‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution FrançaiseChapitre 173 sur 222 · CRA · texte numérisé non relu

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la loi de déportation 9 il resta dans cette paroisse pour les besoins des fidèles. Afin de se conserver pour eux 9 il s'étoit ménagé une retraite inconnue à tous les autres. Les chefs de l'armée cathoiigue et royate ( V. Y bnd£b ) le forcèrent d'en sortir au printemps de 1793 pour venir à Savenay bénir un drapeau blanc 9 et exhorter la jeunesse qui y étoit réunie sous leurs ordres 9 à ne pas perdre de vue li^ loi de Dieu dans leurs expéditions militaires, nies engagea en effet très-pathétiquement à ne pas souiller par une mauvaise conduite la cause pour laquelle ils étoîent armés ; à se dépouilleri|vec le plus grand soin de tout sentiment de vengeance 9 et à se £aire une douce habitude du pardon.

Après la bénédiction du drapeau 9 il revint dans sa retraite. Ses traces étoient devenues faciles à suivre; et lorsque les Vendéens se furent éloignés 9 on le saisit chez sa sœur, qu'on arrêta avec lui. Pendant qu'on les conduisoit aux prisons de Savenay 9 celte sœur ne pouvant dissimuler ce qu'elle craignoit pour lui 9 il répondoit à ses alarmes par ce discours : « Ne vous livrez point tant à la douleur.

Nous souffrons bien injustement 9 il est vrai; mais J.-C. n'a-t-U donc pas souffert pour nous, et tout aussi injustement ? C'est par les souffrances que nous lui devenons setnblables ; et c'est aussi par cette voie que nous parviendrons

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au ciel. Heureux ai nous pouvons des législateurs qui renrersaient le mériter par quelques instans de les aut^s^ et prÔToquoientle maspeines I Mettons toute notre con- sacre des> prêtres. Cette foiblesse fiance en Dieu ; et ne perdons pas ne le sauva point , parce qu'on ne de Tue^ que 9 si ce n'est pas dans Touloit plus de religion et de mi* cette vie , ce sera du moins dans nistres des autels. Le curé Greitte l'autre , qu'il changera nos larmes fut donc emprisonné à Verdun ; et en joie , et notre humiliation en bientôt on le fit traîner à Rochetriomphe ». Le vicaire Gran fut fort pour en être déporté au^elà abreuvé d'outrages et^e mauvais des mers ( T^. Roghefort). Arrivé traitemens dans la prbon de Sa- dans cette ville , il y fut embarqué v^nay ; mais il n'y resta pas long- sur le navire te Washington y temps. On le conduisit bientôt à où 9 entouré de confesseurs de liantes pour le faire juger par le J.-C, qui n'avoient pas plus à se tribunal criminel du département reprocher le second serment que le de laL&ivô'Inférieure, siégeant premier 9 il rougit de celui qu'il en cette ville. Ge tribunal, s'em- avoit fait 9 et le rétracta. Dieu 9 le parant de suite de la cause de cet trouvant alors digne de lui, abrégea ecclésiastique 9 le condamna à la ses souffrances : le curé Greitte peine de mort 9 comme « prêtre mourut dans le courant d'août réfractaire9 instigateur de révol- 1794 9 à l'âge de 58 ans 9 et fut tés 9 et pour avoir béni. des dra- enterré dans l'île d'^io;. (F. L. J. peaux de Farmée vemdémne». GEiMorzEAVD9 et J^ GtcniÈREs. ) Ge jugement fut prononcé 9 non GR£I!liI£R£(GEKEviÈVB-GHijien 1794? comme on l'a écrit xottb), pieuse fille de Bourges, ailleurs 9 mais le 1" juin 1793; et montra avec beaucoup de courage le vicaire Gran périt 9 le même et de constance9 par ses actions et jour9 à l'âge de 55 ans. par ses discours 9 un attachement GR£ITT£ (iV...)9 curé d'£- invariable à la Foi catholique, taing9 paroisse du diocèse de Ver- en 1791 et 1792. £lle fut pour dun, et natif de Metz 9 ne prêta cela même jetée dans les prisons point le serment schismatique de de Bourges 9 où elle mourut9 en 1791. Quoique la loi d'alors le 17939 captive de Jésus-Christ 9 chassât de sa cure , il n'en resta avec la disposition de souifrir la pas ttioins près de ses paroissiens mort même' sur l'échafaud pour pour continuer à s'occuper de sa sainte cause. leur salut. Ge motif le décida GR£P£L (iV...), prêtre du même au commencement de sep- diocèse de Saint-Malo , se distintembre 1 79a , à faire le serment gua dans le cours de la persécude tiherté'-tgaUté , prescrit par tion, par une Foi éminente, et

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par un zèle coarageux qui sayoit braver tous les dangers pour le salut de ses frères. Tion seulement il refusa le sennent schismatique de 1791 9 mais encore, afin de subvenir aux besoins des catholiques 9 il resta dans sa province malgré la loi de déportation. Il avoit un asile assez sûr dans le bourg de Médréac, près Slontauban , en Bretagne 9 au même diocèse; et, avec lui, s'y trou voit retiré un vénérable prêtre septua* génaire {F* Tiehgon), duquel il assistoit la vieillesse, en retour des vertus sacerdotales dont celui-ci lui offroit le tableau dans sa personne. L*un et l'autre, grâce ^ au bon esprit des habitans^ passèrent assez heureusement les terribles années 1793 et 1794» qu'on a regardées comme les plus af* freuses de la révolution, parce qu'elles le furent effectivement pour les laïcs. Mais les suivantes ne l'ont pas moins été pour les ministres de l'Ëglise. Cependant^ Grepel et son vénérable compagnon échappèrent encore au danger de la mort pendant 1796; mais, vers le milieu de février 1796, une de ces hordes qu'on appeloit colonnes rnobUeSy arrivant à Médréac, aperçoit Crepel qui marche dans le bourg sans défiance ; et , le reconnoissant pour prêtre, un des soldats tire suit lui un coup de fusil, dont la balle lui traverse le corps, et l'abat. Il se relève, en demandant sans

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aucun accent de plainte : « Qui est-ce qui m'a blessé? sont -ce les républicains ou les chouans {V. Yekdée ) » ? Les soldats de cette colonne étoient déguisés en chouans; et Grepel pouvoit s'y tromper. Des femmes indignées, et qui avoient reconnu la troupe, s'écrièrent : « Ge sont les républicains ». Le saint prêtre reprit aussitôt avec douceur : « Feu m'importe ,flprès tout, de savoir ce qu'ils sont : je leur pardonne ma mort, quels qu'ils soient». Ges femmes, profitant de ce que les soldats étoient encore à quelque distance , l'emmènent derrière un monceau de paille, pour le soustraire à leur fureur; mais»

l'y voyant baigné dans son sang»

elles ne peuvent retenir des exclamations d'attendrissement ; à ces cris, un des soldats accourt, tire son sabre ; l'une de ces femmes , dans la pensée que le respect qu'elle a pour les ministres du Seigneur peut exister aussi dans le c(Bur de tous les hommes, croit retenir son bras en lui disant avec force : « Ne frappe pas ; c'est un prêtre » \ L'assassin répond :

« Je le sais bien »; et à l'instant, il fend d'un coup de sabre la tête du prêtre Grepel.

GRÉTIEN DE LA NEUVILLE (Rosaue), l'une des seize religieuses Garmélites deGomplègne, dont nous avons raconté les actes de vertu , les persécutions et le martyre à l'article de Beàrd , pé-

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rit avec elles pour la même cause * le 17 piillet 1794* £lle étoit née à Loreau, près d'Ëpemon» dans le diocèse de Chartres 9 le 3o décembre 174^9^^ ayoit épousé 9 à l'âge de 19 ans 9 le sieur Crétien 9 dont elle devint veuve après quelques années de mariage. La grâce ayant décidé sa vocation à l'état religieux, et lui facilitant les moyens de la suivre, elle fut reçue comme postulante chez les religieuses de Com^ piègne, le 14 juin 1776, prit Thabit de leur ordre le la septembre suivant, et reçut pour nom de religion , celui de sceur SaitUt^ Jvlit. L'année d'après , le i4 septembre 1777, elle fit profession. Elle avoit la charge de sacristine, à l'époque de lastippres* sion des ordres religieux en 1791»

Alors , elle fut sollicitéeavec beaucoup d'instance par sa mère qui vivoit encore, et avoit 80 ans, comme aussi par ses autres parens, de venir vivre près d'elle; mais la «osur i^ointe-Ziilia crut devoir rester avec ses compagnes , puisque celles-ci pouvoient continuer en commun la pratique de la règle de sainte ïhérèse. Cette détermination éft)it d'autant plus généreuse que la èOtiuT SaifU&* Julie ne se dissimuloit point les dangers qui les menaçoient, et qu'elle-même, touten prévoyantle sort qu'elles ont eu , ressentoit une crainte extrême de la mort, et surtout du sijq[>plice de la guillo«

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fine. Sa piété néanmoins triomphoit de cette terreur. Dans ses fréquentes aspirations dont quelques unes, écrites de sa main, sont en notre possession, elle disoit : «Nous sommes comme les victimes du siècle, et nous devons nous inmioler pour sa réconciliation avec Dieu. — Une éternité de bonheur m'attend I...

Hâtons-nous donc , courons vers ce t^me, et souffrons volontiers pendant les courts momens de cette vie. Aujourd'hui la tempête gronde ; mais demain nous serons dans le port». Cette fervente religieuse y parvint avec gloire, à l'âge de 67 ans. (f^.

Beabd. )

CROISET (Jean), qu'on trouve sur le registre de l'état civil de Paris, parmi les prêtrea qui furent massacrés dans l'église ou le jardin des Carmes de cette ville , le a septembre 1 79a , nous laisse le regret de n'avoir pu obtenir aucun autre renseignement à son égard. On peut néanmoins se tenir pour assuré qu'il avoit refusé le serment de la constitu-tiati eiviie du clergé , et qu'il le refusa encore devant le comité de la section auquel l'amenèrent ceux qui l'avoient arrêté pour cette cause, après le 10 août ; puisqu'il ne fut enfermé dans l'église des Carmes que parce qu'il étoit insermenté , ainsi que le registre le prouve. C'est dono comme tel, c'est-à-dire parce qu'il n*avoit pas

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voulu abandonner la Foi catho-^ lui-même à la supérieure des

lique, qu'il fut immolé avec tant Carmélites de Compiègne, pour

d'autres généreux confesseurs de qu'elle la reçût dans son cloître

Jésus-Christ, (j^. Duiàv» et Sep- en qualité de postulante. La su-

TEMBRE.) périeure s'y refusoit, alléguant

CROISY(LoTJis), curé dans le que M"* de Groisy étoit trop diocèse de Rouen 9 expulsé de sa jeune pour supporter les austécure pour n'avoir pas voulu faire rites de la règle de sainte Théle serment schismatique de 1791» rèse : elle jugeoit convenable d'als'étoit retiré dans sa famille , au tendre que la vocation de la pré- Havre où il étoit né 9 et n'avoit tendante fût plus décidée. Le pas cru devoir obéir à l'injuste loi prélat, entrevoyant d'avance ce de la déportation. Il y fut saisi 9 qu'elle seroit un jour, insista en et on l'amena à Paris au printemps disant: « Recevez -la 9 recevezde 1794» pour y être jugé par le la : c'est un ange dans un corps tribunal révotutionnaire. Alors terrestre)». La supérieure enfin, ce tribunal, évitant, autant qu'il après quelques mois de résisle pou voit 9 de montrer sa haine tance, céda aux désirs de l'évêpour la religion dans les jugemens que; et vers l'âge de 17 ans, qu'il prpnonçoit contre les prê- Françoise de Croisy entra comme très , se cl>ntentoit de les traiter postulante dans ce monastère , vaguement de conspirateurs, en le 21 octobre 176a. Il lui fut les envoyant à la mort. Ce fut permis de prendre leur habit le comme tel que, le ai prairial 12 février suivant; et elle reçut an II (9 juin 1794)9 les juges alors le nom de $œur Henr^ condamnèrent le curé Croisy à riette-de^Jéstis» Un an après, la peine de mort qu'il subit le le aa février 17649 elle promême jour. nonça solennellement ses vœux.

CROISY(Frahçoisb de), l'une Autant la ferveur qui l'animoit

des dix-sept religieuses Carmé- transportoit d'admiration ses com-

lites de Compiègne9 qu{, le 17 pagnes, autant elle les charmoit

juillet 1794» furent égorgées î parla vivacité de son esprit, le

Paris pour la cause de la Foi, brillant de soft imagination et

étoit née dans cette capitale, le 18 ramabilité de son caractère. Ces

juin 1745. £lle n'avoit encore que qualités la .firent bientôt porter,

16 ans, lorsque l'évêque d'Amiens, d*une commune voix, à la charge

M. d'Orléans de la Motte, de de prieure. Elle la remplît à la

sainte mémoire, frappé^e la vo« satisfaction de toutes, pendant les

cation qu'il avoit découverte en sept ans d'usage, et fut placée

elle pour l'état religieux 9 la mena ensuite dans c#e de maîtresse

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des noTÎces. Nulle ne pouvoît mieux qu'elle leur rendre délicieux le joug du Seigneur et de la règle. Et toutes celles qu'elle formoit à la TÎe religieuse 9 conser^ yèrent pour leur maîtresse de noviciat après leur profession 9 la même tendresse et la même reconnoissance que si elle eût été leur mère naturelle. Cette place étoit encore occupée par la mère Henriette -de -Jésus 9 lorsqu'en 17919 les ordres mo« nastiques furent supprimés 9 et le cloître de Gompiègne envahi par les homme» de la révolution.

Non seulement Françoise deC roisy repoussa la liberté qui lui étoit offerte de rentrer dans le monde ; non seulement elle fut des premières à proposer à ses compagnes de vivre en quatre petites communautés séparées 9 sous ta direction de leur prieure d'alors ( V, Lidoine) ; eUe composa même»

pour Tapoiogie de son refus et de la détermination que ses sœurs prenoient de concert aveo elle9 un cantique que toutes chantèrent avec un saint transport. La fer- ▼eur religieuse qui le dicta 9 n'en exclut pas Tesprit que Françoise de Croîsrj ne pouvoit s'empêcher de mettre dans tout ce qu'elle écrivoit 9 comme dans tout ce qu'elle 'disoit. Nos lecteurs trou- Teront quelque édification à lire ce cantique. La sœur Henriette s'exprimoit donc ainsi dans la circonstance où elle avoit à choisir

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entre la liberté du monde 9 et, ta servitude de sainte Thérèse.

« Qu*i1s sont faax les jiigemens Que de nous porte le monde!

Son ignorance profonde Blâme nos engagemeus ; Tout ce dont il se décore N'est que pure vanité :

Il n'a de réalité Que le» chagrins qu'il dévore»

«Je méprise sa fierté.

Je m'honore de sa haine ; Et je préfère ma chatne A sa fausse liberté.

Jour d'une étemelle €Éte, Jour à jamais solennel, Oà, me vouant au Carmel, De Dieu je fus la conquête î

o. Nœuds chéris et précieux.

Chaque jour je vous resserre :

Tout ce que m'offre la terre N'est d'aucun prix à mes yeux.

Vos sarcasmes par ma joie.

Mondains, sont bien démentis; 'Qu'elle vaut bien les soucis Auxquels votre âme est en proie !

« Ici-has notre partage Est la croix , l'adversité; Mais elles nous sont le gage D!une heureuse éternité.

Du Ciel encore exilées , Nous y lançons des soupirs; £t nos âmes consolées Goûtent ses divins pbisirs.

« Jérusalem , cité sainte.

Quand viendi*a-t-il le moment D'^rouver dans ton enceinte Le céleste enchante;ment ?

Trop ^désirable existence y Hélas ! pour vous obtenir.

Il nous faut avec constance Pricr^ aimer, et soufl&ir.

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« ArmoiM-nous donc dé courage^ Gomme de braves soldats ; Le grand Roi qui nous engage A bravé bien des combats.

Que de béros à sa suite !

On les compte par milliers :

Sur leurs pas volons bien vite Pour partager leurs lauriers ».

Déjà, comme on k voit 9 la sœur Henriette pré?oyoit les épreuves cruelles auxquelles sa piété seroit mise 9 et faisoit pressentir la force d'âme avec laquelle elle trîompheroit de ces épreuves.

Dans l'association particulière où elle se trouva, suivant la division que d'un commun accord les religieuses avoient faite de la communauté, en sortant de leur cloître {V. Brard), la sœur Henriette eut pour compagnes d'habitation quelques unes des religieuses professes dont elle avoit été la maîtresse de noviciat. En 1795, le jour de sa fête, elles lui donnèrent un bouquet, dans lequel étoit un emblème analogue à leur situation, et des vers qui lui disoient:

«Du sein même du malbeur Tu vas renattre immortelle Pour combler notre bonbeur ».

Une d'entre les religieuses désapprouva cette pensée dans la circonstance où l'on se trouvoit , parce que ces vers sembloient annoncer des choses sinistres.

« £h bien I répliqua vivement la sœur Henriette i ne serois-je pas trop heureuse de mourir dans le

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sein du Seigneur?» Cette destinée ne tarda pas à s'accomplir pour elle comme pour ses compagnes :

elle fut arrêtée avec elles en mai 1794* Conduite ensuite comme elles à Paris, elle n'en fut pas séparée dans les prisons de la CoHciergerie, où elle les excitoit à l'héroïsme de la piété par ses cantiques presqu'autant que par ses exemples. L'avant -veille du jour où elle fut appelée avec d'autres religieuses au cruel tribunal, prévoyant bien que l'heure de son martjre étoit proche, elle composa un nouveau cantique , en cinq couplets, dans lequel elle parodioît chrétiennement la farouche chanson républicaine d'alors, connue sous le nom de ta Marseiltaise. Un seul de ces couplets suffît pour faire bien connoître les sentimens que la sœur Henriettede- Jésus porta sur l'échafaud.

Elle y disoit à tous les prisonniers en général :

« Livrons nos cœurs à l'allégresse ; Le jour de gloire est arrivé :

Loin de nous la moindre foiblesse; Le glaive sanglant est levé (bis).

Préparons-nous à la victoire; Sous les drapeaux d'un Dieu mou-

Que chacun marche en conquérant ;

Courons tous , volons a la gloire :

Ranimons notre ardeur^

Nos corps sont au Seigneur :

Montons^

Montons à Técbafaud; et Dieu sera

vainqueur ».

II n'est pas nécessaire de dire

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