‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution FrançaiseChapitre 218 sur 222 · SON · texte numérisé non relu

SON

consenti à le laisser croire. Où n'exigeait même de lui que son silence sur ce point; mais ce silence auroit été un mensonge iin- [dicite, ou la confirmation indidirecte d'un mensonge formel : et le P. Donadieu , .incapable de déguiser en aucune manière la vérité , refusa de se prêter à cet expédient Interrogé devant la commission mititëire, il répondit arec toute la candeur d'une conscience pure (i). On le renvoya dans sa prison ; et la commission , procédant à son jugement d'après ses réponses, prononçaqu'il seroit ftisillé, edmtaie*«éaiigrè-rentré». Il eut avis de cette sentence arant que le. greffier de la commission Tint la lui: notifier; et, lorsqu'il en reçut la notification, le )our mêmeoùelle de voit être exécutée , il s'étoit encore bourri dès le matin du pain eucharistique, et en avoit fait part à deux prêtres qui de-

(i) Ce trait du P. Donadieu fit dans Marseille une impreMion si rive et si profonde 9 que, maintenant encore, parnii les Trais chrétiens, dans ces situations difficiles où quelque dissimulation poanoit tirer d'embarras , le souvenir toujours présent de l'exemple de ce saint prêtre la fait aussitôt repousser sTec une généreuse franchiae. Noua ne pardtrons pas trop minutieux en s joutant quelles mères Marseillaises , quand elles Toient leurs «nfans tentés de mentir, sont dans l'usage, pour les en empêcher, de prononcer par exclamation le nom seul du P. Donadieu.

Toient périr avec lui {V. Bau- DiN i et A. ëxbiig). Quand il partit ayec eux pour le lieu du suppllcey.on eût dit, à yair la dignité de sa démarche» ce que l'historien àe la passion des saints Mar* tyrs Montan» Lucius, Flavien, a raconté. de Tun d'eux en pareille circonstance. «Toute sa contenance attestoit qu'il alloit partager effectivement la royauté de J.-C. 9 a?ec qui dé)à il régdoit par la penséie et les sentimens (i)». Le P. Donadieu ètoit suivi par une des fervente^ FUU9 de ia Croix, M^^* Mélaaie Gouverne, qui intplorqithatttement le secours de ses prières. Elle le pou voit, sans doute, avec autant de fondement que le^s fidèles accourus pour être témoins de la mort des anciens Martyrs que nous venons de nommer, et qui leur disoient : « Daignez,- daignez TOUS souvenir de nous auprès de Dieu » . C'étoit uniquement par un profond sentiment d'humilité, que saint Lucien leur répliquoit : « Yeuillez aussi vous ressouvenir de moi ». Le P. Donadieu ayant fait la même réplique^ nous pouvons nous écrier avec le même historien, qui ne doutoit point que les Saints dont il parloît n'eussent été couronnés dans le

eiel à l'instant de leur mort :

(i) Sic regnaiurum cum Deo Martjrremjofn tpiritu ac mente regmmtem , 0Uam àinent tota eUgnitas txprime" bat* (RoiQart : Paasio SS. Martyr* MoiUani^ Lucii^ Flaifùun, ête, )

n ôh ! qu'elle étoit grande l'humilité de notre Martyr, puisque dans sa passion même, il s'abstenait de présumer de sa gloire , toute certaine qu'elle étoit (1) »• Enfin le P. Donadieu fut frappé du plomb meurtrier; la cervelle jaillit de sa tête fracassée, en se dispersant sur la terre; mais la pieuse FilU de ta Croix , qui avoit voulu l'assister jusqu'à sa mort, s'empressa de la recueillir avec respect/ Elle trempa même un mouchoir dans son sang, et remit aussitôt ces précieuses reliques à un prêtre qui , selon ses conventions avec elle*, s'étoît mêlé dans la foule, sous un travestissement qui l'empêchoit d'être reconnu des soldats et du peuple (a). Le P. Donadieu avoit 75 ans , quand

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(1) Oui càm dieetentjratres •* JTementote nOMtri; f^«, inquity mei mementotê.,.. Quanta MartyrishumUitas de giorid sud née suh ipsâ passione pmenunere! (Ruinart : Passio SS.

Martyr :MfmUmij Lucd^ Ftauiani^ etc.)

(a) yoy.<à:-à^v,f tom. II, pag. 190.

DaHs une lettre de ceprétre-là néine, adressée à Rome en septembre 1798, noustrouTotis^ relativement à Tassociation des FiUea de la Croix, des détails infiniment toncbans^ que nos lecteurs seront cbâhnés de tonnofHre. « Dans oett« petilji société, disoit-il, on compte les demoiselles^de ûiandeuès'' Jiioselle, dont le père fut guillotiné en 1794; l^s demoiselles Aoux-de^ Pépin, qui socrifient à la gloire de Dieu et an soulagement des infortunés les avantages que leur oot prodigués 1a nature et la fortune; les demoiselljB^

il périt ainsi pour la cause de' la religion 9 plus de deux ans et demi après la chute de Roberspierre.

DONATIEN (Le Père), Capucin. {F. Jean Gréard.)

DONNEUX (Phiuppi), prêtre et religieux de Tordre des Bernardins ^ dans le diocèse de Besançon f n'étant point fonctionnaire public» n'ayait pas été astreint , par la loi de la constituU&n ei^ vile du cUrgé, à en faire le ser-

du- Demainey dont an oncle a été pareillement guillotiné en 1 794^ et qui 8ont k la veille de perdre, d*ane manière ^ussi cruelle^ un autre oncle, prêtre, ex-professeur de théologie en Sorbonne, et grand- vicaire de Marseille oii il ne cesse de rendre les plus grands services à la religion; une jeune personne du peuple , appelée Gpuueme, et quelques autres demoiselles. Deux fois par semaine, le dimanche et le mercredi, elles vont, aidées de quelques dames charitables, peigner, approprier les femn\es ma* lades à VHétel-Dieu, et leur prodiguer tous les autrep soins dont elles sont capables 1 Quoique la haine contre la religion de Jésus-Christ ait porté les desservans de l'Hôpital à enlever les. crucifix qui étoient au lit des malades, et qu'ils les aient brûlés avec de sacrilèges démonstrations de joie, ces nouvelles hospitalières ont le courage de donner aux malades les consolations de la religion, et de leur parler de Dieu jusqu'à leur dernier soupir. Elles leur suggèrent des sen* timensde contrition, de réngnation, et leur disent même les jNrières des agonisans. Jusqu'à Tépoque oh le P.

ment 9 qu*il aurôit refusé; maïs son attachement manifeste à la pureté de la Foi ^ et le zèle quHl montroitpour elle, le firent regarder, parles impies réformateurs , du même œil que les prêtres insermentés. Son' âge ou ses infirmités, qui formoient pour lui un second titre d'exemption de la peine de l'exil , portée par la loi de déportation du a6 août 1792 »

ne purent que le faire commuer en une captivité indéterminée, sous

Donadien fut arrêté, il ne leur a pas été permis d'entrer dans les prisons ; mais alors elles ont pu y exeicer le même zèle qu'elles portent dans VHé" tel-Dieu, Tous les jours , ces intéressantes hospitalières y distribuent des secours à cent trente prisonniers , parmi lesquels sont, depuis aiix mois»

des pères de famille et des jeunes gens de qualité dont tout le crime étoit leur probité, leur religion, et qui restoient sans vêtemens, au pain et à l'eau. — Le 7 juin 1798, jour de la Fête-Dieu, un prêtre fut arrêté dans une maison particulière où il àvoit célâ>ré les saints mystères > et oà la saiote Eucharistie étoit respectueusement conservée. Les satellites s'emparent du tabernacle qui la contient, et le portent chez le commandant de la place. M^^* Lazarine du Demainey qui est la plus âgée, quoiqu'elle n'ait que a5 ans, ayant eu connoissance de cette profanatûm, et impatiente ^ea empêcher une plus grande, vole avec M^io Julie (le Glandêuès chez ce militaire , l'aborde en lui disant : «Voua pouvez nous fiûre arrêter; mais sachez que .nous ne craignons rien, parce qne Dieu est avec nous ». Il est touché de

la Tei;ge des penécuteurs. Ils le firent arrdter et traîner dans une maison de réclusion à Dijon. Il en supporta lee rigueurs avec une résignation qui s'étendoit jusqu'à la peine de mort, infligée alors à tant d'autres généreux confesseurs de la Foi. C'est dahs cessentimens qu'il mourut captif de J.-G. , le 6 mai 1794* (f^. Aé GBAMFAeiiB , et J, C. GoHiSA.) *

DONON ( Ahm ) , religieuse Carmélite de Pans, se ^(oyant

leur vertu ^ les admire^ cède à leurs instances. Lazarine ouvre le saint tabernacle^ verse avec respect sur uû papier préparé les parcelles sacrées contenues dans la réserve, les place sur son coeur; et, toujours accompa** gnée de Julie, elle les apporte au lieu où, réuni' avec un ccmfrére, nous les atteadionit. En arrivant, elles se prosternèfent, et nous re^t^mes à ganôwiL l'august^ Sacrement. Beaucoup, de chrétiens^ supérieurs à toute crainte^ vinrent Fadorer;. et, après quarante beures d'exposition, je communiai les dtottx •saintes visrges aVèc'ces parcelles saciée&.».. Hon soumissioitnaire {^, tom. !•', pag. 5a)« U m'a fallu lutter contre les prudens du siècle et quelques uns de mes confrères qui ont reconnu la som^eraineté du peuple, con* damnée par la presqu'unanimité des évéques. Le refus du serment de haine à la royauté ( Jhid. , pag. 5a et 44' } > et tous les moyens que j'ai employés pour empocher la chute de plusieurs prêtres, m'ont attiré de grandes persécutions; mais omnia possum in eo tjfui me confortât. Ils ont le bras de l'homme^ et j'ai le bras dé Dieu : Si Deus pro nobis , quis contra nos? »

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mise hors de son cloître par les philosophiques réformes de 1791»

ne se crut pas pour cela moins eligagée à Dieu par ses vœux de religion. Dans le modeste domicile qu'elle s'étoit choisi > elle pratiquoît ses devoirs avec ferveur* Quand vint le temps où la jpiété étoit un crime d'Etat,, la religieuse Donon fut enlevée de son domi* cile, et jetée dans les prisons. Le tribunal révolvtionnair€ la fit eomparoitre devant lui, le ai pluo viose an II (9 février 1794) 9 ^^ 1* condamna à la peine de mort, comme « fanatique et contre-* révolutionnaire »• Immédiatement après, «Ue fut conduite à l'écha* foud.

DOEAT (EusABBTH, ou Isa^ beau), sttur de l'ordre de saint Dominique, s'étoit retirée^ depuis la suppression des ordres monas* tiques, au village de Sauvessaa*^ ges , près Ambert, dans le diocèse dé Clermont. Là, occupée d'€0u* Très 4b piété , elle ^mettoit au nombre de ses devoirs de donner asile à des prêtres catholiques, fioatre. lesquels la persécution déplQyoit.une ettrême-fuiteur^F.

J. B. Abeillou). Cette généreuse hospitalité , inspirée par la religion, fut découverte, et Elisabeth Dorât jetée dans les fers. On la traîna dans les prisons du Puy où siégeoit le tribunal de la Haute-' Loire, qui ne faisoit grâce à au«un acte religieux ; et ce tribunal la condamna, le la messidor

Coo

Doa

an II (3o juia 1794)9 & la peine de mort, comme « receleuse de prê* très réfracUires» {F. J* Alix)* Elle fut décapitée dans les vingtquatre heures.

DORÉ (PiBBAB- François) 9 prêtre et religieux Chartreux , du diocèse de Soissonsy sous le nom de Dom Benoit, dans le monastère de Bourg- Fontaine 9 où il ayoit la charge de sacristain, étoit né à Saint -Vigoi^ d'YmonTille, dans le diocèse de Rouen, en 17Ô6. Les réformateurs de 1791 purent bien le chas* .ser de son cloître, mais non la ISiûre trahir sa Foi par la prestation du serment sdiismatîque de cette époque. Dom Benoît, se conduit* sant toujours en bon religieux, deyint si importun aux impie», qu'Us ParrStèrent en 1793 y et l'envoyèrent à Rochefort, pour en être déporté sur des plages lointaines {Fé RocHBPoaT). II iut embarqué sur le navire' tes Deux Aeaoeiiê, Les aouftrances de cette déportation étoient trop cruelles» Dom Benoît succomba, et rendit son dernier soupir le 1% août 1794? à l'âge de 36 aiiS4

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