‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution FrançaiseChapitre 178 sur 222 · CUL · texte numérisé non relu

CUL

Bordeaux, et de là à Blaye, pour être déportés à la Guiane ( F.

BoBDEAux). On l'enferma dans le souterrain du fort de l'Ile-du-Pfité, en attendant l'époque encore éloignée de l'embarquement. Lorsqu'il eut lieu , yers la fin de l'automne 1794 9 trois mois après le renversement de Roberspierre, le grand nombre des prêtres à déporter excédant la capacité des na- Tires , on ^t obligé de laisser le chanoine Culture dans^on cachot.

Les maux qu'on y enduroit surpassoient de beaucoup ceux de l'entrepont des vaisseaux; et ce respectable ecclésiastiqueen tomba gravement malade. On le transpprta à l'hôpital de Blaje, où il ^sta long-temps sans pouvoir recouvrer entièrement la santé.

Lorsqu'en 1796, il eut la liberté de retourner dans sa famille, il j, porta le germe de mort qu'avoient infiltré dans ses veines, ses souffrances pour la cause de la religion ; et il ne tarda pas â en périr. Ses compagnons de captivité, les habitans de Blaye qui purent le voir à l'hôpital , les sœurs hospi-

(1) Itaque duplex fuà muliefù martjrrium^ imà uerd triplex; nom per se ipsam semelj perfiUas suas his mar^ tjrrium passa est. Cette remarque peut encore être appliquée à Anne-Claire Cotineau , dame de La Billiaia ( F", cidevant > pag. aai).

(a) Praefectus rogat an sibi uelà nubere. Si adnuat, et sociabusque libenatem à rege ùnpuraturum se pol*

licetur Adhœc nohiUs uùrgo : Vir^

ginàatem meam Ckristo serwo illiba— tam: ipsi me uilamque meam cotn^

mitto.,.. 'Mortem uUque non metuo,

nec suppliûia exhorreo : uiam illa mifû patefadunt quâ peïveniam ad sum— mam quietem atque solatium (Asse— man^ pars I*^ pag. 56 : Marijrrium sanctœ Tharbœ virgims ejusque soro^ ris et andUœ).

eus

talières qui Tassistèrent, quelques uns même de ses persécuteucs 9 parlent encore « de sa douceur dans les souffrances $ et du tendre respect qu^il inspiroit à ceux qui rapprochoient». {F. Goutubiee»

et G. Dàgvbule.)

CD NI (Jean de), prêtre et chanoine de la cathédrale de Metz , né à Dompaire-lez-Yosges, dans le diocèse de Saint-Diezy> se garda bien de laire le serment schismatique de 1791$ et montra, dans cette circonstance 9 que rien ne pouYoit le détacher de la Foi de l'£glise catholique. Déjà sexagénaire lorsqu'intervint la loi d'expulsion portée contre les prêtres insermentés, le 26 août 179a, il ne sortit point de France ; et l'on pouvoit tout au plus l'astreindre à la peine de réclusion. Mais les athées qui régnoient en 1795 youlurent effacer absolument toute trace de religion , et se débarrasser entièrement de ses ministres.

Le chanoine Çuni fut, en conséquence , envoyé à Rochefoit , pour être jeté* de là sur une rive lointaine et sauvage. On l'embarqua sur le navire ie Washington [y, Roghefort). Les souffrances inouïes qu'il éprouva dans l'entrepont de ce bâtiment, lui arrachèrent graduellement la vie. Il mourut en octobre 1 794 9 à l'âge de 6a ans, et fut enterré dans l'île Madame. ( V. J^ Gughièbes, et

J. DlEDAlfT.)

CUSSAC (iV...)? prêtre de la

eus 5o»

communauté de Saint-Sulpicc , à Paris ,* étoit supérieur de leur collège des étudians en philosophie. On a lieu de croire qu'après la dissolution de cet établissement, opérée parles événemens du commencement de 1792, il s'étoit retiré , avec ses confrères , dans leur maison d'Issy ( V, Boubeet). Il fut arrêté, comme quelques uns d'entre eux, peu de jours après la fatale journée, du 10 août.

Amené devant le comité de la section du Luxem/bùurgj il y repoussa la proposition de sauver sa vie en prêtant le serment de la constitution civile du ctergé, et fut envoyé, pour cette cause, dans la prison qu'on venoit de former en l'église des Carmes ( F, DuLAu). Six autres prêtres , saisis également à Issy , et dont cinq étoient Sulpiciens, ^ furent emprisonnés^ en même temps que lui , dan» cette église {F. Gallet, Goguin,Houerier, PsAtMON, Rousseau, et Savikes).

Quand l'heure de leur immolation arriva , le a septembre suivant , Gussac ne se présenta pas aux assassins avec moins de Foi et de courage que ses confrères. ( F.

I Septembre.)

GUSSY (Marie -Louis de), prêtre de Goutances , chanoine de la cathé(|rale où il avoit la dignité d'archidiacre , étoit né dans cette ville , en 1.756. Amené à Paris , avec un autre chanoine de la même église ( F. F. L. Garan-

5io

CIJS

tilly), il méritoit) ainsi qu« kii^ toute la haine que les persécuteurs avoient youée aux fidèles ministres de la religion catholique.

Après être resté plusieurs mois dans les prisons, le chanoine de Cussy fut appelé, le 3 thermidor an II (21 juillet 1794)9 devant le tribunal révolutionnaire 9 qui se contentoit alors de prétextes Ta** gucs pour envoyer ses rictimes à l'échafaud. Cet archidiacre fut condamné à la peine de mort, comme « ennemi du peuple, et comme contre * révolutionnaire » • Il périt, le même jour, à Tâge de 58 ans.

CUSTODE (iV...), prêtre et chanoine de Nevers , que l'on avoit bien pu dépouiller ^de son bénéfice , mais dont on ne pou voit ébranler la Foi , ayoit 64 ans lorsque fut rendue la loi du 26 août 1792, qui condamnoit tous les prêtres insermentés à se déporter eux-mêmes, à moins qu'il» ne fussent sexagénaires ou infirmes.

La condition rigoureuse par laquelle la loi compensoit cette exemption , étoit la réclusion sous la surveillance des autorités départementales ; et le chanoine Custode remplissoitbien péniblement cette condition, avec plusieurs autres vétérans du sacerdoce , dans fa maison où ils étoient véritablement prisonniers ( V. Nevers ).

L'apprentissage du martyre qu'ils y faisoient chaque jour et à chaque instant du jour, les disposoit à

CTIS

de plus grands maux , dont cependant la a>ême loi sembloit les avoir exemptés. Mais il n'en est aucune qui puisse retenir les ennemis de la religion, jaloux d'exterminer jusqu'au dernier de ses ministres.

£n février 17949 le chanoine Custode est enlevé , avec ses compagnons de captivité , et envoyé , comme eux, à Nantes où déjà tant de prêtres avoient été submergés (F. Nartes). Leur voyage fut un horrible supplice, que surpassa néanmoins encore celui du fond de cale de la galiote hollandaise du port de Nantes , dans laquelle ils furent enfermés, ou plutôt ensevelis. En peu de jours, quarante -quatre prêtres y moururent de peste et de misère»

Cependant le chanoine Custode put résister à tant de maux ; et il fut du nombre des survivans que les tyrans , forcés , par des circons> tances politiques , à prendre quel* que air de compassion, envoyèrent à Brest. Le chanoine Custode n'avoit plus assez de forces pour y parvenir; l'insalubre gabarre à sel sur laquelle il se trouva au moment de débarquer, mit fin à sa douloureuse existence. Il y mourut sur la fin d'avril ; et les conduc* teurs, en jetant son corps à la mer, imitèrent encore ceux des anciens persécuteurs qui poussoient leur haine de la religion jusqu'à priver lés chrétiens de la consolation d'honorer la cendre de leurs Martyrs. {F. Chezeau,

DA6

Bénédictin; et Dbscbamps» curé de Thianges.)

OAG

Su

CYRILLE {Le Père), Capucin. (F. Rooui.)

DADQN VILLE (Auguste), prêtre et chanoine de Lille, né en 1769 à Aoinyilliers , près d'£<tampès, au diocèse de Sens, étoit venu, après la suppression des chapitres, habiter' Paris, au sein de sa famille. 11 y fut arrêté en 1794; mais, quoiqu'il n'eût pas fait le serment de 1791, on ne pouvoit se prévaloir contre lui de la loi de déportation, parce qu'il n'étoit pas assez éridemment compris parmi ceu:^ qu'elle forçolt à s'exiler.

D'autres expédiens ne manquoient pas au tribunal révolutiannairù pour envoyer les prêtres à Péchafaud. Quand celui-ci comparut devant les juges, le 7 messidor an II (a 5 juin 1794)9 considérant qu'il étoit prêtre catholique, ils trouvèrent tout simple de le condamner à la peine de mort comme « contre-révolutionnaire »; et la sentence fut exécutée le < même jour.

DAGONNEAU (iV.;.), curé de Saint -André de Ghâteauneuf, dans le diocèse d'Angers, subissoit en 1 795 la peine de réclusion que le décret du a6 août 1792 avoit infligée aux prêtres sexagénaires ou infirmes qui, n'ayant pas fait le serment de 1791, ne pouvoient sortir de France. Si les lois eus-

sent été respectées, Dagonneau seroit resté dans sa réclusion jusqu'à de meilleurs temps ; mais on vouloit qu'il n'existât plus un ministre de la religion. Carrier, pro« consul à Nantes, venoit d'imaginer un moyen de faire périr les prêtres en masse , en ayant Fair de les embarquer pour la déportation sur des plages lointaines (F. Nantes).

Dagonneau et d'autres prêtres reclus d'Angers, lui furent envoyés. Il les fit submerger pendant la nuit du 9 au 10 décembre, au nombre de cinquante -huit, avec seize autres des diocèses voisins (f^. ci-devant, pag. ao5).

Ainsi donc ce curé mourut pour sa Foi , de la même manière que ces Martyrs de la primitive Eglise, dont on célèbre la fête les 5 et 5 avril , le 10 juin , et le 5 de septembre. (F. Y. CoÀT, et Dblààge • de Champlenssé. )

DAGUERRE (Gbâgun), prêtre du diocèse de Dax ou d'Acqs, né à Saint- Martin, près d'Orthez, n'exerçoit aucune charge ecclésiastique lors de la révolution , et résidoit au lieu de sa naissance.

Il n'étoit donc point tenu au serment, qu'en 1791 l'Assemblée Constituante avoit exigé des prêtres fonctionnaires publics. Mai9«

5i% DAL

obligé de manifester sa Fol dans ces temps de schisme, il s^étoit fait considérer par les persécuteurs comme digne de la haine Touée aux prêtres înassermentés. Ainsi que tous ceux qu'on put découvrir en France dans Tannée 1795 9 il fut arrêté ; et pour le faire déporter à la Guiane , on l'envoya à Bordeaux 9 où dévoient se faire des embarquemensde déportation ( V.

Bordeaux). £n attendant qu'ils pussent avoir lieu 9 cet ecclésiastique resta enfermé dans le fort du Ha. Comme les emba^ quemens ne commencèrent à s'effectuer que vers la fin de l'automne 1794» trois mois après la chute de Rofoerspierre ; et comme la Providence vouloit épargner ce nouveau supplice au prêtre Daguerre, et abréger son martyre, elle permit à la maladie de terminer ses souffrances en terminant sa vie. Gravement malade , il fut porté à l'hôpital de Saint- André 9 où, sans cesser d'être captif de J.-G. , il expira le i5 août 17949 à l'âge de 58 ans. {F. Cultdre^ et J. F. Dangeyron. )

DALLEMAND (Pierre-François ) , curé de la paroisse de Saint- Julien de Yocancel, près d'Annonay, au diocèse de Vienne, n'avoit que 27 ans, lorsqu'en 1 79 1 , l'on exigea de lui le serment de la cariêtittUion dvite du ctergé. Il le prêta , mais avec de»

restrictions qui pouvoient empêcher que sa Foi n'en fût compro-

DAL

mise ; et il crut être ensuite à l'abri des peines dont la loi de déportation vint menacer les prêtres non -assermentés. Pour s'affermir dans cette confiance , il céda volontiers à la sollicitation qui lui fut faite en décembre 1792, de prêter le serment de Uberti-égalité, qu'on lui disoit approuvé à Paris par des ecclésiastiques fort prônés; mais l'illusion que leur décision lui av oit faite ne put tenir contre la force des principes et la candeur de son âme. LeSo avril 17935 il envoya au maire de Saint-Julien qui avoit inscrit son serment sur les registres de la commune , la rétractation qu'il en faisoit, lui écrivant en même temps : « Je vous requiers de lire à la municipalité 9 dans votre prochaine assemblée , la lettre que j'envoie , et d'appuyer beaucoup vous-même pour que ce serment soit rayé , et la présente rétractation écrite. Tous ne pouvez le refuser sans injustice.... G'est un droit qui appartient à tout citoyen de se rétracter sur les registres , et d'en prendre acte » . Le texte de cette rétractation se verra à la fin du présent article; mais nous ne pouvons renvoyer de même la lettre au corps municipal , à qui Dallemand écrîvoit :

« Ge qui m'engage à la démarche que je fais auprès de vous, ce sont les malheurs multipliés de nos jours ; c'est la religion persécutée ; c'est encore le slou venir que je conserve, qu'à l'époque de la près-

DAL

tatioir du serment» l'explication que j'en fis» et ma profesaion de Foi ne furent point écrites. Peut* être que cette démarche m'attirera de nouYelIes persécution» ; mais je TOUS avoue 9 dans la sincérité de mon cœur 9 que je n'en crain^ point de la part d'une paroisse que j'aime et que je l>énis. Au reste , s'il faut en éprouver, mon sacrifice est Mi ; et je donne volontiers tout mon sang pour la cause de la reli* gion... C'est avec regret que je vais. quitter cette paroisse pour quelques jours » • Le» municipaux»

loin d'obtempérer à la demande exprimée dans la lettre de Dalle** mand, décidèrent «qu'attendu que sa déclaration tendoit àsn^uen<»r dans leur commune un fanoHsmô propre à corrompre la majeure partie des habitans» et à les porter à une contre -révolution 9 la force armée de la commune et de celles d'alentour» seroit employée pour {aire la recherche » partout où besoin seroit » et de la petïonne dudit Dallemapd» et de ceux qui l'avoient retiré cb^seux» . Le curé de Saint- Julien» ainsi proscrit» n'espérant pas trouver d'asile» ou ne voulant point exposer les personnes charitables qui l'auroient accueilli » se retira dans un^ forêt voisine; et ses paroissiens» demeurés catholiques» s'y rendoient pour entendre ses instructions» et lecevoir de ses mains les saccemens de l'Ef^ise.

Il continua d'y exercer ainsi son ministère» jusqu'en juillet 1794»

PAL 5i$

sans que les persécuteurs pussent réussir à l'en empêcher» parce que le lieu précis de la forêt où il. se tenoit» étoit ignoré d'eux» et que souvent il passoit en d'autres forêts des environs : tels ces pro?

phètes que l'apôtre saint Paul nous représente manquant de tout»

affligés » persécutés» dont le monde n'étoit pas digne > errant sur le^ montagnes» se retirant dans les antres et les cavernes de la terre( 1 ), Cependant les municipaux qui le poursuivoient» sachant qu'il étoi^ le plus souvent dans ces boiç, et n'ayant pu le découvrir» ordonnèrent une battue générale de h forêt, le 17 messidor an XI (5juil«> let 1 794)« Lorsqu'il en sorte it pour échapper à cette mesure» il fut saisi par un nommé Sausse» capitaine de la garde nationale de Saint-Julien; et le lendemain on le conduisit dans les prispns d'Anr* nonay. Ce jour-là même» 6 juillet » il y fut interrogé par un direc'» teur de jury» auqqel il déclara d'abord spn nom» sa qualité » ajoutant qu'il erroit sans domicile depuis, le 11 janvier : c'étoit la réponse même du saint Martyr £uple au préfet Calvisien : Non ha/beo do- 9Mmii hoc et Dmninus nwm Jef(us Christus novit (Ruinart :

dcfi^ S. EupU dkuunèi et Heur-

(i) Circuierunt egentes, angustiaû^ afflicdy qwhus dtgruts non erat mundus ; in solàudinibus errantes , in montibus et speiuncis, et in cauemis t^rrœ, (Htobr., c. XI, :^. ai, etc:)

5i4 BAL DAL

tj/ris ). Lé juge lui ayant dît dans lequel il confessa d^abord ensuite . « Puisque tu étois font- branchement quMl n^aroit point eu tionnaire public, t*es-tuconfonné de domicile fixe depuis le li ni- & la loi qui exigeoit de toi diyers rose (Si décembre 1793). Le sermenS) surtout celui de Uéerti- président lui dit ensuite : « As-tu égaiité?» Ddlemand répondit: prêté les sermens prescrits par les « Je m'y suis conformé autant que lois aux fohctiohtiàires publics et ma conscience et ina religion me litres? » -^ Daltemand répondit Font permis », — « Ne fis -tu pas arec franchièe: « J'ai prêté le pre« une rétractation de tous ceâ sèr- teier serment, ttiafs avec les rémens , le a& atril ? »— « Ma rétrac^* serres et restrictions tfiie ma cons* tation concemoit le éermeht de cienceetmarelig!oiim*bbligeoient UberU-égatité » .— « Quels furent d'y insérer ; et je croyois que cela tes motifs ?»^-*« Mes motifs furent m'étoit permis. Je prêtai le sela tranquillité de ma conscience cdnd-, qui étoH celui de la Héerti et l'entière pureté de ma Foi ».^-* et de Véffàiité, mais arec, à peu « Gonnois-tu lé^ lois qui te près- près, les mêmes restrictions, et crÎToient ce serment, et qui pro- par les mêmes motifs». -i-« N'ashOQcent des peines contre les tu pas rétracté ces deux sermens le prêtres qui ayoient refusé de le 32 avril 1 793?» — v J'ai laissé siibprêter, ou qui l'ont rétracté?» slster lé' premier àyec leé restric- -« « Je lies cotinois très-bien «. tiens que j'y^yoié apposées ». — Après quelques autres questions, «Tu connèissois cependant les lois pour connoîtie les personnes qu'il qui pronbnçoiéht des peines contre Toyoit, qui le rèceroient cbeï les ecclésiastiques qui n'ayoienC elles, ou qui lui portoient de 1d pas prêté, ou qui ayoient rétracté nourriture dans les bois , questions [eurs sermens ?»^^tt Je les connoisauxquelles il répondit ayec la cott<^ sois ; et alors elles n'infligeoient rageuse discrétion de saint €y^ diantre peine que la privation d^ prien, et la fermeté de sàfntle feur traitement».-^ «Tu as dû con- Irène, déjà cités ailleurs ( T. ci* noître aussi célfé des «9 et 5o yendey. ,« pag. 64, 3a6, 36a). Ou lé'fil démiaire, qui prononce la déporaussitôt conduire à PriVas pbûir y lation- contre les prêtres réfi^acëtrt 'jugé par le tribunal crimltaei taires »? — « Je ne l'ai pas connue ; du département de VArdèche^ et d'ailleurs je-Uè me suis pas cru siégeant en cette yille. Il comparut dans le caé d^êtfé déporté» .-^«Tu devant ce tribunal le aa messi- dévois savoir àU moins que tu ne dor (10 juillet], à onie heures du pouvois continuer tes fonctions » ? matin. Sa condamnation y fut pré- Daltemand avoit continué de les cédée d'un second interBOgaloire, exercer en secret pour les eatho-

DAL

Mque0 qui recouroieot à son mi^

nistère 9 comme nous l'à^Tons dit ;

mais Tinterrogateur ne sayoît riéii

de positif à cet égard ; et k saga

curé, diâpeti»é'de Tén instruire »

se borne à lui répondre : « fe mè

tais là -dessus ». Le perfide ina«>

çîstrat, déconcerté, dit alors :

« Puisque tu ne croyois pas être

sujet à la déportation , po«tr<^

quoi quittots-tu ta commune P»**^

« N'ayant plus de poste fixe, fétois

obligé de me retirer et de passer

où je pouvois. » ^^ « Quelles sont

les mais(>ns que tu as fréquentées

depuis cette époque ?»-*—« Je n'ai

rien à dire là-dessus , parce que j^

ne Teux compromettre personne. »

— «N'as- tu pas passé plusieurs

jours et plusieurs nuita dans les

bois ?» — « J'y ai passé plâsièuÂ

jours et plusieurs nuits; et yé

changeols sourent de position»*

•*— « Comment te procnrois - ta

alors les alimens nécessaires à

ta notirrîture?»^ — «Je ne peux

pas dire comment, ni par quel

moyen. » C'eût été indiquer à la

persécution les, fidèles qui le se-^

couroient; et Dallemand répon-

doit dans son âme , ce que jadis

le Martyr Achatius disoît sur une

question analogue, qui ayoit pour

but de lui faii^ dénoncer des

chrétiens : <x Leurs noms sont

écrits daiis les pages dirines du

Lirre céleste : de^yeux^^rofanes,

comme les TÔtres, sont - ils faits

pour Toîr ce que l'invisible main

du Dieu immortel a écrit luî«*

DAL 5iS

même» ? ( f^. or-devant , pag. 526 etf 36a.) L^mterrogateur ne sachant plus que demander à un confesseur de la Foi , aus»i prudent qu'il étoit inrincible , ne tarda pas à prononcer conti« lui une sentence dé mort. La voici copiée sur raflTtche que le tribunal en fit placarder :

« Vu l'interrogatoire de Pierre- François Dallemand, ci -devant curé de Vocancel, figé de 5o ans, traduit hier dans la maison de justice, et celui prêté le 18 messidor (6 juillet) devant le' directeur du jufy, à Annonay; la rétractation par lui faîte, le aa atril 1793 stylé esclave : l'accusateur publie entendu ; considérant que non seulement ledit Dallemand avoît apposé des restrîctrons aux deux sermens par lui prêtés , mais qu'il fit encore one rétractation lé 9l3- avril 1793, style esclave, le tribunal déclare, en conformité de l'article 10 de la loi des 29 et 3o vendémiaire, et autres I»»i3 antérieures , ^ue ledit Dallemand étoit sujet à la déportation; et, attendu qu'il ne s'est pas rendu (au département pour être embarqué) dans la décade portée paé l'article 14 de la lof des 25 et 3o vendémiaire , et qui! a encouru lerf peines portées par les articles 5 et i5 de ladite loi, lé trfbunàl ordonne que ledit Pierre -François Dallemand sera livré à l'exécuteur des jugemens crhnînels, [Jour être mis à mort sur la petite place de cette commune (Privas) c(ans le

5i6 DAL DâL

délai de TÎQ^-quatre heures; dé- Père eéleàte. A Dieu ne flaï^t qaé clare ses biens conGsqués au profit yoiis suivies jamais une autre docde la république, etc. »« Ce juge- trine que celle que je tous ai ea> ment, rendu le aa messidor an II seignée f Yotre perte seroit irré- (lo juillet 1794)9 ne fbt mis k parable..». Les croix et les triexécution que le 8 thermidor ï>ulations sont inséparables d'un (26 juillet 1794)9 afin qu6 le curé <Jirétienet d'un disciple de J. -G.... Dallemaiyd pérît en .même temps Je suis séparé de vous ; mais ce que quatre autres prêtres que ce n'est que de corps : mon cœur est tribunal avoit à faire mourir pour toujours au milieu de vous ; et la même cause (f^. Bac, Gàedcs, Dieu m'est témoin que je vous MoNTBSAiic, et ÈovviiiLE). Il de* porte tous clans les entrailles de voit concourir au spectacle tou- J.-G. Les fers^ la prison, la mort chant d'édification qu'ils donné» mêmie ne me sont rien. Je bénis rent à la ville de Privas, recevoir le Père de. Notre Seigneur J.-G. avec eux, commeégdementdigne, de m'avoir jugé digne de souffrir la couronne du martyre , et par- pour lui , et de confesser publitager après la mort les mêmes quement la Foi, sans laquelle nul honneurs que le public rendit à chrétien ne peut être sauvé..*.. Ne leur tombe. Le récit des diemiers craignez pas les hommes , dit instans de ce ministre de Jésus- J.-G. ; ils peuvent tuer le corps, Ghrist se trouve avec celui de la mais n'ont aucun pouvoir^ sur mort de tous les autres , au pre- l'âme ; craignez plutôt celui qui mier des articles que nous venons peut perdre le corps et l'âme, et d'indiquer. les précipiter dans l'enfer. £n ces Dans l'intervalle de son juge» Jours malheureux, la crainte et la ment à celui de sa mort, il écrivit lâcheté seroient un crime. Appréà ses paroissiens, le 19 juillet, une header de confesser J. -G. , c'est lettre affectueuse autant qu'édi- s'exposer à le renier ; et le refiante , dans laquelle il leur disoit : nier , c'est se damner. GardezcYous tous, mes frères, qui êtes vous, mes frères, d'une pareille restés fidèles à J. -G., s'il fut un lâcheté ; la perte de la Fbi seroit temps où vous avez besoin d'être le plus grand châtiment dont Dieu rappelés aux grands principes de pourroit vous punir. Adieu , nies la Foi et de la religion , c'est sur* chers enlans : je. vous ai laissé fidè* tout dans ces circonstances mal- lement attachés à la. sainte doc^ heureuses, où, arraché d'entre trine; je mourrai, content, puisque vos brasse vous vois plus exposés Dieu le veut... Je mourrai, en à déchoir de l'auguste qualité vous donnant à tous l'excrmple de d^enfans de Dieu et d'héritiers du mourir aussi pour la belle cause

DAL DAL 5i7

de la relig;ioD.... Je pardonne de ()ue je fis 9 et le serinent que je

très-grand cœur à nies ennemis, prêtai au mois de décembre 1792:

si j Vu ai quelques uns.... Je par- le préambule, comme contraire

donne surtout à la pet*sonne qui' en partie à mes devoirs les pins

est la cause de ma mort; et je essentiels et les pins sacrés, que j'ai

prie J.-C, le père et le yraî méde- toujours remplis sous Vos yeux , et

cin des âmes, de la guérir et de la que je remplirai toujours de tout

layerde la tache affreuse qu'elle a ' mon potiyt)ir;etIe^rmetit, quoi-

faite à la sienne , et de ne pas lui que prêté' ayec une restritiiibn ou

imputer le criniie qu'elle a commis addition qui ne me paroît pas suf-

à mon égard , etc. , etc. » • On ne fisante. Dans ces circonstances ,

trouve rien de plus édifiant et de je déclare, pour la plus* grande

plus touchant dans les exhorta- gloire de la sainte Église, et là

tions des anciens Martyrs au mo<- pureté dé la Foi , que je me refuse

ment de leur mort. absolument à la prestation dudit

L'acte de la rétractation que serment; vous requérant de le

Dallemand avoit faite du serment biffer sur les registres , et d'y in«

de HberU-égaUté^ et dont nous sérer la présente rétradtatfon dont

avons promis dé donner le texte ^ je demande acte, que je ferai

est un autre monument précieux prendre' entré lés mains dusecré-

poûr, l'histoire ecclésiastique de taire-greffier : déclarant 'en outre

cette époque. En voici la copie qnë, pour une plusr grande pu-

littérale : . blicité y j'adresse de suite copie

Aux Officia munMp0Ux de «°"''»'^ '^f'^rlTlT^'

S inù^uUenJ national', près le district de Me-

zène , à Toumon.' Signé, Dàllk- (c Je soussigné, prêtre, curé de mànd,' curé. • Vn annotateur, la paroisse de Saint-Julien de Vo- rapportant^ cet acte, a dît : « Ne cancel , déclaré qu'ayant appro- nous aiVétions pas auxexflressions fondî de plus en plus les principes naiSvès dont se sert le pieux mirenfermés dians le serment d'éjo-- nraltre de J.^C. » Mais on ne voit iUi et 4e iii^erÙ, et en ayant re<- rieh lA • de fuxîf dans le sens de connu plus que .jamais Jes êuites l^aÀnotateur ; et les expressions 7 funestes, tenéent à détruire direc* sont tellement celles que Dalletementla religion sainte que tout lîiand de voit employer pour dire catholique doit nécessairement' dequ*ilvtmtoTt,queronnesanroit professer, et que je .professerai leur en substituer de plus convemoi'* même jusqu'à la mort, je nables.' D^utres historiens d^ la rétracte formellçuBent pour l'édî-> mort de ce Martyr ont passé s6us iicatioii pufeUquév '^ préénbirie sHenee cet acte de rétràctatfoti.'

5iS SAN

Aucune raison ne pouroit nous porter à le supprimer j^ ni à le traiter ayec dédain 9 dans un récit que l'on irouyerst plus complet quant aux faits^comnieplus exact quant s^x dates. {F.fojsiTAiJHf, l.az«riste.) ^

DAIVIASE (Xe P^re), religieux RécoUet. (V, SELT&iMiEvx.)

DAIdASE {LePèt^), Cap^icin. (F. C. DiDisi^oT^)

DAMBORGES (JAf]QujBs]r qu'en quelques listes on trouy^e mal A propos nommé Ambojurgifs , étoit un jeune prêtre du diocèse. d'Acqs»

o^ de Dax, né dans la yil)e de Salies^ f n Béaro^ yeiç^ 1 76;?; e^ ;, àrépo^p de la réyol^|ion^ yicaifis en la pa-r roisse 4e JLa^)at^t-jHipa^èrç , prè3 dç.JP^M. Jl ^ef^sa;^ a^feç une Foi

^ès-géjo^éreqse^ 1^ serment delà eom^iiution çivitc flyj, cUr^^ ; et , quoique c^ riefus l'^posât à

bien des pejcsèçïtfîon^A iî.TOvlut rester dans JI4 ipa^oisse où. i{ étoit yloaire,, pour jcoijfiauer h yeîlJeir au aqiut des ha^it^ns. Il j ^toit encQre tout occjupé des soips du saint ministèrç, lorsque le proconsul Pinel yint^ 41a£n de 179^^ désoler cette ctontrée. Daoiborge& fut arrêté et ytx^ dans les pris9ns de Tartas 9 à'oik )>ientôt il fut traîné d^ns cel]f|8 de J)ax ou Acqs, cbef - lieu du département des Landes s dont lé tribunal crîminel^ jugeant réy olutionnalrement»

TenToya à la mort^ comine « réfractaire à la Ipi »9 le i5 yei^tçse aq.JI (3i3féyrief i'794)^Al'^e d«

Page 1