QUATORZE PRÊTRES
Dont let noms tont écrits aa Livre de Vie ,
Ayantrdù choisir entre le serment et la mort,
Scellèrent de leur sang la pureté de leur Foi ;
Et, conformément aux dernières paroles de l'un d'entre eux (i).
Après ayoir appris au jpeuple à bien yivre ,
Us lui apprirent encore à bien mourir . »
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ANACLET {Le Père) , gardien du couvent des Récollels^ à La Beaumette; ( V. Dumaillé. )
ANGEL ( Charlb8-Nigoi^8-Ah- TOiN B ) 9 prêtre de la congrégation des Eudistes, du diocèse de Lisieux, étoit né dans la ville de Rouen.
Il n*avoit point fait le serment schismatique de 1791 9 et n'étoit point sorti de France en 1792.
Onrarrêtaeomme insermenté 9 en 1 795 9 dans le département de la Seine- Inférieure; et bientôt 9 condamné à la déportation uu-delà des mers ^ il fut traîné à Eochefort.
On Ty embarqua sur le navire les Deux ÀssoeUs ( F. Roghbfoet).
Il succomba dans le supplice de cette déportation, à Tâge^ de 3o ans 9 le 39 juillet 1794* Ses corn* pagnons de martyre ont attesté « qu'il honorait le sacerdoce encore plus par ses vertus que par son savoir ecclésiastique ». Ils l'enterrèrent dans Tile à^Aix.
( V. L. Albxakbee et F. An-
DOl&E ).
ANDOIRE (FaAKçois), curé de Moutier-sur-Saut, dans le diocèse de Verdun, avoit eu la foihleisse de faire en 1791 le serm^t de la constitution dviie du clergé 9 pour ne pas s'éloigner de «es paroissiens qui vouloient le retenir; et le même motif l'entraîna vers la fin de 1792, à prêter le serment de Hherté-égor' Uté prescrit à cette époque. Ces deux actes de lâche condescen* dnncc ne le sauvèrent pas de la
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persécution, parce qu'il n'étoit point disposé à apostasier, et que les persécuteurs vouloient , en haine de la religion , se défaire de tous les prêtres non formellement apostats. Le cttré Andoire fut donc arrêté dans le département de (a Meuse. On le condamna à la déportation au-delà des mers.
Il fut conduit i'( Rochefort.( V. Rochbfort). Embarqué ensuite sur le navire ies Deux Associés , il succomba sous le poids des souffrances qu'on y endurcit; mais 5 avant de mourir, il rétracta d'une manière bien édifiante les deux«ermens qu'il avoit prononcés. Le vénérable confesseur de la Foi, qui , après avoir subi la peine de déportation de cette époque, sans y avoir succombé, nous a fait connoître, dès 1 800, les cinq cent quarante-un confesseurs quiypérirent, nous recommandoit bien expressé-^ ment de ne pas interpréter avect rop de rigueur les notes de ce genre dont il accompagnoit les noms de quelques uns de ces prêtres.
«Quand j'observe, disoit-il, que tel et tel a rétracté son coupable serment avant la mort, je n'entends pas dire pour cela qu'il ait attendu aux derniers momens de sa vie pour ûrire sa rétractation ; mais seulement que, certain qu'il l'a faite , je n'ai pu m^assurer si c'étoit avant la déportation ou sur les vaisseaux , soit en santé , soit en maladie, soit à l'article de la mort : l'auteur d'une relation ,
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imprimée en »7g6 9 a parU Weii sévèrement de ceux qui oe se sont rétractés qu'à ce dernier moment, îugeant leur» dispositions fort douteuses (pag. i4fnole i);cer* pendant la charité doit nous fair<^ présumer que « 1^ pkis grand nombre de cçs rétractations tar* dîves ont été sî;ncèiesy et que Ja bonté db Dieu j afura eu égard »« Cette obsenration est applicable à tous ceux qqi auront ia même note que F* Andoire. U ..expira dans la nuit du 20 au ai août 1794 9 et fut enterré dans l'Ile Madame ( y. G. N. A, Ahcbl et Y. Avcimi»).
ANDRAN (BAiTBéLniT), prêtre et religieux de la Grande*Cbartreuse» né à Montélimar, s'y étoit retiré après la suppression de son ordre. Conservant dans le monde la piété du cloître , il fut enfeloppé dans la proscription des prêtres fidèles ; et les persécuteurs » le traitant comme un . non assermenté, le firent traîner 9 au prin-' temps de 1794 9 à Bordeaux, pour •n être déporté à la Guianè ( V.
BoftusAux). Il ne put être du nombre de ceux qui furent em-* barques les premiers, trois mois après la chute de Roberspierre ; et y restant enfermé dans k fort du Ha, il j dépérit sous le poids de ses chaînes. On le transporta mourant à l'hôpital de Saint-André, où il ne cessa pas d'être eap* tif de Jésus -Christ, et mourut comme tel, le 8 décembre 1794*
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U nV Pit que 43 eam ( f^ Au>biBET et M. Datid. ) , ANDRÉY«$G^rSaml>, religieuse, (f^. M* Sjloil) -
ANAR]Ê( Jacqubs) , né à Saint/ Pierre -la- Cour, le i3 octobre 474^, curé de Aouessé-Vassé, et dojen rural datos le diocèse du Mans, étoit du nombre des quatorae prêtres sexagénaires ou in- Armes qui , pour n'avoir pas prêté le serment de la ahutUuHan oivUe du eUrgéj fuaent mis en «édusion à Laval, d'après la loi du a6 août 179a (F. Laval).
Au mépris de toute jJHStloe, les persécuteurs firent immoler le curé. André avec se» treiae compagnons dans la même ville ^ 1^ 91 janvier 1794* Les ekoeas-?
tances de son martyre, sont les mêmes que celles dontnous avons foit le récit à l'article de L. R.
AiiaàoisE. Nous devons cependant en ajouter une. qui lui fut particulière, et doit produise une grande édification. L'apostat OuU' fftrt, secrétaire- greffier du tribunal, voyant monter è'ia guillotine le curé Anàréy lui cria en lui n^ontrant une bouteille de vin rouge : nA ta satUé! je vais boire ce vin comme $i iféuni tan $ang n.^^ti Et moi, répondit le cufé patient, je vais prier Dieu pour vous ». C'est un républicain, alors de garde au pied de l'échafiàud, qui lui-même a rapporté ce trait, en ajoutant qu'il en fut extrêmement indigné. ( F.