‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution FrançaiseChapitre 217 sur 222 · DON 59S · texte numérisé non relu

DON 59S

€he£s9 étoit .appelé le Père Do-' nadieu^se refusa d'autant moins à une iUueidn si consolante 9 que ides personnes pieuses de cette ville 9. séduhesjaussi par lar même erreur 9 lui* éorivoient pour l'engager à y revenir. Beaucoup de prêtres d'Aîxet de Marseille, éga^ lement réfugiés. à Rome9 rece-^ tant de semblables invitations, et ressentant la.même ardeur pour le salut des âmes 9 résoluient drac*compagBler ce vertueux «ecélésias* •iique. Gependrât le Pape PieVI»

informé de lemr. projet 9 ne par»

tageoit pas* edtîèrement la con- •fiai^ce de ces nouKfeaux.œissionfnaires. Sa Saioteléadrèsss patei»nellementauxévêqoe»de ses£tats une circulaire pat laquelle 9 en donnant des éloges au sèle des prêtres exilés qui vouloient renitrer en France , elle les^exbortoit à ne pas le leur pennettre légèrement 9 et mettoit sous leurs yeux les dangers auxquels ils alloient s^exposer pour un travleiil peut^ être enoore trop ûftceftatn. Le P«. Donadieu et 9e$ compagnons n'en étoient point déconcertés; et quand le. Fape les vit bien déternanéa 4 sacrifier t* leur vie au saint de» fimes et an rétablissement de la religion 9 il souscrivit à leur courageux dessein 9 et kur aooorda la consolatioil d'une audience' particulière pour recevoir avant leur départ sa bénédiction pon^ficale. Ce fut un spectacle fort touchant que cette

généreuse cohorte de coiifesseim de la Foi, aux pieds du Saint*- Père, ayant à leur tête le Ténérable Donadieu gui lui exprimait leurs TœuxaTec leurs senti mens; et Pie YI.^ plein d'une affectueuse sensibilité 9 leur témoignant ses inquiétudes sur leur sort^ les engageant à revenir près de lui au moindre péril. Us partirent : le P. Donadieu étoît idépositaire de grâces particulières du Souverain Pontife, pour ceuxiquî releveroient les Signes de la rédemption que les impies* avoient abattus* partout en France. Arrivé à Marseille , il s'y livra aux fonctions de son ministère aveo toute l'activité de la jeunesse 9 idsant ici des catéchismes, ailleurs des instructions plus relevées, admtnbtrant ks sacremens , et ranimant partout la ferveur de. la piété. La persécution jeta tout à. coup aon masque hypocrite dans la crise politique dn i8 fructidor (4 septembre 1797) 9 et surprît le P. Donadieu publiquement engagé dans ces saints exercices* U fut arrêté avec plusieurs des prêtres qui étofent revenus de Rome avfec- lui. Après l'avoir laiséé quelques jours dans la prison d'un éu/reau central de police, oa l'enfeima dans le fort SainP^eany où il se trouva avec Aeiif d'entre etir et beaucoup de laïcs, emprisonnés aussi pour la cause de la religion. Les feeauxjours.de la primitive Ëglise avaient irefleiiri dans Marseille. Il

s'y étoit formé une société de demoiselles, aussi recommandables par leur naissance que par leur piété, sous le nom de FUUs de ia Croix. Leur principale occupation étoit de porter dans l^s hôpitaux, •et ensuite dans les prisons, sous l'humble costume de sœurs Hospitalières qu'elles avoient adopté^ les secours de la charité et les consolations de la Foi. Gomme, dans ces lieux de souffrances, ainsi que 'dans les oratoires seèrets des catholiques, revivoit avec toute sa putfeté la ferveur des bdaux siècles duchristianisBÔie; et, comme d'autre part, la rigueur delà persèeu- •tion avoitautorisé le retour à'celleslà. mêmes: de leurs saintes pratiques dont une diseipline postérieure avait aboli l'usage en des tèn^s ordinaires, les fidèles et les prêtres se conformoient à qe que s^int Cyprien écrivit amt Thibaritains dans des circonstances semhlaUes, et peut-être moins fâcheuses. «Puisque vous êtes, leur disoit-il , à la veille d'un combat plus terrible que les précédens, vous devez vous y présenter comme de dignes athlètasdeJ«-^C;, avec une valeur- aussi grande que votre Foi est inl^orruptibla ; et vous savez (|ue le calice du sang de Jésus-Christ vous donnera la force de répandre le vôtre pour lui (i) »• Mais, en même temps,

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( 1 ) Grmnùr nunt etferocior p^nu.

immùietj ad qMom'Jide ihoorrùpté ef

il» saToient que samt • Gyprien amt recommandé à ceux de ses prêtres et de ses diacres qui étoient libres encore 9 de ne pas s'exposer à tout perdre, en allant eux-mêmes sans une extrême réserve porter la sainte fiuclia«ristie aux prisonniers (1) ;* et Toilà pourquoi, dans Marseille, cette auguste commission fut confiée aux pieuses Fi44ei de ta Craiœ.

Les catholiques ayoient pour eux- Texemple de ce prêtre dont parle S. Denis d'Aleaûmdrie dans son épître à Fabius , lorsqu'il raconte a?ec édification que S. Sérapioii; étant à l'agoaie, et lui ayimt eiiTOjé on enfant pour le prier de lui apporter le sidnt. Viatique, ce* lui-ci ne pouyani y aller parce qu'il étoit malade , confia le pain des forts au Jeune messager, en le chargeant de le porter lui-

vir$iuU rqbuêtâ parare se débent miU-* Us Christi, considérantes idcireà se ^uotidîè caUcem sanguùus Christi hihère, ut possùtt et ipsipropter Chris'^ tatm sam^jÊÊsnem fimdere* ( S. Cypr.

md ThAarit, EpUt LVI^ dans l'ëdit.

de Balaze. )

(t) Nom etgi fratres pro diieetione sud Oipidi sunt ad conyemendum et fisùamÈun oonfèssores bonos , quos U^ lugtrmÊOt jam gioriosis initUs diinna diffÊ^Êso « tamen coûté hoc, et non gh^ mÈtratim , u^c per muàitueUnem simul junctmm puto esse fadéndum , ne ex hoc ipso intddia ooneiteturj et in" troeundi aditus denegetur, et diun insatiabiies tetum voiâunus , totum perda-mus. ( S. Cypr. ad Freshjrteros éi Diaconos* Epist. IV^édii. de Balaie.)

même aii yénérable ermite, (1).

Néanmoins quelques consciences làéticuleuses de Marseille, concevant des scrupules sur cette pratique dans laquelle on crdyoityoir quelque chose de téméraire et d'in(Ûscret,le Pape PieVI futcon^ suite ; mais , trop édifié de ce qu'elle ' étoit remise en usage alors par l'entremise des ferventes vieiiges de la Croix 9 il l'aiKorisâ J^nnellepent en faisant l'éloge, et de la oandeur de leurs vertus , -et de la vivacité de leur Foi , leseosaparant à sainte Glaire d'Assise*^ qui, pour soustraire l'aoguste Saeremeutaox infidèles par lesquels s^ religieuse clôture alloit être- eoTahies le prit elle-itoême, et s'en fil utie dé-< fense miraculeuse contré' leur au« dacieuse entreprise. Le' père Ddnadieu, qui leur avoit fait connèitre que le secours dont H avoit le plus urgent besoin étoit celui du pain des Anges , leur écri voit :

«Tirez, au sort pour savoir qui de vous me l'apportera ; mais auparavant, implorez les lumières de l'Esprit Saint » . Elles obéirent ; le choix tomba sur M*^* Camille de Glandevès , qui , avant de remplir ce ministère des diacres de la primitive Eglise, se confessa, passa une partie de la nuit en prières , et communia d'abord elle-même.

Le prêtre de qui elle venoit de recevoir la céleste nourriture, lui passa

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(i) Eusèb. : Hist, Eécles. L. VI, m EpisU S* Dion, Alex, ad Fabiuni.

respectoieusement au èou un coN don iNiqiiel étoit suspendue une bourse' de* drap d'or^ contenant une botte d'or à double fond y qui renfermoit six - parcelles de laj sainte Eucharistie, attendu que le P. Donadfeu en avoit demandé^ une pour chaGun des six fours de la semaine. Il lut en fut ensuite porté plusieurs autres à direrses reprise»: la^pieuse TÎerge qui remplit oette conunlsBlon, la Teille de la Purification' de ia éainte FieÊTge-, h i" férrier' 1798, £ot M"*Liâarii»e du. Dcmatne ; et elle, appM>rtott une- plus çrahdé quantité-i d'hosties consacrées.^ En la Tojadtjentrer., les prêtres informés 'de l'adorable .dépôt dont elle àîsii i^hargée, se prosterné-* real. Xje P. Donadieu 9 prenant la boite 5* en donoa la bénédiction à celle fui la lui.remettoit^ et la congédia. ' Il avoft-, de concert atec ses conft'ëresy excité dans la prison une telle Foi et une telle piété, que les .laïcs comsie ks prêtres passèrent la nuit en ado^ ration de?ant le Saint-Sacremôrt ; et, après s'être confessés, its comniumèrent tous, le }our de làPuf rifi€€Uian, Deux jours après , le P. JO/Oiiadieu fut conduit derant la commission màltlaire, de qui son sort'dépeddoit. Non seulement ses parens, mais encore tout ce -qu'il y avoit de gens honnêtes dans la Tille , cherchoient à le sauTer. On y seroit parTenu en disant qu'il n'a-, Toit pas émigré, si lui-même eût'

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