beaucoup de mi-

conservé la Foi , j'en attends la nistres de l'Eglise dont elle a un

couronne. Le moyen de l'obtenir extrême besoin, et qui les disper-

est une rétractation publique et seroit; la seconde, parle nouveau

solennelle , comme la pénitence meurtre auquel seroit entraîné le

de Pierre : Egressus foras flevit tribunal. Dieu m'est témoin de la

aanarè » . Le P. Grégoire , dès pureté de mon intention , et de la

lors bien déterminé à «ette rétrac- droiture de mon cœur. Toute ma

vie, j'ai désiré le sort de ceux qui avoient eu le bonheur de donner leur sang pour la religion ; et je m'estimerai heureux si je suis trouvé digne de yerser le mifn pour elle 9 à leur exemple, ^g n'ignore pas ce qui m'est réserve^ après un tel aveu : je sais que la loi prononce la peine de mort contre moi ^ et je m'y attends » .

Son avocat 9 prenant ensuite la parole , et voulant soutenir que son client avoit réellement fait le serment de Uéerté-igalité , prétendoit que son désaveu provenoit d'une tête dérangée par sa situation. « Non , elle ne l'est poiçt 5 s'écria vivement le P. Grégoire; c'est avec toute la raison , la réflexion dont je suis capable ^ que^ ne voulant point sacrifier ma conscience aux intérêts de ma tranquillité terrestre, je déclare hautement que je n'ai pas plus fait ce serment que celui de la constitVrtion dviie du clergé. Si cette conduite vous paroit criminelle ; si 9 à vos yeux 9 elle mérite la mort 9 me voici prêt à la subir » . Ce langage différoit-il donc beaucoup de celui du même saint Ignace d'Antiochcy écrivant de sa prison aux chrétiens : « Pardonnez , mes frères 9 et ne vous opposez plus à ce que j'aille vivrcf dans Jésus- Christ : ce seroit vouloir que je mourusse véritablement ; dès que je dédaigne la vie d'ici bas 9 laissezmoi recevoir la pure lumière de la Divinité; j'en jouirai 9 si vous n'y

mettez plu6 l'obstacle d'une compassion purement humaine» :

Ignosdte mikij fratres ; non impediatiê mevivere; non ve- Utis me mort; di/mUtUe me purum iumen €Lccipere : iiiuc

adveniens, homo ero Non

ampiiùê volo secund'àm hominés vivere : hoc autem, erit si vos velUis. (Id. Und. ) L'accusateur public se mit alors à déclamer violemment contre les prêtres en général; et il conclut par requérir contre le P. Grégoire la sentence de mort. Le président n'auroit pu se dispenser de la prononcer 9 qu'en renonçant à sa charge. Mais qui est capable d'un tel acte de probité, depuis la révolution ? En la prononçant, ce magistrat dit au P. Grégoire 9 comme pour s'en excuser luimême : « Vous avez toujours eu le désir de donner votre sang pour la Foi ; vous allez avoir cette consolation ». Le P. Grégoire 9 qui s'étoit mis à genoux ppur entendre la sentence 9 dit alors aux juges :

c Je .vous remercie ; vous me procurez le bonheur après lequel en effet j'ai soupiré long-^emps.

Oui 9 ce jour est le plus beau de ma vie, puisque j'ai l'avantage d'avoir réparé ma faute , et de pouvoir la laver dans mon sang » .

Se tournait ensuite vers le peuple, il ajouta : « Et vous , mes frères , que j'ai eu le malheur de scandaliser par une espèce d'aveu qui répugnoit à ma conscience , par-

donnez-moi ce scandale ^ que je auxquelles il répondoit arec beau- Yous ai donné involontairement; coup de ferveur. Gomme ses concar , je dois le dire pour ma justi- frères ne pouvoient lui cacher leur ficati.on, et pour conserver votre attendrissement: «Ne vous affligez estime dont je suis jaloux : non 5. pas, leur dit-il, nous nous rece n'est pas la crainte de la mort verrons un jour. N'est - ce pas qui m'a porté à feindre quelques beaucoup de grâces qu'on me instans. Ma principale crainte étoit fait, en m'en voyant au supplice de voir mes juges se rendre cou- le jour et à l'heure où notre divin pable^ du crime de ma mort; modèle est mort ? Gourons au mais je ne dois pas perdre mon combat qui nous est proposé ; âme pour les sauver. Oubliez courons-jles yeux fixés sur J.-G.» donc ma faute , et ne vousrappe- l'auteur et le consommateur de lez que mon repentir » . Les juges notre Foi, lequel se fit une joie avoient déjà quitté leurs sièges : d'endurer le supplice de la croix , les soldats se hâtèrent de recou- et d'en mépriser l'ignominie», duire le P. Grégoire en jprison. On tardoit à venir le prendre pour £n entrant} il dit aux confrères le conduire à l'échafaud, parce qu'il y retrouva: «Je suis plus heu- que, la guillotine n'ayant pas enreux que vous : j'aurai bien certai- oore été employée dans cette ville , nement le bonheur de mourir les préparatifs en furent longs ; et pour notre sainte religion » . En- il disoit avec regret : « On prosuite il se mit à genoux, remercia longe bien mon agonie I » Enfin Dieu de cette faveur, comme aussi il fut mené au supplice , les mains de la grâce qu'il lui accordoit de liées derrière le dos, comme un faire avec joie le sacrifice de sa malfaiteur. Son magnanime couvie. Tout cek se passa le a 5 ni- rage ne se démentit point; et vosi^ an lY (vendredi , 1 5 janvier quand sa tête eut été abattue par 1795), suivant les renseignemens l'instrument de mort, nombre de positifs que nous avons demandés personnes vinrent recueillir son, à Yesoulmême, et non le i5 jan- sang avec des mouchoirs, qu'ils vier 1796, comme il a été dit dans conservent encore avec vénéun autre ouvrage , en affirmant ration ( y. J. I. Lessîjs ). Il imavec raison que le P. Grégoire étoit porte d'observer que l'immolation mort un vendredi , sans observer de ce saint prêtre eut lieu vingt que le 1 5 janvier de cette dernière mois environ après la chute de année fût un samedi. Le saint reli- Roberspierre ( V^ G. F. Gopbagieux consacra le reste du temps Schmit, et Goatot, Gordelier.). à se préparer à la mort : il se fît GORNOT (iV...) , curé de Gruréciter les prières des agonisans» gey, dans le diocèse d'Autun% fui

si persécuté , si maltraité ^ à cause le ternie du délai accordé par cette de son refus du serment schisma- loi barbare , étoit expiré ( F, Détique de 1791 j que les mauvais portation). Gornuault est arrêté traitemens dont on l'accabla abré" ayec eux 9 et le district de Bresgèrent ses jours ; et il en mourut suire veut qu'ils soient déportés à en 179a ( r. ci-dey., pag. ^oy), la Guiane. Il les fait conduire à Son nom s'est trouyé, en 1794» ^^ Rochelle pour y être embarsur une liste des Martyrs récens qués. En attendant qu'ils puissent de la France» imprimée à Rome, l'être, ils restent dans les prisons cette année-là, sous les yeux et de cette yilie, où ils ont pour com-* ayec l'approbation de Pie YI. pagnon de captivité un autre prê- (^. AvGiEn, de MontmoriUon.) tre, destiné au même sort, pour CORîîUAULT (CftARLEs), curé les mêmes motifs. On a pu voir de Noireterre, dans le district de à l'article Rochefort, que Ton ne Bressuire et le diocèse de La Ro- put commencer à embarquer des chelle , ayant refusé ayec tout le prêtres pour la Guiane , que dans courage des anciens confesseurs le printemps de 1794; et Ton n'en de la Foi, le serment de la cons- étoit encore qu'au mois de mars titution civiie du cierge, fut, 1795, lorsqu'un des généraux des dès 1791, chassé de son église troupes républicaines qui conipar les administrateurs du district baftoient contre les Vendéens , de Bressuire , qui mirent de force étant arrêté comme suspect de traà sa place un prêtre assermenté, bison , pour avoir été mis en dé- Le curé Gorntiault vint alors dans routé par eux, fut amené dans la &a famille , où il éprouva de nou- prison où se trouvoîent ces quatre yelles et bien amères peines, ù prêtres. Les administrateurs du rause de sa constance dans la Foi district de La Rochelle , ombracatholique. Elles vont être ra- gcux jusqu'à la cruauté , craîgnicontées par une bouche bien rent qu'ils n'eussent des intellîplus capable que la nôtre de faire gences ayec ce général ; et pour apprécier le mérite de cet ecclé- qu'ils ne communiquassent pas sîastique. Obligé de s'éloigner de avec lui , Ils ordonnèrent de les la maison paternelle , il se vit bien- transférer à l'île de Ré , quoiqu'on tôt forcé de quitter môme la France dût bien prévoir qu'ils n'y arrîpour obéir à la loi de déportation ; veroient pas vivans, attendu la et il se réunit avec deux autres fureur que la déroute des troupes curés également bannis par là républicaines avoit excitée parmi même loi, pour en subir les ri- les scélérats de La Rochelle. Des gueurs, en s'exllant de leur patrie, soldats sont chargés de conduire Mais quand ils se mirent en route, ces prêtres au port, le 21 mars

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